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Full text of "Voyage d'un François en Italie, fait dans les années 1765 & 1766 [by J.J. Le Français de Lalande]."

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p 




VOYAGE 

D'UN FRANÇOIS 

N ITALIE. 

TOME (QUATRIEME, 






M .' 






■■•?i ;..-). 




N 




O TAG E 

1^ D'UN FRANÇOIS 

EN ITALIE, 

Fait dans les Années 




^rn^ l'Hiflçire Nantrelle^ & hi Antiqmth ; avec 
des jugemem furies Ouvrages de Feinturt, Sculpmc 
tr Arckite£hirt, ^ lu Flms de ioum les grândei 

TOME QUATRIEME. 

xxxxx 
x< <x 

XX 
X 

A VENISE. 

Et fe trouve A PARIS 
Chez Desaint , Libraire , rue du Foin; 

M. DCC. LXÎX, 



• • Mi gioveri narrât* altcui 
Le noviU vedute , e dit', io fui. 
Gier* Liber. XV. st. 



i#^^ 





VOYAGE 

EN ITALIE, 

Fait dans les années 



m% 






I 



CHAPITRE PREMIER. 

Rione di Campo Marzo ^ Quartier 

du Champ de Aîars ^ & d^. ia 
•i"^. Place d'Efpû.gnc. 

I^B quatrième quartier de Rome a !*è"-' 
tenu le nom du Ck^mp de Mars , dont il 
occupe Pemflacement , & il forme la 
partie fcptentrionale de la Ville, depuis 
h porte Pincienne & la place d'Erpagne 
jufqu'au port deRipetta & à S^Loren^o 
in Lucina dans le cours. 
L'ancien cbartip de Mars , Campus j^^^„ ^^^ 
Tome IV. A 



z Voyage en Italie; 
Jlfarm, avoit été le champ des Tar-- 
quins y & après Uur expulfion il fiit con* 
facré au Dieu Maïs ; comme tel il de- 
vint le lieu des exercices militaires, cour* 
fes , combats , fpe(5acles fur terre & fur 
le Tybre , & des affémblées du peuple* 
Strabon dans Ton cinquième Livre nous 
en donne une ample defcrîptîon. Il s'é- 
tendoit du Nord au Sud depuis le Pan- 
théon jufqu'au ^Iaufolée d'Augufte, près 
deRipetta&jufqu'aupont S.Ange,c'efl:- 
à-dire , qu'il, avoîtrplus de 250 toifes de 
long : il comprenoit la place Navone ,& 
tout cq qui eu au Nord de cette place 
jufqu^aux bords du Tybre; fa largeur 
d'Occident en Orient étoit renfermée 
entre la voie Flaminia vers l'Orient , & 
la Via reSaquiconduifoitauPonttriom- 




r 

I CflAP* I- Dtfcnptiùn de Rome. 5 
tffliples. de théâtres, d'amphithéâtres 
& autres édifices ; tes principaux étoicnc 
le portique d'Europe , les S^pia ^ le Pan- 
théon , le Cirque appelle Equirie , qui 
fcrvok aux courtes de chevaux^ les ther- 
mcs de Néron , le portique de Gratîen* 
La partie où l'on s'exerçoit à la courfe, 
étoit couver te de gafon , comme Pindî' 
guent pltafieurs Auteurs. 

Quamvjs nvn ilîus R:€ttTt equura fcîcw , 
Horût. UL f, 

Jnni ego me tncminÉ laàot m gr^inîne campj 
Afpîcete & dici lubricc Tifari mot. 

Owîd. Fjfi. FI. 

L'OefxîsQUE horaire qui faîfoit un ohèil 
des omemens du champ de Mars^ fe voit jc Mars! 
aftaellement brjfé & abandonné avec 
fon piédeftal & fon înlcription , dans une 
cour qui eft derrière S. Lorenzo in Luci- 
na 5 & près de Piazza di Campo Marzo* 
C'eft celui dont Pline a parlé aflfez au 
long , ( L. XXXVI. ch. 5). 10. Sr 1 1. ). 
Il fer voit de Méridienne pour marquer 
/es ombres du foleil à midi , en divers 
temf s de Tannée , & par conféquent les 
différentes longueurs des jours qui dé- 
pendent de la longueur des ombresé 

Ai) 



4^ Voyage en Italie. 

Il y avoit bien des fiécles que cet obé-' 
lifque étoit enféveli fous les ruines du 
champ de Mars , lorfqu'il fut découvert 
en 1502 , par Içs ouvriers qui creu- 
foienc des latrines dans le jardin d'un 
perruquier. 

Flaminivis Vacca dans fes Mémorable 
lia nous dit qu'en i Jp4 Sixte V. avoit 
fait examiner cet obélifque , mais qu'on 
Pavoit trouvé en trop mauvais état pour 
mériter d'être relevé ; Alexandre VIL 
en 1 666 avoit chargé le P, Kircher d'al- 
ler reconnoître la partie qu'on apperce- 
voit dans les caves de ce quartier-là , près 
le palais du Cardinal Aquaviva : enfin 
Benoît XIV, ayant appris que l'on alloit 
rebâtir les rpaifons qui étoiçnt fur l'çm- 
placement de ctt obélifque , le fit retirer 
en 1748 , par les foins de Zabaglia , 
&: on le dçpofa dans une cour voifine , 
où il fc voit encore,quoîque brîfé en neuf 
morceaux. Le Pape fit placer alors fur 
le bâtiment neuf que les Auguftins ont 
fait reconftruîre dans cet endroit , l'inf- 
çription fuivante : 

Benediêtus XIV. Pont. Max. Oh^if- 
çurn hyeroglyphicis nous déganter infculp-^ 
fum, ^gypto in potejlatçm Populi Rq-t 



^ 



Chap. I, Defcripdùnde Rome. J 
mani redaQâ , ab ïwp. Cafare Augujîû 
Komam aivtdam , ex Jlrato lapide re- 
gulifque ex œn incijis ad dtpr^hmdmdai 
Jolis ambras ^ dierumque ac noBium ma-* 
imudinem j m campa Martio enSum ac 
SùUdicatum , temporis ù' Barbarorum iri' 
juriâ confraSum jacemtmque urrâ^aC* 
idijiciis obrutum^ magnâ imptmâ ac ar- 
lificiù truite publîcoquç rd liîterariœbo- 
nOf prùpinquum in locum tranfiulit ; 6* 
u amiqux fedis obelifci memoria vuuf- 
tau exolefceret s monumentum parti ju^t^ 
m.R.S. 17-4S- Pomijïc. (;. 

Cet obélifque cft chargé d'hyérogli- 
plies Egyptiens , où l'on ap perçoit des 
hommes^ des fphynx > des oifeaux & 
aaires animaux > d'une très-belle & d'u- 
ne très-grande manière ; mais U y a une 
des faces qui eft abfolument effacée. Il 
eft d^une belle forme , fa longueur eft de 
67 pieds ; M. Stuard s'en ell fervi pour 
déterminer la longueur de Tancien pied 
Humain : car après avoir montré que la 
fartie qui dévoie avoir 75 ^ pieds and-» 
queSj a 5?5j87 dixièmes de ligne ; il di- 
vife ce nombre par le premier , &c trou- 
ve 10 pouces 10 lignes & 37 centièmes. 
On peut voir tout ce qui concerne cec 



6 Voyage kn Italie. 

obélîfque dans TOuvrage de Bandinî , 
& dans les Mémoires de l'Académie des 
Infcripuons > T. IL p. 210. (^). 

Le piédeftai de robélifque eft auili 
dans la même cour ; on y voit Tinfcrip- 
tion qu'Augufte y fit graver en dédiant 
cet obélifque au Soleil. 

La Concezîonb di Campo Mario 3 
églife de BénédiéKnes qui eft très-an- 
cienne ; elle doit fes commencemens à 
des Religieufes Grecques de l'Ordre de 
S. Bafile, venues à Rome vers Pan 75*0, 
pour fuir la perfécutîon de PEmpereui 
'Léon rifaurien, ennemi déflaré du culte 
des Images, Elles fe retirèrent dans cet 
endroit avec un tableau de^ PImmaculée 
Çon<;eption gu'on y révère encore > & 
le corps de o. Grégoire de. Nazianze j 
que Grégoire XIIÏ. fit tranfporter en- 
fuite au Vatican , laiflant feulement un 
bras de ce Saint dans l'églife des Reli- 
gieufes. La Régie & l'Ordre de S, Be- 



(a) VtlV Oheîîfco iî 
Ce fort 'Augufio i fcavato 
dalle Roviiie iel Camp» 
Mârxp , commentarîo di 
Angelo- Mariû BandinUcon 
clame lettere e differtaiio- 
ni di uomini illufirif in Ro- 
ma, 17Ç0, în-foL II y a 
4ans cet Ouvrage ^ui eii 



écrit en Italien & en La- 
tin j des Lettres &cdcs Me- 
nioircs fur cet ObéJifcjuc 
compofes par M. Maffèi , 
M. Poleni, Je P. Bofco^ 
vich , M. Stuard , M. di 
Bofè , M. Marinoni , le 2j 
Camecti , ^Çt 



Chap. I- Difaripiîm de Rome* 7 ^ 

TH>jt ont été fubftitués en fuite à ceux de 
S, Bafile , & ces Religieufes ont fait bâ- 
tir une églife nouvelle fur les de (Teins de 
Jesn^Antoine de Koflî* Le grand autel 
eiî orné de perfpeftives du P, Fozzï , Jc- 
fiiite , & il y a encore d'autres peintures 
tftimées dans cette églîfe* On remarque 
dans la cour deux colonnes de jaune an- 
tique ^ deux de Cifollino , & quatre de 
granité. 

Le palais Cafali qui eft près de cette 
ëglife > contient, entre autres chofes re- 
marquables , une très-belle tête dcG- 
ceron. 

S. LoRENZO m LuciKA , églife pa- 5. t«* 
roilEalc , ancienne & célèbre , une des 
plus étendues de toutes les paroi (Tes de 
Rome , & fiiuée dans une place qui eft 
à 15-0 toifes au nord de la place Colon- 
ne 5 & près de la rue de la Trinîtç qui 
conduit de la place d'Efpagne au pont 
S> Ange;Fanucci dit que S- Sixte IlL 
la fit bâtir fur les ruines d'un ancien tem- 
ple de Junon 5 Junonis Luciniz , qu*il 
avoit obtenu de l'Empereur Valentinien, 
mais les infcriptions & les archives de 
l'églife donnent lieu de croire avec plus 
de vraifemblance j qu'elle fut fondée 
par fainte Lucinc > Dame fiomaine , pe- 

A iT 



8 Voyage* ejt Italie; 
tite-611edePEmpereur Gallien ; S, Mat 
cel I. en fit un titre Cardinalice; Ce 
leftin III. Payant fait reftaurer, laconfs 
«ra le 26 Mai 115)6, avec une grand 
folemnité , comme on le voit dans le 
Annales de Baronius qui rapporte l'inf 
cription faite à ce fujet ; on s'en fert pou 
prouver que dans ce temps-là les Cardi 
jnaux n'àvoient encore féance qu'aprè 
les Evêques. 

Paul V. concéda cette ëglife en i6o( 
à une Congrégation de Prêtres appelle 
. Chierici Regolari minori , qui fut fondé 
ert 1588, par le P, Auguftin Adorno 
Noble Génois , & approuvée par Sixte 
Quint , comme nous Pavons dit en par 
lant de Péglife de S. Vincent de Trevî 
Ces Pères firent reftaurer & embellir l'é 




Cfîap* I. Dejcrlpîim di Ë^me* q 

irouleur » mais d'un ton un peu gris. Ce 

fut la Marquife Aîigelclli qui le hifla 

çai tcftament. Il y a beaucoup d'autres 

peîtiîurcs eftimées dans cette églife. Le 

PodEo j Peintre célèbre en Italie j qui 

paflà une partie de fa vie à Rome, & 

que pour cet efièt les Italiens regardent 

a peine comme un Peintre François , eft^. 

enterré dans cette églife. On y conferve 

(îifferentes reliques ^ fur tout une partie 

du gril de S* Laurent , de Ion fang , 8c 

même ^ dit-on , de fa chair rôrie- 

Le palais des Ducs de Fiano Octo- 
boni qui touche à cette églife , était le 
palaîs des Cardinaux ritu laites , it fut bâti 
en 1300 par un Cardinal Anglois , fur 
les ruines d*un grand édifice qu*i)n ap- 
pel loir alors le Palais de Domitien* 

S. Carlo al Corso ^ grande & 
Itlle églife fituée dans la rue du Cours ; 
on rappelle auifi SS, Ambro^ia e Carlo 
iie' Lombardi , parce que c'cft une dglife 
nationale j que les Milanois obtinrent 
lïès l'an 1 47 1 , & qu'ils D«t fait bâtir 
eux-mêmes avec magnificence , par le 
fecûuts de plufieurs Cardinaux Milanois; 
la première pierre fut pofée en 161:11 
l'architeôure de i^églife & celle de ta 
fagade font à^Onorio Lungki j les voûtes 

A Y 



là VoTAGB EN Italif; 
Cpreot conduites par Martin Lunghi fan 
fils; Pierre de Cortone dirigea la cou- 
pole , la tribune & la croifée > enfin cette 
églife a été terminée , il n'y a pas bien 
4es années , fous la direâion du P. Ma-- 
rio da Canepina , Capucin. 

La mafle générale du portail eft bon- 

• ne , mais POrdre Corinthien qui le dé- 

* i\:ore eft trop grand & trop tourmenté de 

reilàuts, ce qui devient d'autant plus 
défagréable , que le tout eft couronné 
d'un feul fronton qui eft tout coupé de 
ces mêmes reifauts. Les portes & la quan- 
tité de croifées qui fe trouvent dans ce 
portail , 4uî ôtent aufE le çaradere de 
l'entrée d'un temple, A Pégardde l'in- 
térieur ^e Péglife, il eft bien propor- 
tionné , mais la nef eft trop haute de tout 




f 



Chap. I, Defcription d^Romt, i t 
Aitkurge, Les caiflbtis de la voûte font 
trop tourmentés , il n'y a que ta propor- 
tion du grand tableau de la nef de bonne* 

Toutes les voûtes des nefs latérales 
foat ornées de peintures qui leur don- 
nent un aîf très -riche ; mais Téglife eft 
nue j eu égard à la ridiefle de la voure 
& des bas côtés. 

La coupole efl: petite , maïs bien dé- 
corée r le mouvement de fon plan avec 
fes colonnes fait très bien, 

A la troifieme chapelle i droite on 
remarque "le S, Barnaba prêchant i*E* 
vangile , bon tableau de Mola, 

Au maître autel, S, Charles préfcnté 
par la Vierge a Jefus-Chrift , graïîd ta- 
bleau de Çjrle Marâtre > qui ne prévient 
pas au premier afpeft , parce qu'il n'a au- 
cun accord , mais qui gagne beaucoup à 
l'examen , la Vierge & le S, Charles font 
deux belles figures ; pour le Chrift il eft 
d'une touche molle. 

Cette églifc eft deflervie par 1 2 Cha- 
pelains. On y conferve le cœur de faint 
Charles Borromée , & le crucifix avec 
lequel il alloit prêcher & confoler les ma- 
lades pendant la peffe de Milan. L'hô- 
pital des Lombards qui eft joint à cette 
églife^fut aufli. témoin plus d'une fois 

A vj 



Maufolée 
^ugufle. 



12 Voyage en Italie. 

des adles d'humilité & de charité chré* 
tienne qu'il pratiquoit au fervice des ma- 
lades. 

Le Mausole'e d'Auguste eft fitué 
derrière S. Carlo al Corfo près de Ripet-' 
ta. C'eft une vieillf tour ronde qui eft au 
Marquis Gabrieli , mais qui a appartenu 
fucceflîvement auxFioravanti & au Mar- 
quis Conca. Il ne refte plus rien des co- 
lonnes & des marbres dont elle étoit en- 
richie par- dehors ; la couverture en eft 
tombée, &l'on ne voit plus rien au-de- 
dans qu'un jardin, un« terrai}^ qui règne 
fur Pépaiffeur du mur , & des chambres 
fouterreines oii furent autrefois dépofées 
les cendres de la famille d'Augufte. Il y 
a plufîeurs murs concentriques qui for- 
moîent autrefois diffi-'rens étages j & al- 




CffAP. I. Defcriptwn de Rome, i j 
S. Ange* Il femble que ce foit à ce mo- 
iifiment que Virgile ait fait allLj{iDB dans 
ces vers fameux qu'il fit à Poccafion de 
la mon de Marcellus , fils d'0<ïlavie , qui 
étojr le Tieveu d' Augufle & fon héritier 
prcTûmptif, 

. . à . Tef qux j Tyberliie ^ vid?hîf 
Fiacn cùm TiimulEim pr^i^rJAb^re tcctïtrem. 
jEneid. VL 873 , 

Pajlazzo RuspoLi , autrefois Ruc- 
cellaï , & enfuite ôfltani, e(l un des 
beaux édifices qu'il y ait dans le Cours j 
il fut confiruit fur les deffejns du céle* 
bre Barthelemi Ammanati de Florence; 
ii cil ifolé de trois côtés ; fçavoir au 
f Iford j du côté de Straàaàt^ Condoui ^ 
eu eft Ja principale entrée ; du côré du 
Cours , où il y a auffi un grand portail , ' 
h une longue fuite de fenêtres ; & enfin 
du côté de S* Laurent, où répondent 
les jardins, 

L'efcalJer de ce palais eflle plus bçju 
quil y ait à Ronae ; toutes les marches 
fpnt de marbre de Paros » chacune d'une 
/eule pièce de neuf pieds de long fuc 
deux de large ; il y a quatre rampes de 
30 marches chacune , & l'efcaîier e(î 
Â'unç fadUtç, Jc.d'^^fd'*^'^^^^^ t^ui le 



14 Voyage en I-Talî^: 
rendent unique dans «fon efpece. 

Il y a fous le portique de la cour 
fiatue cololl&le a'Alexatidte le Grai 
au piçd dePefcalier une ftatue de Con 
TEmpefeur Adrien , Bacchus , Apol! 
Mercure , une femme habilVée en h 
cule , & que l'on croit être lole ; el 
un muffle de lion fur la tête & une i 
fue dans la main gauche. 

Dans Pefcalîeries ftatues deClau 
d'Adrien , d'Efcd|ape ; fur le pâlie: 
Pefcalier , un Apollon 8c des Faun 
ouvrages Grecs de la plus belle con 
vation , Julia , femme de Sévère , 
eft fous la figure d^Iole. 

Dans les appârtemens on remar 
de beaux payfages , des piédeftaux 
Jaune antique ; trois Grâces ifolées , c 
ne très-bonne manière ; douze bu 
modernes des Cëfars , Silène , Adri 
Antonin le Pieux ; ces trois ftatues 1 
fmgulieres , en ce qu'elles ne font qu' 
(llrtie de figure , on y voit au-defl 
une partie de marbre brut qui étoit c 
tinée à fe placer dans une cavité d< 
bafe ou de la partie inférieure qui m 
que. 

On y remarque auflî une chambre 
il y a- des meûblts ;rès:riches^ cor 



ChAP* t. Defcnpnm it Rcme* ff, 
tant en un Fôcont , deux grands vafes, un 
miroir avec une grande treille qui forme 
le Cadre | une table compofée fur fa fur-* 
face de pluiîeurs bas-reÛefs , & dont les 
pieds font ornés d'une treille , le tout en 
argent ; il y a plus de magnificence que 
de beauté. 

Un grand bas-relief antique de mar-* 
bre 3 dont les deux figures du prjemier 
plan font de relief: c'eft un jeune hom- 
me , les jambes Se tes cuifles nues ^ vêtu 
d'un petit manteau , le cafque en tête; 
^ tient une pique d'une main ^ & donne 
Tautre k une femme aflife , laquelle eft 
entièrement drapée ; derrière le jeune 
homme il y a un cbeval dont il paroît 
qu'il eft defcendu ^ 8c un autre autour 
duquel eft attaché un grand ferpent : ott 
voit derrière la femme un homme tenant 
une pique, & contre le mur un fabre & 
un bouclier rond , qui y font attachés. Ce 
bas-relief eft d'un grand ftyle , les carac- 
tères des tètes en font fins , 3t les dra- 
peries bien ajuftées ; mais le bras du jeune 
iïomme 8c celui de la femme font maï 
refiaurés* 

Entre le Cours 8f la Trinité du Mont j 
c'eft-à-dire , entre la Via Flamînia & le 
Mont Pincius^ i) y avoit plufieurs chofes^ 



td Voyage* en Ital ie. 
fur lefquelles on n'a que bien peu de lu- . 
miçres. Tous Jes Antiquaires difent qué^/ 
Domiticn avoir fait fes grandes conftruG- ' 
tiens dans cette partie de la Ville. So» 
arc de triomphe étoit près S. Lorenio in 
Lucina ftntrt la place Colonne & la pone ; 
du peuple j cet arc a fubfifté encore dans 
le dernier fiecle fous le nom de Arco (ii 
Portogallo. 

Les» thermes de Domîtîen étoîent à 
Pendroît où eft S. Sylveftre , à l'orient 
du Cours : fuivantBiondo, fa naumachîe 
étoit près de-là , elle fut démolie peu de- 
temps après ; cependant on voyoit en-^ 
core l'enfoncement bien marqué il J a 
20Q ans du temps de Fulvius & de Mar« 
lianus , au bas de la Trinité du Mont , 
avec des marques d'un ancien lieu de fpec- 




Ch AP, I. Defcription d€ Rome* i f^ 

ue OQ Pon faifoic des exercices de 
naftique, de manège ,d'efcrimCj & 
combats d'efclaves & d'athlètes» 
L'ancienne divifion de Teau^vierge 
€Wk â la place d'Efpagne; une branche 
de Tacqueduc atloit vers la fontaine de 
TfËvi , & l'autre par la rue appellée cn- 
CQîcStrada de Condoîti; celle-ci pouvoit 
bien fournir de Feau à la naumachie de 
Dbmiden. 

Le portique de Gordien étoitauflîdans 
le champ de IVI^rs au pied de la colline. 
C'éiûit une bafilique de 45^ y pieds da 
face, de laquelle parcoient deux porti- 
ques de pio pieds, le long desquels 
^tojeni des plantations de lauriers , de 
myrtes & de buis , le milieu etoit une 
promenade pavée & bordée de colonnes 
Se de baluftrades, mais dès le temps de 
Caphclin qui vlvoit fous PEmpereur 
Coriftantin vers Pan 300 , cet efpace 
Éroit occupé par des jardins & des bâti- 
mens de particuliers. 

Il y a voit auffi dans le même quartier 
fe trofces de Marins que Sylla a voie 
renverfés , mais que Jules Céfar fit ré^ 
tablir^ils ëtoient fur la voie Flaminîa en* 
tre le maufolée d'Augufte & ccllis hor^ 
tubmin î on y ^ trouvé une grande inf- 



18 /Voyage en Italie. 
Criptiori en marbre oà tous les exploits d^ 
Marius font détaillés; fa viftoirc fur Ju- 
gurta qu'il prit & qu'il conduifit à Rom« 
tn triomphe \ fes guerres contre les Cim- 
bres & les Teutons ; fes foins pour ap- 
paifer les féditions de Rome & chaflef du 
Capitole ceux qui s'y étoient fortifiés , 
fon exil de fon rappel , jufqu'à fa mort 
qui arriva 86 ans avant J* C. On croit 
que ce fut fon fils , qgi , fuceédant à fa 
tyrannie , lui fit élever un monument ou 
peut-être un tombeau dans l'endroit dont 
nous parlons. 

Dans la tue qui conduit à la place 
d'Efpagne , appellée Strada de* Condotti , 
on trouve plufieurs hôtels garnis , où 
logent îeS étrangers î l'hôtel de l'Ordre 
de Malte , où loge l'Ambafladeur du 
Grand-Maître, qui fut donné pour cet 
effet à la religion de Malte par le fçavant 
V Antoine Bofius , comme on le voit fur 
la porte ; & le Palais Nunnex , orné de 
peintures à frefque & de ftucs d'un très- 
bon goût, 

PiAZZA d'Isî»agna eft aînfi appellée; 
parce que le Palais de l'Ambaflfadeur 
d'Efpagne y eft fitué ; elle eft auffi dé- 
corée par le Collège de la Propagande ; 
U Palais Mignanelli & par la belle fon^ 



Chap. Î.DifcnpmndeRùme, ij? 
laîneque le Pape Urbain VIII, 'y fit faire 
furies deffeins du'Bernin; elle eft ap- 
peiUe en Italie Barcaccia, parce qu'elle 
afe forme d'un vaîffleau. Le Bernin prit 
ndee de cette fontaine dans un bateau 
qui lors d^une grande inondation de 
Rome avoit échoué dans cet endroit, La 
penfée en eft crès-ingénieafe & très-heu- 
reufement rendue : il feroit à fouhaitcr 
feulement qu'on n'eût point mis de guë- 
nàon dans la partie du milieu Se qu'on 
eût fait for tir fon eau en gerbe comme 
d'un trou percé dans le fond da bateau. 
Au furplus l*eau qui fe renverfe des deux 
côtés de la nacelle fait un très-bon ei&t. 
C'eft à la place d'Efpagne que com- 
mence le grand efcalicr qui conduit ^ ta 
Trinité du^Mont fur le Monte Pincio ^ Se 
qui donne à la place un air très-gai; cette 
montée eft la plus belle chofe dans fon 
genre que l'on connoifle, quoique fa for- 
me ne foit pas auffi parfaite qu'elle eût 
pu rêtre. 



X 



îlô Voyage en Italie* 



Trinîté 
yiont. 



CHAPITRE IL 

Suite du quatrième Quartier ; la 
Trinité du Mont &fes environs. 

1 RiNiTA de' MoNTï,Eglife des 
Minimes François , fituée fur le Montt- 
Pincio , elle fut fondée par Charles VIIL 
Roi de France , en confidération de Saint 
François de Paule , Inftituteur des Mi- 
nimes ; le Pape Paul V. confacra cette 
Eglife le p Juillet 1 395 , & il en fit le 
titre d'un Cardinal Diacre > le Cardinât 
de Mâcon , de la Maifon de Lorraine , 
la fit embellir par beaucoup de peintures ; 

les deflV 




f~- ^ 

Chap. II- Vejinp non de Rome. 5 1 
(cm fou élevé. Dans la voyçe les hifïoires 
is h Vierge font de Marc de Sienne , fie 
de PellegrîDO de Bologne; la Nativité de 
la Vierge eft de Bizzera , & le maffacre 
deslanocens > de Michel Alberti , d*après 
les cartons de Daniel de Volterre; plus 
loin on voit la Paffion , par Paris No- 
gari ; dans la Chapelle des MaHiml, qui €& 
ic Tautre côté, il y a des hifloires de la 
Madeleine par Jules Romain, la Pifcine 
probatique & la réfurreélion du Lazare ^ 
dePierino. Danslafuivantejquieillatroi-' 
fieme Chapelle à gauche un tableau à 
frefque de Daniel de VoUcrre y repréfen- 
tant une defcente de Croix ; ce tableau Dcrenu 
eft un des plus célèbres quM y ait à Rome, "^^ ^^**^*' 
il eft bien compofé & le feroit peut-être 
encore mieux s^il y avoir moins de trous 
dans le groupe d'en haut; il eft plein 
. tf cxpreffion,{ingulierement dans le groupe 
d'en bas , où les trois Maries vont au fe- 
cours de la Vierge qui tombe évançmîe , 
l'une la foutient , l'autre levé les bras 
d'étonnement , & la troifieme fe couvre 
Us yeux de fon mouchoir en pleurant. Il 
eft très-pur de deflein ; à Tégard du colo- 
ris , il ne brille pas par Fintelligence du 
clair-obfcur ; la couleur locale en eft 
même par f tout un peu égale ; i eft ce 



^ 

^ 



a* VôTACB FN ItALIF. 

Eendant bien difficile d'en juger; ce ta^ 
leau étant prefqu'entiérement éteint. 
Quelques-uns trouvent le Chrift un peu 
gras f mais Tafl^iiTement des chairs d'un 
homme qpi vient de mourir y eft exprimé 
avec beaucoup de vérité. Lorfqu'on dit 
qu'il y a bien de Pexprefiîoh dans ce ta- 
bleau y cela ne fuffit pas pour donner 
«me jufte idée du mérite qu'elle renferme. 
Il faut obferver qu'elle s'y trouve répan- 
due par dégrés : les hommes qui defcen- 
dent le Chrift ^ quoique réellement tou- 
chés , paroiiTent moins affligés que les 
trois Maries qui fecourent la Vierge.- Deux 
chofes ont porté avec raifon le Peintre à 
traiter ainfi fon fujet : la première , parce 
que les femmes fe hvrent en général plus 
à la douleur que les hommes. La féconde, 
parce que révénemenc de Pévanouiffe- 
ment de la Vierge qui arrive fur le champ 
devoit bien plus les frapper qu'une mort 
à laquelle ils étoient préparés , & qu'il y 
avoit déjà quelque temps qui étoitpaflee. 
Ce tableau eft un des quatre principaux 
de Rome ; on prétend que Michel- Ange 
en donna le deffein à Daniel de Volterre, 
pour Toppofer à Raphaël & balancer la 
réputation de celui-ci. 
Aux deux cotés de cette Chapelle il y 



CffAP. IL Defcrîptlon de Rome, 5| 
a deux autres frefques du même Peintre, 
bien infiérieures au tableau précédent, 
L une repréftnte l'exaltation de la Sainte 
Croix, & l'autre le mîrajcle qu'on raconte 
de la Croix de N. S. lorfqu*on lui pré- 
fenra un cadavre pour vérifier fi c'étoît la 
yraîe Croix, 

La chapelle de rAunonciation eu da 
Cefar Piémontois. La chapellerfîorghefe 
renferme un Crucifix peint à Thuile , & 
les autres iiiyfteres de la Paiïîon h fref- 
que , par Cefar Nebbia d'Orviette ; le 
tombeau de Pierîni, avec deux enfanseîi 
bas- relief , eft de Lorenzetto. 

Dans le cloître du Couvent, le Cava- 
lier d' Arpino peignît la canonifation deS- 
François, faite par Léon X. Cet ouvrage 
futPépoquede fa réputation. La Charité 
environnée d'enfans^quieft fur Ja porte 
du Couvent, eft de Jérôme Naflei. Saint 
François de Paule qui guérit un malade , 
près de la porte qui conduit à l'Eglife , 
eft du Cavalier Roncalli; il y a plofieurs 
autres aélions de la vie de ce Saint , par 
le Nogari, par Semenza & Marco de 
Paenza ; on y voit les portraits de tous 
les Ik>îs de France , par Avanzino Nucci 
de Citta di Caftello. Dans les corridors 
yn font: au-deifus de ce cloître il y a. 



1 



64 Voyage en Italie; 
des payfages , quî étant vus d'un point 
, déterminé , paroiflènt fe réduire à deux 
grandes figures , ils font du P. Jean- 
François Niceron , célèbre Minime , Au- 
teur du livre qui a pour titre Thauma- 
turgus Opticuf ; il y a une femblable es- 
pèce d^ chef-d'œuvre de perfpcftive 
aux Minimes de la place Royale à Paris. 
Dans le {femier corridor du Couvent il y 
a un cadran folaire qui fut fait dans le 
dernier fiecle , par le P. Magnan , habile 
Mathématicien du même Ordre. 
■ Le P. Jacquier & le P. le Seur , quî 
font à Rome depuis plufieurs années , ont 
remplacé dans ce Couvent les grands 
hommes que nous venons de citer ; ils 
ont tous les deux occupé les places les 
plus diftinguées de la littérature à Rome , 
& fe font fait connoître par les plus 
beaux ouvrages de Mathématiques, Le 
P. Jacquier a pour les étrangers un mé- 
rite de plus , celui d être rempli de zèle 
& d'attention pour tous ceux qui ont re- 
cours à lui ; je lui ai moi-même à cet 
égard des obligations fignalées. 

Palazzo de gli Zuccheri , fe 
trouve fur la droite de la rye qui va^crs 
le midi du côté des quatre fontaines ; c'eft 
celi^i qu'occupèrent autrefois les deuK 

Peintres 



Chap. il Dejcripiion de Rûme, ay 
tîntres célèbres, Taddte & Frcdeiic 
uccheri; on le reconooît à une façade 
iguliere qui fut ornée par eux-mêmes , 
:l-on rrouve dans Tintérieur beaucoup 
? peintures de ces grands Maîtres. 
ViLJLA Medici , grande & belle maî- 
tt des Grands Ducs de Tofcanc qui çfl 
nord de Rome fur le Monte Pincio : 
îoiqu'elle foit dans l'intérieur des murs 
le a preique une demi-lieue de tour j y 
mpris les jardins; elle fut commencé^: 
re iSS^ P^^ '^ Cardinal Jean Pucci de 
ontepalcîano, fur les deffeins d'Annibal 
ppi. Le Cardinal Ferdinand IL de Ale- 
cis qui la pofféda en fuite l'augmenta & 
rinbellit conCdérablement , elle a ^té 
ig temps prefque abandonnée; mais 
. le Baron de Santodile , Minlftre de 
empereur à Rome , s'eft occupé à la ré- 
3lir , à y faire les réparations & l'en- 
îtien convenable, & même à y ajouter 
nouvelles décorations ; il en a ouvert 
jardins à tout le monde , & c'eft la plus 
Ile promenade de Rome pour le pu- 
c. L'architeâure du Cafin du côté de 
)me n'a rien de remarquable , mais en 
trant dans le veftibule on trouve huit 
igmens de pilaftres antiques , fur Icf- 
els on a fculpté des rinceaux ou orne- 
Tome IF, B 



26 Voyage en Italie; 
mens de branches d'arbres , dont Ui 
feuilles font contournées d'une manière 
naturelle , large & très- belle. 

Dans le veftibule ou^portique ouvert 
du côté du jardin , fix grandes figures 
antiques , repréfentant des Sabines , des 
Prêtrefles, &c,Ces figures font en général 
d'une bonne proportion & font un bel 
effet dans les places qu'elles occupent : de 
ces 6 ftatues , il y en a 2 dont on voit des 
copies aux Thuileries ; l'une eft une Im- 
pératrice C quia une efpece de bonnet de 
coureur ) l'autre repréfente une Matrone 
qui a été copiée par M, Legros ; l'atti- 
tude de cette figure eft belle , ainfi que 
l'ordonnance de fa draperie > mais l'exé- 
cution en eft feche , les plis en font égaux 
fans variété , le caraétere de tête en eft 




m 

r Chap, II. Defcripmn it Rùme, 2y 

*5iré les cheveux &il l'a repryfentée ks 
pieds nuds« 

Deirus la porte d'entrée des appanc- 
mens un beau bufte anrique de Jupiter 
Capirolin , plus grand que na[urc , donc 
h nez eft reftauré , & un beau vafe d'al- 
bâtre quarré. 

Dans la gallerîe des Antiques on trouve 
beaucoup de belles colonnes, dont deux 
font de verd antique Se deux d'albâtre. 
Un groupe repréfentant le Dieu Pan , qui 
apprend à Apollon à jouer de la flûte , 
il eft très bien compofé & a beaucoup 
d'expreflîon , mais il efl crès-niauvais 
dans Vexécution. 

Un petit autel quatre anrique fur les 
Gote's duquel il y a quatre bas-reliefs; 
des trois que Pon voit , le premier reprc- 
fente une Bacchante jouant du tîmpa- 
ïion i le fécond une Bacchante tenant un 
couteau d'une main & une tête de femme 
de l'autre ; la troifieme une Bacchante 
portant un timpanon d'une main & de 
l'autre un tyrfe qu'elle a fur fon ëpaule ; 
:es deux dernières ont la tête rcnverfée : 
ces trois figures ont de très-belles in- 
tentions & font dans .de bonnes atti- 
tudes. 

Un Bacchus tenant des fruits dans une 

B ij 



as Voyage en Italie. 
peau de chèvre , il y a une panthère S 
côté de lui : il eft d'une nature froide ^ 
feche , élancée & en général médiocre,: 
U eft cependant copié à Marli. 

Le fatyre Marcyas pendu par la maîa 
à lin arbre 5 on a reîlauré le nez , les bras i^ 
la moitié d'une jambe & l'extrémité de 
l'autre : cette figure eft bien compoféc fiç^ 
d'un beau caraftere de deflein , la tête en «. 
eft expreftîve ; la partie la plus belle Se H 
plus pure de ce fatyre éft depuis le fom- = 
met de la tête jufqû'aux genoux ; les ge- 
noux font gros en dedans & ils ont dé 
mauvaifes formes , aînfi que les bras. 

Un des fils de Niobé, belle figure,' 
ayant une main fur le côté , l'autre ap- 
puyée fur un rocher couvert de fa drape- 
rie & regardant en Pair 5 elle eft d'unei 




Chap- II. Defcrîpthn de Rûme, 2p 
de Diane j eft dans une attitude très* 
preffive, les deux figures de Guerriers 
i font à côté font auflî dans de bellei 
tuudes Se le nud en eft traité d'une ma-* 
ère grande* L'Agameronon , quoique 
lauré^a une belle expreffioni& les autres 
ures ne lui cèdent point en méritei La 
jne qui eft au-deffus des figures dans 
gorge du vafe eft traitée avec légè- 
re & ne fah tort ni à fa forme ni à fes ' 
;Lires; les anfes qui partent du deflbus 
i vafe font un bel effets le pied de ce 
ife eft moderne. 

Un Apollon ayant une draperie fur 
nhjzs & un cygne à fes pieds; l'atti- 
ide en eft afiez bonne. Il eft d*une na- 
ire qui participe delà femme & du jeune 
ïmme , maïs le travail n'en eft pas trop 
eau. 

Une femme aflîfe fur un cbeval marin ; 
(ont la coëfFure eft bien , la draperie qui 
1 couvre -depuis les cuiffes a une affez 
Hpnne intention , elle eft gravée dans le 
Mtfontfaucon, mais la figure n'eft pas 

Un Apollon debout, d'environ quatre 
icds de haut , ayant un bras fur fa tête , 
c l'autre accoté fur un tronc d'arbre où 
3n carquois eft pendu. Il eft d'une bonne 

B iij 



30 Voyage en Italie. 
proportion , d'un contour, coulant & fin 
mais fa nature tient trop de celle d'un( 
femme ; on a placé à côté le portrai 
d'une femme très-laide , mais bien fait. 

Un Mercure en bronze de Guillaunii 
la Porte ; il eft fuppofé enlevé par m 
vent, qu'on a repréfenté par une tête qu 
Igi foufBe fous la plante des pieds ;cett( 
figure a un joli tour , elle eft bien penféc 
& s'enlève bien en l'air ; elle a cepen- 
dant des parties roides & outrées , fi 
quoique les mufcles foient bien placés ilî 
manquent de vérité dans le détail. 

Au premier appartement du côté di 
jardin , deux plafonds de Sébaftien de 
Piombo , repartis chacun en fept tableau: 
repréfentant différentes Divinités, dont 1 
defTcin eft bon ?^ ou il fe trouve quelgiK 




r 



Chaf* il DefcripthrFde Rome. 5 1 
régulière 3 on y z feulement a juflé des bas* 
reliefs & des ftatues antiques avec aCcz 
de goût ; le veftibule qui eft dans le mi- 
lieu fait un bon effet & la vue totale du 
Cafin eft très-pinorefque* 

Dans les entrecolonnemensdu veftî- 
bule font deux lions , Tun antique Se 
l'autre moderne. Le moderne eft de Fia- 
mlnio Vacca , Romain ; il eft beau & l'an- 
tique ne vaut rien : quatre ftatues de 
Rois prifonniers dont deux font en por- 
phyre. 

Les bas*reliefs qu'on remarque dan* le 
frontifpîce font un facrifîce de taureau 
que deux hommes mènent à Fautel ; le 
fond du bps-felief eft un Temple qui 
forme un trts*bel effet , cet ouvrage eft 
de la plus grande manière. 

Un autre bas- relief repréfèntant un 
taureau qu'on vaaflTommer au pied de l'au- 
tel ; les facrifîcateurs font beaux & bien 
drapés, le fond eft moderne & fait un 
frès-bon effet; c'eft un fond d'architec- 
tare de ftuc, repréfentant des théâtres 8c 
autres bâtimens. 

Un Hercule étouffant le lion qui lui 
donne de la tête contre l'eftomac , la com- 
pofition en eft belle ; le lion n'a que 



32 VoyaIîe en Italie; 

le torfc d'antique : THercule eft d'une* 

belle attitude , d'un deflfein fier. . 

Un bas-relief repréfentant une femme 
devant un Guerrier , &la ville de Rome } 
•cette femme écrit fur un bouclier ce mot^ 
^otis ; à fes pieds eft une Ville qui a une 
couronne murale fur fa tête & implore fon 
fecours : ce nrtorceau eft de grande ma^ 
niere ; la figure de Rome eft bien ajuftée, ' 
& l'attitude de la Ville très-expreflîve. 

Pour pendant on lui a donne un frag- 
ment de grand bas-relief, où l'on voit; 
les jeux féculaires de Domitien ; les atti- 
tudes en font bien variées , & les figures 
bien drapées. 

Une Ville rcpréfentéc fous la forme 
d'une femme à genoux, implorant un 
Empereur couronné par une Viâoireien 




i p . I li Defcrîpiiôn de Rome, 5 J 
re blanc; les attitudes en font 
crès-expreffivesj maisks figures 

:ourtes. 

é des Rqis Parthes un bas-re-* 

: de grandes guirlandes attachées 

par une tête de bœuf diîchar-» 

;s rubans en zigzags ; il efl aûez 

total i cependant les fruits en 

égaux en gro{reur& ne forment 

natresaflez variées. Ce bas-relief 

ï en ftuc de l'autre côté. 

les niches des pavillons on voit 

;s figures antiques où il y a 

intentions &c d-aflez bonnes 

<• 

blé de la gallerîe, une grande 
marbre, repréfentant une Ma- 
ie eft trt;s-mutilée , mais Fiotcn* 
ft bonne & leç draperies en font 
lées, 

îtit autel rond orné dans le bas 
intrelacs & des oves dans fa cor- 
eft d'aflez bon goût, mais mal- 
les détails. 

aune en bronze qui tient BaC'- 
)rigînal eft à la ville Borghefe ; 
pendant un Mars en bronze , de 
Bologne, très- lourd, court & 
auvaife attitude. 

By 



1 



54* Voyage en Italie; 

En face du bâtiment du Cafin il y ; 
deux grands baffins de granité oriental 
tirés des thermes de Titus , l'un à 22 pied 
de diamètre & l'autre 1 8 ; ils font lem 
blables à ceux qui fervent de fontaines ai 
jardin Farnèfe j dans un pavillon voifii 
eft une grande coupe de porphyre cafiTée 
mais de bonne forme , & qui feroit uni 
très-belle cuvette de fontaine. 

Sur la terrafle du jardin un fragmen 
de bas- relief où il y a une tête de femm( 
qui a le nez cafle , elle eft d^un très-beai 
careélere. 

• Six grandi* bas-reliefs antiques , repré 
fentant des figures droites qui font er 
iparche; elles font de très-grande ma- 
nière , bien drapées , d'un grand ftyle. 

Une' figure de Jupiter dont le torfe ef 
bon , & un autel quarré lui fervant d( 
piédeftal : cet autel eft beau & il e{l 
revêtu de bas- reliefs dont les intention? 
font bonnes , triais dont les figures foni 
trop courtes ; lé meilleur repréfente Au- 
guftc au milieu de deux Sacrificateurs. 

Dans une pièce de verdure en gazon ^ 
vîs-à- VIS de la gallerie , il y a une petite 
aiguille où ohéUfque de granité, avec des 
caraftereè Egyptiens. On trouve dans 
un fallon 5 feyvàlit dé ferre, un fragment 



CffAPi IL Defcription de Rome, J^^ 
? faai-relief antique de trois figures , 
mt une de Cou fui, la tête & une grande 
jxie du corps en font rompues j deux 
mmes four derrière lui » dont une â la 
te de moins ; ce qui en reflc eft fort 
au , le travail en eft léger & le dcffein 
:s--pL3r* 

Un bas -relief imité des Etrufques p^r 
; Romains. Il rcprcfente trois femmes 
ifont en noarche pour aller au facrifice; 
ne tient tinc lyre & préfente quelque 
ofe à une Vidloire qui efl auprès d'un 
tel; elles ont beaucoup de grâces & 
nt d'un bon flyle. 

On conferve dans ce jardin , dans uhq 
nïte loge ou cabinet ouvert , d'où Pon 
Jcouvre de jolies vues fur la campagne , 
le copie antique de la Ctéopatre , maïs 
oins belle que l'original du Vatican. 

Le groupe célèbre de la famille de 
lobé eft auflî dans le fond du jardin , 
ïusun toit porté par quatre pilUers quar- 
s Se fur un grand plateau de brique 
environ quinze à vingt pieds de dia- 
être > on y a rangé les figures de Niobé 
: de fes douze enfans avec un cheva) 
ai s'élance en Pair , fous le ventre dur 
iiel le Sculpteur a mis un rocher poiir le 
>utenir. Les enfans font dans différente? 

B v] 



^6 VoYAGB £N ItALÏF; 
attitudes qui expriment l'effroi & la' 
crainte; la plupart de ces figures font* 
mauvaifcs ; il y en a cependant quelques- 
unes qui ont de belles intentions & des 
attitudes affez naturelles & qui ont été- 
modelées plufieurs tois :1a figure de Niobé 
mérite d'être remarquée par fon aélion : 
fa fille fe jette dans fes genoux comme 
dans fon afyle le plus fur; la mère étend 
fa draperie pour la garantir des traits 
d'Apollon , Tattitude de cette femme eft 
très-excellente , elle eft vraie & noble , fk 
tête eft d'un grand ftyle & a beaucoup 
d'expreffion , mais les draperies en font 
d'une manière maigre. Le premier des 
cnfansqui eft fur le devantparoît être une 
copie antique de celui de la gallerie. 
Au bas de la Niobé on voit un farco- 




Chap. il Difcription de Rcirte, J7 
tes jardins de Ja Vilja Medici font 
ms uRç belle ficuation fie tin bon air* les 
aes de tous côtes en font pittorelques : 
I font dîvifés en grands quarrés de pa- 
Sdes à hauteur d^appui iorm<!s par dei 
iriers , avec des allées qui fe coupent 
arrément ; les arbres fur-tout y font 
ïus bas ^ ce qui donne au jardin beau- 
up d'air, & fakpamitre lesOatues très- 
andes : on y voit des Termes très-efti- 
fes par la fiinplicité de leurs formes» 
Après avoir vu la Villa Medici on peut 
leîcendre vers la place d*Efpagne ^ & 
vre la rue qui conduit à ta porte du 
uple, 

S, Atanasio de^ Greci , Collège des 
recs ; dans une rue qui ^(i appellée dd 
ihbidno , à caufe de la ftatue d'un Si- 
ne couché fur une fontaine, contré 
1 Palais du Prince de Pionnbino. Ce 
loUege fut établi en JflJ y P^^ G^^" 
)ire XIII. fous la direélion des Jéfuites : 
porte le nom du fameux Doéleur de 
:glife Grecque S. Athanafe qui eut la 
oire de foutenir prefque feul la doftrine 
î TEglife contre Théréfie des Ariens , 
li infeéloit prefque toute l'Europe ; il 
ourut Tan 373. 
On y célèbre la Mefle en Grec le )ôur 



38 Voyage en Italie. 
de fa fête, & un Archevêque Grec. y ; 
officie pontificalement. On y conferve la : 
bibliothèque du célèbre Léon ÂUatiu» 
ou Allaccî , qui fut un des élevés de ce 
Collège. 

L'architedlure de TEglife eft de Jac- 
ques délia Porta ; la façade eft de Martin 
Lunghi le vieux , il y a un Crucifix 6c une 
Aflbmption , du Cavalier d'Arpino. 

Gesu e Maria al Corfo , EgUfe des 
Auguftins déchauffés; Tarchîteâure eft 
de Carlo Milanefi, ou Cavalier Rinaldi. 
La maffe du portail eft bonne , les ar- 
riere-corps foutiennent bien l'avant- 
corps; mais les pilaftres compodtes qui 
décorent ce portail n'ont pas affez de re- 
lief, & les piédeftaux font montés fur des 
focles trop hauts ; la porte eft bien pfo 




Chap. IÎ, Defcriptîon de Rome. 59 
isaiivaiie , la Vierge eft aflez bien 
3pofée j ainfi que l^Aiige qui joue de 
afl'e : le coloris eft en général un peu 
i & la lumière trop éparpillée, 
Jaus la facriftie U y a au plafond trois 
eaux de Lan franc. i*% Les Apôtres 
irdant la Vierge aller au CieL 2^, La 
rge montant au Ciel, 5*^, La Sainte 
nité qui l'attend ; ces trois morceaux 
T d'un pinceau dur , & ne pUfonnenr 
ne- 

atro £Alibtrii » appelle auflî Théâtre 
Dames, eft dans une petite rue qui 
prefqiie vis-à-vis du Collège de Saint 
aanafe; c'eftun des plus grands de Ro- 
j & le plus propre aux grands Opé- 
, & aux belles décorations : nous ea 
lerons à Poccafion des fpeftacles. 




5^0 VaYAGE EN Italie; 



CHAPITRE IIL 

Suite du cjuatYieme Quartier ; Porte 

du Peuple ; Palais Borgheje 

êr Ces environs. 
* • 

X ORTA DÊL PoPOLo,porte du peuple^ 
autrefois porta Flaminiayûve fonnom mo- 
derne d'un bois de peupliers qui en étoit 
voifin, C'eftla porte la plus feptcntrio-^ 
nale de Rome , & celle dont l'entrée eft 
la plus belle & la plus noble ; elle anr.. 
nonce la ville de Rome de la manière 
la plus brillante à ceux qui arrivent de 
^rance & d'Allemagne par la route de 
r lorence. Caius Flaminius avoir fait conC- 




CHAP.IlI.DefiripnmdeRûme. 41 
les armes d'un Pape avec deux grofles 
cornes d-abondance. Aux deux côtes de 
la porre , & entre les colonnes font deuK 
ilatues de marbre de Pécole de Michel- 
Ange, faites par Monchi , repréfentant 
Sp Pierre & S< Paul : elles font fort niâu- 

La décoration de cette porte ell d'un 
ûyle plus lage que celui des autres ou- 
nages de MkheUAnge , les détails n'eti 
&>nt pas mauvais ^ mats il y a de la dif-* 
proponion entre les piédeflaux & les 
colonnes ; il ne régne point de repos 
danst'attique : les armes qui font au-det 
fus & les cornes d'abondance font trop 
fortes pour les parties d'en-bas; Tarca- 
de n'a point d'archivolte^ ce qui donne 
du repos dans cette partie. 

La façade intérieure de cette porte fuf 
layillede Rome, fut décorée fous Aie* ' 
xatidre VII- par le Bernin , à l*occafiûn 
iîeJarrivée de Chriftine, Reine de Sué- 
de, IJ y a aux deux côtés de la porte, 
deux pilafires doriques accouplés avec- 
kur entablement furmonté d*un aiiique» 
Au-defflis de l'attiqae font des monta- ' 
gnesrepréfcntant les armes du Pape Ale- 
xandre VII- Toute cette décoration eft 
iàns proportion ; les profils & to«s les. 



1 



4^ Voyage en Italie. 
détails n'en valent rien , & il y a un af- 
femblage monftrueux entre les armes » la 
guirlande & la partie d'en bas. 
Obéiifque II y a dans le milieu de la place un 
Auguitc. gyand obélifque Egyptien aui donne à 
cette place un afpeâ magnifique ; ce fut 
Sixte- Quint qui le fit élever en ij8p ; 
il a io8 palmes de long, y compris la 
pointe qui en a j i ; la croix dont il eft 
iurmonté en a 17 7: le piédeftal furie- 
quel il eft placé , avec la oafe de l'obélif* 
que, en a 37, avec 12^ de large dans 
le vif. Ainfi depuis le pavé de la place 
jufqu'au fommet de la croix il y a 162 { 
palmes ou 8 1 pieds & p pouces. 

Cet obélifque eft chargé d'hiérogly- 
phes Egyptiens , & il eft d'un granité 
fingulier. Samneferte , Roi d'Egypte , le 
fit faire à Heliopolis, d'où Augufte le 
fit venir pour le mettre dans le grand 
cirque , & il fut appelle obélifque d' Au- 
gufte , comme on le voit par l'ancienne 
infcriptlon qui eft fur le piédeftal ; il étoit 
dans les ruines du grand cirque, aufti bien 
que celui de S. Jean de Latran, lorfque 
Sixte-Quînt les fit élever pour la déco- 
ration de Rome. 

Le tombeau de Domitien étoit au bas 
de la même colline près de la porte du 



DfA?. II L Defcripticn de Rome, ^^^^ 
faple; Néron y fut enfeveli par fes nour- 
:es & fa Maïtreire, comme Suétone 
ms l'apprend (^)- Ce monument ctoit 
né de marbre de Tofcane & de marbre 
lec; il fubfilla long-temps, jufqu'àce 
'tine image miraculeule de lâ Vierge ^ 
uvée près du tombeau de Néron, y 
bâtir une Eglife qui efl aujourd'hui 
tta Maria del Popolon 
Lk Madonna DÊt Popolo j Eglîfc 
Auguftins , fuuée immédiatement à 
é de la porte du peuple, fut bâtk vera 
\ iioo , par Pafcal IL dans l'endroit 
avoit été le tombeau des Domitiens; le 
iple Romain la fit reconftruire en 1 227, 
\% IHn vocation de Ste, Marie du Peu- 
u Jules IL y fit faire des peintures 
des orne mens , maïs ce fut Alexan- 
î VIL qui la fit décorer en ftucs , par 
foins du Cavalier Bernîn. 
La féconde Chapelle à droite eft fort 
:he, quoique d'une architeélure ordi- 
ire ; elle a été décorée par le Cavalier 
(Qtana^ en colonnes compofites demar- 



») Reliquîas jEgloge 
élexandrîa. jvutrices eum 
e concubinâ.gemili Do- 
iorum monumento con- 
inmt quod profpicitur è 
ifo Martio , impajimm 



colle hortorum , in eo mO' 
numento folium loyhyre^ 
tîci marmorîs fvpe^Jlante 
lunenji ara cîrcumfcriptvan 
efl lapide Tha^io. 



44 Voyage en ItALi»; 
bre j qui font trop multipliées ; elle ed .- 
pavée de belles pierres ; il y a au-deffut ;- 
de l'autel un tableau de Carie Maratte ^ ; 
peint à l'huile fur le mur ; il repréfente la 
Conception, une Vierge dans la gloire, 
& plus bas une converfation ; S. Jean eft 
debout , S. Grégoire eft aflîs dans un fau- 
teuil , & le S. Efprit fous la figure d'un« 
colombe lui parle à l'oreille ; S. Dominl« 
que tenant un livre a un genou en terre; 
il y a encore un autre Saint : la Vierge eft 
tre^-belle, ainfî que le S. Grégoire; le 
Peintre a pris un mauvais parti de faire 
les enfans de fa gloire en grifaille y cela 
empêche cette gloire de fe lier avec la 
compofîtion d'en bas & fait tort au bon 
effet du tableau. D'ailleurs la figure de 
S. Jean eft manquée, & l'attitude de Saine 
Dominique eft indécife ; on ne fcaît i 




I VnkP.îlI^DefirîpiîondeRûme* -fj^ 
peu dans le goût de Pierre de Corronne ; 

elle eil très-incorrcfte , ce défaut domine 
fiîigoliérement dans TAnge qui joue du 
violon. 

A la troîfieme Chapelle fur l^autel, une 
Madonne & des Saints peints à frefque , 
par Penturicchio;fyr l'une des murailles 
une Aflbmptîonj du même Peintre ; ces 
peintures font du premier âge de la pein- 
ture^ & paroîflent un peu gothiques; on 
y vojt de la dorure mêlée dans les cha- 
peaux, 8d dans quelques draperies; ce* 
pendant elles ne font pas fans mérite , il 
y a quelques têies de bonnes. 

Dans la croifée à droite j une Vifita- 
tien qu'on attribue à Gio Maria Morand] , 
l*aâion en efl vraie; il y a des grâces 
dans>cet ouvrage; les deux Anges de 
devant, quoique vigoureux de couleur , 
ne forment cependant qu'une tache claire 
su tableau , h maffe n'en étant point 
affëz grande pour produire un repos 
avantageux, 

L^ buftes des deux Cardinaux Gbo 
font de Cavallini j les ftatues des maufo- 
lées du chœur font d'André SanfovinOj 
& les peintures du Penturicchio ^ les fta- 
tues de la grande nef ont été dirigées, 
par le Bernîn & exécutées par N^ldini 
«cRoffi. 






îj'tf Voyage en Italie. 

La Chapelle au fonfd des bas cotes à 
gauche renferme deux tableaux du Cara- 
vage , Tun repréfente la Converfion de 
S. Paul , & l'autre le Crucifiement de S. 
Pierre ; la couleur en eft excellente , maïs 
la compofition en cft des plus extrava- 
gantes. 

Dans la première Chapelle à gauche 
il y" a une Aflbmption , d'Annibal Car- 
rache; les peintures des côtés font de 
Michel-Ange de Caravage , mais elles 
ont été mal reftaurées. 

La chapelle Chîgî , ou chapelle de 
N. D. de Lorette , eft la féconde à gau- 
che , c'eft une des plus jolies de Rome j 
elle eft de Baltazar di Perugia , bien pro- 
portionnée dans fa maffe générale & dans 
les détails particuliers ; elle eft décorée 
de pilaftres Corinthiens , cannelés de 
marbre blanc, qui viennent de bonne 
grandeur fous la coupole. On admire 
paiement la bonne proportion de cette 
coupole & la belle diftribution de fes 
caiflfbns. Les pyramides qui font dans les 
arcades des côtés font fîmples & donnent 
.à ces monumcns un air bien fépulchral 
& convenable à leur deftination. L'un eft 
le maufolée d'Auguftin Chigide Sienne, 
& Pautre de Sigifmondo Cbigi. Bien des 



ClïAP, m. Vifcrîptîùnie Rame, 47 

Architeéles cependant défapprouvent ces 
pyramides de relief, prétendant que Ton 
ne dcvroic jamais les employer dans les 
décorarions intérieures ; une pyramide 
n^étanr belle qu'autant qu'elle fe peut 
voir de toutes parts, 

La coupole eft décorée de Mofaïques 
faites fur les defleins de Raphaël^ mais 
d'ane très-mauvaife e)îécutiotï* 

Les huit tableaux de l'attique repré- 
fentenr Fhifloire d'Adam & Eve , ils 
lurent commencés fur les defleinsde Ra^ 
placi parle frère Sebafti en del Piorobo, 
& achevés par François Salviaii, ainfi 
que les quatre ronds qui décorent les pen- 
dentifs & qui repréfentenc les quatre fai- 
fons; tous ces fujets font très-nuds Se 
tendus de la maniéré la plus indécente; il 
yregne auffi beaucoup d^correftions , 
nais cela n'empêche pas qu'on n'admire 
lepand ftyle avec lequel ils font traités. 
les demi -cercles ou lunettes des deux 
wtades latérales font du Cavalier Vannî ; 
fun repréfente David jouant delà harpe, 
l'autre Aaron l'encenfoir à la main , ac- 
compagné d'un Lévite qui porte des co- 
lombes ; fts fonds de ces deux morceaux 
^font tout-à-fait noirs , on y trouve peu 
d'eflFet, & il yauroit encore d'autres 
chofesà y délirer. 



'^S VôYA.<îE EN Italie. 

Le tableau .de PAutel repréfente u 
Nativité de la Vierge , de Sébaftien ( 
Piombo til eft gris & très -maniéré. 

Il y a au-devant de l'autel un bas-rel 
de bronze dans le goût antique; il par» 
qu'il repréfente une double a<Slion , d' 
côté la Samaritaine accompagnée àcjp. 
fieurs perfonnes qui viennent pour v< 
. J. C. comme un homme rare ; de Tau- 
la multiplication des pains. 

On voit encore dans cette Chape 
quatre figures de marbre placées aux c 
coignures dans les liîçhes : celles de J 
nas & d'Elte font exécutées parLorc 
iettb , mais fur les deflfeins de Raphac 
quelques-uns prétendent même qu'il 1 
a faites lui-même , ce dont on doute foi 
la. meilleure des deux efl: celle de Jona 
il eft^aiGs fur la baleine , ayant un pied 1 
la mâchoire inférieure de ce poilTon c 
eft ouverte. Cette figure tient entier 
ment de l'Antinous duBelvedere,le mi 
bre y eft traité trop fçavamment po 
croire qu'elle foit partie de la ma 
.d'un Peintre qui n'avoit pas la pratîq 
du cifeau. 

Les deux autres figures , de même q 
les tombeaux & les ornemens , font < 
Ççrnin : l'iine des figures rçpréfente 

Frophe 



Ckap. III- Defcriptim de Rome, 4^ 
rophete Habacuc tiré par l'Ange de la 
Sk aux lions : la figure du Prophète eft 
ès-belîej mais l'Ange eft un peu in- 
>neét. L'autre repréfente Daniel dans 
foffe aux lions. Cette figure eft. pleine 
expreffion & compofee avec toute la 
laleur poffible; le Sculpteur a faîfi ï\nC^ 
nt où Daniel j levant les mains au Ciel, 
voque le Seigneur. Ces deux figures 
ï Prophètes font d'un fi beau faire que 
marbre fait oublier la chair : les drape- 
ïs en font légères, mais un peu tonillces* 
£n {brrant de TEgUfe du Peuple & etk 
rançanr dans la place du peuple on voit 
ïux belles Eglifes d'une architefture 
ûforme , qui accompagnent les côtés 
î la grande rue du Cours. Cette rue qui 
plus de poo toifes de longueur en îi- 
ae droite eft appellée il Corfo , parce que 
*eft-14 que fe font en eflFet les courfes de 
bevaux , înftituées par le Pape Paul IL 
^trs J'an 1^6$ ; elles commencent à l'en- 
f& de la rue du côté de la place , & fe ter- 
oinent vers le Palais S. Marc à l'endroit 
ippellé la Riprefa ai Barberi. 
Deux autres rues , tirées également au 
îordeau , aboutilfent au centre de la même 
>Iaee , Pune à gauche eft la Straàa del Ba^ 
^mo , qui conduit à la place d'Efpagpc ,; 
Tome m C 



'yo Voyage en Italie; 
Paucre eft la Strada di Ripetta , qui con- 
duit au port du même nom. Les Eglifes 
des Picpus & des Carmes font placées fur 
les angles que ces deux rues font avec le 
cours ; les Picpus des miracles font à 
droite , les Carmes de Monte Santo font 
à gauche. Les façades de ces deux Egli- 
fes font femblables ; les Religieux de ces 
deux Couvens ont même fait rebâtir leurs 
maifons en entier depuis quelques années , 
& forment à l'entrée du cours une déco- 
ration régulière ; elle fait fouvenir ceux 
qui doivent retourner d'Italie en Fran- 
ce , qu'ils ne verront en entrant à Paris 
Îue la barriece des Gobelins ôc la rue 
louffetard. 
S. Makia de' Miracoli n'étoît 
d'abord qu'une petite Eglife bâtie en 
1525, par la Confrairie de S. Jacques des 
Incurables , à l'honneur d'une image mi- 
r^culeufe de la Vierge ; elle fut cédée 
en 1628 aux Pères du tiers Ordre de 
S. François , que nous appelions Picpus , 
à caufe de leur première Maifon de Pa^ 
ris ; ils font la plupart François : Alexan^ 
dre VIL la fit rebâtir d'une manière plus 
noble par le Cavalier Rinaldi , ôc après 
fa mort le Cardinal Gaftaldi, Génois , em-» 
ploya le Bernin ôc Fontîma pour la dé* 




Chap, irip Defcriptîon dç Rome, 
or€T tant au dedaîis qu*au dehors , tou* 
►ors fur les deireins de Rmaldi, La fa- 
ide ell couronnée de huit ftatues en 
^vertin^ faires par Morellî , Carcani, 
c derrière lelquelles s'<îkve une cou- 
le qui termine !'édificc* Cette coupole, 
flîbien que celle de A/^fc Santoqpi e» 
t le pendant, eft de mauvaile forme* 
;ft- pourquoi nous nVn dirons rien, 11 
m efl pas de même du portail, il mé* 
e plus d'attention ; l'architefture efl da 
valier Fonrana. Quatre colonnes cti 
antj portant un fronton ,. donnent un 
rche ibus lequel efl la grande porté 
i eft fagemcnt ajuflée & d'une jolie 
oporrîon. Deux autres colonnes fur un 
tn circulaire forment un arrière corps , 
accompagnenr les petites portes d\n^ 
e. L'archite<Slure en total en eft fage, 
lit les colonnes font maigres & Tcnta- 
eitietit .lourd. Un défaut de cet-^nta^^ 
:ment', gui,n*eft pas moins fenfible, 
ft que dans Pàrfiere- corps il.profile fur 
, colonnes ; il eut été plus élégant s'il 
t fui vi la même courbe, 
L'architeaufè intérieure de TEglife eft 
nne , Ton dôme eft de forme circulaire ; 
rdre Corinthien qui le décote eft de 

C 1) 



Ça Voyage en Italie; 

bonne grandeur, mais Tarcade du chceiif 
eft trop étroite. 

Monte Santo , ou Santa MarU 
di Monte Santo , Eglife des Carmes j 
de la Province de monte Santo , en Si- 
cile ; ils avoient dès l'an 1640, unç 
petite Eglife dédiée à la Vierge ; le Papç 
Alexandre VIL voulut en 1 66:^ qu'elle 
fût rebâtie fur le même deffein que celle 
des Ficpus dont elle fait le pendant , Se 
elle fut décorée auifi par Fontan^ 5c If 
Bernin. 

LHntérîeur de l'Eglifç de Monte Santo 
eft moins bien que celui des Miracles ; il 
eft décoré d'un ordre Corinthien qui de-p 
vient petit , eu égard à la coupole ovalç 
qui porte deifus ; cette coupole eft mon^ 
tée fur un piédeftal d'une grandeur ex-ii 
travaganre. 




CbAV. IIL Defcrîptîon de Rome, y | 

A la troifieme Chapelle ^ une Sainte 
Famille y beau tableau de Carie Marattc t 
buncoinpoféi harmonieux de couleur ^ & 
don: les airs de têtes font très -variés. 

Dans la Chapelle Montioni , qui cft 
k troifieme à gauche ; S, François & 
S, Roch priait la Vierge « par Carie Ma- 
rate^ tableau un peu froid. Il y a dan3 
cette Chapelle deux colonnes de vcrd 
antique & d'autres marbres précieux. 

Dans la féconde Sâcriflie une Vierge & 
rEnfantJefusduBaciccio-L*EnfantJefu8 
eft debout^ tenant (a croix, au bas de la- 
quelle il y a un fer de lance dont il frape la 
tête du ferpent : la figure de la Vierge eft 
bien pcnfée & drapée largement : le Pein- 
tre a tenu fa tête prefqu entièrement dans 
la demi'teînre , 5c il y a répandu tous les 
tbarmes imaginables ; c'eft dommage que 
ce tableau foit d^un ton un peu rouge, 

S- GiACOMo degV incurabili , Hôpi- 
tal confidérable , duquel dépend une 
Eglife qui s'appelloit in Augujia , à caufe 
du maufolée d'Augufte qui n'eft pas loin 
de-li ; cette Eglife eft du côté de Ri- 
peua, & s'appelle Santa Maria della porta 
dei Paradifo; le Cardinal Pierre Colonne 
laifia, par fon teftament en 1339 j un 
legs confidérable pour y bâtir un Hôpi- 

C ii] 



jf^ Voyage e:n I y a lje; 

tal. L'Eglife qui donne fur le cours a 
une belle façade, de Cark Maderno ; U 
portail eft décoré d'un ordre compofite 
lur un donique; ces deux ordrts font 
d'une bonne proportion , l'un lur l'autre. 
L'ajuflement de la porte eft un peu 
trop grand & a trop de relief pour uht 
trchitudure qui n'eft qu'en pilaftrea; & 
ks portes des arricres-corps font trof 
petite. 

L'intéricir de cette Eglife eft fort orné, 
Qn voit dans la deuX}eme Chapelle i 
droite un grand bas-relief en marbre, de 
M. le Gros. Il repréfénre S. Franco s de 
Paule fur un nuage, invoquant la.Viergei 
dont le portrait lui eft apporté par dej 
Anges; il paroit lui demander la guéri^ 
lo.i l''u[!j lo.^!: U: malade?^ lidc Vvd voii 





p. III, Defct'tption de Rame, f] 
confraine érigée dans cette églîfe 
nom de S, Jacques & de Sainte 
1 Peuple , parce que c'cft tUc qui 

Je Timage miraculeufe de FEgUfe 
le , & ies AiiguAins qui y habi-» 
peuvent la découvrir fans venir 
les Officiers d« la Confraine, 
dans cet Hôpital cent trente lits 
m deux corridors, un pour les 
, l'autre pour les femmes ; on y 
auffi le jour de S. Jacques plu- 
ïtes à des filles pauvres » comme 
ucoup d'autres Confrairie. 
cco j Eglilede Confrairie, avec 
cal> que Ton trouve dans la rue de 
Les Mariniers & les A\!be:g;ilc» 
nt en 14^9 l'emplacement deâ 
î ou lUy riens 5 6c y firent bâtir une 
: un Hôpital pour les malades de 
nmunauté. Une image miracu- 
. procura beaucoup d'offrandes à 
;life vers Pan IS4S 5 donna les 
d'augmenter & d'embellir le bâ- 
& de finir Ja tribune & les cha- 
:e qui fut exécuté fur les deffeîns 
•Antoine de' Roffi, Il y a dans 
;life des peintures du C^labrois , 
:cîo , & de Balthazar Peruzzi. 
emarque fur-tout à la féconde 
C ir 



j-d Voyage en Italiï; 
chapelle à droite un tableau du Bac] 
cio , repréfentant S. Roch & S, Antoi 
qui invoquent la Vierge pour obtenir 
guérifon de la pefte. 11 eft d'une bon 
couleur , mais il y a peu d'expreflîon , 
il eft aufli foible de compofuion qu'i 
correft de deffein. 

Au même autel , un tableau de G 
cînto Brandi , repréfentant S. JRoch : 
un nuage , à qui Jéfus-Chrift donne 
main à baifer : ce tableau eft d'un af 
bon efiet , mais gris de couleur & i 
correfl:, 

S. GiROLAMO DE GLI SCHIAVOI 

ëglife nationale des Illyriens qui l'obt 
jçntde Nicolas V. en 14JO. Sixte 
étant Cardinal & proteôeur de cette éj 
{ty la fit rebâtir , & en fît enfuite i 




Chap. m. Defcrîptîon de Romt, jj 

làintes Femmes au tombeau , par Jofepti 
lel Bafbro ; le Chrift n'eft pas mauvais, 
e caraftere de tête de la Madeleine eft 
nanqué. 

A la troifieme chapelle » îin S, Jérô- 
De à qui un Ange fonne de la trompet- 
e, par le même Peintre; il tient de la 
naiîiere du Guerchin, 

Au fond du choeur il y a une frefquc 
.'Antonio Viviani , & aux deux côtés 
leiix autres frefques d'André d'Ancona; 
lies repréfcntent la vie de S. Jérôme : 
es frefques font de grande manière, 
lais pleines d*incorreftioîis, 

S. Jérôme eft encore repréfenté dans 
i voûte , & l'on croit que cette partie 
ft de Paris Nogarî ; il y a auffi des pein- 
uresde Pierre Bracci j de Bénigne Wang 
i de Michel Ange Cerruti. 

Porto di Ripetta , fitué au bord 
îuTybre, eft l'endroit oà abordent tou- 
tes les barques qui defcendent de la Sa- 
bine & de FOmbrie , & qui apportent 
à Rome les denrées de confommation 
journalière. 11 fut bâti par Clément XI. 
en 1704. 11 eft décoré d'aï chitcfture & 
d'înfcriptions , avec de larges dégrés 
qui en facilitent le fervice , & des fon- 
fii&e; entre ces efcaliexs s le coup-d'œil 

Çy 



58 Voyage EN Itali*. 

en eift pittorefque , ainfi que la plupart 
des rivages du Tibre. Clément XIL ea 
3734a fait faire auflî près de-là un cbanr 
tier poun les bois de charpente , fur le 
bord du Tibre , & vers la porte du 
Peuple. 
Palais Le Palais Borghese , qui eft tiii 
UargSefe. peu au Midi de Rîpetta, eft un des plus 
beaux & dés plus riches palais de Komci 
Il fut commencé par le Cardinial Dezza 
un 1 590. Martin Lunghi donna les def 
feins de la façade principale , qui a i8f 
çîeds de long ; Flaminio Ponzio fit celle 
qui eft du côté de Ripetca ; on y a joint 
dans la fuite un autre grand bâtiment qui 
fert de commun pour les gens de la mai- 
fon , fur les deffeins d'Antoine de Ba- 
tifti. Ce palais à l'extérieur a de la no- 
blefle ainfi que tous les palais Italiens i 
ce qui provient de la grandeur de fes 
mafles & du peu de divifion de fes par- 
ties ; cependant 1^ détails en font maî-r 
grès & petits. 

Il y a devant la porte une petite place 
qui eft fermée du côté de la rue par des 
chaînes , ce qui augmente encore la no-^ 
blefle du bâtiment Se défigne la maifon 
d'un grand Seigneur. 

La principale cour de ce palais dk- 



Chap* IIL Defcriptîon de Rome, ^^ 
grande^ chofe affez rare dans Kome oh 
ies cours des plus beaux édifices paroiCi 
fent généralement petites Se obfcures ; 
l'oD en ule ainfi pourfe défendre du foleil. 
La cour du palais a dans tout Ion pour- 
tour deux étages d^arc^des portées fuf 
100 colonnes de granité , Doriques & 
uniques j lefquelles forment en-bas Se 
en4iaut des portiques couverts. Au-def- 
fus de ces arcades il y a un Attique Co- 
rinthien: toute cette décoration eft d'un 
goût léger & très-maigre ; on y a placé 
beaucoup de flatues^ parmi lefquelles on 
remarque Julie , Fauftine Se une Ama-^ 
Zone* 

L'appartement du rez-dc-cbauffée a 
une enfilade d'on^ie pièces, toutes ornées 
de tableaux précieux ; on prétend qu'il 
y a dans ce palais jufqu'à 1700 origL- 
naux , voici les principaux : 

Un tableau repréfentant Diane & fe^ Dîai 
Nymphes à lachaffe, ou plutôt s*amu- ^^^^'^' 
fant à tirer au prix de l'oîfrau , par le 
Dominiquin ; ce tableau paiTe pour un 
des premiers tableaux de Rome :1c Pein- 
tre a faifi Pinftant oîi Diane adjuge le 
f prix à une de fes Nymphes qui fait tom- 
r ber 1*01 feau d'un coup de flèche : la Nym- 
phe (jui vient de décocher la flèche , de 

Cvj 



'6o Voyage bn IxALiîBf; 

même que celle qui regarde à côté fi U^ 
coup eft bien ajufté , font Tune & Tauirtf^ 
charmantes ; cette fcéne fe paiTe fur 10 
bord de l'eau : on y voit une Nympiii^ 
igui fe déchauffe > dont le tour ell admir 
rable , & une autre qui fe fouleve dan»;^ 
l'eau fur le devant , dont le mouveme&ftv 
eft jufte, & la tête fort belle ; elle eft vue i 
de face. Il y a dans ce tableau bien d'att-<s^ 
très beautés de détail^ mais quoiqu'il fok-.i 
d'une belle couleur y l'effet en eft man* \ 
que* La compofition n'en eft pas bien.-;! 
liée , & la figure de Diane eft ^ne des i 
moins belles : les têtes des Nymphes ren» 
trent aufiî dans le même caraâere. 

Une Adoration des Bergers ^ de Ja« 
cob Baflan ; il eft trop pâteux de cou- 
leur , & la tête de la Vierge eft^ 




4>eau« 

tableau du Titien y repréfentant 
rmmes , l'une vêtue appuyée fur 
gnoire ; & Pautre nue affife fur le 
i cette même baignoire , & un 
qui tâte fi le bain cil aiTez chaud : 
une belle couleur , la femme nue 
I deflînée. 

K petites Madeleines d'Annibal 
le» bien deflinées & d'une grande 
i; celle qui eft dans le défert, a 
peu mile ; Fautre qui eft dans le 
i tableau 9 6c auprès de laquelle^ 
1 Ange, a un plus beau caraâere. 
3brilt mort , avec deux Anget 
I tableau du Guerchin , d'une jo« 
ition 9 & dont TefTet eft piquant.. 



62 VOTAGE EN iTALtlEf. 

de grands carafteres de têtes , mais elleî 

font dénuées de fineffe. 

Une Tentation de S. Antoine, d'An- 
nibal Carrache ; un diable fe préfente 

{)our le déchirer avec fes griffes , & ur 
ion pour le dévorer ; il eft bien compoft 
& çorreftement deflîné^ la tête du Saint 
efF pleine d'expreffion , & les Anges d( 
la Gloire font tout-à-fait gracieux. 

Une belle petite tête de femme à che- 
veux blonds , du Titien. 

Dans une gallerîe chargée de beaucouj 
de dorures & de ntiauvais ornemens , il j 
a huit glaces à morcçaux rompus , dont 
les caflures font couvertes pardes enfans. 
des fleuves , & divers ornemens peints 
par Ciroferi, d'une manière agréable , & 
qui donnent une rémirûfcence du Cor- 
tonne. 

De très-beaux defleîns de Jules Ro- 
main , dont deux font des marches d'ar- 
mées, un triomphe, un repos de Guer- 
riers, un Chafleur endormi, que dcsNym- 
phes veulent noyer ; une chalTe au fan- 
glier ; le peuple qui fort du Colifée. 

Un autre deffein repréfentant Adonis 
mort entre les mains des Grâces ; PA- 
mour qui le plaint, Vénus qui fe délole 
les deux cygnes qui le careffent , le? 



CfîAP. IIL Defcriptlon de Rorm. tf j 

Amours montés fur le fangUer j 8c qui le 
percent à coups de flèche. 

Le deffein de la bataille de Confia n- 
tin j par Raphaël j qui eft exécuté à fref- 
qut au Vatican par Jules le Romain, Les 
trois bas-reliefs de deflbus ce tableau font 
dans le même deflein fur la même feuille, 
& deiHnés auffi par Raphaël. 

Un chardonneret & un moineau franc 
fur une branche de chcne , petit tableau 
des mieux exécutés en mofaïque à très- 
petites pierres & d'une grande vérité. 

Au bout de Tenfilade de l'appartement 
on a ménagé une perfpeflive naturelle^ 
formée par un baCîn quarré long qui eft 
vis-à-vîs une croîfée , au milieu de la- 
quelle il y a un guéridon d'eau allant con- 
tinuellement , ce qui fait un allez bon ef- 
fet ; ce même guéridon fe découvre àû 
côté de k rue. 

' La Vierge , lé petit Jéfus & S, Jéah f 
par André del Sartb ; là tête de la Vierge 
efl: belle ; la couleur du tableau eft un peu 
violette, & ledelTein en eftcahotté. . 

Un beau deflein au biflre de Raphaël 
repréfentant un Cbrift, que l'on met 
au tombeau ; ce deflfein eft très-fini , & 
fait de peu de chofe. 

Deux bafGns de marbre contour&és i 



<?4 VôYAÔfi EN IïALI& 

au milieu defquels il y a un petit guérît 

don jettant une gerbe baffe » & quatre 

Setits jets à côté ; cette fontaine répand, 
ans la falle une agréable fraîcheur ; elle 
feroit encore mieux dans une falle de 
bains, ou dans le veftibule d'un cafin^ 

Un portrait de femme blonde , vêtue 
de noir, ayant deux colliers , parleTi^ 
tien ; elle eft gracieufe & d'une belle cou^ 
leur. 

Jefus-Chrift que Ton porte au tom« 
beau I tableau peint fur bois : il eft de - 
Rapfiael dans fa première manière: il n\ 
règne aucune intelligence de clair- obl« 
cur f Se le deifein en eft fec , quoique cor- 
reâ , mais il y a beaucoup d'expreffion > 
dans toutes les têtes« 

Le mariage de fainte Catherine,du Par- 
ïrace& légèreté : 




UTé III. DefcrlptiôTt dé Ronte. 6f 
trouva en 17(^3 9 dans la msifon Fîe^et 
nte Vragone à Frafcati , trois ta- ^^^^^^ 
marbre blanc , qui font dans le 
Borghefe : elles proviennent d'u- 
niche antique que l'on avoit fciée 
iver une chambre ; le Prince Ca* 
ts a fait tranfporter dans le palais 
îfe , elles font extrêmement fingu- 
par leur flexibilité ; on peut les 
: les ramener à leur état naturel; 
tit environ trois pieds de long & 
un pouce d'épaifleur , & elles fe 
nt de près d'un pouce par leur pro- 
.ds 9 quand elles ne font appuyées 
r leurs ex^émités. M. l'Abbé de 
;es qui les a examinées le premier, 
|ue c'étoît un marbre qui par fon 
:é & par l'effet de Pair , avoit 
la panie glutineufe & féche qui 
bit au déplacement des parties ; 
ne temps il obferva que ces tables 
pas élaftiques à la manière de l'a- 
3m me le dit M. Venuti, car el- 
^viennent nas d'elles-mêmes à leur 



66 Voyage en Italie; 1 
contre le mur trois niches , dont il fort i 
des cafcades , mais elles font fans goût: ';, 
ce petit jardin eft fans verdure , il tfkr 
feulement compofé de quarrés de fleurs < 
dans des bordures de pierre , avec de$. . 
citroniers plantés de diftance en diftancc / 
dans des pots de terre. 

Toute la fculpture de ce jardin eft 
d'un mauvais goût , il en faut feulement* 
excepter un petit bas- relief antique re- 
préfentant trois Villes perfonnifiées par 
trois femmes portant la couronne mu- 
rale , & dont l'une tient un préféricule : 
elles font fimplement compofées & bien 
en colloque les unes avec les autres , le» 
vêtemens en font parfaitement a juftés }• 
.. .ces figures font cependant un peu cour- 
tes : elles ont été^gravées par Santi Bar- 
tolî, 

Somafques. CoLLEGIO ClEMENTINO , qu'oil* 

trouve près de- là fur la place appelléô 
Nicojîa , & dans la rue qui conduit au 
pont S. Ange , eft occupé par les Somaf- 
ques. Cette Congrégation fut fondée en 
15*30 par Jérôme Emîlianî , pour fe dé- 
vouer fpécialement à l'inftruélion des or- 
phelins : elle tire fon nom du village de 
Somafque fitué entre Milan & Berga- 
me , où le Fondateur fit fon premier éta* 
bliffement. 



f% 



^"^'^AdeVo.&^^^V!' Apprenne 
""fr L S Lo^'^^ ^'c fondé en î 5 ^ ^ 

il .■ 



(6È VolTAÔB EN ItALîS; 
pour les Portugais ; il porte le nom 
S. Antoine de Lijbonne , plus connu 
Italie fous le nom de S. Antoine de j 
doue. jr- 



CHAPITRE IV 

Rione di Ponte ; Quartier du F 
S. Ange & de S. Augujîin. 

XJE cinquième quartier de Rome 
fon nom du Pont §• Ange , qui en fa; 
partie avant le temps de Sixte-Quint 
quartier commence à la place du I 
è. Ange & s'étend le long du T 
vers la grande & belle rue appellée Sti 
Julia , & jufques du côte de la place 
vonne. 

Les environs du Pont S, Ange ëtc 
autrefois une des parties les plus on 
de la ville de Eome , on y trouve aél 
lement plus de peuple que de haute 
blefle. La place qui eft devant le I 
S. Ange eft celle oà fe font les ex 
tions de juftice 5 elles fe faifoient au 
fois fur la roche Tarpeienne dans 1 
droit appelle Monte Caprino , mais c 
£ban|;é cet ufage depuis l'an i^S8. 



p. V. Rome , jr^. Quartier, TSp 
de cette place vers TEglifc de 
içs refles Œun ancien arc » des 
sGrarien, Valentinien&Théo- 
a a détruits dans le dernier fie^- 
foifloit par les infcriptîons que 
des omemens de quelque vafte 

:zo CiccïAPORCi , autrefois Al- 
ii eft dans Strada di Banchi fut 
^ deiTeins de Jules Eomaîn , Se 
;ardé comme un des plus fingUf* 
l y ait à Rome pour l'architeç- 

des Niccolini^ qui eft vis4-vîs ; 
architedure de Jacques Sanlb- 
ilebre Architefte du Florence , U 
nd de la cour un groupe de Vé* 
s Mars ^ dont Vafari fait le plus 
)ge ; il fut fait par Mofchino , fils 
iMofca. 

o DI S. Spirito, bâtiment qui 
lu grand hôpital du S. Efprit ; l'ar- 
e eft du pramante ; ^c'étoit au- 
Hôtel de la Monnoiè , c'eft acr- 
Dt une banque où beaucoup dç 
ts dépofcnt Içurs fonds fous la 
& l'hypothèque de l'hôpital du 
c : la Monnoîe a été tranfpqrtée 
jardins dç Belvéd^rct 



m 

es i 



lenc 



70 * VoYAGi 3BN ÏTAL 
ïDéborae- Au coin âe la place voîfîne ve 
^^ de S. Jean des Florentins , on 
înfcrîprion qui montre jufqu'où 
du Tibre montèrent dans l'în 
terrible qui arriva la nuit de No 
fous Clément Vm. ' ^ 

Hîc utida inclemens dum fub Clémente 
Tacis Rex oricur ^ Tibridis ira peric. 

Cet accident furviht à Rome 
temps quelePaperevenoit delà 
de Ferrate avec le Cardinal A 
din qui étqit fon Légat dans fes ço 
il a voit fiait foh entrée le 2ô 'De 
&*les^ pluy(?s qui duroîent depuiî 
mencetnent du mois de Juin pre 
înterruptioîi , n'ayant ccfTéd'auj 
je Tibre commença à ïe rgpand 




CffAP. ly. Rome , ff. Quartier. JT 

Mme fut à moioé rainé , les parapets du 

DtSL Ange renverfès,& beaucoup de 

^ioDS qui avoient réfifié aux eaux dans 

c accroiâèinent furent entraînées ou 

r^âiruilées lotfou'elltô commencèrent i fe 

iedfer;ce ne tut que le 27 que le fleuve 

rentra dans fon lit. 

Ce débordement (urpaiCi ceux même 

de ly 30 & de 1 j' 5*7 » & tous les autres 

.dont on avoit quelques marques par les 

ififcriptions placées dans les rues de 

Borne 9 comme à Pafquino & ailleurs; ce» 

ridant il y avoit même dans les vaÛons 
ia Ville divers endrdits où l'eau n'ar* 
rivm pas, 4e Palais Farnefe, Capo di 
Ptrro y Morne Giordano , près de Strada 
. Juiia , Macello di Cbrvi, près du cours , 
n'étoîenc point inondés , Peau n'approcha 
pas du pied du Capitole. 

Dans le temps que le Château S. Ange 
étoit environné par les eaux , il y eut 
une quantité de peuple qui , habitant dans 
des boutiques & des barraques au-deflbus 
du baftion de Grégoire XIlI. qui s'étend 
le long du chemin du Vatican , les deux 
côtés de la rue, furent inondés avant que 
d'avoir pu fe fauver. Le 24 de Décem-f 
bre ils montèrent d'abord jufques fur les 
foits de leurs petites maifons 9 hommes ^- 



s 



I 



72 Voyage en Italti. 
femmes & enfans jufqu*à ceux qui étoietdtj 
encore à la mammelle , mais Peau crr" 
&nt toujours,les toits mêmen'étoient 
aiTez hauts pour les fauver. Ceux 
étoient encore dans la partie attenante aa( 
château S. Ange allèrent de toits en uAi 
jufqu'à ce qu'ils fuflent arrivés à la mm 
raille de la Courtine, au-defTus du fofiili 
des fortifications de Pie IV. on plaça fuï 
cette muraille des échelles bout à bout/ 
& l'on fit monter ces pauvres gens dant 
le château S. Ange ; mais ceux qui étoieflt 
de l'autre côté de la rue ne pouvoiett|! 
recevoir aucun fecours;la rapidité du 
Tibre étoît fi grande que les battelierl' 
ne pouvoîent y aller , & ces infortunés 
criant en vain pour demander du fecours, 
Voyoient la mort s'approcher fans aucun ] 
efpoir de falut. M. Capponi , Lieutenant ' 
du Château , détermina des foldars in- 
trépides à defcendre fur les toits des boii-^ 
tiques qui ctoient du côté du Château $ 
de-là ils vinrent à bout de jetter une 
corde à ceux qui étoient de l'autre côté} 
ceux-ci l'attachèrent à une des chemin 
nées de leurs maifons & les foldats te- 
nant l'autre bout de toutes leurs forces 9 
fes pauvres abandonnés fe jetterent à 
{'eau & fe tenant avec les mains atta*- 

(çhéeg 



BtÙM à la ii^i^ dto fak c6céde 

ièrpcres atâemtliéiQirreiifiùit 

^nlct » le danger dottiUMC des 

itox-^éUards 9 & tous étoieiit en& 

liaoîkfidrttitffe ktf^udbinsiBiai^ 

breat TcAifcrfiîeè &';eiitr^ée«*nr 

ïi^fife fituée dans iSrr AJa TtaJ/k , pv^ 

Penordt qui a dônséiiea à ttoiirie dl^ 
r; elle fut fondée Teifshni' 1 4<^ 

:des Fbrtmins quiétam^a Koàà. 
ime ' JaflbdjfHîoni pieufe pcpi* hr 

sir des pauvres malades j:' on y fonda' 
nfaîte un Hôpital , & Léon X. en i J ip 
Il fit une Paroifle pour les Florentins qui 
dntoient dans toute l'étendue de la 
'iBei c'eft-là que le 2 Août les Cheva^ 
en dé S. Etienne célèbrent la fête de 
Ordre qui fut infiitué par le Grand Duc 
5me I. pour défendre la Méditerranée 
mtre les Turcs. 

Lcportailfut fait par ordre dje Clé- 
ent XII. fur les deffeinsidù Cavalier 
Icffandro Galilei , Florentin ; il eft bâti 
1 travertin avec des. ornên^ens & de$ 

Tome IV. D 



74 Voyage en Italie; 
bas<»reliefs eà marbre. La maflfe ei 
bonne ; la difpofitîon des avant-cor 
des arriere-corps eft très-bien ; les p< 
font bien proportionnées cntr'elles , 
leur décoration , quoique pure , eft 
maigre» Ce portail eft décoré de < 
ordres Corinthiens ; rArchiceéle 
mieux fait de choiftr pour le premiei 
colonnes ioniques; le premier ordre 
feroît que mieux.fi les colonnes n'ét< 
pas engagées; Le p.iédeftal du fecon( 
df e fait fort mal , fur-tout n'y ayant 
de piédeftal au premier ordre ; la crc 
du deuxième, ordre eft auffi un peu 
grande , & la corniche du fronton q 
eouronne,trop forte , relativement au: 
ionnes qui l'accompagnent qui (brit 
maigres, Cette façade eft terminée pa 




CffjiP. IV» Rome , /f. Quartier , "jf 
îlfequc cet incident répand parmi eux 
parmi les foldats donne beaucoup de 
30vemenr à la compoCtion* On doit 
ptndant regarder comme une idée ba* 
^ue l'homme qui e(l culbuté dans tin 
ÎJ3 du tableau & dont on ne voit que 
jambes , le refte étant fuppofé hors de 
)oile» Il y a de bonnes exprefîîons dans 
[Qorceau ^ & la couleur fans être dei 
s vraie en eft vjgoureufe, 
4 la partie gauche de la croifée ,1a Ma- 
nne portée au Ciel par des Anges , 
tcau de Baccîo Ciarpi ^ Maître de 
rre de Cortonne ; la compofition en 
très-mauvaife : H y a cependant une 
: de couleur. 

A.Ï1 premier pilier de la nef on voit le 
jfolée du Marquis Capori ^ par Mi-* 
l'Ange Slodtx., Sculpteur François » 
it nous avons déjà parlé ( T. III, 
jl. ) le maufôlée eft très-bien com- 
K;îl eft foutenu fur un focle ou efl 
vée l'infcription , & fur lequel eft pofé 
fircophage» Une fenârhe néglîgem- 
at appuyée force tombeau tient d'une 
iii un livre; elle a uri agneau à fes 
As^ & cet agneau eft couché fur un 
fè ; ce qui fait penfer que M. Slodtz a 
qIu par-là exprimer en même temps la: 



75 Voyage en Italie. 
douceur de caraâere du Marquis Ca 
poni & Ton amour pour les lettres ; fo 
portrait eft repréfentë dans un médaille 
porté par deux génies , ce quî couronn 
très- bien ce maufolée ; rarchitefture e 
bien entendue & les marbres très-bic 
affortis , petite attention que nos Sculp 
teurs ne devroient pas négliger ; le fljn 
dont les figures font traitées fait bic 
voir combien M. Slodtz avoit étudi 
l'antique. 

Ort remarque dans cette Eglife u 
autre maufolée quî eft celui de M. Coï 
fini , par PAlgarde , & plufieurs peintu 
res eftimées. 

S, Philippe de Neri & le célèbre Cai 
dînai Baronius ont habité dans les bâti 
mens qui joignent cette Eglife ; ils for 




: & décorer par Nanni Bîgio , ar- 
: de Florence ; il y a dans l'ami- 
e du grand appartement plufieurs 
î de l'ancien Teftament , peintes 
le par Cecchino SaUiati ; dans la 
il a peint les principales aélions 
id; ces morceaux font traites avec 
jrande habileté , tant pour le co* 
e pour le deflein , (uivant le té-* 
ge de Raphaël Borghini & des au- 
teurs qui en ont parlé. Il y avoir 
t Hôrel une collcélion d'antiques 
bleaux formés par le Marquis Lu* 
que le Pape Benoît XIV. acheta 
gmenterla belle ccUeélion duCa-* 
Le falon qui donne fur le Tibre 
de S. Onuphre eft dans une pofî- 
eft rare dans Borne , où il n'y a 
, ni vues fur Teau , même dans 



78 Voyage en Italie; 
de S, Simon & S. Jude à Monte Giordano i 
ainfî appelle da nom du Duc Giordàoo 
Orflni y qui pofifédoit toute cette partie do ^ 
champ de Mars ; il y a dans le Palais <jâ« i 
brielli une fontaine abondante donc les '■' 
eaux viennent de Bracciano , de belles ' 
fiatues de Silène » de Diane d'Ephefêi 
des buftes de Scipion l'Africain & de 
Trajan , des tableaux choifis , une bîblk)- ^ 
theque confidérable. Oeft le feul Palais 
de Rome où il y ait des inflrumens de . 
Mathématiques , des lunettes $c des té<- 
lefcopes de toute efpece; on y voit dd 
înftruiîiens d'Aftronomie, de Géométriei 
de Phyfîque , des Machines propres à fei^ 
re toute forte d'expériences , & tout ce 
qui peut indiquer dans M, le Marquis Ga- 
bricllî un goût pour les Sciences,d'autant 
plus eftimable qu'il eft très-rare à Rome. 

Pai^azzo Lancelotti eft fitué près 
de l'Eglife de S. Salvator in Lauro , ou du 
Collège de la Marche & près de la rue ^€* 
Coronari , c'eft-à*dîre, des ouvriers en 
chapelets , qui s'étend depuis les envi- 
rons de la place Colonne jufqu'aux envi- 
rons du pont S. Ange. Ce Palais fut com- 
mencé au temps de Sixte-Quint fur les 
deflfeins de François de Volterre & ter- 
miné par Carie Maderno. Parmi le grand 




HÂP. ÏV- Rome 5 fi, Quarthr* Jp 
ombre de belles ftarues qu'on y voit 
, ily a une Diane d'Epbefe la plus grande 
fiui foit à Rome , & une belle (latua 
^ la Pudicité , faite en marbre de 
Paros f à un blanc laiteux qui a rœil de 
râJbâtre;ik robe efl drapée avec tant 
d'art qu'elle laifle voir, pour ainfi^direj les 
doigts de la main au travers de TétofFe ; 
il eft vrai que la tête eft moderne , maif 
elle a été faite par un très-bon Sculpteur, 
& accompagne très-bien la ftatue , toit 
pour la qualité du marbre , foit pour la 
beauté du travail, lice n'eflque le Sculp* 
leur lui ayant mis une couronne de lau- 
rier femble n'avoir pas apperçu que ce 
de voit être une ftatue de la Pudicité, Il y 
a auflî des tableaux de prix, parmi ki* 
quels on dillîngue un Silène porté par 
tdeuK faunes^ qui eft un bel ouvrage d'An* 
t&ml Carracbe. 

Qeû dans le Palais Lancelottl aue 
Affemble de tempe en temps PAcadé* 
, nie des Lificundi , dont nous parlerons a< 
l Foccafîon de la littérature Romaine. ^\l 

£n traverfant la rue des CeronAri^ 
pour venir du côté de la placd Na vonne , 
on trouve la place de la Paix ^ près de 
laquelle eft la maifon Roland! , où il y 
tvoit autrefois un cabinet célèbre de mé« 

D iv 



8o Voyage en Italie, 
dailles ^ d'antiques , de pétrificatior 
gulieres, d'armes , &c. on y voyoi 
exemple , un bouclier ancien où Be 
ëtoit repréfenté fur un trône , ay 
fes pieds Vitigez , Roi des Goths 
avoir été conduit prifonnier à Rav 
Quelle différence entre Belifaire co 
rant , & Belifaire à qui l'on a cre^ 
yeux & qui demande Paumônefur l 
min ! Il y avoir encore dans le C2 
Rolandi un poignard de Chriftoph< 
lomb oh fon efcadre étoit repréfe 
avec fon nom fur la garde , & cett 
vife Credo viderebonaDominu Cetn 
coUeûion s^ été prefqu'cntiéremen 
perfée , il n'en refte qu'une partie 
une maifon de la place Farnefe. 
rgiifc de la La Page ou Santa Maria ddla 
Eglifc aînfi appellée parce que le 



•ijx. 




s liecles , & qu'ils quittèrent en 
Alexandre VIL fit rebâtir cette 
ians une circonftance où il s'agif- 
:ore d'obtenir la paix entre les 
Chrétiens ^ elle c bâtie fur les 
de Pierre de Cortonne ,• Peintre 
y qui montra dans cet ouvrage 
é qu'il avoir auffi en architeôure. 
3rtaîl eft décoré de deux ordres 
• l'autre ; le premier eft un por- 
2 colonnes doriques fur un plan 
e de demi- cercle faillant^Sc qui 
le IVir tout- à- fait antique. Le fe* 
: une efpece de compofite dont le 
un peu tourmenté : Pierre de 
ve a voulu faire de ce portail un 
I dont PefFet fût pittorefque , 
il Teft réellement quand il eft bien 
du foleil , plutôt qu'un morceau 
rp.nfle nureté. A l'égard des ar- 



82 Voyage en Italie. , 
avec des înfcriptîons. L'intérieur de I^ 
glife eft compofé d'une nef, qui efl;^ 
peu trop petite 8c d'un dôme cftogo 
d'affez bon effet. Le grand autel arquai 
colonnes de verd antique , avec béai 
coup de marbres & de ftatues; on y co 
ferve une image de la Vierge qu'on i 
tribue à S. Luc & qui fut la premk 
caufe de la conftruftiori de cette EgW 
elle eft ornée de pierres précieufes , 
placée dans la niche du milieu. 

Le rempliffage au-deffus de la pi 
Wiiere chapelle à droite repréfente \ 
Sibylles peintes par Raphaël ; il eft foi 
de compofition , la figure ingrate de 
place y a fans doute contribué. Ce m 
ceau d'ailleurs eft bien defliné , mais 1 

hé. 




^sAp, IV. Rome^ ff, Qtiartkn 8j 
mùme la mort de la Vierge , par Maria 
Pl orandi , il eft un peu rouge de coloris 
& trop confus de compofinon, 
^A la voûte du Sanâuake il y a une AP. 
Kinption jderAlbane» foîble de couleur. 
ftes pendentifs font du m^me Auteur, 
™font meilleurs/ Le cloître du Couvent 
cil de l'archîtcftare du Bramante* 

Santa Makià peli-' Anima iegli- 
fc ainfi appellée , parce qy*on trouva 
dans cet endroit une ancienne image de 
la Vierge ^ devant laquelle on avoît peint 
deux figures à genoux , qui repréfen- 
toicnt deux âmes de Fidèles : il y en a 
une figure fur la porte de Téglife en bas- 
relief; Parchiteftare eft du vieux Sangalr 
lo. 

n y a dans les premières chapelles de$ 
bas-cètés à droite & à gauche , deux ta- 
Ueaux de Carlo Venez^no , qui ne font 
f» dënu^s de vérité ; celui de la gau<- 
eiie eft le meilleur. 

Au maître aut^ , tin tableau de Jules 
Romain , repréfentant une Vierge cou- 
mnée par des Anges ; isUe eft accom- 
pagnée de Saint Jofeph , Saint Jac- 
ooea, & un autre Saint qui l'invoquent. 
ôe tableau a tellement pouiTé au noir , 
qu'il n'^ pas poflible de juger de Pin- 

D vj 



Lorrains. 



84 Voyage en Italie; 
tclligence du claîr-obfcur : mais onvoîr 
que la Vierge eft très-belle, ainfi quelei^ 
Anges de la gloire qui ont d^sphyfionofe- 
mies fines & fpirituelles ; l'£nfant Jefut 
n eft pas û bien ; le S. Jacques a li 
figure un peu ignoble. 

Au troifieme pilier de la ne£ à gauche 
il y a un petit maufolce de Ferdinand 
Vandcn , fait par François Flamand y _ 
c'eft une épitaphe ajuftce avec un voile i 
foutenu de deux enfansde marbre, qui 
font vrais comme nature.. 

S. NiccoLo de' Lorenesi, éxQit 
appelle autrefois S; Niccolo in J!g<rf:e, h 
caufe du voifinage du Cirque Agonal 
ou de la place Navone ; cette Eglife fut 
rebâtie en 1636 , en partie avec des 
pierres tirées des mines du Cirque Ago- 
cette pefite 




e & qu'il laîfle dominer des tons 
je, il eft cependant plus varié Sans 
; & dans fes carafteres de têtes y 
)Iufîeurs tiennent un peu du Cor- 
place de Torre Sanguina , eft ainfî 
:e à caufe d'une ancienne Tour, de 
s qu'on y voit encore. 
Palais Alumps qui en eft proche 
ne bonne architeélure , on y voit 
rs antiques très-eftimés , un tom- 
ire de marbre Grec avec des bas- 
, UT> ouvrage finguner en porphy- 
il y a deux colonnes , un globe , 
K têtes qu'on croît repréfenter les 
îurs Philippe* 

rx^- Apollin ARE , EgHfe du Col- Coiicgft 
ermanîque , fituëe à Tendroit ou ?Z'^^'^ 
s le Palais du Cardinal Pierre Je 



85 Voyage en Italie. 
lege de Jéfuites , pour cent jeunes écolii 
d'Allemagne & de Hongrie , Grëgà 
XIII donna à ce Collège des reven 
conddérables , & il en eu forti des pe 
fonnages diftinguës dans TEglife , d 
Cardinaux j des Evêcjues^ & même ci: 
Martyrs, 

Cette Eglife a^ été rétablie en enti 
depuis quelques années fur le defTein i 
Cavalier Fuga ; on y entre par un por 
que ou veftibule qui isft tout orné 
marbres , dans lequel font les Fow 
Baptifmaux , d'un côté & de l'autre u 
Chapelle de Confrairie : le veftibule f 
très- bien ,il feroîtà défirer que toutes! 
Eglifes faffent ainû précédées d'une p 
ce, indépendamment du porche, cela 




CflAP. IV. Rome , ye. Quartier. Si 
pofition de fon plan : il efl décoré de 
pîlaftres Corinthiens , & l'architefture en 
cft aifezpure j quoique maigre. 

Le grand autel eft très-riche de même 
qoe plulîeurs Chapelles ; il y a dans la 
troifiemc à droite une figure de marbre 
rcpréfentant S. François Xavier , par Lc- 
gros : ce Saint eft debout & regarde un 
Crucifix de marbre qu'il tient des deux 
mains. Cène figure eft fagement compo- 
rée,mais les draperies fourmillent de petits 
plis qui ne Jaiflent aucun repos à la vue. 

S. Agostino , Eglife principale des 
Auguffins, avecun Couvent célèbre qui 
fut commencé en 14.70, Les fondemcns 
de TEglife furent jenés en 148 3. dans 
un endroit où ces Pères avoient déjà une 
petite Eglife depuis le treizième fiécle,& 
l'on y employa des pierres du Coiifée ; 
elle eft d'une forme gothique , mais trls- 
ornée ; le grand autel eft du Cavalier 
Bernin , il eft furmonté par des Anges 
qui paflent pour être de la main de l'Al- 
garde , & l'on y conferve une ancienne 
image de la Vierge qui eft une de celles 
que les Grecs apportèrent à Rome après la 
prîfe de Conftantînot)le,& qu'on attribue, 
fuivant l'ufage , à S. Luc. Les tableaux 
de cette Eglife font ft gâtés qu'il eft très- 



28 Voyage en Italie^ 
difficile d'en juger. Mais comme les 
remarquables font de la mainr de gi 
Maîtres, fans être cependant de leur; 
beaux , il eft à propos de les îndiqu 

Il y a fur le troifiéme pilaftre à 
cbe un Prophète qu'on dit être pein 
Raphaël; à la Chapelle de la croifée à 
te , trois tableaux du Guerchin , cel 
l'autel représente S. François , S, Jeri 
& S, Jean , les deux autres font S, 
ques , & l'Héréfic terraffée par S. I 
çois. 

Au-deffus de la pone de la fec 
Chapelle de la croifée à gauche , q 
la chapelle de S. Auguftin & S. Gu 
me , on voit S. Thomas de Villen 
qui, donne l'aumône , tableau de R( 
Jielli où il approche beaucoup de la 




iccunu jaDieau rcprcicnte un imi'^. 

i première Chapelle h gauche , en 
t dans l'Eglife , l'adoration des 
s , par Michel- Ange de'Caravage. 
chapelle Pamphile eft très -riche ^ 
*une porte latérale de l'Eglife , on 
g tombeau du célèbre Cardinal 
i-NoRRis , de Véronne , Auguf- Cardinal 
un des plus fçavans hommes du ^"^^ 
rfiécle, mort à Rome en 1704, 
ivoir fait un grand nombre d'où* 
de Théologie & d^éruditîon ; le 
al eft fon Hiftoire Pélagienne qui 
iprimée plufieurs fois. C'eft enco- 
5 la même EgUfe qu'eft le tom- 
Li P. Onofrio Panvîni que nous 
ité plufieurs fois fur les antiquités 



po Voyage en Italib; 

«biîoihc- ^^ Bibliothèque Angélique eft j 
Aogéii- chofe la plus remarquable de cette mai 
fon ; fon nom vient de ce qu'elle fu 
laiffée par M. Angelo Rocca , de Came 
rîno ; elle a été augmentée par Lu 
Olftenio , autre Prélat célèbre par fo 
Içavoir ; enfin le P, Vafquez a fait depu 
quelques années l'acquifition de la gran 
de & belle Bibliothèque du Cardinal Fa 
fioneî , qui à coûté 30 mille fcudi c 
160 mille liv.elle a doublé la Biblic 
theque Angélique , & en a fait une d 

!)lus belles de Rome , elle eft publiai 
e matin , pendant cinq jours de la i( 
maine.On y conferve précieufcmentl 
ouvrages manufcrits , & le portrait ( 
Cardinal Norris , les œuvres du '. 
Bonjour, célèbre Auguftîn deToulouf 
& plufieurs autres rareté?. 






f 

Chap. V. Rome , 6^. Quartier, pi 

CHAPITRE V. 

Jlioae di Parione ; Quartier de la 
Place Navonne. 

Lj £ fixieme quartier de Rome , appelle 
Ricnedi Parione^ s'étend fur la place Na- 
voDue 9 & tous les environs dans Strada 
Papale , Campo di Fiore, & jufqu'auprèa 
de S. Andréa délia Italie ; il occupe une 
partie de l'ancienne région du Cirque de 
Flanûnius Se du champ de Mars ; fou 
nom de Parione vient par corruption de 
l'ancien nom des Huifliers apparitores 
qui y avoient peut-être leur habita- 
tion. 

Campo di Fiore eft une ancienne 
jdace dont le nom vient , fuivant quelques 
Auteurs , de laMaîtreffe de Pompée dont 
il eft parlé dans Plutarque ; il cft plus 
vraifemblable qu'il vient d'une courti- 
fanne nommée Terralia , qui laiflfa cet em- 
placement au peuple Romain , & infli- 
tua des jeux floraux analogues à la pro- 
feffion qu'elle exerçoit. Laftance dit que 
les Romains la fuppofantDéefle des fleurs, 
la déifièrent fous le nom de Flora ; on y 



pj2 Voyage iën ItaIi 
tient un marché de grains, & tous 1 
di & Samedi le marché aux chevau 
place cft auflî le lieu des exédut 
ceux que l'Inquifuion livre au br; 
lier , & c'eft-là où fut brûlé le célél 
dano Bruno : mais ces fortes de 
dies font rares aftuellement. 

Le Thfatre de Pompe'e é 
trefois à l'endroit où eft bâti U 
Orfini , ou Palais Pio , à Campo d 
ce fut le premier théâtre fixe qu'i 
à Rome , il étoit fi grand qu'il | 
contenir 80 mille fpeflateurs , & 
là que les conjurés placèrent un 
nombre de Gladiateurs le jour qu 
fut tué. 

On voit encore dans décurie 
Palais plufieurs voûtes rampantes 




Chap. V. Rome , 6^. Quartier, yf 
thœurs & des ballets ; cette conjediure 
paroît établie par l'ancien plan du Capi-* 
tôle qui fut fait fous Septime Severe , 
où l'on voit un fragment du théâtre 
de Pompée & des portiques qui font pla- 
cés de la même manière que nous venons 
de le dire. 

CuRiA PoMPEii , Palais oh le Sénat Curi 
étoit affemblé le jour que Céfar fut tué, ^''^"*' 
étoit fi tué au-devant du même théâtre ; 
c'étoit auflî un ouvrage de Pompée ; Nar- 
dini croit que fa fituation étoit entre S. 
Andréa délia Valle & le Palais Orfini 
dont nous allons parler. 

Palazzo Pic , lîtué dans la place de 
Campo di Fiore , à la partie méridionale 
du fixieme quartier. Il fut bâti vers l'an 
14^0, par le Cardinal François Con- 
dolmiere, fur les ruines du théâtre de 
Pompée : il pafla enfuite à la Maifon Or- 
fini, & à l'extinélion de cette branche il 
a été acquis par les Princes Pii di Carpi, 
deFerrare , qui ont fait faire une belle 
entrée du côté du Nord. On voit plu- 
fîeurs ftatues antiques dans ce palais : il 
avoit auffi une belle colleéllon de ta- 
Jeaux, que le Cardinal Camerlingue 
Silvio Valenti fit acheter par Benoît- 
Quatorze pour la gallerie du Capitale. 



i 



94 VOTAGB EN IXÀlUïr 

S. LoREKzo is Dâmâso , ancieni 
ëglife collégiale qui^fuivant Baronius,f 
fondée Pan 384 , par S. Pamafe Pap< 
en l'honneur de S. Laurent Martyr, a vi 
un revenu confidérable pour le cbapitri 
elle a plufieurs paroiiTes qui lui font fui 
ordonnées ; le Cardinal Vice-Cancellie 
en eft le titulaire : il y a des chapelles fc 
riches , & de très-bonnes peintures da 
cette églife. Le grand autel eft de l*a 
chitefture du Bemin ; le corps de S. D 
mafe y repofe : la chapelle de la Concei 
tiona été dirigée par Pierre de Cortonn 
qui en a peint la voûte. Le maufol 
d'Annibal Caro , grand Poëte Italiei 
fe voit dans cette églife j fon bufte eft i 
la main de Dojîo. ' 

lanccllc PaLAZZO DELL A CANCELLERIJi 

grand & beau bâtiment où habite le G 
dinal Vice*Chancelier de la Sainte Eg 
fe , qui eft adluellement le Cardinal D 
d'Yorck : ce palais fut commencé fous 
Cardinal Mezzarota de Padoue , & te 
miné par le Cardinal Raphaël Riari( 
avec des matériaux tirés du Colifée , 
d'un ancien bain qui étoit dans la Vil 
Ctrretta , ou , félon d'autres, d'un arc 1 
Gordien. L'architeéture eft du Brama: 
te , félon M. Venutî ^ & non pas de Sa: 
gallo; comme d'autres ledifent. 



[ Chap. V. Rome , 6e. Quartier; pj. 

La &çade principale du côte de Cam* 

po diFiore eft touce en marbre » de Tar-^ 

, diceâure de Dominique Fontana : ce 

I fat le Cardinal Alexandre Montalte qui 

f h fie élever , elle ell touc-à-fait dans le 

' goût de Vignole , & l'on croiroit qu'elle 

àl de lui. Il y a une grande cour quar- 

rée , environnée de portiques à deux éta- 

geSyfoutenuspar des colonnes de granité. 

Un bel efcalier conduit à deux vafles 
appartemens, ornés de peintures de Geor« 
ges Vafari, de François Salviati , & au- 
tres bons Maîtres : on remarque fur-tout 
lagallerie peinte par Vafari. 

La grande falle de ce palais eft le ren- 
dez-vous des Officiers de la Chancelle-^ 
rie qui y viennent le Mardi & le Same- 
di, & fur-tout des 12 Prélats qui font 
députés pour la révifion des Bulles Apot 
toliques, & chargés de les expédier. Cet- 
te (aile eft ornée de cartons de FranceC- 
cbini , Peintre de Bologne , qui ont été 
«xécucés dans la coupole & le tambour 
de S. Pierre du Vatican. Au-deflbus de 
ces cartons il y a une frife , où Jofeph 
Nafini , de Sienne , a peint les difFérens 
édifices que Clément XI. avoit fait conf- 
truire ou reftaurer pour l'embclliffcment 
ie Rome. 



^6 VoYAfiË EN ItAHH. 

C'eft à la porte de ce palais de chan- 
cellerie que Ton affiche les Bulles impri- 
mées j les Monitoires , les Sentences & 
les indications des Confiftoires publia 
qui s'annoncent toujours dès la veille i 
quand le Pape juge à propos de les indîr 
quer. 

SSRADA DEGLl OkEFICI, OU iÙ 

Pellegrino , eft la rue qui eft à côté de oi 
palais , où font en effet les boutiques de 
la plus grande partie des Orfèvres dd 
Rortie: ç'eft-tà qu'il faut aller pour avoîf 
une idée de la richefle & du conmierce 
de. cette ville ', dont on ne s'apperçoii 
gueres dans le' Cours & dans le quartier 
de k Nobleffe. La Communauté des Or- 
fèvres a fes Confuls& fon Camarlingo i 
Se, forme un Collège qui 'eft immédiate- 
ment foumîs aii Cardinal Camerlingue.. 
::iiîefa , . Chiesa woya-:^ ou Santa Mariairt 
^^' Valicella , belle églife fîtuée dans le mi- 
lieu de l'efpace qui eft entre le Tibre & 
la place Navone , à 13O/ toifes de Pua 
& de l'autre, .Elle fut Fondée autrefcâ* 
par S. Grégoire Pape ,' mais rebâtie cû 
lyyj , par les foins de S, Philippe de 
Néri , & fous la conduite de JeaTî Mat^ 
HO de Cit'ta di Caftello ; la façade fut 
cpmpofée par Martin Lunghi ,,& la Mai- 

fon 



Wk 



p, V- Rome , 6^. Quartief. $j 
efi en fit les frais : h nom de Val'^ 
venolt de fa iitiiadon dans une 
de vallon ou de terreifl bas j mais 
ipdie ordinairement VEsdifi "ntu^e 
eetce ftconftmâicm» En; i 700 » 
rts éiB^l'Oj^tbke là fireflt4Dn;e^^^ 
«89 Ae ftucs À»r&:^ par le$ ini^. 
ilahres, A foccafidn âtVétaéé. 
»^ac ilsHone fiût ravët deidEdifc 
rou Cefi eu;K aum qui ont ouyefjlt : 
Kt-roies de cômtounicatîofïi - qiJÎ: 
fcnt 4 Icbr ^Bfc. • 
içade eft décteéédetleiqt Ordresi 
tien &.Comp6fite : ia msiî[è'gé*{. 
en eft bonne j içkis rArcmteâe 
tlemblàblement mieux fait dé itlet^ 
pilaftres- i la place des colonnes 
;» da premier Ocdre ., où de tenir " 
mes colo'hnes tput-à-fait ifolées.*. 
Dnd Ordre a'up piédeftal trop 
Iç dans 'le fronton qui couronne 
^ il y a un avant- corps qui,pro- 
qui produit un-» mauvais eflf^t, 
rs ce pcfrtàil eft. d'une belle exé-»' 
t>n eftime fingulîërement les cha-. 
les colonnes. 

cérieur dé Téglife eft du Boromî-* 
fen ' n'en eft pas. mauvais ; la nef 
ite: l'Ordre Corinthien qu'on a 
nelV. • E 



p8 Voyage en Italie. 
employé pour la décorer , devient petîC 
à cauie d'un grand piédeftal tournant 
fous la voûte, qui récraie. L'architefture 
y eft en général trop chargée" d'ornc- 
mens , & la décoration de la voûte n'a 
point de repos. Le dôme eft un peu pe- 
tit, & la croifée courte, mais bien ter- 
minés. 

Le plafond de la nef eft de Pierre de 
Cortonne , il repréfente un miracle qu'oa 
raconte de S. Philippe de Neri ; c'eft la 
Vierge qui par Pinterceffion de ce Saint 
retient l'églife prête à tomber. Le Pein- 
tre , au lieu de traiter ce fujet poétique* 
ment , l'a rendu par une capucinade:ila 
repréfente S, Philippe de Neri invoquant 
la Vierge qui fur le champ retient avec 
fes mains une couverture de charpente 
qui va tomber , tandis que tout le peu* 
pie fe fauve. Outre le ridicule de cette 
idée , il y a une faute contre Punité de 
lieu , qui n'eft pas moins choquante ; S. 
Philippe, avec tout le peuple , étant en 
prière au-devant d'un portail d'églifeoà 
ils n'ont rien à craindre , & la Vierge 
au contraire foutenant l'intérieur de Té- 
glife oîi il ne fe trouve perfonne : ce ta- 
bleau , d'ailleurs confidéré du côté de 
y Art} n'a dç beau que le bas qui eft bien 



înter à Dieu le Père tout ce qu'il 
)our nous , lui montre les inftru- 
le fa Paflion , qui font portés par 
nges : ce plafond eft bien compofé, 
rmille de beautés de détail ; il ne 
as cependant y chercher plus de 
bon de deflcln , que dans tous les 

ouvrages de ce Maître. 

cul-de-four rcpréfente une Afm 
ion de la Vierge ; la coropofuion 
un peu confufe. 

la deuxième chapelle à droite , No- 
!igneur porté dans le tombeau , par 
:1 Ange de Caravage. C'eft un des 
iÇement compofés & des mieux co- 
de cet Auteur ; le départ du clair 
nbres n'y eft point dur comme dans 
res ouvrages, 
chapelle des Spada qui eft au-def- 



loo Voyage en Italie; 
bleaux de S. Charles Borromée & d< 
S. Ignace font de Carie Maratte. 

A la chapelle au fond de la nef, d 
même côté , un tableau de Charles Ma 
ratte , repréfentant S. Charles Borro 
mée & S. Ignace invoquant la Vierge 
il eft un peu froid & foible de compo 
fition , mais peint avec une légèreté ad 
mirable. La figure de S. Charles efl foi 
belle , la tête de la Vierge a un contoi 
trop rond ; à Pcgard des Anges de 1 
Gloire , ils font pleins de grâce. 

Dans la même chapelle à droite y % 
Charles qui guérit les malades , par Gi< 
vani Bonatti : on voit dans ce tables 
d'affez bonnes chofes , entre autres , 
femme qui foutient un Peftiféré furie d( 
vant* 




l. 

CflAP. V. Rome , 6e. Quartier, i OT 
r' adoration : cet ouvrage fut compofé par 
l Ciro Ferri , & fondu par Benincafa , de 
Gubbio. 

Il y a au fanéluaire du chœur trois 
tableauK faits par Rubens, dans le temps 
qu'il étudioit à Rome ; il n'étoît pas en* 
core tout-à-fait décidé fur fa manière. 
(Celui du milieu repréfente la Vierge 
dans une Gloire ; les deux autres repré- 
fcntent , Tun , S. Grégoire , & l'autre , 
une Sainte couronnée, entre deux Saints 
gai tiennent deux palmes, 

A la chapelle où repofe le corps de 
S. Philippe de Neri , qui eft au fond de 
la nef à gauche , un beau Guide repré- 
fcntant S. Philippe de Neri en chafuble 
priant la Vierge. 

Dans une chapelle voifine , la Prcfen- 
t2tion de la Vierge au temple, par le Ba- 
roohe. La figure de la Vierge eft très-gra- 
cîeufe , & il y a des beautés de détail , 
mais le deflein nVn eft pas corredl , & 
les draperies font trop lourdes. 

Dans la quatrienie chapelle du même 
côté , un tableau du même Peintre , dont 
on peut porter un femblable jugement. Il 
repréfente la vifite de fainte Elifabeih à 
la Vierge : c'eft la chapelle où S. Phi- 
lippe de Neri étoit le plus fouvent en 

E ii] 



102 Voyage en Italie. 
oraifon ; il avoir une dévotion partîco-^ 
licre à cette iniage de la Vifitation, 

Le plafond de la facriftie eft encore 
peint à frefque : Pierre de Cortonneya 
repréfenté un grand Ange tenant une 
Croix , & autour de lui une Gloire dç 
Chérubins portant tous les attributs de 
la Paffion. Ce plafond cft fort bon ," d'u- 
ne couleur très-gracieui'e, le caraôerc de 
tête de FAnge eft admirable , & le def- 
fein en eft corre6l: j la Croix forme ua 
effet de perfoeftive toutà-fait fingulier. 
Au fond de la facriftie il y a une figu- 
re en marbre repréfentant S. Philippe rfe 
Neri , groupé avec un Ange qui tient 
un livre : la tête du Saint n'a aucune 
nobleffe , c*eft un des médiocres ouvra- 
ges de PAlgarde , quoique M. Vcnuti 
dife que c'ett un des meilleurs. 

Dans une Chapelle de l'intérieur it 
la maifon où l'on cohferve le fauteuil àt 
S. Philippe de Neri ; il y a fur Tautelui 
tableau du Guerchin qui repréfentc ci 
Saint; la tête en eft fort belle. 

Au-deffus de la même Chapelle ily i 
une chambre qui fut bâtie par S. Philip 

Î)e de Neri , & où l'on conferve encor 
es meubles qui fervoient à fon ufagc 
il eft peint à frefque dans le plafond p2 



Chap. V. Rome, 6^. Quartier. lO^ 
fiene de Cortonne qui la préfenté à 
genoux en prière. Ce tableau eft très- 
piquant & Il frais de couleur qu'il fem* 
ble fortir du pinceau. 
L'oratoire qui tient à cette Eglife G^n 
[aune façade imaginée par le Cavalier 
[ François Borromini , qui forma une ef- 

Ece de nouvel ordre d'architefture , oi 
lignes courbes s'unîflent avec les li- 
gnes droites d'une manière qu'on à trou- 
vé ingénîeufe, mais que bien des Artis- 
tes ont défapprouvé: (voyez T. I.p. 155;) 
fur le maître autel un tableau médiocre 
de Vannif ài{ciç\c de Pierre de Cortonne, 
il repréfente l'apparition de la Vierge à 
Sre. Cécile & à S. Philippe de Neri. Le 
Borromini voulut auffi fe diftinguer dans 
la conftruélion du Couvent , où un feut 
ordre d'architeélure foutient un double 
portique d'une manière aiTe?. noble. 

La Bibliothèque de ce Couvent efl 
con/îdérable , elle renferme beaucoup de 
Hianjfcrits . parmi leiquels il y a une 
tible qui appartenoit à i^.lcuin , Précep- 
teur de Charlemagne ; & beaucoup de 
manufcrits originaux du Cardinal Baro- 
nius , où l'on voit l'ébauche de fes An- 
nales. 
Pasquino; c'efl: le nom d'une petite ï'^%^^ 

E iv 



J04 Voyage en Italie» 
place fituée à 20 to'fes feulement à PO* 
rient de la place Navonne ,, & à laqueBi 
on arrive par la Strada à^ Librari , qo 
eft en efFet le quartier le plus fréquent 
par les Libraires : le nom de Pafquinc 
qui étoit probablement celui de quelqui 
famille de Rome, fut donné d'abord i 
un ancien tronc de ftatue qui étoit d*ui 
très-beau travail ,mai^ qui a été défigun 
par le temps; on ne fait guéres ce qu'd 
le repréfentoit, on dit ordinairement qui 
c'étoit un foldat d'Alexandre le Grand 
elle fut trouvée dans l'ancien Palais d 
la maifon Orfini bâti par Antoine San 
gallo; c'eft la ftatue qui a donné fon non 
à la place. Pafquin a été long> temps li 
lieu des plaifanteries, dçs bons mots, de 
placards & des affiches fatyriques du peu 
pie de Rome ; Marforio qui étoit dan 
un autre carrefour du côté du capitol 
faifoit les demandes & Pafquin les ré- 
ponfes ; par exemple lorfque le Papj 
Albani , Clément XI , envoyoit à Urbii 
qui étoit fa patrie des fommes confidé 
râbles , Marforio demandoit, Chefa PaJ 
quino; le lendemain Pafquin répondoît 
guardo RornUy che non vaia a Urbino:o\ 
a fait des recueils de tous les bons mot 
de Pafquin , qui ont produit même ei 
François le nom de Paiquinades% 



^ant en 1527. Clément I^IL Font, 
annoVlI. MDXXX, o5iavo idus 
ris , ceternis facrce urhis cladibus , 
Is ad hoc Jignum inundatio Tiberis 
î3a eji ; Ant. Epifc. Portuenjïs Card. 
ionte pro documento perpetuo P. C. 
ic de RonAe eft en effet une des 
ues funeftes de cette Ville : le Co- 
)le de Bourbon qui étoit paifé aa 
:e de l'Empereur pour quelques mé* 
întemens qu'il avoit reçus en Fran- 
it fommer k Pape de lui livrer paffa- 
r la ville de Rome pour aller à Na- 
Sur le refus du Pape il fît donner 
lit le 6 Mai i j 27 ; le Connétable y namr (s»4 
, mais la Ville fut prife y faccagée , "^" ^ 
liée , pendant deux mois entiers ; 
ccès qui accompagnèrent ce pillage 



io6 Voyage en Itai 
d'exiger. ( M. Macqucr , JJh) 
de VHiJl.EcUfiaJi. an' i$2j.) 

Place PlAZZ'A NaVONA ^ OU plaCC 

Navonc. Ja plus belle & la plus grande 
dans la partie habitée de Rom- 
toifes de longueur , elle confe 
pour ainfi dire la forme du Ci 
lexandre Severe , qui étoit ^ 
anciennement Circus AgonalL 
des Fêtes Agonales qu'on y i 
Phonneur de Janus^ 

Quatuor addc dies Muftis ex oriîint: noi 
. Janiis agorvaji luce piaudus eric. 

Ovii. Fa 

On croit même que le nom ( 
cft venu par corruption de cclu 
Nardint Se Bandini croient que 




Chap. V.Jlome, 6^. Quartier. 107 
topeu Naumadhique , & dont nous par 
ferons dans un inftant. Gr<fgoîre XIIL 
fit aggrandir & décorer cette place , ic 
il y fit conftruire deux Fontaines ; In* 
lîccent X. fit élever celle du milieu. 

La fontaine qui eft en face du Palais 
Pamfile eft compoféc de deux grands 
fcaflîns Tun dans Tautre ; fur les bords 
du fécond badin qui eft le plus élevé il 
y a des Mafcarons faits par Michel' Ange 
f qui jettent de l'eau dans les badins ; il y 
\ a aulfi quatre Tritons faits par Flaminia 
vacca, Leone-da-Sarzana, Sillâ de Mi- 
lan & Taddeo Landini ; ils jettent de 
Teau de la bouche par une double coquil- 
le; ils ne font pas beaux en eux nvemes, 
miis l'idée en eft finguliere & convient 
bien à ces nat ures aquatiques.Au milieu de 
cette première fontaine eft une figure du 
Berlin repréfentant un vieux Triton qui 
tient par la queue un Dauphin , lequel 
jerte de Peau en évantail. Cette figure 
n'a que la pcnfce de bonne , étant fort 
incorreéle. 

La grande fontaine du milieu de la ror 
place N?« vone , eft du Bernin , &c c'eft ce ^^^^„ 
qu'il a faiC de plus beau. Elle repréfente 
les quatre grands fleuves des quatre par- 
ues du nionde ^^ le Danube p le Gange ^ 



io8 Voyage en IxAtî: 
le Nîl , & la Plata , qui font ailîs 
quatre extrémités d'un rocher ù 
porter un obélifque. 

Celle des quatre flatues qui 
côté de PEglifè de Ste. Agnès , 
Pattitude d'un homme effrayé d' 
ger prochain ; on prétend que c' 
épigramme du Bernin-, fur l'arch 
de TEglife qu'il trouvoit un peu '. 
&qui eft en effet dans le genre bis 
Borromini. Le Rocher percé des 
côtés , jette quatre fleuves d'ea 
font un peu maigres, mais bien ran 
percé de ce rocher préfente une vu 
veme d'où fortent un Lion & un 

3ui viennent pour s'abreuver , a 
e VAfFrlque & de l'Europe ; ils 
Lazzaro MorellL Sur le haut d 




CkAT. Y. Rmû^ %• Quartier. lOjlf 
»:tous ces fleuves font d'un deifeinr 
Ue & grand & qui tire de l'antiqui- 
; ib furent exécutés par Claudio Fran^ 
'e Francefca Baratta^ Giac. Anton. Fan- 
lî 9 & Ant. Raggi ; ik tbm de marbre , 
I rochers (ont de pierre Tiburdne, Sc 
)béfiique & le piédeftal de granité 
Bge. 

Cet Obéfifque a 50 pieds de baut i 
eft dbargé de caraAeres Egyptiens; 
A celui qiu fut tranfporté de l'Egypte 
Rome par ordre de Caracalla j & pk^ 
dans le Cirque qu'il a voit Ëait confr 
sire au nùdi de Rome ; on voit les re(^ 
I de ce Cirque vers S. Sebaftien , & 
l'endroit appelle encore la Gioftra ; 
)us en parlerons plus bas. 
Cet obélîfque de la piace Navonne a Hîcroi 
élui feul la matière d\in grand ouvrage f^^^^^^ 
1 P. Kircher (•) qui contient des con- 
âures fort ingénieufes & fort fçavantes 



!») Athanajîï Kînherî , 
J, Obelifcus Pamphy- 
s , hoc efi , iRterpretatio 
va , & hue ufpie intenta- 
fOhelifci hierogfyphici ^ 
'm non ita pridem ex vc- 
f Hfppodromû ' Antonkn 
racaUa , Cafaris > in 
maie forum tranfiulitln- 
nttitt» X^inquof^vOf- 



rîd jEgyptîaca , Chaîdav^ 
ca , Hebrâicœ , Gracanîf 
ca Ântiqmatis , do^rime^ 
que qaa facrœ y^qua: profa^ 
nœ monumenta » Veterum 
tandem Theologîa hîerogly» 
phicis invoîuta fymhçiis ^i, 
dettBa i tenehrîs in lucem 
ajferitur, Romas , x^jp^ 



liio Voyage en Italiiè? 
pour l'explication des hiéroglyphes Egyp 
tiens ; j'en rapporterai feulement unexem 
pie qui pourra infpircr la curiofité de re 
courir au livre même. Au fommet de 1 
face orientale ofl voit un globe avec deu 
aîles'& deux ferpens ; c'étoit , dit le P. K 
le fymbole de la Divinité , le globe mai 
qué,fon immenfité & fon éternité,! 
ferpent indique fa fécondité & fa prt 
dence y les aîles font l'attribut de fa vert 
fpirituclle Se de Tunîverfalité de fa pu 
fence. Toutes fes explications font foi 
tenues d'une érudition imm^nfe paf h 
quelle il établit que le fujet de ces hiéro 
glyphes n'eft cmtre chofe que la formatîo 
de Punivers par les opérations de l'Eti 
Suprême appelle Hemphta chez les Egy| 
tiens ; il faut vdlr fur cette matière toi 
les Auteurs que j'ai cités dans mon pn 
mier volume à Toccafion de la tab! 
I/iaque. 

La féconde fontaine de Grégoire XIE 
qui eft au nord du côté de Torfanguina 
cft ornée de marbres & donne une quar 
tité d'eau confidérable , mais il n'y 
point de fculpture,x:e n'^eft qu^une borr 
placée dans le milieu dubaflîn & qui jett 
de l'eau. On remarque encore dans ceti 
place une belle conque" de marbre trot 



Chap.V. Romej 6e. Quartier, ut 
fée près de S. Laurent in Damafi oh 
îniflbit le portique de Pompée , elle cft 
ôs-à-vis du Palais Cupis. 

La grande quantité d^eau que donnent 
es trois fontaines procure en été un fpec- 
ide fort fingulier & fort diverriflant j 
ms les Dimanches du mois d'Août , après 
s Vêpres , on ferme les iflues des baf- 
is , l'eau fe répand dans la place qui efl: 
I peu concave en forme de coquille ; 
ns Pefpace de deux heures elle eftinon- 
e fur prefque toute fe longueur , & il y 
'ers le milieu deux ou trois pieds d'eau j 
vient alors fe promener en carroflTetout 
tour de la place, les chevaux marchent 
[îs l'eau , & la fraîcheur s'en communi- 
î à ceux même qui font dans la voî- 
e. Les fenêtres de la place font cou- 
*tes de fpeélateurs , on croiroit voir 
t naumachie antique ; j'ai vu le Palais inonria 
Cardinal Sanrobono - Caraccioli ^'^ ^"^ ^''• 
npli ces jours-là de la plus belle com- 
jnie de Rome ; il faifoit lui-même les 
meurs de fes balcons parfes manières 
dIcs &eng?p;eantes, auxquelles il joi- 
Dit les rafraîchiflemens les plus fins : 
refois on paflfoit la nuit à la pb.ce Na- 
ine ; on y foupoit, on y faifoit des 
icerts ; mais le Pape régnant a profcriç 



^12 Voyage en Italjï 
tous les plaifirs , dès VAve Maria o 
mence à défécher la place. 

Il arrive quelquefois des acci 
cette efpece de ipedacle : des ci 
s'abattent, & fi l'on n'eftpastrès-j 
à les dégager i ils fenoyent, c'eft 
j'ai vu arriver aux chevaux du 
Barberini en 176J. Mais quand ( 
la file avec modération l'on n'eft 
cxpofé à cet inconvénient, l'eau n 
pas au'delà des moyeux des petite 
dans l'endroif: où les carroffes i 
mènent. 

La place Na vone eft un des plus 
marchés de la Ville, fiir-tout le me 
elle eft ornée de plufieurs beau: 
mens , dans l'un defquels logeoit '. 
dinal Corfini lorfqu'il fut élu P; 




Câb. V. Rm^ 3 ^V Quartitr. itf 
UDC bémier de la Maifon Pampbilc» 
rie patronage* Nous lifbnsdans la. vie 
ice. Agnh que Simfronius f. Préfet de 
nej» &iânt éprouver aux Çorétiena 
s les genres de perfécution ^ Et con- 
e cette jeune Vierge dans les voûtes 
cirque où fe tenoîent les femmes de 
vaife vie 9 pour l'abandonner aux U- 
ins qui fréquentoient ces mauvais 
ijlesÂuteursajdltent queSte. Agn^ 
garantie miracolèufement de ces inr 
îs par fon bon Ange ; que le fils du 
Fet de Ronse qui vouloit attenter à (à 
n tomba mort, & qu'il ne fut rendu 
vie que par les prières, de la Sainte 
t Simfronius même fut obligé d'im- 
•er le fecours. Ste. Agnès a toujours 
regardée comme l'une des plus illuf- 

martyres de la Chrétienté , & la 
;rande Eglife de S. Euftache de Paris 
toit (on nom. 

L'Eglife de Ste. Agnès fut bâtie dans 
droit même que cette Sainte avoit 
lu célèbre. Si^^te-Quint la donna 

Théatins , mais le Pape Pampbile 
ocent X. qui avoit près de-là un ma- 
nque Palais , trouva cette Eglife trop 
te , il la fit rebâtir avec magnificence , 
bnda une compagnie de Cbapelain^ 



ÏI4 Voyage en Italie. 

appelles Cappellani InnoceniianL 

J^e portail de cette Eglife eft de Bo 
romini, il eft dccoré d un ordre comp 
fite , & c'eft un des. plus jolis qu'il y ait| 
Rome , quoiqu'on lui ait reproché bits* 
des défauts. Il paroît que fi l'architef 
eut moins élevé ies campanilles , le dora 
n'en eut que plus dominé ; il a pris auflî \ 
parti fingulier dans j[e corps qui tient lie 
d'atrique ; car fi on le confidvire comn 
attique , il eft trop foible ; fi au contraire | 
on le regarde comme un piédeftal qôi 
tient lieu d'attique , il eft trop haut. 

L'intérieur de l'Eglife eft du Cavalier ! 
Jean Rainaldi, à l'exception de la Cou- 
polie ; le plan eft une croix Greque : les 
quatre arcades qui la forment font occu- 
pés par la porte , & par trois grandes 
Chapelles. Quatre autres Chapelles en 
niches ornées de grands bas - reliefs 
occupent les pendentifs. Le dôme eft 
d'une bonne proportion , mais les pen- 
dentifs font un peu forts. La voûte eft 
élevée fur un grand piédeftal qui faitpa- 
roître l'ordre trop petit , quoique beau en 
lui-mcmc. Leurs voûtes font trop divJ- 
fées en arcs doubleaux > ce qui ne laifle au- 
cun repos. Quant aux entre-pilaftres > 
portant des petites tribunes dans les Chè? 



Ch AV. V.Rome, 6^. Quartier, iif, 
pelles y PArchjtefte en a tiré un excellent 
f'pani. Cette Eglife efl ornée prefque par- 
tout de marbres prccieux , la voûte eft 
ornée de ftucs dores ; le grand autel eft 
încrufté d'albâ're fleuri , il a deux belles 
colonnes de verd antique , faites avec 
une de celles qui ttoîent à Tare de triom- 
phe de Marc-Aurele dans le cours. Les fi* 
jpires de la Vierge , de S. Jean , de S. Jo- 
feph , de S, Joachim , ont été faites par 
Dominique Guidi. 

Les grands bas-reliefs de marbre dont 
les Chapelles font ornées font trop médio- 
cres pour en parler. 

Les quatre pendentifs du dôme repré- 
fentent des figures allégoriques peintes 
par le Baciccîo. Le deffein n'en eft pas 
des p!us correfts , mais la couleur en eft 
vigoureafe , quoiqu'un peu jaune ; on y 
trouve peu d'intelligence de clair-obfcur. 
Au-deflus de la porte , dans ^intérieur 
d-l'Eglife. il y a un beau maufclce du 
Pape Innocent X; une ancienne tradition 
porte que les fouterreins de cette Eglife 
ttoient le lieu de proftitution , & Ten- 
droit même où Ste. Agnès fut conduite 
pour être violée : on en montre encore 
les chambres pavées de mauvaifes mo- 
faÏTtîes , dans l'une dcfquelles il y a uae 



ttï6 Voyage en Italie; 
Chapelle o\x le bas-relief de l'autel efti 
PAlgarde , mais ce n'eft pas un de ft 
plus beaux ouvrages. Il repréfente Saint 
Agnès toute nue , conduite par deux fo! 
dats pour être violée & couverte min 
culeufement de fes cheveux. La figo: 
de cette Sainte eft un peu courte , ma 
le mouvement de pudeur qui la porte 
croifer fes bras pour cacher fa gorge < 
rend le tour très-gracieux. 

J'ai parlé du bel oftenfoir de cei 
Eglife à Toccafion du Palais Pamfile da 
le cours ( T. III. ). 

Palazzo Pamfili, bâti par Inn 
cent X. en 16^0 , fur les deffeins dei 
rôme Rinaldi, eft le plus beau Palais 
la place Navonne. On y voit une b( 
gallerie peinte à frefque par Pierre 
Cortone ; on dît pourtant que ce n 
pas un de fes meilleurs ouvrages , pa 
que Mgr. Franzoni , qui étoit chargé 
le Pape d'accétérer l'ouvrage, incomi 
doit beaucoup le Peintre ; les fujets i 
tirés de l'Encïde , comme ceux de la j 
lerie du Palais Royal à Paris; la gall 
cft divifée en y grands cadres , doc 
ovales & 5 quarrés tous bien répartis 
a quarrés des extrémités paflTant c 
Sté de la voûte à l'autre fans inter: 




r ■ 



(lue. Les ceintres qui font au- 
es croifées qui terminent cette 
Tont remplis par deux frefques du 
eintre. 

eut dire en général de cette voûté 
: en eft gracieux ; la compofition ; 
Son , la couleur & même le deiTein , 
il ne foit pas exempt dUncorrec-* 
es flucs font bien imités & d'un 
le. 

)remier fujet efl dans un des ta-*' 
ovales ; Junon arrive fur l'arc-en- 
: prie Eolede déchaîner les vents 
étruire la flotte d'Enée ; le fujet 
tgrat I mais il eft auilî bien traité 
îlace pouvoit le permettre, 
leuxieme repréfente Neptune qui 
les ûotsiQuos cgo.Ce fujet eft traité 
•ut Tentoufiafme poétique; le Nep-» 



Ïl8 VoYAÔE EN iTALIiSi 
avec les figures. Le grouppe des vi 
eft plein d'aélion , & ceux qui fe préi 
tent dans leurs grottes forment un 
bon efFer. 

Dans le troifieme , Enée dAarqucî 
Italie ; fon vaifleau eft d'une belle f< 
& le mouvement qu'il fait en arrivant 
rendu avec précifion ; le Tibre & 
Nymphes qui s'empreflent à le voir 



'.A 



iVer, forme tin ëpifode intéreffant. 

Le quatrième fujet fait le fécond Of* 
le; Vénus qui demande des armes à Vd^ 
cain pour Enée : ces deux figurte fsi 
bien difpofées dans le petit efpacequ'eliè| 
ipccupent. -^"^ 

Dans le cinquième, Enée tenant lefli^* 
imeau d'olivier , propofe la paix au Roi] 
Evandre : l'ordonnance en eft belle i) 
Enée & Afcagne font bien dans le rocMK; 
vement de deux perfonnes qui arrivent; 
mais la figure dta Roi eft un peu lourde; 
au lieu dé domeftiques occupés à fervirk 
Prince on voudroit y voir une Cour coiii'' 
pofée des Grands de l'Etat qui auroit 
donné plus de majefté au fujet & auroit 
produit un auflî bon eflfèt pour le tableau. 

Le fixieme ftijet eft le combat fingu- 
ïier de Turnus & d'Ence , à la vue des 
^eux armées : le Roi & fa Fille regar- 



um^ V. Rome » tf^ Quartier. | f p^' 
combattans du bauc des murs; 
ppe d'£née& deTurnus domine 
: les fpeâateurs font parfaitement 
î^fttivant les plans qu'ils occa- 

eptieme eft TApothéofe d'Eoée ; 
t dans une nu^ , 8c Venus qui le 
i le prëfeme i Jupiter. Les Dieux 
font point encore réunis , oc« 

difiërentes places , dans l^Q- 
Ceft au choix que le Peintre a 
eet inftant qu'il faut attribuer lai 
inon un peu éparfe , mais on peut 
lire que. ce qui feroit un dmut 
ne autre occafion » devient une 
ion dans celle-ci : enire les divi- 
n rcmaque Cybclle & Cërès traî- 
ins leurs chars ; elles font bien 
p bien drappées , & forment un 
n groupe : le char de Cybelle 
lé par celui de Cerès , on déçou- 
ulement les Lions qui le traî- 
k qui font d'une grande beauté; 
pents qui tirent celui de Cerès 
icore plus beaux , on ne pou voit 
mner un meilleur mouvement & 
is beau coloris ; là feule chofe.qui 

dans ce tableau , c'eft que la fi- 
rincipale qui eft Enée , ne fe pré- 



120 Voyage en IxALtfc' 
fente pas d'abord à la vue , il faut Pallef 
chercher dans un coin où il eft enveloppé^ 
d'un nuage ; on trouve qu'il a un pcof 
Tair de Don -Quichotte. ^ 

Dans l'un des ceincres au-defTus M 
croifées qui font à l'extrémité de la gtl-' 
lerie, on voit Enée conduit parla SybiDé' 
aux enfers , & dans l'autre un de Ùf- 
voyages par mer. 

Cette gallerie renferme une très-gratf. 
de coUeâion de tableaux , parmi lèP" 
quels on n'en compte que deux bons qw' 
font du Trtvifan. L'un repréfente uJi ^ 
Chrift mort étendu fur une tombe ft 
adoré par des Anges j toute la figure da 
Chrift eft en raccourci ; la couleur en cft 
belle , & la dégradation des tons y cft 
très-bien obfervée. Il y a dans ce talkeaii 
une jolîe épifode de deux petits AngeSi 
dont l'un tient une pomme qu'il montre 
à l'autre comme la caufe de la mort dû 
Sauveur. Le pendant eft foible à toos 
égards; il repréfente la Vierge qui fetroui 
ve mal. 

Il y a dans une chambre de ce palaîJ 
une frife, dont les payfages ont été peints 
. à frefque par le Poufîîn , & font très- 
bien, Romanelli a auflî peint à frefque 
les ffifes de deux autres chambres : dans 

l'une 



CiîAP. V- Rome , tf^. Quartier, 121 • 

on remarque uneBacchanàle avec un 
î endormi fur le devant de lafcène^ 
un Satyre verfe du vin dans la bou- 
fil eft d'une couleur très-fraîche: 
eft compofé de quatre fujcts 5 le 
lier repréfente Rémus & Romulus 
es fur les bords du Tibre ; le fe- 
, l'enlèvement des Sabines ; le troî- 
e, Nuraa Pompilius qui reçoit le bou- 
î& le quatrième, Coriolan fléchi 
les prières de fa mère» 
I^ bibliothèque de ce palais efl confî- 
Ifnble , & ouverte au public , mais on 
as profite affcz peu. De l'autre côt^ de- 
^^Me il y a auffi un Collège fondé paf 
tméme Pape fous le. nom de ColUgiê- 
mcen^iano , où l'on élevé de jeunes 
ens tirés des terres de la Maifon Pam- 
hile , qui font le fervice à Péglife de 
linte Agnès, 

1* Palazzo Santoeuonoj qui répond 
|Àrquino & à la place Navone , étoît 
iM^nnement le palais Orfmi , il fut oc- 
9pé enfuite par la Ducheffe de la Trë- 
InUe , & il appartient aéluellement à la 
Itâfen Caraccioli : on y voit beaucoup 
le flatues antiques & ae tableaux pté- 
fkxÉx ;^mii les ftatues on diftitiguè fur- 
iùàt une Vénus qui fondu baui> un-Gla^ 
TomelF. E 



122 VoïAGE EN ItaLIC 

diateur ,^ un tigre. Parmi les tableaux il] 

a une Madeleine « d'Annibal Carracbei 

demi-figure , & une de Pordenoni ; une 

Gêne , du Tintoret ; la calomnie » pH 

Frédéric Zuccheri , à l'imitation du fil- 

meux tableau d'Apelles , dont les Âa^ 

teurs nous ont confervé la defcripâooi 

Andromède & TAmour, par Polidon 

de Carravage. Il y a aufli un cabinet de 

pierres gravées & de camées , dont Ici 

plus finguliers font une Leda avec foo 

^ygn^ s & Trajan à cheval qui foule aus 

pieds un Barbare. .i) 

;olopîes. S. Pantaleo , églife de Scolopietj 

%ix Midi de la place Navonej Qn:pa0Bj 

pour y aller , la Çuccagna , qui cft use 

petite rue garnie de boutiques de ttïute 

efpece. Les Pères qui occupent cette 

églife, forment une Congrégation qui 

commença fous Paul V , par les foins on 

Bienheureux Jofeph Calafanzio , d'Ar« 

ragon : l'objet de fon Inftitution étoil 

d'enfeigner aux enfans les premiers prin- 

cipes , & il donna à ces Pères le nom de 

Clercs Réguliers des Ecoles Pies; cett0 

Congrégation fut approuvée en i5i4 

par le même Pape » & Grégoire XV. eo 

^621 les reçut à la profeffion de Reli* 

0ÇUX a)endi»n9r& ^^^^ donna VEghk 



CjfîAP, V.^omf > 5^ Qîiàriîer, ïij 
fl Pantâléon* Cet ordre a produit 
ïp€rfonfiages diftingués J nous avons 
îen particulier le P. Beccaria célèbre 
lycifien, qui demeurok à Rome avant 
ue d*^rrc appelle à Turin , 8c le P. Caj^ 
aD];A(lrotiome de Naples, fl| 

Leï peintures du grand autel paflTc^t 
ourêtre du P. Pozzi Jéfuite , mais M. 
Fenuti a0ure qu'elles ne font que d' Atit. 
Dolli fon élève* 

A côté de rEgUfe de S, Pantaléon, tl y 
I for toute retendue d'une muraille qui 
lit une partie des derrières du Palais 
''aflîini, une GrirBiUe peinte par Daniel 
ï Volterrc , qui tient beaucoup du goût 
Stique : elle teprcfente l'hiflûire de 
pdith, 

Pajlazzo de' MASSTMt,près 
i Couvent de S, Pantaléon , a un per- 
due de face , foutenu par des colonnes 
Pune excellente archîteilure, de Balta- 
sruzzî de Sienne , qui a fçu tirer 
aTcc art d'un cfpacè fort petit. Il 
i, mus cours oiltiétt de fontaines, de 
lîcft & 4c ftatucs. Dans Tîntérieur 
hi fe Palais V on volt plufieurs bùftès 
Vn|terétirs , quatre belles Mofaïques 
ihllqiti dont une repréfente un jeune 
lonuoe dévoré par ui} Crocodile , & 



ja^ VoyïGH EN Italie; 

plufieurs peintures des Thermes de Tito 
4jue le C9rdinal Camille Maffimi fit ptt 
çer dans ce Palais ; trois vafes étrufqu 
chargés de figures y Se un vafe où il ) 
des Bacchantes en bas- relief. 

Ceil dans la Chapelle de ce Pab 
qu'on ^ dit quç S, Philippe de Néri rc 
fufcità Paul de Maflimi, le 1 5 Mars i ^8 
6p y célèbre tous les ans une Fête < 
mémoire de ce prodige. 
ventîon Les bàtimens yoifîns qui appartenoie 
rmpri- ^ Pierre de Maflîmi furent le premier afj 
de l'Art typographique à Rome; Conra 
S weynheym , & Arnold Pannartz s'y é 
blirent en 14 jy fuivant les uns , 
;i467 fuivant Us autres , & y imprim 
rent le livre de S. Auguftin de la Cité 
Pieu j tes Epîtres de S. Jérôme , & pi 





HAPITRE 

Moae délia Regola ; Quartier dé 
' Palais Farnefe* ^ 

Le fepricme quamèr de Rome s'étend 
le long du Tibre , depuis ]cs prifon^ 
ûeuves jufqu'â la Juîverie , & vers l'O*' 
fcnt à S. Carlo a* Carirîari » & à S. An- 
Iré délia Valie, Il 5*appelloît Arenula , 
i caufc de la quantité de fable que le Tk 
ire jette fur fes bords , dans la prîncii^ 
►aie partie de ce quartier ; on en a fait 
lir corruption Argola Se CJifuke ile< 
da, ■ 

S, Carlo a^ Catinabi cft la prin^ s. Car 
Me Eglifc de ce quartier ; Grégoire ^' ^^''** 
WBL. la concéda aux Barnabites qui vc- 
Mèiit de former une Congrégation & 
■ail 9 en 152^; cet endroit prît fort 

&des ouvriers auî y faîfoîent les va- 
t bois appelles en latin Cadni. Un 
lieftdîe arrivé en 1612 donna lieu à là 
fcteBftroaîon de l'Eglife ; la place (juî eft 
rMuit le portail fut formée aux déjpenë 
*anc petite Eglife qu^AIexsibdre VIL 
rabattre. 



Û26 VOVAGB EK IXAfcl 
Le portail eft de Soria ; la ms 
nërale en eft mâle , mais un peu 
le fronton eft d^une bonne prop< 
Farriere corps foutîent bienTavani 
mais l'archite(%ure des Pilaftres 
plate. Les corniches des portes 
niches font trop fortes; le feconc 
cft court; les' portes des c6tés trc 
tes relativement à la grande. La 
che de Pentablement du premiei 
eft lourde pour un ordre corînth 
croifée du milieu du £bcond on 
eft compofite, eft trop forte en el 
me & à raifon de Parchiteéture q 
compagne. 

L^întérieur de l'Eglife eft du 
Rofati architedle : on la met au i 
de3 jolies EgHfes de Rome, Ce| 





H" 



Crap. VI. Rome, 7', Quârtkr. î 27! 
A la première Chapelle à droite , on 
ïoîr une Annonciation de Lanfranc fort 
itélaircje , ce qui fait quVn ne jouit pat 
rp ierce tableau ; ta Vierge en paroit aflei 
Ukj mais le Peintre a pris un parti biett 
Ëîigulict de tenir entièrement la tête de 
l^Ange dans une ombre tranchante* 

Le maître Autel eft orné de quatre 
cdonnes de porphyre , & d^un tableau 
de Pierre de Cortonne 3 rcpréfentanc la- 
efljon de S. Charles dans la pefte d<| 
iH : on célèbre encore chaque anneît 
15 cette Eglife , !e premier Dimâiichd 
fOflobre une Fête en riionneur de S» 
Charles , à Foccafion de cette procefiioii 
folemnelle quM fit à Milan le 3 Oâobré 
1576 , nud pieds & la corde au col, pouf 
obtenir la cefîàtion de la pefte i & Uon 
cûnferve dans cette Eglife la corde mê- 
me qui fervît à ce pieux exemple d'hu- 
miUié chrétienne. Dans le tableau dont 
lïoiîs parlons S- Charles eft rcpr^'enté 
fous un dais tenant tin Crucifix, Si le 
Peintre eut fait les figures plus petites , il 
eût pu donner plus d'enfoncement à ion 
tableau dont le champ eft prefqu'cntiere* 
Oi^'NùnpU par ceux qui portent leidaîs, 
' te ne laiile pas^d'écouvrir afTer. ie peuple : 
Bo^iailansce^tablêatt ^ue deb beautës 



ttaS VolTAGE EN ItÀLI 
de détail , comme la femme qui. 
enfant fur le devant » & quelqu 
bien touchées : on n'y trouve d 
aucun parti pris fur la lumière ; 
fans de la gloire font d'une forr 
i fait coloflale. 

11 y a derrière cet autel une be 
que du Guide , qui étoit aupara^ 
la façade de PEglife ^ c'eft une 
figure de S. Charles ; le tableau c 
nonciatiofi eu un des beaux ouvr 
Lanfranc » qui a peint aufli la 
du grapd auteL 
Mort de Mais ce qu'il y a de plus rar 
aintc Anne, le fameux tableau pkcé dans la 
à ^ucbe repréfentant la mort 
Anne par Andréa Sacchi : on le 
comme un des chef-d'œuvres de 
ture à Rome » iaufli bien que la v 




. VI. Rome ; 7^. Quartier. I2p 
e haut des pendentifs du Dôme 
jquin a peint à frefque la pru-* 

Force , la juftice , & la tempé-^ 
:es quatres venus Cardinales 
deflînées , les draperies en font 
es 5 la couleur en eft cependant 
à plufieurs des excellents mor- 
ce maître : on ne peut d'ailleurs 
cette femme qui exprime le lait 
imelles au-defiTous de la juftîce; 
du génie , elle n'ajoute rien à 
allégorique ; fi on Penvifage 
rincipes de l'art , elle ne tient 

tout à la compodtion , c'cft 
^ifolée, uniquement placée pour 
î vuide de l'Ange du penden- 
expédient qui fembieroit indi- 
imagination flérile. 
llege des Barnabites qui tient à 
ife eft un bâtiment fort grand &: 
; l'Académie des Infecondi y a un 
avec un beau tableau qui reprc- 
lîracle de la neige, que cette Aca- 
pris pour fa deviie. Ce miracle 
:ft parlé dans le Bréviaire Ro- 
i y Août , eft celui qui occafion^ 
iftruftion de Ste. Marie Ma jeu - 
t appellée dans le Manyrologe: 
F V 



jfjo Voyage en Italie; 

Romain , Bajîlica S. M. adNipes. Voyc* 
ci' devant Tome III. 
.. Palazzo s. Croce, fitué fur laplit 
ce des Branchi, eil remarquable par hmr 
eoups de flatues & de bas-reliefs and- 
quçs ; on y voit une figure de l^AIgaN 
de en marbre , & plufieurs tableaux de 
prix. 

S, Maria in Monticelli , anom^ 
pe Paroifle de Rome qui fut rétablk en 
lioi. par ParcalII. Se en 1143. pat 
Innocent II ; il y a dans la tribune utt 
Sauveur en Mofaique dont on £iit re- 
monter rancienneté à plus de I300anit 
Le tableau du grand autel câ d^Etienne 
Parofel y celui du fécond autel à maio 
droite eft de J. B. Vanloo , tous les deiuc 
peintres François de la première repuuh 
tion ; ce dernier repréfente Jefus-Chrifl 
èla colonne 9 il eft très- bien Gompofé& 
le temps n'en a point gâté la couleur. 

S. Trinita d e' Pellegrint f 
Hôpital pour les Pellerins , qui fut établi 
en 15*48 , par' les foins de S. Philippe 
de Néri ; une confraîrie de pcffonncf 
pieufes , Prêtres ou Séculiers ^ s^unircnt 
dans rimention de fecourir les Pelîcrins; 
le Jubilé qui fuivit ^ les ob]i|^ea de loutf 




MXV. VI. Rome , j^Q^Liamer* 25 1 
h mai Ton dans laquelk ik les reçurent 
VÊC beaucoup de zélé & d*atteritioïi ; 
: Pape Jules [II, les aida de les au- 
ïôoes; cet exemple excita le zcle des . 
James Romaines en faveur des Pelle- 
nes^ & Hélène Orfini donna une iBai- 
m pour les loger; cet établiflement s'eft 
zcrà , l'on y reçoit aftuellement les 
eileritis de toutes les Nations, & les 
ïnvaJefcens^ qoi y font logés Se nour-* 
ipendant trois jours, 
iHli^Ëglife a été bâtie en 1614, la fa- 
ide fat faite aux dépens de J- B, de' 
.oŒ, Négociant j fur les deffeins de 
rançois de Santh ; elle eft en pierre de 
lille ornée de ftatues des quatre Evan- 
éliiles par Bernard Ludo vifi. Le tableaa 
u Guide qui eft au maître autel eft de 
1 plus finguliérc compofition : il a vou- 
tt exprimer le Myftere de la Trinité : 
Pabord il a repréfenté le Père éternel 
tti chape y les bras ouverts au milieu 
d*une gloire de petits Chérubins dont 
les têtes rangées exaftement les unes au- 
près des autres fuiven: le ceintre du ta- 
bleau 5 le S, Efprit placé direftemenr 
atï-deflbus de la barbe du Père éternel 
ienble defcenH're fur la tête de fon fils ; 
jcfiis^Çhrift eft repréfenté attaché à 



ï 



r 



1^2 VoYACB EN Italie 
une grande croix qui pofe en bas 

globe , 8c qui par les cotes efl foi 
délicatement pai de petits Anges 
grands Anges à genoux fur des 
iont en adoration des deux côtés 
croix : je nefçaî ce qui a pu détet 
le Guide qui ordinairenfient ne d( 
dans aucun écart à faire une cou 
tien ft extra^vagante & fi générab 
fym!xjétrique,c'ert le premier défaù 
dans les bonnes règles , on doit é 
ce tableau d'ailleurs n*efl: pas fans 
re, le Chrift ell beau & finement 
né , les Anges ont des caraSére.^ 
gracieux ; la tête du Père éternel e 
le^ mais un peu froide. A l'égard 
couleur le haut du tableau eft d*u 
doré & très-chaud » le bas eft tro^ 
on diroit que ce fujet eft parti de 




k?. VÏ.Rome^ 7^ Quartier, ijf 
de S. Grégoire le Grand officiant 
lemmté 5 par Jacques Zucchi ; il 
iréfencé une partie de l'églife de 
e , & plufieurs perfonnes qui vi- 
le fon temps à la Cour de Rome, 
itres , le jeune Cardinal François 
ids. 

Oratoire étant voifîn du Ghetto i 
tier des Juifs , l'ufage s'intro- 
hs le temps de Grégoire XIII , 6z 
tous les famedis pour les Juifs ; 
)sde Jules III un fçavantRab- 
idré dtl Monte , fut converti par 
licadons , & fut baptifé par le 
i-même ; en conféquence on 
es Juifs à envoyer au Sermon 
mmes & JO femmes de leur na- 
us peine d'une amende qui eft 
h\t à l'égHfe des Cathécumenes. 
rande Fontaine de Ponte Sifto, Fonraînf 
UKleflbus de l'hôpital de S. Fran- ^^^l'^' ^' 
kffife , en face de Strada Julia , 
it par faul V , fur les deffeins de 
mana,qui y fit venir du haut du 

]?Acqua Paola , qui pafle fous 

du pont , & s'élève cnfuîte à 
teur confidtrable : cette fontaine 
en îine arcade , deux colonnes 
Ionique , & un Attique dans le 



«34 VOYAGH BN iTAtlK 

fronton duquel font Ie$ arme^ de Paul! 

Parcadc eft enfoncée d^environ y piec 

dans la panîe du ceintre eft un trou S 

(on une nappe d'eau au-defibus à la 

teur de t'archivolte ; cette nappe vsm 

dans un vafe, 8c du vafç fepnédf 

dans un petit baflîn qui eft en<rba9;4 

dée d'avoir fait tomber les eaux doli 

de l'arcade , eft fort bonne v elle fc 

encore meilleure fi au liea der. Ihiré 

trou , l'Architefte eût laiffé tout le I 

de l'arcade ouvert pour avoir une gn 

nappe d^eau. Le vafe fait auflî une 

termptioh qui donné des maigreurs < 

les parties d'eau qui font en*bas« I 

à croire que Ton a mis* cette cuve 

tant pour cacher une conduite d^ciau 

pour conferver le niveau , h fontaic 

perdant pas affez d^eau pour croire 

c'eft toute celle de la nappe qui tor 

L'architefture qui eft en-devant éft 

caradere. 

Après avoir vu cette fontaine on 
remonter dans la rue de Jules II , i 
nous avons décrit' la partie Septentri 
le dans le cinquième quartier , & do 
|)artie Méridionale appartient au fix 
'Quartier. ' 

Faxazzo ¥ALcomiB,Kip ancien { 



HAP. VL Home, 7*. Quartier, i^f 
été reflaurë par le Borromini ; il 
narquable par une belle terralTe fur 
:d du Tibre , agrément dont les 
rrands Se les plus beaux palais de 
: font privés; aufli le palais Falco- 
fe fait*il remarquer de tous ceux 
ifient fur les ponts voifins, 
f a dans ce palais une aiTez belle 
tion de peintures : un grand ta- 
de Rubens y repréfentant une Sain* 
mille , & S. François rendant fes 
âges à TEnfant-Jefus ; c'eft un de» 
eaux Rubens quHl y ait à Rome. Il 
:n compofé , la couleur des chairs 
iche ; la tête de la Vierge efl plus 
}le que noble. 

ux tableaux du Bourguignon , fore 
?ar la vérité des teintes , 8c dont 
:he eft nette & précieufe ; les cieux 
: aufli bien entendus : l'un repré- 
ane attaque , & l'autre , des trou* 
n vont pafler un fleuve. 
e Sainte Famille , du Pouflîn : le 
S. Jean adore TEnfant-Jefus qui le 
î en le prenant fous le menton : la 



Ib#1 

1 



^ï5<f Voyage ïn Italie; 
de ce tableau auiE beau que finguliertk 
pinceau en eft moelleux , la coulear ù*4| 
mable,&le defTein pur comme l'Antique, li 

Dans un ovale , une Vierge , du Gin-. ' 
de , donnant à tetter it l'Enfànc^Jefi 
qu'un Ange adore : joli tableau ; il y 
beaucoup de douceur dans le caraâere 
de la Vierge, mais il eft un peu gris de i 
couleur. 

Une Sainte Famille , de Baphad, ok 
le petit Jefus eft à cheval fur un moutoir; 
tableau de fon premier temps. 

On cite encore dans ce palais la Libé>- 
ralité , par le Guide , un S. Pierre qui 
pleure , par le Dominiquin , & le Bsda 
de Diane , par Carle-Maratte. 

L'Archiconfrairie de Sainte Catheri- 
ne de Sienne qui eft vis-à-vis de ce pa^ 
lais , eft remarquable par le privilège qiû 
lui fut accordé par Alexandre VII , de 
pouvoir délivrer un Galérien dans la 
proceifion du fécond Dimanche de Mai. 
Oh y porte en proceflîon une relique 
célèbre , c'eft le Doigt de Sainte Cath^' 
rine de Sienne , auquel S. Antonin ra- 
conte que J. C. plaça Panneau der ma- 
riage en époufant cette Sainte en pré^ 
fence de la Vierge , de David , de Saine 
Jean , de S. Paul & de S« Dominique,, 



reflèr à ces détails. 

SAi NUoy£ 5 ^ifons neuves , Tiîionu 
iment dans Strada Julia , com- 
r Innocent X , qui acheva par- 
ier cette rue, l'une des plus bel« 
ifille 9 & qui tira les prifonniers 
nnes prifons de Tordinona , oà 
c plus mal & plus à l'étroit, 
e Vil perfeâionna ce bâtiment» 
it plus commode & plus lut. 

a gueres de ville oii l'on ait 
bin des prifonniers ; plufieurs 
ss de Rome ont pour objet prin- 
es vifiter & de les fecourir , & 
tout le monde ne remplîfle pas 
ir en ce genre , il ne laifle pas 
*e continuellement des aftes de 
>rfque le Pape eft en danger de 
transfère tous les prifonniers au 



A^-^ »:^- r^x^<^^ 



!t38 VOYAGK EK IxÀLif; 

première Confrairie fécuiiere qai fut 

blie à Rome , c'eft pourquoi cUe \ 

ipécialement une bannière ou gonfa 

dont elle tire Ton nom : ce fut S^ B 

venture qui l'établit vers.l'an l'ad 

principale réfîdence eft à Sainte Luc 

Gonfalon y ou & Lucia antiqua qur 

pas loin de-là. L'oratoire de S. Pier 

S* Paul eft orné de peintures quir 

fèntent les myfteres de la Pafiion j 

Nebbia Zuccheri^ Volterre & Ma 

Sienne. 

N. D. de S. Maria di Monserrato , i 

[ont-Scrrat. jg j^ Nation Efpagnole , bâtie en i 

furies defleins d'Ant. Sangallo : fon 

vient d'un mot Catalan qui fignifiè.. 

tagne fciée , à caufe d'une image ce 

de la Vierge que l'on révère dan 

montagnes de Catalogne , en un eu 

oà il femble que le rocher ait été pa 

avec la fcie , & qui eft devenue d 

pour avoir, dit-on, reflufcité un 

homme, fept a AS après qù^ilavoit ét( 

L'hôpital qui eft joint à cette égtifi 

établi en 1 3 JO pour les Pèlerins ma 

des royaumes d^Arragon , de Catai 

& de Valence ; Charles-Quint lui| 

un revenu de J 00 ducats fur le roy 

de Naples. 



•c. avant Vinftt^t.^ 

cbambre co«ve^^^ t:„efo\s une 

Cette ^g^^t°cUée*«*<^°% 
.-t, jette fut accota c» 



140 Voyagé en Ital 
ment des pauvres , & qui fubli 
re fous le nom d'Archicoiifraii 
Jérôme ; elle entretient des 1 
pour deffervir l^Eglife , elle dif 
pain au prifonniers » elle a une i 
& paye les remèdes pour ceuu 
tua! aes , elle gage aulH un A 
un Procureur pour les pauvre 
Chapelain pour les prifons* 

L^Archkeflure de l'Eglife e! 
niinique Caftelli ; le grand Au 
de beaux marbres & de bronz 
a ^té fait fur les defleins de Ca 
naldi ; mais iT eft fur^tout ren 
par un des plus fameux tableau: 
miniquîn. 
Commua La communion de S. Jérôm 
jïoii d€ S. miniquin , Tun des quatres tabl 
phaux de Rome , efl fur le m 





Ida Prêtre le Calice, & un Acoly* 
genoux rient uo livre. Le Poufiin 
loit prodigteufâment ce tableau > Se 
dit que André Sacchi le préféroit 
le à la transfiguration de Raphaël ; 
c peut rien dire de plus fort, pulfque 
i-ci eft regardé comme le premier 
au de PUnivers. Mais quoique Pon 
e €:onfidérer ce morceau comme !e 
"■d'oeuvre du DomtniquîJi ^ jl n'eft 
cependant tout à f^ît exempt de dé^ 
s; d'abord le coftume n'y eft poinc 
■rvé I le Saint eft moribond ^ & on 
tptéfente dans un veftibule de jardin 
(H Pa apporté j 8c prefqae tout nud;les 
ttfles fç plaignent auffi de ce qu'on a 
^eà connoître ie plan fur lequel por- 
It lç5 genoux du Saint. Au refte ïe 
'omîmquin brille dans cet ouvrage^au- 
par Pintelligence du claîr-obfçur 
car la vigueur de la couleur locale : 
! quatre petits Anges de la gloire ("ont 
'a plus grande beauté ; c'eft domma- 
ip «lue les ombres d'un fi beau morceau 
ffommetieent tant à pouflen 
' l'y a dans cette églife d'autres pcîn^ 
to^es eilimées ; la Chapelle de la maîfon 
Spîda e(l fur les defleins du Borromini, 
k matifûlée du Comtç Montauti fur k$ 



f4^ Voyage ^n Ita 
ddîèins de Pierre de Cortonne 
de S. Philippe de Néri eft de 
Legros» 



CHAPITRE A 

\ ; 

Sifhe du feptkme OuartUf 
Tarntfe ^ &fes Enviro 

Jt ALAZZO Farnesk , fitué fu 
Farnefe , cfl regardé par les coi 
comme le plus beau de tous 1 
de Rome. Il fut commencé fur 
feins non pas du Bramante o 
l'a cru j maïs d'Antoine Gîan 
Sangailo ; Michel- Ange le con 
ques à la corniche J il en régla 
intérieure j fit conilruire IVfcali 




z vafte & bien proportionnée 
'alais ; elle eft ornée de deux 
formées de deux grandes cuves 
granite,rrès profondes & dhine 
z mâle ; elles ont de gros an<- 
iptés fur leur longueur , & font 
Set ayant un volume fuffifant 
ace. Elles font placées dans un 
leur fert de foubaflfement 5 & 
lu ipilieu un guéridon » avec 
de lys au centre d'oil part un 
; tout cet ajuftement ne vaut 

ais Far ne(e eft un quarré dont 
faces font égales , & percées 
le trois rangs de croifées ; h 
érale en eft belle, mais d'un trop 
aétere, qui conviendroit mieux 
lument public , qu'à un Hôtel 



144 Voy'age ïn Ita 
demeure du Maître. Les croilî 
du rez-de-chauffée font loun 
du premier étage mefquînes 
du (ècond un peu gothiques ; 
toutes trop petites pour une ai 
mafTe, 

Les plîntes qui dîvîfent les î 
'd*une bonne force & les om 
Ibnt deiTus donnent un grand ali 
fe au bâtiment,L'*entablenient e 
ne bonne force pour ta maifequ 
ne } le caraAereen eft bon Se les 
en fotît bien difpofés , mais fon 
point correft , il eft dur & ëlanc 
de cet édifice efl trop petite & 
qui efl defTus fort mauvaife. 

De la porte extérieure on e 
un veftibule orné de colonnes d 
granité montées fur des dez ; a 




s entablemens font d'une bonne 
k. d'un ftyle moins dur que celui 
; : les colonnes font à une bonne 
es unes des autres ; mais les alet- 
"cades font trop étroites , ce qui 
itre les arcades trop grandes par 
ux pleins qui font entre elles. Les 
es ôc les impoftes font trop foi- 
la petitefle des membres dont ils 
ipofés apporte un peu de con- 
i décoration du deflous des por- 
t d'un goût mefquin. Quant au 

ordre , fa proportion avec les 
res & avec lui-même eft bonne ^ 

la façon dont il eft orne, 
les arcades de cette cour il y a Hercule 
es ftatues antiques & fur-tout ^*™^'' 
î Farnefi , une des plus belles 
jrecques qui foit à Rome ; elle 



é^i: . .7. A - 1 / - ; - _ r. 



I4^V0YASE EH ItALI 

unie avec beaucoup d'élégance 
été priie pour modèle par les ix 
maîtres ; or. peut voir l'es proporn 
tailltes dans les planches de l'E 
pédie au mot Dejjûn^ de mciBc qi 
de l'Antinous, de l'ApoUorij du L 
du Belvédère , du Gladiateur 5, 
Vénus de Mcdicis. L^ Hercule do 
parlons a de hauteur fept têtes ^ tr< 
îept parties , en iuppofant que I; 
foit droite &pofée également furf 
pieds j mais elle eft appuyée fur fa i 
ayant une main derrière le dos, 
belle flatue avoit été trouvée fans j 
Guillaume ddla Porta entreprit de 
faire ^ & il y réuffit tellement q 
avoir retrouvé les jambes antique 
chel-Ange ne voulut pas les chang 




;nt les dépouilles du lion de N(^mée 
I taureau de Marathon ; il eil de 
le grandeur , & paroît avoir été 
iir la defcrîption des Auteurs an- 
: quelques-uns prétendent même 
eft antique ; inais fon travail dé-^ 
re le contraire. Quoiqu'il ne foit 
on , il eft cependant fingulier que 
ileibit parvenue le mettre au point 
:ft , & auffi approchant de l'attitude 
'emier. Près de là eft une grande 
y ou tombeau de pierre oà étoient 
ndres de Cecilia MetcUa , fille de 
[lus Créticus , tirée du maulblée de 
di Bave fur la voie Appia. 
A. Flore antique tenant d'une 
une couronne , & de Tautre rele« 
fa robe du bout des doigts ; figure 
laute que l'Hercule & dont la tête. 



14S Voyage en Italî 

le nud fe defline parfaitement 
On a cru que c^i^toit une de c€ 
Titus avoir raffemblées dans le 
le defon Palais, & qui étoient la 
du célèbre Polyclete de Sicione 
Un torfe de jeune homn^e a 
d'éph & portant fur la tête un 
ce de corbeille. Il eft tout à f 
la manière Grecque, Feflomach 
beau & les mufcles bien faits, t 
diatcur qui tient un enfant mort 
épaule; ceft fuivant quclques-u 
figure de l'Empereur Commode 
très difent que c^eUSpicillus M^ 
célèbre Gladiateur qui après p 
viéloîrfs remportées dans les je 
blics fut couronné folemnellemc 
autre Gladiateur qui a fon cafq 




CflAP* VIL Rome^ 7^. Quartier. 149' 

ofl voit une tête d'homme couronnée de 
fleurs, d'un grand caraélére & bien tou- 
chée. 

On trouve à côté d'une porte au fc-* 
cond paillier deux figures de Parthes 
d'un bon flyle, mais d'une fculpture lour- 
de. 

En arrivant au premier étage , on 
ircmarque en face de Pefcalier deux Efcla- 
ves Daces , qui paroiffent de la même 
main que les bas-reliefs de la colonne 
Trajane. Polidore de Caravageles avoir 
pris fpécialcraent en affeftion , & il ve- 
Doit fouvent les confidérer. Au-defiTus 
delà porte il y a un bufte de Pyrrhus, 

Le grouppe d'Alexandre Farnefe, Duc 
de Parme , qu'on voit en entrât dans 
la falle, fut deffiné par Gafpar Celio &c 
fculpté par Simon Mafchino de Carrare; 
on l'a pris dans un tronçon d'une des 
colonnes qui foatenoîent le temple de la 
Paix. Le Duc de Parme y paroît cou- 
ronné des mains de la viéloire; la Flan- 
dre eft à genoux^ devant lui, PEfcaut 
paroît enchaîné fous fes pieds , & ex- 
prime les conquêtes de ce Héros dans 
la Flandre , où il fe diftingua principale- 
ment: dans la même falle il y a" un Apol- 
lon , une Niobé , quatre Gladiateurs. 

G iij 



i^o VôYAôE EN Italie 

dix-huit buftcs en bronze. Deux 
de marbre & de bronze qui fure 
tes par le frère Guillaume delU 1 
pour le tombeau de Paul III. qu 
côté de la chaire S. Pierre : elles 
fenient la Juftice Se la Providence 
Michel- Ange fous la diredlion ( 
on les avoir faites, ne les trouva 
de fon goût en fit faire deux autre 
le maufolée du Pape Farnefe. 

Dans Panti- chambre les deux 
des parties font des Hiftoires pein 
François Salviatî , la droite eft d< 
dée Zuccheri , la gauche de G 
Vafarî , les falles fuivantes ont qi 
ornenqgfls peints par Daniel de V( 
La fePreme pièce contient onze 
' antiques ; Julc$ Cëfar , Augufte 
:ïafien, Titus . Domîtîen , Traian 




t:9 4'un beau travail ; un Amoijùt 
3rt$'«n Mâéagre ou un Âdonb 
mze ; deux entons en bronzé que 
'oît rqpré&mer Hercule enfant qui 
* les ierpens que Junon avoit en-* 
contre lui ; une grande table de 
Santa & de verd antique avec un 
al de beau marbre fculpté par Mi* 
Lnge 9 & deux pieds en bas-relief; 
: qa'Annibal Carrache s^occupa 
it 4 defliner fur cette table. 
Gaixeaie à 62 pieds fur 19 ^ p^^^J^^^ 
t peinte par Annibal Carrache , & 
ra plus grand ouvrage. Elle eâ 
>remiere claffe des belles peintu-» 
Se va prefque de pair avec les 
ouvrages -^de Raphaël » qui mêfno 
t ni d'une couleur fi agréable » ni 
fi belle confervation , & dont les 
\c font point auffi riants. Auffi voit» 
(que toujours dans cette gallerie 
intres occupés à copier, à qui l'on 
à cet cgard la plus grande li- 

orallpnp e(\ f^prnn'e flans tout fon 



ip Voyage en Italie 

Tiques au- dedans. La voûte eft c 
en fept grands tableaux , quatre tt 
& plufieurs petits , tous encadré 
une ^architefture feinte de ftuc , ( 
eft foutenue d'efpace en efpace p 
thermes. A chaque pillaftre corir 
& fous les termes il y a des figur< 
démiques peintes au naturel. 

Toute la voûte de cette galleri 
peinte à frefque par Jlnnihal Car 
qui s'y eft conduit par l'étude de 
quitë , auffi prefque tous ces ta 
font-ils dans le goût des bas-reli 
ciens ; le deflein en eft pur ; c 
des plus beaux ouvrages , des mie 
loriés, & des mieux confervés 
maître. 

. Xe tableau du milieu de la vo 
préfente le triomphe de Bacchus 




Chap. VII. Rome y 7'. Quartier, r yj 
làie fur-tout eft dans un bon mouve- 
ment; la tête du Baechus tient de Pan- 
tiquité , celle de l'Arianne a plus de ma- 
jefté que de grâces. Le caradldre du 
Silène eft très-exprefiîf , ainfi que ceux 
des Bacchantes qui l'accompagnent : la 
gaieté qu'infpire le jus de la treille eft 
peinte par-tout ; on remarque feulement 
que la figure couchée fur le devant eft 
lourde , & que les enfans de ce tableau 
ne font pas beaux. 

Des deux tableaux des côtés , Pun 
repréfente Pan offrant la laine de fes 
chèvres à Diane ; le fécond, Mercure qui 
porte la pomme d'or à Paris , & c'eft 
celui qui a le plus de mérite: le Mercure 
vole bien , & le caraétére de deffein en 
eft léger quoique mâle. Le Paris a une 
bonne attitude , & il y a une différence 
convenable entre ces deux natures quoi- 
que ce foient deux jeunes gens. Le pay- 
fage en eft bien , &c fait de peu de cho- 
fe. 

Par rapport aux deux grands tableaux 
qui font fous le demi-ceinrre de la voû- 
te 5 l'un repréfente Triton qui parcourt 
les mers avec Galathée ; celle-ci eft fur 
un monftre marin , & le Triton la fou- 
tient, tandis c^u'un Amour lui lance un 

G V 



1^4 Voyage en Italie. 
trait; ce tableau eft très-lîcemieux daM 
la manière dont le Triton retient Gi*- 
îathée. Le Carrache n'a que trop prowé 
dans cet ouvrage que Tont talent n'éfoîi 
pas d'exprimer les grâces des femmes & 
des enfans. 

Le pendant de la Galathée , eft l'At 
rore qui enlevé dans fon char Céphak 
au commencement de fa courfe j Cépha 
le fe défend mauflàdement de fes caref 
fes , il a d'ailleurs l'air trop vieux aînl 
que l'Aurore ; mais le Morphée endoi 
mi fur le devant du tableau eft un 
très-bellp figure. 

Les deux grands tableaux aux dcu 
extrémités de la voûte repréfentent , Tu 
Polyphême jouant de la mufette poi 
charmer Galathée, & l'autre, Polyphêir 
qui lance un rocher fur Acis qui fe (zu\ 
avec Galathée. Ce Polyphême eft du a 
raâere de deflein le plus mâle , & le pli 
élégant , il tient beaucoup de l'Herdul 
Le premier tableau où Polyphême joi 
de la mufette , n'eft pas fi beau , & le de 
fein en eft lourd. 

A l'égard des quatre tableaux moyen 
le premier repréfente Jupiter qui reçc 
Junon dans le lit nuptial , ou Junon q 
ta trouver Jupiter avec la ceinture < 



îs le lecond , Uiane carretlant iin- 
n 9 & deux petits Amours dans les 
liiles , qui femblcnt fe dire qu'elle 
Te tout comme un autre; la Diane 
n coëffée , le caradere en eft 
mais elle a plutôt l'air d'une roa- 
qui va pleurer fur un maufolée 
ine amants; la tête de TEndymion 
iquée 9 & il eft en total un peu 

s le troifieme Hercule & lole ; 
e vêtu de la robe d'Iole joue du 
ir de bafque pour l'amufer , & lole 
le la peau du lion & appuyée fur 
le d'Hercule eft attentive à l'écou- 
e eft dans le caraétere de l'anti- 
lais fon profil eft trop plat & ref- 
k plufieurs autres têtes de fem- 
cette gallerie ; l'Hercule tient 
! l'antiaue. 



t^6 Voyage en Italt 
deux figures de Polyphême ; l'tin 

fente Apollon qui enlevé Hyac 
le peu que Ton découvre de la 
d'Appollon eft afîcz bien , l'Hyac 
un peu pefane, L'^autre tableau re 
fe Ganymede enlevé par un aigl 
Icvenaent eft bien , la figure du 
homme eft gracieufe , fa tête eft 1 
fement difpDfée, étant dans le cl* 
le haut des bras, ce qui forme i 
pofirion pîquance avec le refte di 
qui eft entièrement dans la denrii-i 

Il y a quatre Satyres aflîs & 
entre les petits tableaux dont or 
de parler ; les carafteres en for 
variés ; les tttes de ceux qui font 
de Ganymede font lesT^lus belle? 

Les figures d'Académie peintes 
turel & répandues dans la voûte 




de l'Andromède eft cependant 

utre fu jet eft Perfée qui change en 
Phinée & fes compagnons, en leur 
tant la tête de Mëdufe ; le Perfée 
ird & fans noblefTe , Paititude des 
es qui fe couvrent pour ne pas voir 
de Mëdufe eft très-exprelfivc. Au- 
s de ces tableaux font des Acadé- 
eintes en camayeu vert , qui font 
s. Voilà tout ce que le Carrache a 

tableau qui eft au-deffus de la 
l'entrée , a été peint à frcfque par 
miniquin fur un carton du Carra- 
Ton fujet eft une fille carreffanc une 
; , la tête de cette jeune fille eft 
le tableau a d» nicds o oouces de 



ïy8 Voyage en Ita 

qui écorche MarfÎBS ; rAmour 
Fautie à un attire; Hermaphrot 
par Salmax ; Syringa transfor 
feau ; Léandre qui fe noie d; 
lefpont j &c. de même que d'à 
res en façon de bronze , qui fc 
frife bailleurs :il fut aidé dans! 
& le choix de ces fujets par j 
Agucchîj&dansrexécution pa 
Louis Carrache, & par le La 
Carrache fie encore lui fcuî U 
fuivantes : Arion qui pafîe la 
dauphin ; Prométhée qui anm 
tue ; Hercule qui eue le dragoE 
pérides, & qui délivre Promt 
ché fur le Caucafe; Icare qi 
cîpité du char de fon père 5 Ca 
la groiTefïe paroîc dans le bai 




le travail n'en eftpas fi parfait que 
Homère , la tête paroît un por- 
e qui fait qu'elle n'eft pas fi belle 
lie étoit du choix du Sculpteur ; 
e qui lui couvre la moitié du bas 
je , eft agréablement ajuflé : les 
itées à Rome en portent encore 
ils dans la proceffion ; il y en a 
)ie che7, M. Couflou. 
j le cabinet il y a d^ellesnein- 
Annibal Carrache , HerciOT in 
c'eft-àdire, entre le vice & la 
beau fujet fur lequel plufieurs 
5 habiles fe font exercés avec fuc- 
en dernier lieu Pompée Battoni ; 
& Anfinome qui lauvent leurs 
des flammes ; Ulyffe qui évite 
es de Circé & ceux des Sy renés; 
qui enlevé la tête de Médufe, &C.. 



i6o Voyage en Italie. 
repréfenter cette Veftale qui pona fe 
Teau dans un crible depuis le fleuve ]\JtCf 
qu'au temple , & une ftatue de porphyi 
qui avoir autrefois la tête , les mains 
les pieds de bronze ; on croit qu'elle ex- 
primoit Rome triomhante. 

La chambre de la grande Table^ eft ainfi' 
nommée à caufe d'une grande table for-i 
mée de pierres orientales , qui a onze^ 
pieds de long, avec des pieds de mâNÎ 
bre blanc , de la façon de Michel-Ange. ■ 
bus La Bergère Grecque , plus connue foui 
^^^' le nom de yénus Callipigey ou Vénus aux 
belles fejfes , dont' la tête , un bras tout 
entier , la itoîtié de l'autre & une jambe 
fonwrès-bienreftaurés;la penfée eft plus 
jolie que l'exécution n'en eft parfaite ; 
car quoique les mains foient de la plus 
grande beauté , le tour très-gracieux & 
le mouvement extrêmement vite , les 
jambes Se les bras en font néanmoins un 
peu courts , les cuiflTes un peu roides, 
& manquent de ces fineflfes de détail qui 
feules font capables de rendre les belles 
vérités de la Nature, 

Deux figures de Vénus accroupie ou 
fortant du bain , elles font mauvaifes ; 
celle qui n'a point d'Amour à côté d'elle, 
a été copiée par M. Coifevaux , elle eft 




JKQuârtier. i$t 

ftut d'un efcalier ÂVerÊûlles /^ il a 
îgé les plis du corps qin font afieux» 
L que ks pieds qui font comme des 

7d Mercure antique de bronze. H eft 
K3ut appuyé ^ tenant de la main droite 
fragmeni: de ibn caducée 9 & de la. 
iche fà boLirfe : il ell bien compofë % 
contours en font fins & élégans , les 
frémite's bien rendues; le Sculpteur a 
Echoix d*une nature de dix-huit ans, 
en a prononce les mufcles avec beau- 
ip de fineiïe & de délicatefle. 
Jq vafe antique de marbre blanc , avec 
; côtes j ayant autour un bas^relief 
ufque 5 il repréfeîite un Prêtre* avec le 
met Phrygien j tenant une préféricule 
ne maîn 6c un tirfe de IVutre : il fem- 
conduire deux femmes à un facrifi- 
Ce vafe eft de forme gracieufc ^ mais 
ravail en eft fec. 

La chambre des Hermites a été peinte 
Lanfranc , avec des ornemens de 
viati & de Zuccberi.^ 
Ûf y a encore dans l'appartement dont 
w avons parlé , beaucoup de ftatues 
iques ; l'Amour , Mercure , Junon , 
nus , Bacchus qu'un Faune tient par 
CQu , Ganymede appuyé fur un graud 



i62 Voyage en Itaï 
aigle, Hercule dëguifë près d' 

tin Apollon qui tient un in(ïru 
Hermaphrodite en ba faite ; un ] 
tire une épine de fon pied, er 
feize tctes antiques , dont quel 
paroiflTent Ctre , Socrate ^ Diog 
ïîdoniuF j Zenon , Bias , Lyfi 
que j Homère , Euripide > Virj 
de^ Marc-Aurele\ la Veftale 
outre fix bi^ftes d'Empereurs i 
mes Romaines , placés dans d{ 
on ancien calendrier gravé, ur 
Rome de porphyre , tirée des 
de Caracalla , & dont on ne 
ïifage. 

Mithridate , dont le nez efi 
le caraftere en eft grand , & ! 
l'a placé dans bien des tableat 

Caracalla , tête qui a beauc 




aes /inciens ; m. Diancnini a laïc 

; globe avec un commentaire in- 

c. 

rançant du côté de la féconde 

volt fous le portique deux gran- 

les , l'une de Philippe le Jeune, 

u'on croit être celle de la For- 

rtuna reducis; une tête coloiTale 

îfien, & une d*Antonin le Pieux, 

nbeaux antiques avec des bas- 

&c. 

Taureau Farnese eft une des 

leufes pièces de Sculpture anti- 

eft étonné de voir Pimmenfité 
3up{)e,où fix figures plus grandes 
ire , & plufieurs autres moindres, 
es d'un feul bloc de marbre, avec 
: fur lequel elles font placées. Cet 

eft d'Apollonius & de Taurif- 
Pline en.parle dans fon Hiftoire 



Tauretv 

Farnefe* 



i6^V orkGM EN Itai 
jet eft Dircu attachée par les 
aux cornes d'un taureau indc 
Zetus & Amphion i lîls de Ly 
de Thebes , pour venger An 
inere de Tinjurr que fon mari 
à l'occafion de Dircé^ 

Le taureau eft retenu par 
hommes dans l'inftant qu'il va | 
bas efl un petit Bacchus & un c 
un panier & la flùce à plufieur 
il y a autour de la plinthe une 
boit, un cerf qui broute un a 
lion qui dévore un cheval? un^ 
un ferpent fous un arbre ; un 
qui dévore un taureau ^ un cl 
fauve j un aigle la patte fur ur 
vre ; deux fangliers couchés . 
ne voit que la hure ; l'arbre qu 
le raureau , a un grand ferper 





,OTL ftdifcé, jè. Quartier. t6f 

; ceb a (ait dire qa*oa 

tcpréiemer la délivrance dé 

qire (bn fupptice : fi l'on 

jgroQppe'dans la première dafle 

Iqmt , c'en; plu^tôc par la gran« 

i'immenfité iu Touvrage que par 

pnBâUIDtt 

Hf-rarfed^bomiAe de quarante ans ^^ 
kent de^fiâtuéfait d'après une 
Bamre ; la chair St la peau y . 
exprimées. . 

_ -e^bas-rêtidF, cafféen troi^ 
i ie ttffft de Baccbus eft beitf 
en eft élégante &-:|oliméÎHf 
I t^iiem^TOàk^nt ùh peu'd'uh^ 
' fiirmi6e. Dans iiii 4^ coins -dii 
eft unê'tfès-beile figure de 
ne portant un vafe , dont l'aâion & 

C font admirables : voilà ce qu'il y a 
dans ce bas-relief, qui d'ailleurs 
ilfichereffes & quelques parties man-, 

HBS»' 

iomalcion , vieillard qui entre dans 
lllê du repas oi deux amis l'attendent 
Idiés fur un lit. Un Faune le fou-^ 
«c , & un autre le décbaufle ; îr eft 
ri d'une bande de Comédiens : le cî- 
a n'en eft pas léger , mais la com-î 
idpn eft du plus grand ftyle. 




iS6 Voyage in Itali 
Dans le même hangar oh eft 
taureau Farnefe , il y a pIlIicu] 
antiques ï une Hatue équeftre d 
te f un bufie d^Antinous , un d 
DUS, pluficurs îdoles anciques ^ 
fes , &c des fragmens de llatues t 
aufli dans les Thermes deCaraca 
me le raconte Ulyffe Aldravaude 
Dans une des pièces du res-d 
fée ^ il y a une groffe coloane 
de caratléres doriques , relatifs 
la» femme d'IIërode Atticus, c 
trouvée dans la villa Triopea fur 
sain d'Appius. 

Palazzo Pxchini , qui eft 
palais Farnefe j eft de 1 ^rchiteâ 
leitandre Specchi î on y admire 
antiques , mais fur-tout une bel 
Grecque en marbe de Paros ^cp 




M ^LM AVftW pMO WV^«*>Wa.Jk J W J* A V/^H* 

lu nez a été aufli refiauré : cette 
bien compofée , elle efl belle 
i tête jufqu'aux genoux & a 
de rapport avec la figure de 
s du Belvédère ; mais les jam- 
roides , & les roolets n'en font 
belle forme. L^ tête du fanglier 
lie» mais le chienne vaut rien ; 
ie s'envole en éventail & joint 
i fanglier : cette précaution du 
' pour multiplier les points d'ap- 
ùi pas un bel effet , mais elle 
leu contribué à la con(èrvation 
irceau. Il a été copié à Marly 
louftou, quj l'a fait beaucoup 
id que l'original qui eft environ 
îds , & y a fait dçs changemens 
acceflfoires. Cette figure de Mé- 
[ au nombre des belles (lacues. 



'1^8 Voyage en Itali 
du temps de Paul III , par le C 
Capo di Ferro ; le Cardinal Sp 
temps d'Urbnin VIII , le fit décc 
le Borrominu II eft remarquable 
ftatues & les bas-reliefs en fluc. 
avec goût fur la façade & dans h 
bule. '. J 

On a conflrpîc dans un petit ] 
VIS -à- vis une des croifées , une j 
dont la voûte eft foutenue fur d 
Ion nés doriques dégradées , 8c ei 
en perfpeflive dans le goût de l'i 
du Vatican > du Bernin : cette 
grandit de beaucoup le lieu où el 
6c par un autre effet d'optique cga 
fîngulier , elle fait paroîcre un pet 
teur antique , placé au bout de h 
cour où elle donne pat fes cxtr^ 
grand de plus de cinq pieds ^ qt 




mnA 



îAP. VII, Rotm , 7*. Quartier, téif 
îrîs. Venus, un Gladiateur, Dans la 
nquîeme, une flaïue rare & belle d'An« 
iftene ^ Philoiophe Grec ; on avbit ' dit 
at-à'propos qu'elle ctoît de Séne^ue; 
eft afiîs la têts appuyée furYa main> 
lïis l'attitude d'écouter Seneque qui fut 
aître de ce Philofophe. UneC!érès,dônt 
draperie eft bien ajuftée , & la tête 
'un bon caraâere. 

L'appartement d'en-haut eft auffi Onès- 
né de peintures & d'antiques; là pièce * 
plus fameufe eft la ft^tue coloflale de Sratae 
^mpée , trouvée fous Ù Pape Jules IIF» Po«p^«« 
es de la chancellerie oàètoitla bafili* 
i€ du grand Pompée , dans la petite rue 
s Lcurari ; on croit 'que creft celFe 
K pieds de laquelle Qéiar expira le 
' Mars de l'an 45 avant J.CCepen- 
Dt il y a des Antiquaires qui croient 
c c'eft la figure ou ftaïue d'Augufle ,à 
irfedu globe qu'il tient dans la main gau- 
e, & qui marquoit la fouveraineté. 
Dans une des falles il y a huit tableaux 
heique peints par Zuccheri , contenant 
Uicoup de nudités , où il y a des gra- 
^ mais fans principe de corapofition, 
k couleur. 

DKans la pièce fuivante , l'efquiire du 
Ibnd du Baciccio > qui eft un Jefus g 
Tome IV. H 



170 Voyage eh Italie. 
prefque auflî bien rendu que le plafofiJ 
même. 

Une Efther devant Mardochée, du 
Gu^rchin, d'une compofkion peu fpiri- 
tuelle ; l'Éfther eft lourde , les têtes det 
deux fuivantes font aflez expreflîves & 
aflez bien coloriées. 

Un tableau de Piètre Tefte , repré- 
fentant le facrifice d'Iphîgénie ; la cou- 
leur en eft noire & dure , mais le group* 
pe du facrifice eft fort beau. 
Ion du La mort de Didon , par le GuerchiOf 
tbin. |»mj ^es tableaux les plus fameux de Ro- 
me ; on la voit fur le bûcher ; la cou-- 
leur de la tête, fa gorge & fa draperie 
font belles y mais la compofition en eii 
extravagante, & le coftume n'y eft point 
obfervé , car on voit un Efpagnol fur le 
devant de la fcene. 

Le portrait du Pape Paul III , ( Far- 
ncfe ) de George Vafari. Il eft colorié 
comme s'il étoit du Titien. 

Enlèvement d'Hélène, par le Guîdei 
il y a de la fineflfe dans les têtes des fem- 
mes : ce morceau eft foible d'ailleurs. 

Un repas d'Egypte,du Carravage; ta^ 
bleau d'une belle pâte de couleur , mais 
où les figures n'ont aucune nobleflej on 
diroit que c'çft une bambochade. 



f,Vn.R9m€^7^.Quanier. 171. 
ea Âcré entretenu jpar les Vefla-. 
le efquifle de Qrôterri. 
ia£&cre des Innocens , par Pie- 
e 9 d'une très -belle couleur^ inais 
>mpofîtion extravafigiDte : on ne 
que fignifie cette Qoire d'^- 
regardent ce maflacre ; on voie 
lointain la Vierge qui pafle une 
ians une barque avec TEnfant- 
i porte & croix. U y a uès-pea 
es dans ce maflâcre, l'homme 
le devant eft fort beau, 
gallerie décorée de beaucoup de 
» peintures II fréfque de 2iuc« 
. y a néanmoins qudque chofe 
>ie dans les frifes que l'on voSt 
e Peintre. 

rand portrait du Cardinal Spa- 
le Guide ; le Marché de Naples 
s de Mafaniello , dont nous ra- 
is rhiftoire dans la fuite^par Mi- 
ge ; des Batailles , &c. Dans un 
rantîques placé au troifieme éta- 
a beaucoup de pièces rares , Se 
une Idole Egyptienne qui a deux 
haut , en balalte , d'une très* 
lulpture : en la voyant on peut fe 
îr dans Tidé^e qoe nous donne- 
ouvrages Egyptiens en parlant 
H îj 



gros intérêts , les ventes à vil pr 
ruinoient fouvent de pauvres MarcI 
obtint du Pape Paul III rétabliff 
d'une confrairie de perfonnes aif6 
prêtoient de Targent fans intérêt, m 
nànt une sûreté , ou un gage qu'il 
doient auffi-tôt qu'on venoit reftit 
fomme. Gn peut voir ce que no 
avons dit à Toccafion de celui d( 
rîn, (Ton?. L pag. iJJ.)- 

Les Papes reconnurent dans la 
qu^un établiflçraent fixe & public c 
tè efpece étoît conforme à Pefprit di 
Concile de Trente ; ils étaWïrcrit 
cré Mont de Piété avec des réyeni 
privilèges y des indulgences ; S. C 
Borromée étant proteéleur de ce 



ChAP. vu. Rome^ 7^ Quartier. 173 

>partenoit à la Maifon Santa-Croce : 
;puîs ce temps -là le bâtiment a été 
gmenté plufieurs fois , on y a fait de- 
is quelques années une addition confi- 
rable du côté de la Trinité des Pe- 
ins. 

On y prête jufqu'à 15*0 fcudî , ou 
O lîv. fans intérêt , moyennant un ga- 
fuffifant , pour le terme de 18 mois 
lenr.ent; mais pour les fommes plus 
ifidérables on paie un quinzième d'in- 
*t pour Tannée, ou 6 deux tiers pour 
t , & au bout de ce terme les elîets 
t vendus à l'encan , en préfcnce d'un 
)uté 5 & le furpUis fe place au profit 
propriétaire du gage vendu. 
luette grande maifon a beaucoup d'ap- 
remens où l'on conferve les gages , 
font partagés en fix dépôts où il y a 
Prifeur & des Commis ; les uns font 
jr le Hnge, les autres pour la vaiffellc, 
bijoux , les diamans ; on y voit quel- 
ïfois des cfTeîs de 30 340 mille liv. 
[l y a dans b même palais un dépôt 
chacun peut mettre en sûreté Tar- 
it qu'il fe fait une peine de garder 
îz lui ; un grand nombre de perfon- 
5 prennent ce parti , & les rcgiflres 
'on y tient font d'une groffeur éton- 
H iij 



174 Voyage ^^ Italie. 
liante. Les Notaires de Paris accoâto^ 
mes à recevoir fans cefle de fembbbkl 
dépôts, devroient avoir un pareil étabfi{ 
fement > oh la Compagnie fût garante è 
la fureté des dépôts , pour afiermir la 
confiance du public contre des faillite] 
femblables à celle que Deshayes a fm 
en 1764, & autres de même efpece. 

La chapelle e(l de l'arcbiteâure & 
Rofn & de Bizza chéri ; les bas -relief 
font de Dominique Guidi & de M. Teo 
don ; il y a aufTi une belle figure de M 
Legros. On y a peint encore les frères d 
Jofeph accufés d^avoir volé la coup 
d'or , & Tobie qui prête à intérêt : c*cl 
un des paflages cités par les perfonnc 
qui foutiennènt la légitimité du prêt 
intérêt , ils ont pour eux plufieurs pafla 
ges de l'Ecriture, qu'ils oppofent à ceu 
qui prétendent que le prêt à intérêt y cl 
profcrit dans tous les cas. Au refte , 1 
métier de Prêteur fur gages n'efl décri 
en France que parce qu'il efl profcrit 
les gens qui fe déterminent à enfreindf 
les loix par un motif d'intérêt , fe dés 
honorent bientôt par leurs excès ; auf 
nos prêteurs fur gages ne fervent guère 
à Paris qu'à ruiner les jeunes-gens : mai 
s'il y avoit un établiflement public , 



. VILÀmt, 7*, Quartier. îjf 

fftt modique & le gage bien af*^ 
:roi9 que le public y trouveront 
!S 3 & que perfonne n'auroit à 
idre. Qu'on ne dife pas, c'eft 
i ; qu'on examine l'e(prit de la 
ti h lettre , & Ton verra eue ce 
île à plufienrs fans nuire a per- 
lé doit pas être défendu » & ne 
été dans aucun Etat bien po* 



APITRE VIIL 

di S. Euftachio i Quartier 
Eufiache & de S^ Anètié 

lîtiéme quartier de Rome tire 
de TEglife de S. Euftache ; il 
lU midi vers la place S. Marc , 
lant vers S. Carlo à€ Catinari ; 
end la Sapîence , S. André délia 
e Gouvernement , \q Palais Juf- 
: quelques autres édifices remar- 

:jstachio , Eglife paroîffiale , 
établie par Confiantin , à l'extré- 
I Thermes de Néron ; Céleftin 
t rebâtir en iip5, & plaça fur 
H iv 



'Ij6 VoîTAGE EN ItALI 
]e grand Autel le corps de S* I 

martyr- C'cfi celui dont Surius 
qu'étant à la chafîe au-delT^s de 
dans Tendroit appelle la Aîmto, 
vit un cerf qui avoir fur la tête i 
cifix ; ce cert eft encore aujc 
1 emblème de ce quartier de S, E 
Ce Saint efl également celf^bre e 
ce; la plus grande ParoilTe de 
quitté le nom de Ste. Agnès , l' 
plus îlluftres martyres de la Ch 
pour prendre celui de S. E 
Ceft cependant un de ceux doni 
Valois & M. de Launoy, célcbr 
teurs de Paris ^ ont fort conteflé 1 
de. Vigneul Marville raconte qu^ 
ré de S* Etjftachede Paris difoit : ■ 
ûj je rencontre le Doéleur de Lau 
le falue iufqu'à terre j Se je ne 1 




p. Vlll. Kome, be. {liiartier. l'j'j 

î que fut baptifc en iJ47, le 
énéral delà Flandre , Alexandre 
, Duc de Parme. Les Magiftrats 
e y préfentent le 25) de Janvier 
nt d'autel de velours rouge , en 
; du recouvrement de Ferrare , 
. Siège qui fut fait le 29 Janvier 
par Cltment VIII , comme on 
par l'infcription qui eft dans la 

liais de la Maîfon Ccnci eft près 
. eft de l'architeâure de Jules. 
: c'eft cette illuftre Maifon que 
it defcendre de l'ancienne fa- 
maine Cintia, (Venutip. 223 ). 
liais du Duc Lante eft remar- 
ar de belles ftatues antiques , & 
:e peinte par Romanelli ; il a été 
& embelli depuis quelques an- 
le Cardinal Lante , le mcme qui 
rbe maifon de campagne de Ba- 
rès Viterbe , ornée avec autant 
que de magnificence > & dont 
3ns parlé dans le fécond vo- 



178 Voyage en Italie. 
fes & par fa bienfaifance ; Tarchiteân 
eft de Jean Fontana , mais le Boronû 
y eut auffi beaucoup de part ; la poi 
d'entrée & les ornemens des fenêtres fo 
de la façon de ce dernier. 

Il n'y a point à Rome de Palais au 
remarquable parle grand nombre debi 
reliefs &c de flatues antiques dont il 
rempli ; Ton en compte jufqu'à 5*60 , 
même davantage , trouvées la plû^ 
dans les Thermes de Néron ; nous 
parlerons que des plus remarquables ; 
peut voir à ce fujec le grand ouvra 
dans lequel elles ont été gravées > 
deux volumes in-folio. On eftime qi 
y a 60 mille ftaïues à Rome & dans 
Pomarium ou la banlieue, qui comprc 
une lieue à la ronde ; mais à Pexcepti 
du Capitole, il n'y a pas de colleâi 
auffi nombreufeque celle du Palais Gîi 
tiniani. 

La Cour même eft décorée dans i 
pourtour de ftatues & bas-reliefs ac 
ques , mais il n'y en a qu'une qui /i 
belle. C'eft une figure de femme enti 
rement drapée , adoflce au veftibule 
gauche en entrant : elle tient de la ma 
gauche rextrêmité de fa draperie do 
un pan eft fur fon bras» On remarq 



p. VIII. Romtj S^. Quartier. 179 
ux têtes coloiTales de Dfufus Ôc 
nanicus > deux autres que l'on 
Titus & de Tibère ; une ftatue 
t un mafque» elle paroît de Te- 
[a belle ftatue de Domitia aflife » 
ferpent ; deux ftatues d'Hercule 
de iculpture grecque ; au pied de 
r , une ftatue de la Santé ou d'Et 
dans l'efcalier , des ftatues d'A- 
de Marc-Aurele , de Caligula , 
litien , d' Antinoiis ; fur le palier , 
nourri dans l'Olympe ; & une 
e Mercure tenant d'une main fon 
& fa bourfe: l'attitude en eft 
les coutours coulans , & les pro- 
1 belles : il y a cependant dans le 
un peu de roideur. Sur le palier 
nier étage, un grand bas- relief 
, repréfentant une Nymphe don- 
oire à Jupiter dans la corne d'A- 
: elle eft dans une attitude fim- 
; l'ordonnance des draperies eft 
l'attitude de la Nymphe donnant 
à Jupiter, & celle de Jupiter qui 
»nt bonnes; il manque un bras & 
ibe , mais tout ce qui refte de 
e eft beau; le Serpent qui tourne 
du tronc de l'arbre, a bien le 
nent de la nature, mais le Satyre 
H vj 



i8o Voyage en Italie. 
qui joue de la fiûte derrière le rocher i 
vaut rkfi. 

L'appartement efl orné de coîones^ 
porphyre vert, de marbre vert antique 
de îtatues , de peintures à frelque , 
de tableaux précieux^ dans la premie 
falie deux Gladiateurs & deux FaoB 
en pied , ouvrages grecs ; dans la ieco 
de îalie deux Oatues , de Rome trioa 
phante j Se du Coniul Marcelius ; 
ci cil (étonnante pour la vérité de IVr 
de ; il efl repréfenté aflis fur une chaifi 
fur laquelle il y a un couflm , &c tenatitj 
iin livre roulé à la main ; ks plis de 11 
^ draperie n'en font pas mauvais , ma 
ils font traités d'une manière lourde : i 
portrait eft rendu de manière à ne pas] 
douter qu^il n'ait été extrÉmementi 



, VIII. Rome, 8f. Quartîer.iSï 
irift devant Pilate , ouvrage cé- 
Hundftorft d'Utrecht, connu 
Ibus le nom de Glierardo délie 
lamand : ce tableau eft bien 
fujet en eft rendu à la lumière , 
în eft vrai ; J. C. dans le jardin 
ers , du même ; la Cène de J. C. 
ane ; une Vierge de Kaphael ; 
fix du Carravage ; une Bohé- 
OingharUf du même; une tranf- 
t du Guerchin ; laMadelaine; & 
les de l'aveugle-né & du fils de 
, du Parmelan ; les noces de 
; Paul Veronefe ; S, Jérôme du 
. Paul, premier hermite, & S. 
Abbé, du Guide, 
•re que les bourreaux déshabil- 
Tatracher à la croix , deSalta- 
înois : la couleur en eft belle , 
îxpreflîons baflTes. 
. PEvangélifte, du Dominiquin; 
en eft finguliere : il eft aflîs fur 
de pierre , il a fon aigle entre 
s 5 & deux petits Anges qui lui 
des livres : ce tableau eft bien 

lr»ç Anrr/»ç pn -Tr-vrir inlic 15» fpn* 



&la Chananéenne ontaffez d'ex 
& ce tableau n'eft pas d'une t 
couleur. 

Un tableau de Michel-Ange 
ravage , repréfentant J. C. qui 
pieds aux Apôtres : il a rendu fid 
la nature , mais le choix qu'il e 
cft bas ; ce tableau eft peint d'i 
îiiere aflez claire , ce qui ne lui < 
familier. 

S. Antoine & S. Paul hermît 
tableau du Guide , d'un beau pi: 
d'une belle exécution , maïs oii 
de nature eft bas , & la com 
mauvaife. 

Socrate à qui l'on verfe la cig 
Lanfranc : il Ta reprëfenté affis 

lit . ^ \m a dnnn^ un air de (r^l 



Vni. Romey 8*. Quartier. iS^ 

t Séneque faigné des quatre 

; la fcéne fe pafle à la lueur 
ibeau : l'effet en eft jufle. 
a chambre des Madonnes il y 
apbael , de Léonard del Vinci^ 
in , du Parmefàn , & une Sainte 
l'André del Sarto , fort bonne. 
he de femme avec une cornette 

dont elle eft entièrement cou- 
ir le Titien ; la phyfionomie eft 

bien touchée fans être termi- 
: ce qu'il a voit coutume de faire, 
erie eft remplie & comme en- Galerie, 
de ftatues , de droite & degau- 

double rang , qui font prefque 
mvaifes : les meilleures font, le 
:ique ; il eft repréfenté couché 
la tête haute ; c'eft le plus beau 
:onnoiffe de l'Antique. 
ife antique de marbre , en for- 
upe à côtes, avec des anfes en- 
il eft d'une jolie forme, 
elle figure de Minerve , dont la 
n eft bonne : la coëfFure & les 

en font bien ajuftées , mais le 
i eft fec. 
sau bufte d'un jeune Satyre : il 

d'expreflîon. 
igure antique d'un jeune hom* 



184 Voyage en. Italie. £ 
me qui levé les bras en l'air : les bras^ j^ 
la tête qui ont été reftaurés n'en valenÇJ 
rien , mais le torfe qui eft antique , eM 
très beau. 

Une tête d'Homère. Un Hercule eir ;• 
bronze, d'après lequel François Flamanl ; 
en a fait un qui lui refl'emble parfaite; ' 
ment, & qui fe voit dans une autre piéc^ ' 
de ce palais, ; ' 

Un bufte de Sérapis , un Faune très? ^ 
beau , une Diane d'Ephèfe Polimamf ' 
ma , un petit Hermaphrodite , Cléopatre 
en forme de Vénus , la Pudicité , Marc-, : 
Aurele , deux petits Hercules , Harpo- > 
crate , une belle tête de Faune , & uncl 
de Vitellius qui eft très-rare ; des buftes^ 
de Vefpafien , d'Antonin , d'Adrien, de ' 
Sévère, &c. un bufte deferpentine qui ] 
eft unique , une Meflaline affile , très- 
relTemblante aux médailles qu'on a de 
cette fameufe Impératrice. 

Les ruines des Thermes de Néron qui 
occupoient ce quartîer-là , ont fourni la 
plus grande partie de ces richelTes. 

L'églife voifine de 5. Salvatore alU 
Terme , étoit fi anciennne que l'Alveri 
croit qu'elle fut confacrée par S. Sylvef- 
tre : fon nom indique auffi la proximité 
de ces Thermes de Néron , dont nous 



VIII. Romey 8^ Quanitr.iZ^ 
fur-tout à l'occafion du Gou- 
r, ou Palais Madame. 
3\ de' Fr>lncesi , s. Louis 
Dis , eft la plus belle ëglife na- 
'il y ait à Rome , où tous les 
nonde ont les leurs : elle fut 
r les François en 1478 , en 
e celle qu'ils avoient déjà dans 
\a Valu. La Reine Catherine 
5 & le Cardinal Matthieu Con- 
itribuerent beaucoup à la re- 
)n qui fut terminée en 158p. 
eft de Parchitedlure de Jac- 
Porta. Elle eft décorée d'un 
rînthién fur un Dorique : la 
îft bonne , mais l'architedlure 
aflTez de relief : le fécond Or- 
peu fort fur le premier. Les 
croifées & les niches font bien 
n y a placé quatre ftatues de 
e. Les bornes qui font près de 
ont deux beaux tronçons de 
c'eft la feule éghfe où il y en 
ailles. 



•1_/1 T- 



ï85 VoYAGK EN Italie 

tribune du grand autel ont été d< 
fur les defleins de M. Derizet : N 
toirc , aftuellement Direéleur de 
demie de France à Rome , a p 
voûte principale , & celles des ba; 
font auflî très -bien décorées. 

Au maître-autel il y a une gran 
fomption de la Vierge , par France 
fan : l'ordonnance en eft belle , i 
y trouve d'excellentes têtes. Il i 
defirer feulement que le grouppe 
vant fût plus vigoureux de couleu 
feroit fortir ce tableau du ton trc 
où il eft. 

La féconde chapelle à droite e 
bre par les peintures du Dominic 
y a reprëfenté Phiftoire de Ste. ( 
d'un côté on la voit diftribuant fei 




iz 



Chap. VIII. Romcy 8^ . Quartier. 1 87 

le belle copie faite par le Guide , de 

Ste. Cécile de Raphaël ^ qui efl à Bo- 

le , & dont nous avons parlé » T. IL 

16. 

s la troifieme chapelle il y a un ta- 

Heau de la bienheureufe Jeanne de Va- 
f,parM. Parofel, &le maufolée du cé- 

îbre Cardinal d'Oflat , Ambafladeur 
'ffHenri IV. auprès du Pape Clément 

rDl; le portrait du Cardinal eft une 
^ Jnofaïque faite au Vatican. Dans la croi- 
I& du côté gauche la chapelle de S. 
Mathieu eft un ouvrage de deux habi- 
les peintres ; Michel-Ange de Carravage 
a peint S. Mathieu & les murs de la 
Chapelle , le cavalier d'Arpino à peint 
h voûte & les deux Prophètes ; les t»- 
Weaux du premier font durs de cou- 
leur. 

Cette Eglife eft defiervîe par vîngt- 
fix Chapelains François qui vivent en 
Communauté dans la maifon voifine; 
il y a Chapelle de Cardinaux , le jour 
de la Fête de S. Louis. 

L'Hôpital de S. Louis qui tient à cette 
Eglife fut établi en 1480 pour les Pè- 
lerins de France, de Lorraine & de Sa- 
voie ; ils y font logés & nourris pen- 
dant trois jours , & on leur donne quel- 
que aumône quand ils s'en vont i Taumô- 



i88 Voyage en Italii; 
ne des Prêtres eft fixée à trois paa 
ou trente-deux fols : cet Hôpital eft fi 
la proteâion du Roi , & adminiftré 
une Confrairîe de vingt-quatre pc ' 
nés des nnêmes pays , à la tête defquebt 
toujours rAuditeur de Rote FrançoU 
cette Confrairîe diftribue auffi des 
à de pauvres filles , de France , de , 
raine & de Savoie. 

GovERNO Nuovo, c'cft-à-dire». 
Palais du Gouverneur de Rome , s'aj 
pelloît ci-devant Pala^^o Madanutyi 
eft dans l'endroit où étoit une ancicna 
églife appellée S. Jacques in Thermisj^ 
fuivant Fulvius & Nardini , à caufi 
des Thermes de Néron qui étoient fituéi 
à l'endroit où eft le palais. Martial , pouf ^ 
faire l'éloge de cesThermes, compare leur ■ 
bonté à la malice de Néron ; 

Quid Neione pejus , 

Quid Thermis melius Neronianis ? L. 7. e}^igr. 5?. ■ 

mais la haine qu'on eut pour la mémoire 
de Néron , fit qu'on les appella les Ther- 
mes d'Alexandre , lorfque cet Empereur 
les eut augmentés & embellis ; la maifon 
d'Alexandre éroît près de-là , mais il la 
fit abattre pour y planter un bofquet de 
platanes; il en exiftoit encore en lyyj 
une grande arcade & différentes naîflTan^ 
ces de voûtes à côté , qui ont été dé 



'iiicicib uc juuitc qui appanien- 
bn tribunal. 

t Catherine de Medids, nièce de 
ent VII, fille & unique héritière 
cnt de Medicis Duc d'Urbin , 
âûr ce Palais fur les deffeins de 
jrucelli , & qui en fit fon habi- 
tant que d'époufer , en i y 33, le 
Drléans , qui fut enfuite le Roî 
I fils de François I, & ce Pa- 
ppartenu long-temps au grand 

Tofcane. 

r I A c o M o de gli Spagnuoli ; 
lationale d'Efpagne qui avoit été 
r Alfonfe Infant de Caflille , & 

reconftruit.e en 145*0 par Doa 

Paradinas Evêque de Rodrigo 
lagne , à" Poccafion de l'année 

L*Hôpital des Efpagnqls y eft 
ti V reçoit les pèlerins & les ma- 



I90 VOYAGE EK ITAL 
£ois Vides Navarroîs , faite t 
comme on le voit fur fon mai 
cft auprès de la grande porte. 

Il y a de belles peintures d 
Eglife ; la réfurreftion de N 
gneur, dans la féconde Cliapell* 
eft de Céfar Nebbîa ^ la voi 
Balthafar Croce : de l*autre cô 
pelle de S. Jacques eft de Fan 
de Sangallo ^ la ftatue du Sain 
parle Sanfovln, encore jeune i c 
de S* Diego , les peintures fo 
nibal Carrache & du Dominiqi 
la facriflîe il y a deux têres ei 
par le Bernin , dont l*une reprë 
aine bienheureufe , Se Pautre j 
cft A^mnêe, La première eft ur 
couronnée de fleurs , & fur la | 
nie de laquelle la joie eft peinti 




tnt déjà appris dans les CoUe- 
xes , les élémens qu'on y en*- 

t IV de la maifon Fiefchi de 
le premier qui en 1244 réta- 
e l'étude du droit civil & du 
ni Boniface VIII en I2pj^. 
\ écoles publiques dans l'en- 
nous parlons; Clément V en 
nda des écoles pour l'Hébreu 
'Arabe & le Syriaque ; Euge- 
432 donna à ce Collège l'im- 
vin 3 auquel on ajouta dans 
lui du foin. Léon X. célèbre 
des arts fit commencer le ba- 
ies deflèins de Michel-Ange ; 
nt le continua ; Urbain VIII 
>uvelles augmentations ; Ale- 
I fit bâtîr l'Eglife ; il y fon- 



192 Voyage en Itai 
nier règne a fondé les chaires 
mie &c de Phyfique expriment; 
une efl occupée par le P* Jac 
fait à Rome depuis long-temf 
re de la France dans les Sch 
thématiques; c'efl-là que foot au 
fe fleurs de Théologie * de Droi 
decine & de Mathématiques^ 
verfîté de Rome ; on y confer 
torat dans les trois Facultés, Il 
difficile à un étranger qui en e{ 
d'crreDofteur de la Sapience 
quitte pour 36 Scudi , & un e 
demi-heure: on fait en public 
lion de foi, la preftatiôn de fe 
le remercîment. '\ 

Les theles fe foutiennent à F 
les Eglifes, fans mcme que 1* 
caché , dcd un ufage en Ita! 




CflAP. VIII. Rome, 8^ Quartkr.iç)^ 
•ès-diftingué à Rome , compofé de 1 2 
erfonncs qui ont le privilège d'entrer 
ans tous les confiftoires fecrets, & qui 

portent la parole ; ils ont Tadminidra- 
ion de la Sapience , depuis le temps de 
me V. avec le privilège de conférer le 
ioâorat ea Droite au nom du Cardinal 
iimerhngue : ce font les Profefleurs de 
rhéologie & de Médecine qui donnent 
tdoftoratrefpeâivementdans ces deux 
facultés. 

Le bâtiment extérieur de la Sapience 
orme un grand quarré long , décoré de 
ous côtés par des croifées , fans ordre 
'architeâure ^ mais d'un bon genre. La 
}ureft auflî un quarré long , décoré fur 
oîs côtés avec deux ordres d'arcades , 
m dorique & Tautre ionique ; au-def- 
is & en retraite font des bâtimens or- 
maires. Sur les trois côtés règne un por- 
que tant en haut qu'en bas ; le qua- 
•ieme côté qui regarde Tentrée eft en 
emî-cercle décoré de petites niches 8c 
e croifées avec les mêmes ordres que 
es portiques ; cette partie fert de por- 
3ûl à l'Eglife. 

L'architefture de la cour eft d'une 
Wle proportion , & le bon arrangement 

4cs corps qui font autour , y donne de 
Tomz IV. I 



'ip4 Voyage en Italii 
Tagrément. Quant aux détails des 
& des arcades , ils ne font pas d'u 
vais ftyle , mais il y a beaucoup d 
greurs, 

L'Eglife eft une des plus fingulîe 
ait été faite ; le Berrïin a pris poi 
dele de fon plan le triangle , fymb 
la Trinité. Elle eft dé(;prée de p 
compoiîtes entre lefquels il y a ai 
des Se de petites niches , & des ( 
la coupole qui part de deflTus Perd 
ornée d'arcs doubleaux avec des 
fées , & dans le milieu eft une la 
avec un petit ordre compofîte. 

Le plan de cette Eglife eft très 
lîîeux , la forme générale en eft c 
vée dans l'intérieur , malgré le ne 
ment de plufieurs parties circulaire 
y a fait entrer ; la décoration eft 
de pour le lieu , & bien faifie de p 
lion , mais dans les détails elle e( 
a fait défeélueufe. Elle eft d'une m 
re manière relativement à la coupe 
eft au-deflfus , & il y a beaucoup 
monie entre le plan & Pélévation 

A l'égard de là coupole , elle e 
arrangée fur les parties du deflbus i 
régulière elle même ; les croifécs 
ajuftemens en font grands, quoiqi 



lP, VIII. Rome, 8^. Quartier.i^^ 
xàs & bizarres , & tous les jours 

beaux. 

ableau du maître autel eft de Pier- 
iîortonne ; il repréfente S. Yves 
,à qui les pauvres remettent leurs 
es : le tableau eft bien compofé , 

difficile de remplir agréablement 
3 efpace à caufe de fa grande hau- 
e Peintre s'eft tiré d'embarras en 
►duifant un fécond fujet qu'il a 
ir une tapifferie qu'il fuppofe être 
e fur des colonnes dont on dëcou- 
bafes. Ce fujet repréfente Jefus- 
dans la gloire , & un Saint qui lui 
e un livre. La compofition égale 
ableau eft bonne , mais la couleur 

peu fur la brique , particuliere- 
:elle du tableau d'en -haut ; dans 
'en bas il y a des figures dont le 
tire fur le gris. 

Vndrea délia Valle , grande & 
glife des Théatins commencée en 
: il y avoit dans le même endroit 
tite Eglife Françoife de S. Louis 
s François abandonnèrent lorf- 

.rir/ani- t-t/^flfpITi r»n Ap^ rpllp n^i'vnf' nrvne 



laiin xear^, 

Trpis Cardinaux eontribuere 
çeflivçment à la conftruâion t 
Êglife ; l'architeé^ure eft du ' 
Carlo Rînaldi :les ^^omains trou 
le portail eft un dçs pliis beaui 
ville ; fi ce jugement eu jufte, en 
Jes défauts qu'il renferme 5 on | 
que le$ autres façades de Ronie 
blés en général. 

La forme toçalç de celui de 
dré eft bonne, & les ordres co 
& compofites placés l'un fui 
dont il çft décoré font d'une b 
portion , à*\in beau profil & d'c 
exécution, I^a porte & la cornic 
haut font bien prpportÎQpnées, i 
font trop fortes ; l^s niches 1 



t 

»on effet exigeant que les co- 
:nt ifolées &L vues de toutes 
portail eft d'ailleurs extraordi- 
chargé de reflauts , ce qui di- 
a rtafle générale* 
ail eft décoré par plufîeufs fta- 
aëtan &'S. Sébaftien , font de 
e Guîdi , S. André Apôtre & 
Avellifto , d'Ercole Ferrata ; 
utres au-deffus delà porte font 
s Antoine Fancelli ; la fculptu* 
tre premières qui font dans les 
cn*bas ti'eft pas abfolument 
; en voyant le S. André qui eft 
F«rrata , on fc rappelle tout à 
ure de S* Pierre qui eft à Saine 
par M, Bouchardon. 
tnier architefte de cette Egli- 
rre^Pâul Olivieri ; Carie Man- 



ïp8 Voyage en Italie. 

re ) & d'une belle courbure. Les 
de bœuf & les croifées feintes fur 
Galote de cette coupole non-feulci 
ne font d'aucune utilité , mais encore 
produifent qu*un très-mauvais effet 
la décoration , interrompant défa|^ 
blement fa courbure: à l'égard du 
ternon , la forme en efl iimple , il fà 
fort bien ; il cft fans gorge & pofe m 
règlement fur la coupole , mais fon COK 
ronnement n'eft pas heureux. 

En examinant l'intérieur de PEgliiê^ 
on trouve que la nef eft bien en propoÉ! 
tion avec le chœur ; fon cul-de-four dl 
d'une bonne forme , mais le dôme efl 
trop petit; l'ordre corinthien dontdk 
cft décorée devient pauvre faute de caft- 
nelures dans les colonnes. 

La coupole eft peinte par Lanfranci 
elle eft trop chargée d'ouvrage, &l'oli 
y trouve peu d'accord. 

Les quatre pendentifs qui repréfen- 
tant les quatres Evangéliftes font peinti 
à frefque par le Dominiquin ; les figu* 
rès en font également bien compofées & 
bien deflînées ; rien de fi joli que ccî 
deux petits enfans qui s'embraflent auJ 
pieds de S. Jean : le Dominiquin cil 
plein de ces épifodes naïves } mais ccUfr 



p. VIIL Rome, 8f. QuàMer. ipp 

eut-être éié mieux placée auprès 
^énus. On ne peut s'empêchef 
irpris de voir que le Dominiquin, 
touche n'eft pas ordinairement 
ait pu exprimer les grâces en- 
comme peu de Peintres l'ont fait« 
eur de ces quatre morceaux, fin- 
nent celle de S. Marc & de Se 
\ auflî vîgoureufe que fi le mé- 
fie eut employé tous les reflbrts 
art pour les peindre à Tliuile : 
e-four eft auflî peint à frefque 
[)ominiquin. 

Vertus placées en bas tout au-^ 
it fort belles : pour les figures 
)mpagnent le^ fenêtres , elles font 
, ils faut feulement les regarder 
de belles Académies. Quant aux 
K qui compofent le refte de la 
les figures en font en général 
cites , eu égard à la grandeur des 
, dont je viens de parler. Ces ta- 
font de Matthias de' Preti , fur-< 
le Calabrois , & non de Cozza ; 
éfentent différens traits de l'hif- 
; S. André : la compofition en eft 
e qu'il n'eft pas étonnant qu'on 
jve aucune magie de claîr-obfcur. 
ne Saint montant au ciel , peint 
1 iv 



2oa Voyage en Italie; 
dans la clef de la voûte , eft une excef* 
lente chofe , tant pour la vigueur de M 
couleur, que pour la beauté de fon rac^ 
courci. ' 

Il y a dans le chœur trois grands ta- ! 
bleaux à frefque , du Calabrois : dans W 
premier, ç'eft S. André que Ton crucifie;' 
il eft bien compofé , mais ks groupp». 
in font trop troués. 11 y a dans le fonfi 
de ce tableau un morceau d'architefturfe 
d'un très-bon ton de couleur , qui rcpré* 
fente l'arc de Conftantin. Dans le fé- 
cond , S. André en croix ; la compofr 
tîon eft jettée dans les quatre coins , a 
elle eft en général trop nue* Dans le trop 
lîeme on porte S. André au tombeau! 
les grouppes en font fans liaifon : ces 
trois morceaux font inférieurs en coulcu! 
à ceux du Dominiquin. ; maïs malgré les 
défauts qu^on y découvre , il faut néan- 
moins convenir qu'ils font de grande 
manière. 

Le grand autel eft orné de pierres du- 
res , & d'un grouppe d'Anges qui por* 
tent une croix au lieu du tabernacle, 1< 
tout fur les dcfleins du Cavalier Fran 
çois Fontana. La chapelle des Gnetti 
qui eft, la première à droite en entran 
dans rÈglife, eft de rarchitefture de Car 



p. VIII. Rome, Se. (Quartier. 20 1] 
:ana , revêtue de marbres en en- 
née de huit colonnes de vert an- 
!e devant d'autel încrufté d'éme- 

feconde chapelle quî eft celle des 
, ne le cède point à la première , 
de rarchiteâure de Michel-Ange, 
luflî le modèle des ftatues de bron- 
; elle eft enrichie ; il y a huit co- 
d'un beau marbre appelle Pidoc-' 

ni les chapelles de la gauche efl 
es Ruccellai , faite par Matthieu 
:a di Caftello , les peintuifes font 
/aller Roncalli ; on y voit le tom- 
e Monjignor Gioi/. délia Cafa, Ar- 
[ue de Bénévent , célèbre par fes 
; (^), avec une belle cpitaphe com- 
par Pierre VettorL 
chapelle des Barberini , fondée 
rbain VIII , eft du mcme Archi- 
égakment décorce de marbres , 
les peintures de Paflîgnani ; on y 
ne infcription près de l'autel du 
e TEvangile , où il eft dit que l'é- 
lans lequel on jetta le corps de Su 

Abbé Anrcnmi a Giovanni délia Cafa , rive - 

Paris en i7i7,une dutre e corrette ^er PAbba- 

ition de {es Ou- :e Annihale Antowni , ûi 

Frofi c Rime di Parigi , 1717, m-n, 

I Y 



K^ue elt litue près de la place de 
Eglife ; le célèbre Voyageur de c< 
Tenricbit de beaucoup de chofes c 
fes qu'il avoir rapportées de TOric 
y avoir aulïî des ftatues antiques . 
elles font adluellement au Capitole 
Dans la rue Cefarini , vis-à-vis Y 
du S. Suaire ,il y a une majfon qui î 
tenoit autrefois aux Cafl^relli ^ & < 
d'une architeéture fort noble , el 
compofée par Eaphael. Le nom d< 
rue vient du palais des anciens Du 
farîni , qui eft fur la place de SS. 
colo e Biagioj & qui depuis long-tec 
Ambaffa- occupé par les Ambafîadeurs deF 
Ft^cef Teatro d'Argentina, no 

théâtre bâti en 1732 , fous la coi 
du Marquis Jérôme Teodoli , vis 



p. VIIL Romcj 8^ Quartier.ioj 
X théâtres de Rome : nous parle* 
eur place de ceux de Tordino- 
Dranica , &c. 

URO Valle, petit théâtre qui 
^re le palais Italie , en allant de 
é à la Sapience ; il a été réparé 
uelque temps , en forte qu'on 
3uer des Comédies & des Tra- 



HAPITRE IX. 

délia Pigna ; Quartier dt$ 
lais S. Marc & du Gesù. 

2uvieme quartier de Rome qui 
depuis la place Cefarini & la 
Marc, jufqu'à la Rotonde , tire 
i d'une pomme de pin qui pcut- 
it autrefois une enfeigne remar- 
ie ce quartier-là. Il renferme le 
Romain , la Maifon Profeffe des 
& le Palais de Venife, 
3NAZIO , eft l'Eglife du Collège "• Coi 
, le plus grand & le plus beau ^°'"^ 
de Rome , & peut-être du mon- 
:r : le Cardinal Ludovifio , neveu 
goire XV , fit commencer cette 
1 Vj 



204 Voyage en Italie. 
Eglife en 1 626 , à Thonneur de S. I 
que fon oncle venoit de canonifer. ! 
Ta des fonds pour la continuer ap 
mort,& elle fut terminée en i6i 
Dominiquinavoit fait pour Parchiti 
de cette Eglife deux defleins difR 
le P. Graffi , Jéfuite , prit de l'un 
l'autre ce qu'il lui falloit pour en ce 
fer un qui fut exécuté ; TAlgard 
part auffi à la façade qui eft fornn 
deux ordres de colonnes corinthien 
compofites , terminées par une bal 
de qui fait tout le tour de l'Eglife e 
hors. Ce portail de TEglife forme,à 
rite, une grande maffe, mais dans 1; 
le il y a trop de petits reffauts : Pa 
corps orné de colonnes, qui eft d 
milieu , fait m?.l en ce qu'il coupe 1 
tail en totalité dans toute fa haute 
croifée d'en-haut ne vaut rien ; les 
portes & leurs ajuftemens font cèpe 
aflez bien , il eût été à fouhaiter qi 
corniches des niches euflent été à 1î 
teur de la corniche de la voûte. 



l'un beau profik L'architedle 
ie coupler (es modillons dans 
e ; cette pratique, quoique nou- 
fait cependant pas un mauvais 

piedeflal placé fur Rentable- 
rop haut aind que la naiffance 

Il faut auflî obferver que le 
e îonîque, qui foutient les or- 
llbapeltes » efl trop petit pour 

le grand ordre qu'U coupe 
}arties prefqu'égales y il aurok 
n peu plus élevé ; alors Tarca- 
monté plus haut n'eut été que 
tnte. A l'égard des pleins ou 
î , ils font d'une bonne propor- 
fon du vuidede l'arcade. Les 
s Chapelles font jolis & d'une 
>portion* 
intures de la voûte & de la 



^ j.- -n 



îj^r..:-.^ 



..,/n 



le a aroite , la mon ae o. j 
Trevifan ; la figure du Chrift 
& le raccourci de S. Jofeph 
beau; la gloire de ce tableau el 
bon effet; mais pour la rendre! 
ainfi que la figure de S, Jofej 
toit pas befoin d'employer u 
noir du Père éternel; le Peint 
trouver une oppofition plus h 
moins forte. La chapelle de S, 
Gonzague qui eft dans la croi(< 
eft toute revêtue des plus beat 
antiques & modernes ; le ce 
Saint y repofe , au milieu de 
lonnes torfes : il y a un grand 
de M. Legros , repréfentant 
de Gonzague enlevé au Ci< 
Anges : c'ell une grande ma< 



AP. IX. Rome , p'. Quartier . 207 
mple , traitée d'une manière me- 
rcufe bien le nud; la lumière s'y 
réunie & tout cède pour la lail- 
liner. Il feroit cependant à défi- 
y eut moins de petits noirs dans 
>pe d'Anges qui foutiennent le 
]u'j1 y eut des maffes d'ombres 
emi-teintes plus larges, moins de 
dans les draperies ; on auroit pu 
D fupprimér quelques-unes , & 
1 peu plus de nud fans bleifer 
ce du lieu : la gloire d'en -haut 
belle; l'Ange qui defcend pour 
• la couronne eft fvelte , tout en 
& annonce la félicité bienheu- 

.eux Anges de marbre de la b»- 
font de Bernardino Ludovifi ; 
traités d'une manière gracieufe , 
nt beaucoup par la comparaifon 
bas- relief de Legros. 
lapelle de S. Staniflas eft aufE 
e , on y voit des colonnes de 
tique , & le tombeau du Pape 
i XV. l'un des principaux bien- 
ie cette Eglife , qui fait face aux 
es à droite ; il eft de la compo- 
e Legros, mais c'eft un de fes 
)uvrages» On regrette qu'un mor? 



ao8 Voyage en Italii 
ccau où Ton n'a point épargné la ( 
ce, ne foit pas plus beau: la fig 
Pape eft entièrement de lui ; c 
quMl y a de mieux dans cet bu 
on lui attribue également les figt 
l'Abondance & de la Religion j le 
été exécuté fur fes defleins. Le: 
Renommées qui font au-deflus , 1 
M, Monot. Le Cardinal Ludov 
aulli fon tombeau ; étant mort à 
gne en 1632 à Tâge de 37 ans 
tranfporté quelques années aprè 
cette Eglife. 

Le Collège Romain auquel tier 
Eglife, eft un vafte édifice que.G: 
XIII. fit conftruire fur un beau 
d^ Barthelemi Ammanato , ccle 
cbiteéle & fculpteur de Florence. 
Clavjus travailloit au grand ouvi 
la réformation du Calendrier qu 
goire XIII. avoir fort à cœur , & 
quel il nous a donné un volume 
lio ; le Pape voyant qu'il étoit loge 
manière miférable , le détermina 
conftruire pour le Collège ce f 
édifice. 

La Cour eft environnée d'un 
que à double étage; les Clafles 
Congrégations font difpofées to 



ccino, Auditeur de Rote, en 
ncipal fondateur , & elle n'a 
jgmenter. 

rîet ou le Mufeum du célèbre c^hmet 
îr, fe çonferveauffi dans une ^' *^"'^"' 
:e Colldge ; on y a joint ce- 
uis Grégoire Alexandre Cap- 
e colleôîion de pierres fingu- 
ées par le Roi de Pologne 
a defcription de ce Cabinet 
partie imprimée , le P. Am- 
iroit le rroifiéme volume en 
ai vu beaucoup de vafes d'a- 
cornalin^des camées très- 
mtr'autres de quatre couches 
;s couleurs , qui repréfente Sa- 
les médailles d'or très -rares, 
y de Malidia » de Plautina , de 
Albinus cohful • &c. des 



cette efpéce de coquille ; des 
modernes, telles que la pipe de 
Kouli-Kan ; beaucoup de buftc 
bre anciens & modernes; des n 
machines fingulicres , dont 
éto'.ent de l'invention du P. K; 

Un Cadran folaire anticjue , 
Bofcovich trouva en 174.2 , { 
de Tufculum , & dont il donr 
re & la defcription dans le Gi 
Uturati di Roma , 174^. On ] 
dans les douze heures qui for 
jour des Romains , on compi 
heure de crépufc^. M. le I 
s'être trompé à ce fujet dans Pe 
d'un femblable cadran. 

L'Oratoire de S. François > 
eft près du Collège du côté di 
été conftruitpar les foins du P 



HAP. IX, Rome , $^. Quartier. 211 

io moins la conviâion & le fruit qui 

:ede ces excercies fpiriruels. C*eft-là 

t fait aufli la Communion générale , 

lie en 1 6op/par le F. Coilanzi , oh 

voit accourir des milliers de perfon- 

qui s'y préparent en commun avec 

j dMdiiicatîon & de ferveur qu'elles 

.croient féparément. 

Santa Maria sopba Minerva , ta Miner 
la Minerve, Eglife célèbre des Do- 
oicains ; elle tire fon nom de l'ancien 
emple que le grand Pompée confacra à 
Jnerve, dont on voit encore quelques 
.'fles. Les Religieufes grecques de l'or- 
re de S. Bafile , babitoient autrefois au 
ftéme lieu ; lorfqu'elles l'eurent quitté , 
es Dominicains , que le Pape Hono- 
ius III. avoit placé fur le mont A ven- 
in , défirant de fe rapprocher du centre 
le la ville , obtinrent du peuple Romain , m 

bus Grégoire XL cet emplacement oà 
Is ont bâti un grand & beau Couvent , 
Se une Eglife confidérable , par les fe- 
:ours de différentes perfonnes : la conf- 
ruftion de PEglife étant déjà ancienne, 
:ft d'un mauvais gothique. Dans la pre- 
niere chapelle à droite , on remarque un 
ableau repréfentant S. Louis , Religieux 
)ominicain , par le Baciccio ; le Saint 



2Ï2 Voyage en Italib. 
regarde un Crucifix qu'il tient 
main , dont le manche eft un piftole 
Le tour de cette figure eft outré ^2 
régne beaucoup d'incorreôions, fi 
liéremcnt dans les mains , mais el 
bien drapée , & TefFet du tablea 
bon. 

Dans la troifieme chapelle , S, I 
Religieux Dominicain qu'on aflaf 
Ci tableau eft de Ventura Lamber 

Îf a dedans beaucoup d'aélion y rm 
a roideur , & peu de corrcélion. 

A la cinquième chapelle. Notre 
gneur qui communie fes Diiciples 
bleau du Baroche , confus de con 
tion , & qui a beaucoup pouffé- 
Dans la croifce à droite au-deffoi 
Porgue, il y a une jolie décoration 
chiteélure ; c'ei^ un ordre corinrl 
qui devient cependant un peu pet 
rapport à fon grand piédeftal co 
qui eft trop haut. Cette chapelle ( 
che , mais trop bigarrée par la diffé 

r^pc marKrpc Annt pIIp pft rPvArr 



AP. IX. Rome , p^ Quartier. 215 

c à manche de piftolet ; ce fujet 
peu trop chargé de figures j il eft 
ant plein de belles expreflîons , & 
de têtes en font très-variés. Dans - 
tre de cette chapejle , au-deflus 
ableau , le Baciccio a peint fur le 
e Gloire , ouvrage médiocre, 
s la féconde chapelle au-deflbus 
gue 9 il y a quinze tableaux dans 
e , dont quatorze font de Marcel- 
ufti :ils repréfentent les myfteres 
Z. & font dans Iç goût de Técole 
haël. Le quinzième eft le couron- 
c d'épines , par Carlo Veneziano. 
ôté de l'Evangile, auprès du mai- Le chrîft 
:el , eft un Chrift de Mîchel-An- ^^^^'^'^' 
ire célèbre qu'on a copiée & mou- 
grand nombre de fois ; elle repré- 
N. S. en pied tenant fa croix & 
rumens de fa paflîon , le rofeau , 
ge , les cordes ; il eft parfaitement 
le tout en eft fimple : cette figure 
înommée qu'il fuffit dç la nommer 
m faire l'éloge. Cependant pour 
fcier à fa jufte valeur , on ne peut 
kher de dire que le caraélere de la 
quelque chofe de dur, &que les 
ïs des mains font un peu trop pro- 
s. Le rcfte de la figure eft de U 



p'dr vjiuiiiu. kJA iLdiuc uc xî 

Pierre Lîgorio , a été faîte p< 

un genre de peinture en pluf 

leurs , fuivant une invention c 

Jacques & Thomas Cafignola. 

près du grand autel un beau 

de marbre , repréfentant J. C. 

deleine & S. Jean-Baptifte » par 

Siciliano. Les maufolées de L 

& de Clément VIL qui fom 

chœur , font de Baccio Bandi 

cepté les ftatues , qui font de R 

Monte Lupo , & de Jean d 

fiigio. 

Il y a plufieurs autres maufole 

3uables dans cette Eglife , par < 
ans la chapelle vis-à-vis les 
à gauche , celui du Cardinal Pii 



cil di.wjiLCLiurc uu eu ii^ui*- 

lequel on n'a cependant pas 
lépeafe. 

îe eft auflî très-ornée ; on y 
:hambre de Ste. Catherine 
)ue le Cardinal Antoine Bar- 
ranfporter ; & fur l'autel un 
nt par André Sacchi , avec 
inicains debout qui le regar- 
ableau eft vigoureux 9 mais 
ris. Sur la porte de dedans , 
•nclave peint à frefque par J, 
i. 

ir du Couvent eft auflî très-re- 
il a été fort augmenté & em- 
P. Cloche , ôénéral Fran- 
cs mercredis la Congrégation 
; ou de Plnquifition , y tient 
affemblées ; c'eft-là auffi que 
nd Inauifiteur de Rome . qui 



Cardinal Jérôme Casanatta 
fond confidérable pour fon er 
£bn accroiffement : elle eft ou 
les jours au Public, Le P. Aud 
en eft le bibliothécaire , eft un . 
ticien habile qui a donné diven 
d'Aftronomie. La ftatue en r 
Cardinal fondateur , que l'on 
cette Bibliothèque , eft de M 
maïs on la met au rang de fe 
ges médiocres , l'enfemble en el 
On y montre par préférences 
geurs , un manufcrit en quatre 
lûmes in-quarto : intitulé Poli 
Uanthea Technica , oh les inftri 
tous les arts & métiers foni 
avec foin , mais fans échelle , i 



Ap. IX. Rome , p'. Quartier. 2ij 
: de$ Encyclopédiftes & de PA- 
e des Sciences de Paris fur cette 
, ont mis les Arts à la portée de 
nonde , & en ont beaucoup hâté 
rès. 

sinple de Minerve ou Minervium^ Tcmpic di 
mné foii nom à ce Couvent, fut ^*^"^*'« 
le grand Pompée; hos ergo hono- 
tribuit in delubro Minervœ quoi 
ubiis dicabat. ( Pline 7. 2.6. ) 
us dit avoir lu l'infcrîption 
ire qui étoit fur ce Temple. Cn. 
s magnus imper ator^ bello 30 an-- 
onfeào , fujîs fugatis occijîs , in 
mt accepds hominum vicies femel 
83 millibus ; deprejjts aut captis 
84.5, oppidis caftellis ijj8 infi^ 
pus ^terris àMeotisLacu ad Ru- 
are fubaSlis , rotum merito Mi- 
îoc ejl breviarium ejus ab oriente. 
us & Marlîanus ont vu les mu* 
; ce Temple dans le jardin des 
:ains il y a deux ou trois fiécles ; 
1 n'y avoir plus de toit , ces ma- 
fervoient à rien qu'à jetter des 
ices , & on les a prefqu'entiere- 
Tuires. 

EMPLH d'Isis étoit auffi fort près 
inerve & du Panthéon , car on 
e IF. K 



2i8 Voyage en Italie. 

a trouvé une ftatue àc Sera pis enj 
bre Egyptien , dans la partie Au 9 
vent de la Minerve qui eft du côté diw 
minaire Romain, ce qui a fait croirel( 
îiati que le Temple d'Ifis éroît pri 
Couvent de la Minervç^ On a w 
plufieors obélifques Egyptiens- dart 
environs , qui probablement fer voie 
orner ce Temple , de même que lesd 
lions Egyptiens qui et oient autrefoii'^ 
vant la Rotonde, & qui jettent aftir 
ment de l'eau à la fonraîne de Tcnr 
peut- Être auffi le Nil & le Tibre qui! 
au Belvédère , & qui ont été troi 
près de l'arc de Canriigliano. Ce Tîi 
d'Ifis a voit la réputation d^être dai 
rcuxpour la jeunefle^ fuivani Ovi( 
de Aru amandh ' 




Chap. IX. Rome , p^ Quartier. 21 p 
:.'OBéLlSQUE dont la place de la Mi- 
re eft décorée, futtrouvédansle jardin 
îc Couvant , &il venoit peut-être auflî 
Temple de Sérapis ; il eft couvert d" hic- 
lyphesEgyptiens qui font ircs-bicn gra- 
tinais dont quelques-uns font effaces. 
hauteur eft de 16^ pieds , & fa bafe 
26 pouces en tous fens ; Âicxan- 
VII. le fit élever en 1667 9 P^^ ^^* 
s du Bernin , fur le dos d'un éle- 
Dt de marbre, exécuté par Ferrata , 
ir faire allufion à la prudence Egyp- 
netranfportéedansla place de la mi- 
re. L'éléphant a un caparaçon fur le 
ps , & une efpéce de felle qui forme 

Etit fbcle pourPObclifque; le tout 
r un pîédeftal qui pofe lui-même fur 
IX dégrés , &les degrés fur nn focle : 
il une jolie idée que le Bernin a pris 
is le Roman des fonges Poiîphiles , 
*il a bien rendue & traitée dans la 
illcure proportion ; Téxécution en eft 
«-belle , elle eft due à l'Algardc, L'é- 
Aant eft plus petit que nature, mais 
Bn pour PObélifque qu'il porte. La 
kdpture en eft bonne , d'une manière 
Itgt & vraie -, le piédeftal eft feulement 
■i peu trop étroit. Voici l'infcrîption qui 
*4ucôtédel'Eglife. 

^ Kij 



220 V OYAGE EN IXALIl 

Veterum Obelifcum palladis jE 
monumemum e tellure erutum & in, 
%/œ olim,nunc Deiparœ Genitricisfof 
tuMy Divince Sapiemice Alexand 
dedicavit i66j. 

Du côté oppofé on lit cette aut 
cription : 

Sa^ienîïce Mgypti infculptas 
figuras, ah elephantebelluarumfor 
gejlari , quisquis hic vides , docum 
intellige robujîce mentis ejfefolida 
fientiamfuftinere. 

Le Père Kircher a compofë un 
me exprès fur cet Obélifque ( * ) , 
lequel il parle cependant encore de 
ques autres. 

S. Giovanni délia Pigna , eft le 
de la Confrairie établie pour fecou 
prîfonniers, (délia pietà verfo i cari 
qui commença en 1^78 , par les 
du P. Jean Talier , Jéfuite Fran 
Grégoire XIII. donna cette Egli 
1582; Sixte-Quint y ajouta des 
nus , avec le privilège de donner h 
ce à un criminel. Les aiTociés de 
Confrairie font encore habîtuellem 

(A) Ad Alexandrum FIL [ tatio kieroglyphica 
Pontif. Max.Obelifci Mgy- najîi Kircheri , è Se 
ptîaci nuper inr^er Jfai Ro ' Roms, 1666, i4< 
manî rudcra effojji Interpre- 1 in-fol. 



p* IX, Rome s p^ Quartier. 121 
sprifons & des cachots, leur ache^ 
ain, font la quête pour eux, & fol- 
îurs afl&ires. L'Eglife a été rcftau* 
524 fur les deffeins de Torrini. 
zzo Stro2ZI> fîtué vis-à-vis 
des Stigmates , ^toit autrefois le 
►Igiati , & fut décoré par Carie 
). Ce Palais eft très-vafte ; remar- 
ur-tout par la grande coUeélion 
ilîes que forma Léon Strozzî , 
; la même Maifon qui a été celé* 
li les Antiquaires. 
voit entr'autres douze médailles 
j douze premiers Céfars > une 
n de pierres gravées fort rares ; 
fres , c'eft- à-dire des emprein- 
eaucoup d'autres , & beaucoup 
ires antiques. Les peintures font 
îccinî & de Chiari : il y a un ta- 
lebre du Titien , qui repréfente 
e fille ; & un tableau de Léonard 
:i qui repréfente un jeune hom- 
v voit auflî un S. Laurent fur 



fouetté à la colonne , tableau c 
leur vraie & gracieufe , il n'^ 
qu'un peu d^enfoncement danî 
bre. Au maître autel un table 
valier FrancefcoTrevifani, re] 
S. François à genoux dans le c 
tennplant une Croix ; un Reli 
ditant dans le lointain , & u 
dans le haut du fujet. Ce table 
gement compofé , & il eft tr 
Dieux de couleur. La figure ai 
çois eft très-belle & pure de i 
grouppe des enfans de la Glo 
beau , mais il eft un peu roug 
leur. Dans la première chapelle 
un tableau de Giacinto Brand: 
fujet eft les 4600 Martyrs au: 
te Eglife eft dédiée ; on en vc 
trois , c'eft à l'imagination à 

n x^ /• • r . 1 . 



ïAP. IX. Rùme^ çe^ Quartier. sï2^ 

ndre Farnefe , fur les defleins de 
le : Jacques délia Porta fon élève , 
lia réxécuaon de fon plan , & fie 
i façade de cette Eglîfe qui eft en 
in. Les bâtimens de la maifon fû- 
ts en 1 52 3 par le Cardinal Odoar^ 
lefe ; c'eft celle où réfide le G(5né- 
ette fameufe Société. Les Jéfuites 
t autres maifons à Rome y fans 
r quatre Collèges étrangers qui 
us leur direélion ; mais c'eft la 

du Gesu qui eft la principale; 
onné fon nom à tout FOrdre , & 
s de S. Ignace y repofe. 
e Eglîfe eft au rang des plus bel- 
Rome , Se n'eft pas cependant 
e de défauts ; les plus dominans 
e la nef eft un peu courte, que 
e & fes pendentifs font petits , 
profil de l'ordre compofitc dont 

décorée eft trop lourd & n'a pas 
î richefie eu égard à celle de 
e ; enfin que le piédcftal qui eft 
s & qui porte la voûte eft trop 
e qui rend Tordre très-petit, 
rand autel a été compofé par 

délia Porta , il eft orné de fix 
s de jaune antique , & d'un beau 
de la Circoncifion peint par Je- 
K iv 



224 Voyage en Italis* 
rôme Muzianî ; la tribune & lesfigoï 
de la voûte font du Baciccio; celles di 
nef repréfentent S, François Xavier p 
té au ciel 5 & les vices culbutés par 
rayons qui partent du nom de Jefus 
grpuppe des vices eft admirable; il y 
gne un beau défordre ; le Peintre Pa 
génieufement jette hors du cadre de 
tableau ; & en le peignant fur la v 
de la nef dont il éteint le trop gi 
éclat , on croit voir les vices préci 
à jamais ; c'eft dommage qu'il y ait 
d*incorreftions de deflein dans ce pla 
& que la Gloire foit fi jaune ; il eft ( 
leurs très-chaud de couleur. 

La coupole efl encore de Bacîcdo. 
repréfente le Père éternel à qui J 
Chrift prcfente les inftrumens de fa 
fîon ; fujet déjà traité dans d'autres 
fes de Rome : les figures du Chrift 
la Vierge font trop longues & trè 
correéles ; l'effet du tout enfemble e 
férieur à celui du plafond de la nei 
Les pendentifs repréfentent des 
phetes , ils font très- vigoureux de 
leur , & Ton y voit des figures 
cieufes. 

Le cul-de-four eft du même Pei 
il repréfente TAgneau Pafcal fo^ 



SAP. IX. Rome , p'. Quartier. 22^ 

le del. L'ombre du grouppe de 

bins qui le porte fe réunie trop , & 

I ficiire une tache au milieu du ta- 

Les ftucs dorés de cette Eglife 

! feits fur les deffeins du Baciccio : 

velle chapelle de S, François Xa- 

li eft dans l'autre partie de la croi- 

té faîte fur les defleins de Pierre 

rtonne ; le Saint y eft repréfcnté 

it dans un tableau de Carie Ma- 

-a compofîtion de ce tableau eft 

; ,& la lumière y eft mal enten- 

1 n'eft pas cependant dénué de 

s , & il y a des grâces dans les 

de la Gloire. 

chapelle de S. Ignace qui eft dans Chapcne 

fée à gauche a été faîte fur les ^^^-igiutcc; 

5 du R André Pozzi ; elle eft 

: compofite : quoique le choix de 

lemens foit beau , elle en eft ce- 

X beaucoup trop chargée. Tout 

'une richefle immenfe ; fes colon- 

nt de bronze doré , & le fond 

'S cannelures aînfi que le fond de 

le de l'autel font de lapis. La 
j^ c T .: r^:^J« J^ 



Û25 Voyage en Italib. 
gros, & coulée par Ludovifu Lactd 
de la chafuble du Saint eft toute boti 
de pierres précieufes ; & les marbres 
plus rares font prodigues dans cette C 
pelle. 

Le corps de S. Ignace mort en 13 

& canoniie en 1622 efl placé fousl 

tel dans un tombeau de bronze do 

orné de bas-reliefs & de pierres du 

treize autres bas-reliefs en bronze qui 

richiflent encore cette Chapelle re 

fentent les divers miracles du Sain 

Aux deux côtés de cet autel il 

deux grouppes de marbre ; celui qui 

rite le plus d'attention eft de Leg 

il repréfente l'Hértfie fous l'emb 

d'un homme qui tient un ferpent ,& 

ne femme dccrcpiîe ; l'un & l'aut 

trouvent culbutés au feul afpeét d 

croix , & la Religion achevé de les 

droyer : les ouvrages de Luther i 

Calvin font eiîtr?!nces dans leur et 

on y voit auflî un Ange qui ache\ 

déchirer les mauvais livres. Ce group 

bien remué , les caraderes en fon 

ries , il eft pur de deliein & plein d 

riiés ; les draperies en font aufïî trcs 

jettées , la lumière y eft parfairemer 

tendue^ & les cralibs en font large 



Chap. IX. Rome, p^. Quartier. 22j 
'delà religion a feulement un carac- 
e un peu froid. 

A la troifieme chapelle de la nef & 

iuciie , il y a un tableau du BalTan : 

préfentant le Paradis ; il n'a ni effet 

iperfpedive, on y voit néanmoins de 

«Iles têtes. 

Dans la féconde chapelle du même 

JÔté on voie trois tableaux de Romanel- 

i; celui de fautel repréfente la Vierge 

fc i'£nfant Jefus adoré par S. Charles ; 

fÉnfant Jefus ell d'une belle couleur , 

& la Vierge eft gracieufe. 

L'Adoration des Mages & celle des 
Bergers forment le fujet des deux autres 
tableaux ; la lumière y eft finguliére- 
mentdîftribuée , on ne fçait pourquoi le 
Peintre a affefté de la faire glliTer uni- 
quement fur les chairs. 

Dans le temps de la fcte de S. Igna- 
ce, la veille & le jour , c'eft-à-dire le 
50 & le 31 Juillet, l'Ëgîife du Gefu eft 
parée avec tant de magnificence , la cha- 
pelle de S. Ignace eft d'une richefle li 
prodigieufe , la mufique partagée en trois 
chœurs différens avec trois grands buffets 
d'orgues y produit un effet fi furprenant 
que le peuple de Rome appelle ce jour* 
la l'églife des Jcfuiies l'anti-chambre du 

K vj 



228 Voyage ek Italie. 

Paradis : ces Pères qui dépenfentfipw 
pour tout ce qui leur eft perfonnci , fi 
font épuifés pour accumuler des tréfttf 
dans leurs Eglifes ; mais fur-tout dafll 
celle-là qui eft le chef- lieu de toùÉ 
rOrdre- •'" 

On conferve dans cette Eglîfe uM 
partie des reliques de S. Ignace Martyf j 
Evêque d'Antioche y de celles de & 
François de Borgia de la maifon dfl 
Ducs de Candie y troifieme Général A 
l'Ordre qui mourut dans cette maifoi 
en 1572 ; le bras de S. François Xavi« 
qui mourut aux Indes en iSS^y & ^ 
corps du Cardinal Bellarmin mort le ot 
Septembre 1621. Le Cardinal Odoardo 
Farnefe lui fit élever un maufolée auprès 
du grand autel , fur les defleins de Jérô- 
me Rainaldi où font les flatues de la Bfr 
ligion & de la Sageflfe par le Bernin. La 
facriftîe mérite auflî d'être examinée ,11 
y a un S. François Xavier du Carrache , 
& un Ecce homo du Guide ; la voûte efi 
du Ciampellî. 

Palazzo Altteri, bâtiment vafle 
& régulier qui donne fur la place iu 
Gefu , & qui fait ^habitation du Prince 
Altierî ; il fut bâti fous la direélion ai 
Jean Antoine de' Rojfi le jeune , par V 



:ap. K. Rome , p*. (Quartier, aip 
lal Camerlingue ^ J. B. Altieri , 
;& embelli par le Cardinal Paoluz- 
tîeri , fous le pontificat de Clé- 
X qui étoit de cette maifon. Ce 
efi ifolé & occupe un emplace- 
le I20 pieds en quarré décoré fur 
atre faces ; il y a dans Tintërieur 
randes cours, dont une eft environ- 
portiques fuivant la mode gëné- 
Italie ; l'on monte dans les appar- 

par un grand efcalier ; une par- 
ces appartemens eft ornée de pcîn- 
le refte en (lues dorés du meilleur 

de la plus grande fraîcheur. Par- 
ihofes remarquables de ce Palais , 
lingue dans Tappartement d^en 
t Bataille du Bourguignon ; Je- 
•ift au tombeau, de Vanddck, d'u- 
2 couleur , mais très-incorreél de 
; le portrait du Titien y peint par 
me , fort belle tête, 
s une chambre à coucher des ap- 
ens d'en-haut , deux grands ta- 

de Claude Lorrain d'une gran- 
até ; Pun repréfente une Marine , 
cre un paylnge dans lequel on 



230 Voyage en Italii 
gures académiques de ftuc par !• 
nin ; elles font bien compofées l 
ment une efpece de frife. 

On remarque encore dans ce 

une tête de Pefcennius Niger , ou < 

vere, deux Vénus, un Silène tout 

un prifonnier barbare trouvé v 

théâtre de Pompée , une Rome 

phante de verd antique , deux tal 

lapis , une Urne cinéraire d'j 

oriental , deux colonnes de porj 

une Chapelle peinte à frefque par! 

gognone , une falle peinte par Car 

ratte , les quatre faifons du Guide 

nus & Mars de Paul Veronefe , S 

tan de Carie Maratte , le Maiîac 

Innocens du Pouflîn , une Lucn 

Guide , une Vierge du Correge , i 

Parmefan , un portrait de Raphaë 

Vénus de Philippe Lauri , une 

de Muziano , une Charité romai 

Guerchin , la prédication de Jefus- 

du même, le Jugement de Paris d( 

bane , le triomphe delà Clémen 

Carie Marâtre, 

Parmi les tableaux du Palais A 
j'ai remarqué un enfant peint par 
tien qui fut tranfporté d'une toi' 
une autre en 1725? parDominiqu 



■* 



rAp. IX. Rome , 9^ Quartier. 25 1 
i,avec tant de propreté qu'on n'ap- 
c dans la peinture aucune marque 
te opération (inguliere; nous avons 
re la même chofe depuis quelques 
fur un tableau du Roi qui eft au 
ibourg à Paris , & M. de Monta* 
a donné le procédé à la fin de 
lité fur la Peinture en émail, 
le Prélîdent de Broffes vit auffi à 
en 1740 un pauvre ouvrier dans 
lutique fort médiocre exécuter la 
chofe avec beaucoup d'adrefle. 
même un morceau de peinture 
I moitié éwDit fur toile & Tautre 
fur bois : il lui demanda s'il fçau- 
mfporter ainfi les frefques prêtes 
par l'humidité ; mais l'ouvrier 
it qu'il ne pou voit opérer que fur 
ture à Thuile , & que quand elle 
ir bois il fe faifoit payer cinq fois 
âge que fi elle étoit fur toile. On 
ntra au Palais Pampbiîe des ta- 
précieux qui étant prêts à dépérir 
ment avoient été remis fur des toiles 
y & qui étoient fains& entiers. Il 
ncore plus eflfentiel de trouver une 
Je femblable pour les frefques; & 
s qu'on pourroit y parvenir par 
cédé femblable à celui qui eft dans 



2^2 Voyage en Italie; 

Pouvrage poflhume de M. de Mont 
il y a des frefques de Raphaël au 
can & à la Farnezine » de Jules Rc 
dans le Palais du T à Mantoue » 
Guerchin à la Villa Ludoviji & à 
fance , qui doivent bien faire défire 
femblable découverte, 

S. Stefano DEL Cacco , ai 
ne paroifle de Rome , bâtie fur ks 
d'un Temple de Sérapîs; elle a ti 
nom peut-être d'un Cinocéphale < 
trouvoit anciennement près delà ; e 
occupée par des Religieux de S, ! 
tre, Congrégation formée fous la 
de S. Benoît par le bienheureux 
veftre Gofolini , d'Ofimo dans la 
che d'Ancone. Elle eft partagée ei 
nefs par deux ordres de colonnes 
ques. Il y avoit autrefois près de 
Eglife, avant que d'ientrer dans la 
du Collège romain un ancien Ai 
pelle TArc de Commigliano ; ce r 
fait croire qu'on l'avoit élevé à 
neur de Camille , mais c'étoit prol 
ment un refte des anciens édifie 
ornoient le champ de Mars , & d 
ne refte plus rien* 

S- Marco , Eglife Collégiale f 
par le Pape S. Marc I en 335, 6 



'flAP.IX. Rome, $^. Quartitr. 2^^ 
â S. Marc Evangélifte ; on y con- 
fous le grand autel des Reliques du 
îvangélille & le corps du S. Pape : 
pelle du S. Sacrement eft de l'ar- 
:ure de Pierre de Cortonne , & 

voit un tableau de S. Marc par 
ugin ; le Pape régnant Clément 
a fait faire dans cette Eglife une 
le pour la maifonilejçonico, qu'il 
\ de beaux marbres, & il Pa confa- 
I bienheureux Grégoire Barbarigo 
is Cardinal & Evêque de Padoue , 

beatifïé ; la cérémonie de cette 
:ation eft repréfentée dans un ta- 
ue l'on vient d'y placer en jj66* 
rélebre Cardinal Angiolo Maria 
i, Evcquede Brefcia, a fait rétablir 
d autel , &c orner la tribune de 
marbres avec une baluftrade & 
colonnes de porphyre. 

Palais S. Marc, eft un Païaîsde 
s grands bâtimens de Rome , & 
e fur deux grandes places ; il fut 
r Paul II , & Ion croit qu'il eft 
ehitecSure de Giuliano da Ma* 
c'eft-là que Charles VIII logea 
1 pafTa dans Rome pour aller à la 
:e de Naples , en 1494. Le Pape 
it VIII le donna à la République 



Venifc, 



Afcanio Juftiniani , Ambafladeui 
nife en 1^66^ raffembloit dans c 
les gens de lettres les plus diftinj 
il étoit lui-même un des Seign 
plus inftruits , que j^aîe connu ei 
dans tous les genres de littératui 
lui fait d'autant plus d'honneur, q 
eft trouvé parmi les Ambaflad 
Venife , qui étoient fort éloigné 
reflembler ; mais il ne faut jam 
blir de propofition générale en 
matière. 




[AP. X.Rome, 10^. Quartier. 235^ 



CHAPITRE X, 

e di Campitelli ; Quanier du 
Cafitole. 

QUARTIER DU CaPITOLE qui cft 

ieme de Rome, occupe toute la 
méridionale de la Ville , depuis la 
S. Marc jufqu'à la Porte latine , 
uis le Colifée jufqu'au Tibre. Son 
e Capîtole , & fes armes qui font 
te de dragon , viennent de l'an- 

tête qui fut dit- on trouvée au 
>le & qui fut regardée comme un 
2 afluré de la grandeur de Rome : 
tier du Capitole efl encore le chef- 
î Rome moderne , & la réfidence 
1 Magiftrats municipaux ; c'étoit 
.rtie de la huitième région appellée 

Romanum ; la montagne ou la 
: du Capitole n'a guéres que 100 
ie largeur du nord au midi, & 1200 
de l'eft à Toueft , en y compre- 
lême les racines de la montagne 

montées qui y conduifent. Elle 
:ouYerte d'une épaifle forêt lorf- 



as6 Voyage en Italie. 
que Romulus y bâtit un temple & y fi 
ma un afylc ; 

Ro.nulus uc faxo lucum cîrcumdedîc alco , 
Quilibec hue ,. inquic , confugc , tucus erii. 
Ovîi.Fafl. m. 

le Capitole a deux fommets entre lefqi 
eft ufte place un peu moins élevée qt 
appelloîc Intermontiiim ; on diftîngi 
auffi fur le Capitole , Arx & Capitoli 
c'étoit la citadelle , & le temple ; i 
on a beaucoup diflerté pour fçavo. 
le temple de Jupiter Capitolin étoit 
la cime orientale où eft le Cou^ 
âiAracdi , ou bien vers la roche 1 
péienne du côté du Tibre : il me pa 
très-probable que ce fameux temf 
appelle CapitoUum étoît à Torient 
qu'il y avoît fur la roche Tarpéic 
un temple de Junon, oi ctoieni lef 
facrées , fuîvant le témoignage de 1 
tarque , lorfque les Gaulois monta: 
Paffaut vers la roche Tarpéienne fu 
découverts par les cris de ces oifeauj 
npie de Le temple de Jupiter Capitolin 
vant le plan qu'en donne Nardîni , a 
aoo pieds de long & autant de lar 
y compris les portiques dont il étoit 



sr Ca- 



es colonnes d^Athenes ,* & il eft 
e que ce font celles qu'on voit 
dans PEglifc d'Araceli. Ce bel 
ne fubfiftoit plus du temps de S. 
; fans doute que les Goths Pa- 
iétruit. 

royoit andennenient dans ce tem-^ 
tatue de Jupiter aflîs , la foudre 
ïc main » & la lance dans l'autre; 
atue avoit été d'abord de terre 
Ile fut enfuite d'or. Scipion l'A- 
par une diftinflion bien extraor- 
avoit une flatue près de celle de 
(VaLMax. 8. ly). 
temple létoît rempli de trophées , 
quilles 9 6c de riches préfens offerts 
[]onfiik , les Généraux , les Rois , 
>ereurs ; on en peut voir un vafte 
ians Marlianus, Lipfius, Ryckius^ 



T 



J^ O... 



^..n. 



2^S Voyage en Italih. 
étoîent Phiftoire & les loix de la Rëf 
blique ; les portes étoient de bronze , c 
nées de lames d'or , les voûtes auili d 
rées. 

Les Triomphateurs étoîent revêtus 
la robe dé Jupiter , prife dans ce Ter 
pie , & qui avoit fervi à cette ftatue ; 
alloient dans leurs chars jufqu'à la pla 
du Capitole ; de-là ils montoient i 
Temple par plufîeurs dégrés pour y v 
nir rendre de folemnelles aâions degn 
ces. Au-dcffous du Temple étoient les 1 
vres de la Sybille de Cumes , enferma 
dans une pierre , fous la garde des Jk 
cemvirs , Sacris faciundis ; ils y reftera 
jufqu'à la 15*3"'*. Olympiade , 168 ai 
avant Jefus-Chrift, temps où ils fure' 
brûlés avec le refte du Capitole, 

On voyoit auflî fur le Capitole leT^ 
pie de Jupiter enfant , Templum Vqo* 
Parc de Scipionl'Africain,celui deNé^ 
le Tabularium où Pon confervoit le*^ 
tes , les loix , les privilèges ; VAthr^ 
qui étoit un lieu d'exercices littér ^■ 
où il y avoit une bibliothèque publia 
& où l'on alloit réciter des pièces 
vers & d'éloquence. Afinius PolDcr:^ 
le premier qui raflTeinbla des gens d-^ 
très pour entendre lire fes écrits , au- 



p. X. Rome, 10'. Quartier. 2^^ 
îénéque le Rhiteur y Se qui éta- 
bibliothéque publique y fous le 
'Augufte. Tous ces bâtîmens 
ers l'endroit où eft afluellement 
du Sénateur , & les prifons qui 
ident j à la partie méridionale du 
. La place & tous les environs 
vilement remplis de Aatues , que 
mr Augufte fut obligé de les 
ifporter dans le champ de Mars » 
la fuite Caligiila les renverfa & 
lîfit, ( Suet.in Calig. 34.. ) 
:he Tarpéienne fe voit encore à 
ité de la rue qui eft derrière le 
:s Confervateurs ; pour bien ju- 
i hauteur il faut traverfer la mai- 
d au bout de cette rue , & qui , 
y étoit occupée par uneTailleu- 
iffe par de longs greniers , & l'on 
une efpéce de petite terrafle qui 
r la place de la Confolation ; on 
5 les toits des plus hautes mai- 
jcoup au-deflbus de foi , & l'on 
n que du temps des Romains 
devoit y être mortelle. Je foup- 
'on n'avoit point ofé conduire 
du Bocage , au travers des gal- 
it je parle ; voilà pourquoi elle 
Tes lettres fur Tltalie ^ que la ro- 



*î#, 



Tz.z ùj.zr: fsi.-^-fr.: ? cr. p€ut as 
:jzir£ :- £.: i.r -i rlics de b ConlB 
ii:::= . -«rer ilz7 b.î:: de ia gnw 
fcî-tf^ de'cene r::'re- 

Dsrs crr:e rirris cccidcsrdc du G 
pitrîe, prrf is h rccne Tcxpeicr.nc,^ 
derrière le ?£=:£ actjcî des Conierv; 
te":rs , £t::: I2 caîlor. de Msnl;us,&! 
csbarsc que Roni;:i:::5 avo:: habité. 

kzszd. vin. 

C'eft-là qu'étoir la Curia Calahra ; \i 
Prêtres qui oblervoîent les nouvelles lu 
nés , y convoqaoïent le peuple pour k 
annoncer combien il refioit de jours de 
puis les Calendes jufqu'auxNones; ca 
la République n'avoir alors ni calendrie 
ni Aftronomes , ni régie fixe pour fes an 
nées. Il y avoit auflî fur la roche une fta- 
tue de Jupiter, & une oye d'argent, ei 
mémoire de celles qui avoient fauve V 
Capitole de l'armée des Gaulois , en ré- 
veillant les gardes endormis ; l'autel A 
Jupiter Pijlor , avoit été élevé en mé- 
moire de l'artifice des Romains , qui per* 

iuadereni 



le un grand nombre d^autres 
lont il ne nous rcfte que les 
les peut voir dans Nardini & 

itole moderne eft bien difFe- 
icien Capitole; la façade prin- 
eft vers la grande montée par 

y arrive aftuellement , eft du 
:d ; aulieu que l'ancienne étoit 

côté deCampo-Vaccino. On 
ir un bel efcalier conftruit fur 
; de Michel- Ange , le long des 
[lapitole ; il y a auflî un efca« 
iné, oîi les carrofles peuvent 
^s les grandes cérémonies , 
^ofleffo, l'entrée du Sénateur , 
le fable les marchesdu principal 
; manière que les chevaux pui(« 
r en droiture dans la place du 



dans deux cuvettes , lefquelle 
dent pas au goût mâle don 
animaux font traités. On voi 
de-là une ftatue de Rome , en 
la tête y manque , mais la dra 
belle» Au haut de cet efcalie 
bout de la baluftrade , font < 
taux fur lefquels il y a des (ta 
(aies de marbre , repréfentan 
PoUux , tenatit chacun un cl: 
bride : elles furent trouviées 
^uîverie , fouç le Pape Pie IV 
reft^urer par Valfoldo , & ] 
l'endroit où elles font aduell 
font de mauvaifes figures d'ho 
chevaux ; d'ailleurs les homm( 
grands pour les chevaux , & 
pçs trop forts pour la place, 
L'efcalîer n'occupant qu' 



'tia , près Sainte Eufébe , d'oà 
uînt les fit tranfporter au Capi- 
; font les plus beaux trophées qui 
é faits 9 tant pour l'arrangement 
es qui les compofent » que pour 
ure. Sur les féconds piédeUaux 
ime baluftrade , font les deux fils 
taotin 9 dont les figures de mar-» 
un trèsrbon efièt pour la place ; 
te baluibade eft terminée départ 
rc par deux colonnes miUiaires 
>nt pa& mal La colonne qui eft 
:eil la preoûere colonne ndlliai* 
oit fur la voie Appia ; nous avons 
Qçê colonnes dans le premier vo« 
Y a une autre colonne fur la droi« 
Iifurmomée d'un globe de bron* 
\ oài Ton dit que les cendres de 
!!Qur Trajan furent placées; mais 



la (juaineme race eu aecouvei 
mée par h baluftrade dont oi 
parler. 

La face du milieu qui eft ce 
lais du Sénateur, eft vis-pà- vis ( 
flrade de l'efcalier; elle eft d'uni 
ture différente de celle des d< 
côtés : elle eft décorée d'un gi 
corinthien en pilaftres pofés i 
baflement. Devant ce foubaiTc 
a un grand efcalier à double n 
monte à la hauteur de l'ordre ; 
yant de cet efcalier eft une fc 
née d'une ftatue de la ville c 
pofée dans une niche au milie 
ftatues de fleuves qui repréfent 
bre & le Nil. Ces dernières 
vaifes; là figurç de Rome 
mais la tête , les bras & les pi( 
reftaurés; tout le refte qui < 



: a 1 arcnireaure ae la lace au 
a mafle générale en eft bonne, 
în pour la place en ce qu'elle do« 

celle des autres édifices quî y 
lis les divifions font mal faites , 
Is maigres & mefquins , ils ne 
zn aucune façon de la manière de 
^nge à qui on attribue cet édifi- 
! l'on dit avoir été exécuté paf 
de la Porter 

pport aux deux autres bâtîmens 
fur les deux autres côtés de cet- 
, l'un forme le palais des Confer- 

l'autre le Mufaum , ou le cabi« 
Vntiques ; ils font du deflein & 
ution de MicheNÂnge : la maife 
en eft bonne pour la place , mais 
•es corinthiens qui décorent ces 
imens , font trop diftans les uns 
s; le petit ordre qui eft dans le 



Midiib le cunnmien , pariage 
du bâtiment d'une manière q 
de grâce : les croifées qui foi 
du petit ordre entre les pila 
thiens font trop petites pour 
font d'un goût dun L'entai 
grand ordre eft d'une bonn< 
d'un bon caraâere , mais ] 
grâce. On peut dire auflî en j 
ces bâtimens ne tiennent en ai 
du monument public. 

Au milieu de la place d 
eft la fameufeftatuede Marc-, 
bronze ; elle étoit autrefois de 
lais de Latran > où elle avoir é 
le PapePaul III. la fit tranfpor 
auCapitole,fur un piédeftal del 
chel-Ange; on fe fervit pour i 
deftal, d'une partie de Tare 
Thermes de Trajan , faute 



Iue tu vis f La figure de Marc* 
)içn compoféc : \\ eft repréfen- 
Puhe rtiain la bride , & il étend 
irtie pour commander: il eftvê- 
md manteau ; on en trouve ce- 
îs jambes & les bras d'un ca^ 
defleîn grêle : Pefpéce de dé- 
on trouve dans quelques parties 
ible du cheval avec Thomme, 
[ue des coups que cette figure a 
dans fa chute, foït dans fon ex- 
& fon tranfport* 
is maintenant dans Tintérieuf 
cns de cette place , & d^abord 
i du fond , qui eft le Fala^^o 
, auî fut fonde par Boniface IX, 
DHs d'un ancien bâtiment qu'on 
ir été le Tabularium , ou les ar- 
s Rotnains. La grande (àlle où 
: d'abord . eft celle où fe tîèn- 



du bâtiment, & les appartem 
nateur font au-deflus de la fall 
rien de remarquable que la ^ 
efttrès-belle. Un Suédois plein 
M. Bîelke occupoit cette plac 
tfiur qui eft une des plus dift 
Rome; il mourut en 176^ , 
remplacé par u^ des neveux 

2ui a fait fon entrée folemnellc 
l'eft une des grandes cérémc 
la ville de Rome. 

PaLAZZO de' CoNSERVii 

ainii appelle parce que les trc 
trats municipaux appelles Coni 
y tiennent leurs aflemblées j o 
a r6o pieds de long , il fut < 
en 1555, comme ilparoît pa 
tion fuivante : S. P. Q. H* ma 
rum pra^ftantiam, ut animo Jic 



rAf. X.Rcme^ lo^, QuanUr. 249 
Dme Nicolas Gabrini , de Rienzi , 
puvernoit defpotîquement en i 347^ 
Bai fut tué au Capîtole en i^f^> 
|ri(loire écrite par le P- Ducercean 
b en 1753, On vok fous le poni- 
au rez de chauffée > deux grandes 
H placées fur des picdcftaux > l'une 
ne ftatue niilitaîre de JuIes*Céfar ; 
^ repréfemc Augufle ^ & pafoît 
* été faîte après la bataille d'Ac- 
^ parce qu'on voit une proue à fes 
^ Il y a du grand dans le total de 
îgures j maïs elles font fi mutilées 
les ont beaucoup perdu dans la ref- 
tion. 

ins la cour qui eft à la fuite de ce 
que il y a plufieurs flatues de bron- 
: de marbre , anciennes & moder- 
Rome aflîfejtTiomphanre des Daces : 
repré fente fur fa bafe une Fro vin- 
Ile éîoit dans le jardin des Cefi ; 
'figure n'eft pas bonne , mais elle 
b-bien en proportion avec le pie- 
I , qui eft de bon goût : deux Ido- 
jyptiennes , dont une Ifis de gra- 
oriental en marbre noir j auxquels 
mque les mains ^ ils ont de belles 
, & î is font très-bien drapés , teur 
Mtîçn eft cependant un peu courte; 

L ir 




haut , aulii le doigt da pied 
au01 gros que le corps d'un 
autre main de ce Coloâe , 
une maifon près du Capitol 
la Villa Strozzx ; il y a encc 
cour un morceau de la cui{I< 
du même ColofTe » les piec 
belle forme , rendus fans du 
xi'eft pas fi belle: c'efi un ex< 
pour ceux qui travaillent ( 
4'effet. Le lion qui déchire 
4'unc fculpture Grecque ; 
jdonnë dims ion recueil de 
c'étoit avant que Michel-A 
taure ; le lion a beaucoup 
ftu de vérité dans les fon 
que le torfe du cheval qui 
la tête &. les jambes fontxr 
On. a placé fur un piedeftal 
cour une tête & une 



mair 



^ fiomiÀe lie Tiberc,& é&ftiite de 
sut 9 aur côtés delà queBe font 
du Sénat, & une iofisnption dà 
^^<ii|iii paroit indiquer une iHefure 
JVL Venuci Ç paçe 2^91 ) .âp^ 
on cxpji0 ce iSsroii plutôt Oj^a- 
lefl creux^ &l'infcription c&Ok* 
fm ces^mots offa Agiippifut. Qp* 
il la pierre furlaquelleicm; (^«^ 
épitapbe.îUâe grande tête* de 
dont 1^ forint fbntbomies^ 
iiaportriut fidelei^ flans léquehtitf 
Pfaahikté du foiiptèur , fur-^touc 
foyant combien. la figure qu'il ça-v 
étott ingrate.. Un piedefial oài eft 
'jtn& Province 1 il étoit aux 
det coloonea do'pqrtiqaê 4u Pan-« 
, de même que ceux de PEfpagne £c 
(la Sicile qui font dans lefcalier du Par 
* i de Bracciano près des S. Apôtres. 
Au pied de Tefcalier qui conduit dans 
Mes des Cônfervàteuts , on voit la 
de la Êimeufe cobnne Roftrale 
Mm. aut^fois. dans le Forum ; elle 
f levée, comme un trophée à Phon- 
. ^deCDuilius , le premier qui triom- 
rj^^ïffès une ▼iâoirc navale remportée 
pw dw côtes de Myle bu Melazzo fur 
inois j :2^1 ans .avant Jefus- 
L v j 



iSiC 



lont dans de belles niches deUin 
Michel' Ange ; les bras.d'Urani 
malreftaurâ » mais le nud fe deffii 
{qus la draperie: >.& il y a une h 
^doa dans la figure*: Basr^reli 
l'arc derMarc^Aurele» ou Arco di 
gallo qui étoit, dans le cours :d^ 
fes viâoires fur terre. & fur m< 
exprimées pat 4es*figures de Nep 
delà Terre qui ioAt autour du cha 
l'autre ^c'efi un iàcrifice qu'il fait 
k temple de Jupiter CapitoUn , \ 
porte paro& aïKÛr été de bnonze^ 
ger par la manière dont elle y 4 
vragée; on remarque au-defliis 
frife les temples.de Jupiter» de • 
& de Minerve : dans le, troifieme 
pereur eft i' cheval avec le Prête 



■^ CfiOlt. X» Rcme , i o^ QuartUr. 2$ J 

ompofitions £Q font^Hes, ils font d^io 
frand ftyle, maïs Pex^cutioii tn^eftpe-*' 
àjïte. Il y a deux autres ba^relkfs tirés 
~u même endroit vers le milieu de TeC^ 
aller du Mufaum qui eft de l'autre côté' 
de la cour du Capkole ;au haut de l'ef^ 
aller des Confervateunj on voit un bat* 
ettef qu'on croit être de Curtias le St- 
»in ; une infcnptîon antique , & 'une au^' 
tre que le peuple Romain fit faire à llion^* 

îveur de Frédéric IL . ' r' 

La grande {aile peinte par lerCàvaliep 

d'Arpino , contient les preoiiers traits de 

VHiiloire Romaine ; Romulus Se Reibus 

trouvas par le berger Faufiuius & fafen> 

me Âcca Laurentia ^ au pied' du mont 

Palatin , fous le figuier ruminai , avec la 

bîive qui les aUaite ; Romulus qui trace 

avec une charrue l'enceinte de fa nou- 

vcHe ville ; Nu ma qui ûcrifie avec les 

Veftales ; l'enlèvement des Sabines ; le 

combat entre Tullus Hoftilius & Metius 

SuffetiuSj chef des AlbainSyCekii desHor 

races Se des Curiaces , Fan 8 j de Rome»' 

ou 66^ avant 1« C. Ces taJoleaux font 

peints d'une manière féche , les contours 

en font durs ainE que la couleur ; ils font 

peu corrcds de defleîn , fans finelle & 

fais intelligence de clair* obfcur^(|aoi-T 



35*4 VOTA'Gfi SM IxALtiï 
que pdnts £acîleiiienc De cei fixi 
Dleaux 9 le fndileur qa'aîc fiûc Ji ' 
d'Arpin , eft la Bataille; Ymà€ù% 
en eft trèfr^bcMiiie , & le choc èni 
armées eft fi beao 6c fi bien rendb j 
l'efprit èft en fisfpens à qui dœt i 
rer la viâcnre; il y r»ne un beaa ( 
dre 9 lea grouppes en font bien ^ 
On trouve par*tout beaucoup dfâ 
les chevaux s'y battent auffi bien^l 
hommes. Ce Peintre a été plàs èorn 
de deflon dans ce tableau que datt itt*! 
cun autre. 
. Il y a dans cette falle une flatue «i J 
marbre de Léon X, une de Sixtft-QaiBil 
en bronze , une d'Urbain VIII cniwtf^ i 
bre y celle-ci eft du Bemin ; un bufie de 
la Reine Chriftiné, un de la Reine Cafi* 
mire , femme de Jean IIE , Roi de Po- 
logne> qui vécut quelque temps à Rome. 
Les portes de cette falle font d'un beau 
travail de François Flamand. 

La féconde falle eft peinte par Lsu' 
reti ; on y voit Mutius Scsvola qui fe 
brûle la main en préfence de Porfenna i 
après avoir tué par erreur un de fes. offi- 
ciers au lieu du Roi; Brutus qui condam* 
ne fes deux fils à la mort pour avoir treiD* 
pé dans la conjuration des Tarquios p 



dc^Rome ^3 , ou y 1 1 ans avatic 
Kofafhtt G)dè8 qui arrête &al fur 
ont toute l'amée des Tofcatu » tan* 
u'on briiè le pont derrière lui ; la 
lie iànglame contre Tar^piin le Su« 
s. Il y a aufi diverfes fiantes ; Marc« 
»ine Colonne 9 nn des Gënéranx de 
kée navale qui ài&t les Turcs àrla 
Ue de Lapante 3 Charles Barberhii 9 
d'Urbain VHI^Généal destciRH 
« P£gU& ; Alezanidre Farnefe 9 I^c 
'arme » Général en Flandre ; Fran* 
Aldobrandini 9 Hiomas Ro(jpigUofi. 
a mis auifi fur des piédeflaux des 
» qu'on dit être de Jules-Céfiir» 
bien » de Caracalla 9 &c. va beau 
; de bronze qui représente Michel* 
e Buonarotti , & qui eft d'une par- 
reilèmblance ; un buAe de Virginio 
rini ; un portrait de Flaminio Del* 
; un Therme d'aflea bon goût; plu- 
s infcriptions ; deux belles colonnes 
erd antique > de 11 pieds de haut» 
ifées dans les prifons du Capitole ; 
a placé une tête de Septime Sévère 
:11e d'un autre perfonnage inconnu, 
.a louve de bronze qui allaite Remus 
Lomulus , eft la même qui 9 fnivant 
tlifiofiens 9 fut frappée du tonnerre 



iîj(^ Voyage en Italie; 
& un pied de derrière , à la mort de Cf* j 
£ir ; on en voit encore la marque ; elle eft^ 
très-belle ; on Ta placée dans la fâlle oil^ 
Daniel de Volterre a peint les trophé»*' 
de Marias* * 

'La figure en bronze d'un jeune hom- 
me qui fe tire une épine du pied, eft cé^ ;;] 
lebre ; les uns l'appellent Martius , Uî^ 
autres Cneïus Pecorarius ; il a les yeux^ 
d'une ancienne compofîtion : un bu(te de 'J9 
Brutus , Fondateur de la République 8c-H 

Ïremier Conful de Rome , y 1 1 ans avant 
• C. Il eft d'un beau caraâere j mais ". 
il femble avoir été moulé après ùk '" 
mort. Une ftacue d'un des laCamilles, ^ 
belle figure d'un tour naturel , dont la 
draperie accufe bien le nud : on a cru 
par fon habillement que c'étoit la figure 
d'un des efclaves qui fauverent Rome de 
l'embrâfement du temps de la Républi- 
que ; Pattitude en eft très-vraie , tous fes 
membres fe grouppent bien les uns avec 
les autres , c'eft un excellent choix de na* 
ture ; il femble que le Sculpteur n'a feit 
autre chofe que de le mouler après avoir 
trouvé un beau modèle ; l'aétion en efi 
rendue avec toute la précifion poffîble , 
fon caraftere de tête eft très-beau , fa 
chevelure n'en eft pas mal arrangée» mais 



ndien efi fec;les yeux font d'ar- 
: deft l'original ; il eft très-mal pla« 
une cobnne au coin de la cbam<- 
sqid faitqu'on n'en jouit pas avan- 
fement. 

)js beaux buftes dans des niçbes 
; un tableau de Ste. FrançoUè, 
ine , d'une excellente manière 9 par 
3elli de Viterbe ; une Defcentede 
^ du Frère Côme Fiazxa > Capudn 
nifc. 

3S la faite de la IfOggia il y a plu« 
ragmens dé Fades confulaires ; une 
! Mithridate , roi de Pont ; une pe- 
orc de Veftale , qu'on croît être de 
iylvia, mère de Romulus & de 
; une autre à trois faces , qui re- 
e la Lune , Proferpine 6c Diane, 
s une autre petite chambre deux 
s (^), où font les noms de Socrate 
ipho; une demi-figure d'Apollon, 
1 vafe plat ; une belle tête de Sci- 



appelle Hermès , 
e forte de ftatues 
Se ÔQs pieds , qui 
la tète de fotme 
Se fe terminent 
de pierres Hflcs , 
i eft écrit fur Pu- 
ces. On en peut 
gine & Tufage 
elius , di StatuU 



Hluflrium Romatiorum, cb« 
17. dans le P. Paciaudi , 
Monumenta Feloponenfia'^ 
T. II. p. f f • dedans le pre- 
mier Tome du Mufaum 
Capitolimim , imprimé en 
1741 , où l'on a décrit U 
fuite des Ermes ^ui foAC 
au Gapicole^ 



Célius ; un vafe de 'bronze C 
il y a une tête d'Ifis , il a été t 
les jardins de Sallufte. 

Dans la quatrième chambr 
ou dcmi-bufte de Ptolémde 
Roi d'Egypte ; une demi-fig 
cule dans fa jeuneffe , en mai 
il avoit des yeux d*émail , ai 
vafe oh font repréfentées les i 
fons;une ftatue fort remarqu; 
cule , en bronze doré , ouvi 
trouvé fous le Pontificat d< 
deux flatues Confulaires qu' 
fées mal-à-propos Virgile S 
trois Urnes fépulchrales avec i 
tions gothiques , où il eft dit 
fervî à mefurer l'huile , le vin 

Dans la falle d'audience o 
frefque des Jeux Olympiqi 



poor forâr dâ labyrinte ; ApoUbn 
k feiire d^un jeune G^eif i oft le 
de Afichdi-^Aiige , là tête eft it 
le , le refte de marbre ; la tête de 
eUAtige^ faite par Ini-méitae , elle 
! toMise ittt an btiflede marbre noïr, 
i que I-ôii dit^ tirès^re^Temblame, foit 
ierc y eft exprimé tel qu'on ftous le 
ut fflins fon hiftoire ; mais il fout 
nîr qoll étcm foit laid: Sabina Fop«- 
econde femme de Néron; Scipion; 
B Trojtnus » conful II y a aaffi unt 
\ Famille de Jules Romain. 
is Paucre aile du bâtiment des Gon- 
êt|rs , Ton trouve la falle d'Hercule 
mticnt desbuftes qu'on crdtêcre 
ifus Claudius Csecus^ conful , eti 
d'Egypte 5 de Serg^ Qalla ; de 
e , celui-ci eft fur utt pîédèftal quî 
utrefoîs à la ftatne d'Hercule pour 
le le peuple Romain en a fait fair^ 
s beau; des bufies de Philippe Van- 
de Ciceron & d'Alexandre ; on y 
s mefures antiques de vin , dliuile 
bled : la fameufe ftatue d'Hercule 
«ne fon nom à cette feUe , dl de 

î dor^ : elle fut trnuv^e du f#?mn« 



i(îo VoYA(5E IN Italie.* 
Il y a encore d*autres buttes qu'on ctc 
Être de Lucrèce & de Mefîaline femï 
de Claude ; une Palhs avec fon caGij 
& fon Egide ; on a encaftré fur h cl 
minée un bas^relief qui repréfentc i 
porîc du temple de Jatius ^ avec les q 
tre Saifons , & d'autres figures fur les 
tés ; fur la frile de cette falle Ann 
Carrache a peint la prîfe de Cardiage 
les autres exploits de Scipion. 

Pierre Perugin a peint dans une a 
falle le partage des Alpes par Annil 
lorfqu'il venoit en Italie , ^19 ans a^ 
Jefus-Chrift; le confeil quM tinte 
entrant ; le combat naval donné dai 
mer de Sicile entre Q. Luratius Cdt 
général de la flotte Romaine & Imil 
qui commandoit celle des Carthagin 
Lutatius triomphant de la Sicile > 
les Cartaginois lui avoient abandot 
auflî bien que la Sardaigne & les au 
Ifles adjacentes. On voit dans des ni 
cinq (latues de jeunes gens ; un buft 
Lucius Cornélius y préteur ; la Déeff 
Silence , aflîfe ; Cybele couronnée 
tours î Cérès repréfentant Pabondar 
un bufte d'Adrien, 

La Chapelle des Confervateurs qi 
près de là » eft ornée de peintures ' 
mées^ & eft richement décorée. 



"%- 



, XL Rcme, lo*. Quarikr^ 26 M 



lAPITRE XL 

n des Statues & des Peintu-^ 
tes du Capiîok, 

fffSMUM^oulz ricbe coltec- 
flatues antiques du Capkole i 
le bâtiment qui fait face à celui 
fervateurs , & qui eft à la partie 
: du Capitole- Ccft au Pape 
que l*on doit ce bel établiffe-^ 
Il confervera dans Borne beau- 
i richefles qui fans cela auroîcnt 
erfiées peu à peu , par la curioCté 
uéreurs étrangers ; voici l'inf- 
qui eft dans la cour au-deffous 
es de ce Pape: Clémens XII Pont, 
lotis inhas ades antiquis Jiatuis ^ 
mtifqut ad bonarum artium incre-^ 
i , Jonteque exornato , prijiinam 
io magnificentiam rejiituendam cu- 
US. 1754* Pont. S. Le Pape Be- 
tV à nnftigationiiu Cardinal Va- 
t le Pape régnant Clément XIIL 
ffi contribué beaucoup à Pac-^ 
nent de cette côlleâion. 
hkH fioTTA&ij Prélat qui depuis 



J^e trpaieme voiupie que M. u 
donné en 17^]^ comi(:nt^i fi^tv 
25)16 pagçs d'explications* M^ ^ 
mann, c^bre antiquaire qui eft.a 
ment dipoâeur de ce cabinet (a 
P^trjiffa^ qui en eft intendant ) q(l 
capable dç continuer ce gr^jnd Qi 
On trpuye au$ju9ç partie àp ces 
repréfentéçs dans l'ouvrage de ]V 
Chauffe (a). 

En face de la grille d'entre 
au ipnd dQ 1^ cour la. célèbre» fi^ 
pellée Marforio ^ donc nouf avojq 
i^rpccafion de Pafqidin ; elle a éi 
d'une place voifine , qui étoit le 
Martu^d^QÎi efi venu le aoui dei 

'(i) Hommam Jftj/2Rcm , 1 antiques ^ |^ 
Jui€ Thtfm^fus truiktt A^n- \ difiëretis» à comm 




CfiLia^XI. Rom f 10*. Quarti&'. a6$^ 
K> $fefi tine figure coloiorale » cou« 
^9 rêpréfentaDt l'océan ou un fleu- 
j qpi tient une coquille de la maio 
site; la ^pain gauche a été refiaurée 
iÉ|||i(^- Ange. Cette figure n^eft point 
Ktpy éîle eft appuyée lur une fontai- 
]^ Je toitt placé dans une grande niche 
;nle de deux colonnes de gf^^. 
\à£n I avec leurs pilaftres , con« 
^ » âc chapitaux tofcans : au* 
c^ une belle balli^lrade de tra^ 
_ ocnée de^quatrefiames de Veih- 
|,^}iqx; d^nqc c^és. de çettç niche il y 
j( 4^x autr^ » aviec deux grai^des 
^t^eaenJrpnne d/e Satyres , ^4 ppr- 
t^ le^ qom içlla Valu. > parce qu'elles 
nent dans le Palais de ceue célèbre 
fifi>n; Ruiconi en parle dans fon hif-* 
qrê à l'occaÇon de l'andenneté &: de 
iijpne dcis. Cariatides ; elles tiennent 
î fâmers de raifins fur la tête 8c des 
inpqf dans les mains. 
oous les portiques de là cour il y a 
aucpup de il^tues ^ de tombeaux 9c, 
b^btions aréiques. D,eu^ graindes^ 
;itei.4n^ptiennes ,Vunc de bafalte fuj--. 
çjOtjèç 4*u"e efpeçe dç tojjr ou co^r,. 
iffiic, mutale , tenant une branche de 
itdèr dans la main gauchç , ayan^ pai; 



fur fa tête la fleur du lotus , fi < 
les anciens Egyptiens , c'eft 1 
ou Nénuphar de nos Botan: 
commun dans nos étangs ^ i 
Tbéophraile avoit attaché un i 
qui en a long- temps impofé. 
ont été trouvées dans la Villa 
la via Salât a , en même-temf 
autres dont nous avons pari 
Clément XI fit placer fous 1 
du Palais des Confervateurs. 
De l'autre côté de la por 
à gauche une fiatue de Miner 
cafquegrec & une égide fur 1 
à droite une ftatue de Diane q 
décocher une flèche de fon s 
encore un grand nombre de fi 
on trouvera le détail dans h 
M. Venuti ; nous nous content 



MJ bon d'une figure de Parthc,de 
/blette ; ce fragment commen- 
is le milieu delà cuiflfe jufqu'àla 
!es pieds* 

)mbeau d* Alexandre Sévère & 
mée (à mère ; ces deux figures qui 
achées fur le matelas font mau- 
à regard des bas-reliefs qui font 
le ce tombeau , ils font d'une 
tion confufe , mais il y a de très- 
panies dans les détails, 
lutel autour duquel il y a troî$ 
i(s. Dans le premier Rdéa pré- 
la pierre à Saturne pour être dé- 
)eau bas-relief; la figure de Rhéa 
e , & bien drapée. Dans le fe- 
is-'relief les Coribantes frappant 



igures 



a66 Voyage bn Italie. 

lits ba S' reliefs autour d'un autel 
font prefque tous ruinés j mais le 
qui en refte eft précieux , & donne 
fa beauté une haute idée de ce que 
total de l'ouvrage devoir être. 

Une efpece de trépied de marbre bl 
portant une cuvette qui a fervi à 
fontaine , fur les pieds de laquelle il 
des pampres fculptés; la forme en eftj 
très bon goût: vis-à-vis de refcalier 
llatue cotoflâle de Pyrrhus j la cuii 
en eft bien fculptée ; le refie a été 
taure I excepté la tête qui n'cft ce] 
dant pas fort belle. 

La coUeflJon des figures Egyptîeni 
eft placée dans une chambre à droite 
rez-de-chaufTée ; il ne paroît y en a 



j 




!HJkîiiefe/6c que nous avôn; annon*- 
dus faatxt ; l'un reprëfente une a^là^ 
iryl^utfè un Sicrifice & là' déïifiça- 
lfe#Mlbne } les drafeiics n^ciï font 
Mll]<tté(lsVnttis elles (bntirendueé 
ifcoMPefle*'" 

k" «ocwcé" au preflâref . étalage fêbt 
l^^èlteiliralèïiê, b^^^^^ 

mtl^ y f»!Uèt!è^£rnip^èur^', t^ 
(Muté-V & ceHe du ! vâfe .qui eft êfi 
Sde Pefcrifer^^maîs qtte ndus rjéfeif- 
l4)<Mr4a^ Aëinikh ^ttmitcffnmchç^ 




weiBeDB* ■ • ' ' .' t 

>B'j fei t m «]^rfefly cegratid ïionil^fèilè 
ks qui font au 'Gapitole, ^e plulieurt 
Ses ippràneHes , & que beaucoup 4'âu- 
Itf ènoUt poim : M. m^è fiartb^Ien^y 
^finvi'ces dififérences^en a tiré'uttcrë- 
^i fit fouftp prcfquc point d'excep.- 
ptcefti]ôëlesfi!ulpteursen marbre n^'ont 
lààicé &')(Tacer les prunelles dans les 
■fc ^ vers le tertps d'Adrien ,qp(H- 
• falljtavcurs en médailles les' eùflent 
^■^s long:t^ps.auparaVant.(M^m. 
v^Wiens monumens dé'Kc^me^ p. 

Mil 



faïque très-ancienne , repré 
enfans qui jouent avec des li 
voir non-feulement aue le g 
ciens a toujours été ae trayai 
faïque , mais il montre comb 
eft perfedlionné depuis eux. 

Un bufte de Mufe vçtue , 
çftaffez belle, v 

Une Urne fépulchrale 
ayant fur les angles des tête 
avec des feuilles de panières 
& d'oliviers , forjmant une 
guirlande dont Tidée ell jolie 
gui font eo bas fur les pans fc 
UnVafç autour duquel il y à 
iiale en bas-relief , coocipofe 
"gures J rinf.ention en ciÇ bot 

' Un autel dédié à< Hercule 
ronde , orné de guirlandes & 




IL Jïoiîîf, 10^ Quartier, 26^ 
ir la tête avec un aigle ^n for- 
iie ati milieu ; cette couronne 
n effk 5 elle eft très - bien 



vantd'un grand tombeau, un 
jpréfentant des Tritons & des 
la compoficion en eftconfufe , 
des figures qui ont des beau- 
iL 

fous d'une figure de Cérès , uti 
xé de guirlandes de fruits ^ at- 
c des rubans j & des têtes de 
faarnëes , d'unj goût mâle 5c 
exécution* 

chambre des Mélan ^es , Stan- Saik itt 
tJceUanee , une itatue de mar- 
, repréfentant un Faune , qui 
a niaîn droite une grappe de 
la gauche une croffe , & des 
i une peau de chevreau qu'il a 
e gauche : à côté de lui fur la 
un tronc d'arbre où pend la flûte 
tuyaux j & à gauche un bouc ' 
patte appuyée fur une cor- 
Eté figure eft bien composée, 
xft dans un bon caradere & 
; le torfe en eft fort beau , les 
jambes ne font pas mal reftau*- 
)ut celle qui eft contre le tronc 
M iij 



d'un vieux Satyre marcbam 
flûte d'une main, & de Tai 
manteau qu'il a furies épaule 
figure comique, mais qui n' 
mérite» 

Un Vafe î^ntîqus de bronz 
res, dontla forme eft aflez 
anfes & le pied en font reftaui 

Pluficurs buftes , dont le 
font Gabriel Faerno , Don 
bardus , Père de J^éron ; unt 
de Sylvain ; yn ponralt au 
porte, (Tunjeun^ homme im 
de la plijjs grande beauté;; ( 
des molIe(fes d^ chair étonne 
cheveux en font bien traité 
de Jupiter Ammon ^ d'un g« 
coin de la fenetre.aq fond d 
bre , fvir h file d'en ..bas , 



KKL'Sôm^ t<f. Quartier é IJt 

ligiafade falle ^faU grande ^ une OtuA 
^loffiÉle de bronw , repréfentant ^^** 
it X«affi8. & dans Ôm liabits pon- 
; ekceliente figure de TÂlgarde i 
iç les mains fuMout , ibnt de la 
inde beauté ; tes plis de la dra* 
m bien faits ; elle pourrok ce* 
: être plus beureufement jetcée. 
:es les autres ftatues (ont de mat* 
ia , àét(k de la fantë , un fer- 
tour d'un, bras , & une parère de 
main ; il n'y a de bon dans cette 
[ue le baut de l'ajuftement de la 
î,tout le relie étant roide & le 
r^ès-fec. 

Vieille ayant un double vête- 
& tenant un petit vafe lacryma- 
5 la main droite : figure ignoble , 
ai n'cft pas méprifëe de tout le 
, y ayant dans la tête quelque 
re de vérité. 

mpereur Adrien , repréfentë de- 
3ut nud , le cafque en tête , te- 
îpée d'une main & le bouclier de 

Il y a des vérités dans cette fi-' 
mais elle eft d'une nature lourde , 

n'eft pas d'un beau choix ; la 
qui pofe eft mal reftaurée & a un 
ux ; l'autre pied n'eft guère mieux. 
M ir 



i.y^ 



aj2 V or AGt XK.lTÂLît; 

Marius , ftatue en pied , afless 
vaife , mais dont le portrait eft ^ 

La déeife de la Clémence » tenant i 
patere d'une main , & de i'aotxe i 
bacbe ; cette figure eil bien drapée y1 
la ceinture qui arrête (a draperie fiirl 
hanches f forme un très-bon eflfet , ; " 
que la petite vefte de defllis ; les ] 
qui font reftaur es font mauvais. 

Une Prêtreffe tenant avec lès 
mains enveloppées dans fa draperie j i 
vafe facré : figure debout d'un tour! 
pie , & dont le caraftere de tête eftavi 
noble que gracieux » bien drapée » 
un peu încorrefte, ayant lès épaules t 
larges & les bras trop courts depuis fi" 
coude jufqu à Temmanchement de la d»- 
vicule. • ; 

La Junon , dont l'attitude eft belle i ! 
les draperies bien jettées , & qui a Pair 
très-noble ; les bras & un pied en font 
mal reftaurés. 

Un Faune avec une peau de lionceau 
en bandouillere ; il tient d'une main une 
flûte a & il a l'autre appuyée fur la han- 
che ; le tour en eft fîmple , mais la titt 
n'en eft pas gracieufe. : cet antique eft 
médiocre. 
: Le Gladiateur tombant } il n^a que le 



I, Rsmef 10^. Quartier, 275^ 

tÉce d'antique , tout le reftc* 
ien reftaaré par M Mortot ^ - 
rançojs. Le torfe de cette 
ès*beau ^ il y a beaucoup de 
m excellent choix. 
Dtis, figure nue tenant un pc- 
e la main droite : il eft d'une 
2 anSp Sa téie eft la plus belle 
mous qu'on ait trouvée dans 
Le corps n'eft pas tout-à-fait, 
ï beauté, étant on peu roide. 
nt la main cfl ouverte , & les 
;s en font très-mal reflaurés: 
tête foitplus belle que la tête. 
3iis du Belvédère , on préfère 
ce dernier, 

*c d'un Prêtre Egyptien; elle 
bre blanc & d'un Artifte Bo- 
ke en eft belle , fon attitude a 
?s plus belles figures Egyp- 
lais le deiTein des bras eft mai- 
ambes en font un peu lourdes, 
diateur mourant , figure bien 
; la tcte a beaucoup d'expreC- 
ras reftauré par Michel-Ange 
au que le bras antiqiîe ; le tor- 
naturel , mais on prétend qiie 
l'en eft pas tel que celtii des 
s petkes parties prévalent & 
M V 



figure en eit bien penlée, la 
cheval eft mal enfemb'le ; Fex 
tout eft fiéche ; la tête eft rian 
caraâere vrai. 

L^autre Centaure eft plus^ 
femblable à celui qui eft en m; 
à la ville Borghefc , qui eft fa 
dit le plus beau & l'original . 
pouvant être regarda que corn 
ble copie de celui de Èorghef 
• On voit encore dans la gi 
deux tableaux en mofàique 
trouvés à la ville Adrienne 
on hït à Rome le plus grand 
repréfente une guirlande de i 
fleurs , avec deux chardonner 
papillons ; les couleurs en font 



mprr^s ni»f itps 



^ 



i^r\ 



PYprijfiAn 



IMbAV nfitis les moavemens en font 
ptl les pierres de cette mofaïque-font 
I , & l'exétution en eft belle ; 
Lcft mieux colorié que les tourte- 
Cet ouvrage a été décrit & gravé 
[le Traité des Mofaïques. 
lUe des Pfailofbphes , Stanja ie* 
phi, contient la fuite des Hommes 
i dans les Sciences & les Lettres, 
r remarque Zenon , figure en pied » 
Lit qui paroît fidèle depuis la tête 
b^anx pieds j mais qui n'eflpas d^une 
nature. 

haut de la cliambre , quatre frifes 
ses chargées de proues de vaiflèaux 
i^brnemens de facrifice, d'une belle 
irion , fans avoir trop de relief: el- 
[ont été tirées du temple de Neptune, 
lu-deflus d'une porte , un petit bas- 
llef très-long, repréfentant la mort de 
ajgre ; il eft mauvais quant à Pexé* 
Son , mais très-beau quant à la penfée 
la compofition. Le Pouffin s'en eft 
reufement fervi dansfon Sacrement 
} rExtrême-Onélion. 
Un petit bas-relief repréfentant un 
idmme qu'on porte au tombeau ; il n'a 
l'autre mérite que la juflefle de fes attii- 
odes. 

M V j 



i27^ Voyage sm IxALif; , 
Un corps que l'on porte brite fur uft^'i 
bûcher ; petit bas-relief d'uqe maa^ràife 
exécution^ très-incorreâ: de deflfdp^mûi 
ï>lem d^exprcffion. 

Autre petit bas-relief rcprëfentant Ef ' 
tulape aflîs & Igia debout; les %itfe$ 
en font bien drapées & pofées fimple* 
ment. 

Un bas-relief de marbre rouge re^ i; 
prefentant une femme qui.faoifie ik^ 
i^éelfe Igia : il eft beau^ant pour Pexé-' ^ 
cution que pour la compofition ; les dra- 
peries en font bien jettées , Patdtude de: » 
la femme qui facrifie eft iunple & très- . | 
agréable. ' <= • ^ 

^ Un petit bas-relief Etrufque fort joli j 
repréfentant quatre femmes précédées 
d'un Faune ; il eft d'un beau fini. 

Le refte de la chambre contient deux 
rangs de têces de grands hommes^ l^s 
meilleurs font : le portrait de Virgile, 
Hiéron , Pitodoris , Diogene , Arifto- 
maque , & de Pytbagore* 
hte Dans la chambre des- Empereurs, u» 
^^' bas-relief repréfentant une chaffe au fan- 
glier : il eft bien traité de bas-relief, &il 
y a beaucoup d'aélîon dans la çompo- 
fi tien. 

Perfée qui délivre Andromède , bas- 



!ffA?. XL Rome , lo^, Quartier, 277 
f î la tête de T Andromède eft belle , 
; trop trille ; le Perfée tient beaucoup 
Antinoîis. 

Indimîoiî , bas-relîef | le mouveraent 
i figure eft bon ^ mais U tête tombe 
en avant. 

éZ Flore trouvée à la ville Adrienne, 
ic d'une exécution étonnante , mais 
: les draperies font un peu roides îla 
ïft belle & bien coèffée; les deux bras 
reftaurés, 

ne grande Vénus fort an t du bain ; 
eft debout 5 fon arritade eft pareille 
le de la Vénus de Médicisj au lieu 
auphin , elle après d'elle une drape- 
ur un vafe de parfum : cette figure 
eîte, fes enfembles font correfts , les 
ours coulans & les mouvemens très- 
tes ; mais quoique bien de chair f 
a moins defineffe dans Fexécution 
celle de Florence ; la tête n*a pas 
plus les mêmes délicateifes , & les.. 
^s en font un peu maigres ; toute la 
i droite a été reftaurée , ainfi que fes 
: doigts de la main gauche & le 

•es bufles que l*on remarque fe plus 
cette falle des Empereurs fo»t : Ca- 
a ^ MeJfaUne , mauvais battes coëfféi 



iliercule. 



icrc , oc 1 un ucs piub gracieu 
femmes de l'antique ; les c 
font bien treffés , & tout l'ajt 
la tête eft de bon goût. 
Chambre La chambre d'Hercule eft ] 
des deux pièces qui font à ga 
falle ; on y remarque un grar 
debout, tenant d'un côté ù 
appuyé fur un griffon , & aj 
main fur la tête : il eft d^une 
portion , & les contours en fc 

Un Jupiter levant un mafc 
fus fon vifage , c'eft un anti 
le torfe en eft affez bon , la ti 
belle , les jambes & une pan 
font reftaurës ; le mafque qi 
tête eft bien touché. 

Une Pfyché avec des aîle 
Ion ; figure fvelte où il y a di 
encore plus de mauvais • & 



Châp. IX. Rome , lOt. Quartier. 2jp 

Le chaiTeur Politimus debout à côté 
d'un arbre, tenant d'une main un bâton 
& de l'autre un lapin : il eft vrai de na- 
nire , fans être d'un bon choix ; la tête 
en eft ignoble , & pafoît être un portrait» 

L'Amour & Pfyché qui s'embrafTent ,, 
petit grouppe naïvement penfé , & dont 
les figures ont un tour auffi élégant qu'ex* 
preffif ; il a l'avantage de préfcntcr , de 
quelque côté qu'on le regarde , des af- 
peôs intéreflans : le Sculpteur a fçu ren- 
dre le fentiment de deux adolefcens qui 
fe prodiguent leurs carrelles , fans s'ima- 
giner qu'il y ait aucun mal à fuîvre ce pre- 
mier mouvement de la Nature. Il feroic 
à fouhaitcr que quelques bons Artifles 
adoptaffent cette penfée , & corrigeaf- 
fcnt les défauts de cet antique , en le co- 
piant comme M. Legros a copié la Vef- 
tale de la Villa Medici. La têre de TA- 
mour n'ayant pas allez de crâne, & les 
fineifes de Texécution dans ce grouppe 
ne répondant pas à la dclicatefl'e de la 
penfée , il n'efl pas étonnant que les Ar- 
tiftes en faffent moîns de cas que les 
Amateurs, Le piédeftal fur lequel il po- 
fe , eft une efpece de trépied porté par 
trois griffons , le tout de fort bon goûu 

La chambre du Vafe , Stan^a dd Va^ 



Ç^8o VOYAGB BH lTAtlJK^::> 
fQ y eft ainfi appellée à caufe du Vife1|^ ^ 
eft au milieu ; fes muraUles.font pldMi ^ 
d'infcriptioDS au nombre de plus qç lao^ 
rangées par ordire chronologique*. On a; 
placé dans le milieu un beau vafe aBd^:|| 
que de marbre blanc » autour duquel il , 
y a un ramage de fleurs fculptéet aYC% {( 
beaucoup de délicatefle , mais avec pe^i 
de relief 5 ce qui laiflc briller la bdld^^ 
forme du vafe; fon pied eft moderne Srj 
ce vafe eft porté fur un autel rond qui In^ 
ièrt de piédeftaL Autour de cet autel m^ 
gne un bas «relief Etrufque repréfentao^ 
Jupiur, Vulcain , Neptune^ Merci/tf^,^ 
deux femmes inconnues , Mars » Diamj^ 
Apollon y Hercule j Minerve & Junoïk. '•• 
Toutes ces figures font debout, & fe fui- 
vent les unes }es autres ; elles font d'an 
beau ftyle. 

Un mafque de marbre repréfentant 
une tête de Satyre , fculptée avec fer- 
meté; 

Un petit tombeau oîi l'on paroît 

. avoir voulu exprimer la brièveté & les 
accidens de la vie humaine , repréfentés 

, par le lever & le coucher du folèil : Dia- 
ne fur un char , eft Pemblême de la nuit » 
image de la mort ^ & Prométhée qui 
forme l'homme; aflîfté de Minerve, fym- 



Etf • XL R^m ; icy. Quartier. 28t 
'âe la tÊgBÊe , lui donne une ame 
fentée par^ un papillon qu'il lui 
or I» tête : d'un autre côté » (bus 
ùr de Diane , on voit un cadavre 
an autre papillon qui s^enfuit 5 ce 
idique la réparation de l'ame & du 
• Sur le couvercle on voit un jeune 
le voulant fe repofer , avec deux 
s en mûtk, qui fîgnifient auflî la 
» & un chien qui But la garde. Flu^i 
peribnnes croient que cette figuré. 
ijâêe;- Diadumenianus 5 fils de VEm^ 
Hffacrin 9 qui par la cruauté d'Hé- 
lile fat tué i l'âge de 12 ans avec 
ère : il ne ferait pas Hirprenant que 
orne eût fervi à (on tombeau , d'au-' 
lus qu'on voit que la fculpture eft* 
rme à la manière de ces temps-là. 
k Galerib des Tableaux du Sziict da 
oie a été formée par Benoît XIV , ^'^'"'"• 
iîgatîon du Cardinal Valenti , Sé- 
re d'Etat , qui les fit acheter en plu- 
endroits , & principalement dans 
liais Sacchetti & Pic de' Carpi : elle 
acée du même côté que le palais 
lonfervateurs : la première falle eft 
qu'on rencontre après avoir monté 
lier j qui conduit au-deffus des ar-^ 



iDuins la manière ou i xlcuic 
ils paroiflent tenir , lorfqu'oi 
pu fçavoir le véritable auten 
citerons ici que les plus rema 

Dans la première falle qui 
fus des archives , on trouve 
un bufte de Benoît XIV , par 

L'enlèvement des Sabines 
de Cortonne : tableau bien < 
il y a beaucoup d'expreflion 
d'intelligence de clair-obfcur 
ton de couleur eft un peu i 
fonds font trop travaillés , & 
exempt d'incorreôions , fur- 
droit où un homme relevé i 
fur fon genou pour Tenlever 

Rémus & Romulus allaité 
ve fur les bords du Tibre ; ta 
par Rubens ; le grouppe de 
des enfans eft très-beau & bi 



t un ptyfiin Ffamaud ^ qui vient 
> les totaux pour les découvrir/ 
m oui teiir apporte des cefiiès. 
Mafldeine 9 du Guide, txfëditauc 
>oixfIat tète eft jeu&ei & cra- 
ies mains belles , nâk la ctHiteur" 

KÎfc. 

Sainte ^ du Dominiquin , qui re-^ 
âd 9 & a utie main fur la poiti^- 
ke eft bien coloriée , & a beaur 
ixpreffioo. . 

ÇommulrîÔQ dé S. Jérôme ^ de 
arrache ; c'eft une penfée ou- une 
wrmioée du grand tableau qui eft 
ne : le Dominiquin l'avoir va 
le de faire ta fienne » Se elle lui a 
lent donné l'idée de fon S. Jérô* 
têtes en font belles , mais ce ta- 
che par l^effei, & l'on n'y trouve 
perfpeélive aérienne, 
grande mignature de Madame 
az 3 d'après un tableau de fon 
îpréfentant la Madeleine qui par- 
s pieds du Sauveur ; la couleûr- 
ès- vigoureufe, les teintes en font 
, & quoique le tout foit poîntilléy 
le en eft ferme. 

Hélène méditant fur là Croix, par 
ironefe ; tableau fans effet , mais 



0& la tête de la Sainte n'eft pas Ûmt 
preffion ; la draperie en eft nche ^ 8c lui 
couleur locale y raie , mait «Uc finnbk' 
avoir été peinte fur le manltt^Uin. 

La Sy bille perfique» [W le Guerj 
çbln , Gorreé^e de delTdii^» 1^ ^^ n^ " 
gracieufe ^ mais la couleur en efi.inol 

La Vierge, l'flnfiiQC-JeftiSySte. 
cile , S. Antoinç de Pade , da T 
tableau dont la couleur prévient, ; 

La Vanité, par le Titien :c*efti 
(emmQ nue'coUc^éeAir un Ht. 9 i^én^ij 
ment drapée ^fur les cuifles 9 & aya 
&s pieds uri fçeptre & ône couronnerai 
on lit fur une iofcripti^n s^u haiit-4tt ^ 
hlediU jQmniapaîdtas, Le» Titien 
cet ouvrage eft auffi fih de couleur ^qiH» - 
fiaphaël étoit fin dans fon deflein , màr^ 
il y a des incorredions , linguliéremenc 
dans un bras qui femble defoffé. 

Une Judith, du Guide,. prife dans 
Pinftant qu'elle rend grâces à Dieu après 
avoir coupé la tête d'Holopheme j le 
mouvement en eft bien faifi* 

Polîxene facrifiée par Pyrrhus fur le 
tombeau d'Achille , par Pierre de Cor- 
tonne; les figures en font bien difpoféeSf 
drapées d'un bon ftyle , & font vigou- 
reuîes de couleur j celle du Grand-Frê-* 



CflAP- XL Borne, 10^. Quartier. 2S^ 
cre eft traitée d'une manière large , mais 
ce tableau a beaucoup poufTé au noir. 

Deux petits tableaux de batailles , du 
Bourguignon 5 touchés avec beaucoup 
d'cfprit. 

Deux Baffans, l'un repréfentam l'An- 
ge qui annonce aux Bergers le Meflîe ; 
Fautre , des Payfans avec des bêtes de 
bmiQe. 

XiC fécond fiiUon de Peintures eft pla- s^d&< 
ce au^lcffus At la felle du Nui -■ On y ^*^^^ 
remarque un beau payfage de Pierre de 
Sortonne » o& ily a deux: pontis.de &ch& 

La Fortune , dfu Guidfe ; belle femnie 
inement. deffinée ; elle eft repréfèhtée 
lue 9 courant fur un dobe^ faifant touiv 
ler ûrie couronne fur le- bout .de fes 
loigts ; Irfond de ce tableau eft un ciel 
bleu qui a change. . , . 

Un payfage , du Dominîquîn , où il y 
I un Hercule qui fe repofé fur le devant. 

' L'enlèvement dlEurope , de Paul Vé- 
ronefe ; tableau d'une belle couleur, mais 
il n*y faut chercher ni effet, ni correélîon 
de dieffeiii'; le grouppe des fui vantes d'Eu* 
ropc quirajuftént fur letauteau ,ieft fort 
^»en ixjmpofé. LerPeintrea mial-à-pra- 
pairèivdu deuxiaâions danscejnorceau^ 



-comme une belle efouiffc , pc 
jnent , où il y a peu d'ieifet > i 
coup d'imagination ; oii recc 
•nient qu'elle à donné des idée 
iof (cru'il a traité le même fuje 
. . > Une I Vierge , d'Annibal •■ < 
javecuEEnfant-Jefus z^t&é :p? 
içois i^ç'fift;un:}oKtabfcaUé ; 
: :'(]j^5^iitafttaifi^yd'Anmbal 
41 jeft ivigbfirçu&men«;Colorié« 
' Un Soldkt :4ui fe repofe , d 
Ko&; il a pèiir pendant uit 
faifant un pafte. Ils font l*ui 
jblèii touchés'* 

.La Silb- Dii: les Elévcp éxM 
ptki 1er Mbdelç^^ eft très-grai 
«pendamment de là ^lide lamj 
jdeffinatenr a ,fa lampe pârticQli 
-pètice? commodité cfue prend 1' 



[I. Rome, 10'» Quartier, 287 

iffemenc de la Sî^Ue du Modèle 
at Benoît XIV , afin que Its 
lènt trouver au Opitole de 
r la Nature & l'Art, Le Mo- 
ijours un homme bien choifî 
Tié : un Académicien prélide 
le 5 & dirige les Elevés ; il 
s les mois j & il reçoit une 
argent à la fin de chaque mois. 



k^PITRE XIL 

xitme Quartier; defcription 
k û* de Campo-vaccino. 

E L ï , Eglife de Cordeliers 
is y placée au fommec du Ca- 
is la partie orientale , à l'^n- 
oit autrefois le Temple de Ju- 
dîn. On arrive à cette Eglife 
itier de 1 24 marches de mar- 
ïtktéié prlfes dans- les ruines 
»Is de Roûiialus ; fur le mont 
anrappellôit autrefois >ytf»rtf 
Ctifuolio $ ïsms enfuice -eile t 
\At Santa Mûtia inAra-codii 
m aotel qu'on a ait avoir été 
\î)gidle I dans le temp$ jde ^ 



& des bafes de bronze doré, 

une petite coupole ; Ôc fous 

*a placé une belle urne de 

oùPon conferve le corps de î 

Cette Eglife étoit une d( 

cîennes Abbayes de Rome ,.< 

des Bénédiâins jufqu'à Fan 

nocent IV« la donna aux R 

S. François ; & Eugène, IV. 

Obfenrantins de la réforme 

de Cà^iftran. Léon X. en fit 1 

"des Cardinaux Prêtres ; lé O 

^er Cara£& , fit reftaurer < 

en 14^4.: elle eft diviféeer 

par 22 colonnes antiques de I 

ores y tirés de l'ancien Ten 

Siter Capitolin ; la voûte fii 
orures après la bataille de 
remportée fur les Turcs éàn ij 



Châp. XII. Rt>me,io'. Quartier42B^ 
s les chapelles renferment des peintu- 
s eftimées, de Mattei , Roncalli, Ni- 
)Ias de Pefaro, François de Sienne, 
!uziani , &c. Dans la chapelle de l'Af- 
nfion , on voit le maulplée du cclcbre 
)yageur Pietro dellaValle. Le Couvent 
îs Cordellers d'Ara-caeli , a deux cloî- 
îs dont toutes les colonnes font de gra- 
te ou de beau marbre ; la bibliothé- 
re eft grande & bien choifie ; la ter- 
flc qui eft au-deCTus du Couvent a une 
s plus belles vues de la ville. 
Palazzo Caffarelli : c'eft le feul 
timent particulier un peu confidcrable 
i (bit fur le Capitole ; il a été fait fur 

deffeins de Grégorio Canonica : il y 
deux pérîtes loges ou pavillons qui 
u de Vignole , dont l'un eft près du 
)uvent d'Ara-caeli. Cette maifon eft 
me architeélure grande & belle, mais 
? n'eft point achevée. 
Après avoir décrit la partie fupérîeu- 

du Capitole , nous allons parler des 
is qui l'environnent , en commençant 
rs Toccident. Le portique d'Oftavie 
)ît fitué dansl'empkcement qui eft en- 
î S. Nicolo in Carcere , & S. Maria in 
impitelU , hors de la porte Carmentale, 
ù étoit vers la place Montanara. Aur 
Tome IF. N 



X neairumque jviarceiii» jLians i 
cç portique étoit celui de A 
cîdonicus , aufli bien que de 
que le même Métellus fit bâti 
quels fut le premier Temph 
que Ton eut vu dans Rome , 
nium ψem ex marmore in ; 
numentis molitusi^el magnifid 
^uriaprincepsfuit (ydl. Pau 
dans le bâtiment appelle Cuti 
ces portiques d'Odavie, qu*é 
bre Vénus de Phydias. ( Pli 
Santa Maria tH Campi 
la première Eglife confîdéral 
trouve au bas du Capitole du c 
chant ; elle eft appel£ée aufli Si 
in PorticOy dansNardini & dan 
d'autres Auteurs. On raconte 



ui^^^ 2lMif.io& Qtfffriç^ 
)f»0( dfii^la Vieci^» pour hmi^c 
KkgfA le fBjfiàs eo unêEglife^ Çf^é 
ine.èft gfa^éie avec des. filets d'or 
a ftpJÉiv qm a cnvireQ S.poiKes 
tcur fur ^ de largeur ; on l'a fou- 
brt^e en procefËon dans les cala- 
«libliques , & on lui a attribué let 
^ les plus Cgnalés, S. Grégoire 
•h rebâtir TEglife , & ClémentVIII. 
^aux Clercs réguliers de la Mère 
H , ou de la Congrégation de 

^- . . ~ - ' .: 

itlapeftede iiîytf J^pjçuplçBp^ 

(t yosu de bj|djr upe J^glife à: |ft 

î dans cet çndrpit; Se la contar, 

jFWt ceflii peu après dimstatu( L'£^ 

;cléfiaffique , Alexandre Vit fit 

nations de grâces une prqçeiSîoti 

leUe de TEglife d'Ara-c«Ii à celle 

ntfL Maria in Pordcoi il y affifta 

me à pied avec tout le iacré QoU 

& peu après il mit la première 

du bâtiment qui fubfifte aujour* 

qui fut conftruit par Carlo Bi^ 

is la chapelle de Ste. Anne » un ta- 
ie Jordans , qui eft beau, mais peu 
. La chapelle de la Maifon Alrieri 
-oméa« on y voit deuK belles ^o« 
N i) 



laîs Savelli, le pont de quattro Cap 
Maria in Campitelli : on y faifoit \ 
haflations.& les ventes forcées; o] 
pofoit les çnfans près d'une colo 
étoit appellce à caufe de cela C 
laHaria. Il y avoit dans. la niême f 
temple de la Piété , qui fut confi 
le Duumvir Attilius Glabrio ; il 
une ftatue dorée , la prenniere qi 
vue .en Italie , à Thonneur de 1< 
qui avoir défait Antiochus au dét 
iXhermopiles, 

: ToRRE Di Spechi , efpece d 
vent bà dès filles & des veuves 
f ent pour y mener une vie religieu 
le nom à^OblatCy fans foire de 
îl f ut fondé par faînte Françoife 



Ch AP. XII. Rome, I o^ Quartier, ap 5 
fois la roche Tarpéïenne , aftuellement 
Monte Caprino : elle dépend du Chapi-* 
tre de S. Nicolas in carcereé 

PlAZZA MONTANARA , eft Une pe'i 
rite place au bas de la roche Tarpcïen-s 
ne ,|à l'occident du Capîtole , entre 'S^ 
l^icolo in carcere & le palais Orfini , ou 
théâtre de Marcellus. 

Près de-là étoîc la porte Carmentale 
de la première enceinte de Ron^ulus. Les 
quatre faftîons du Cirque avoient leurs 
bâtimens & leurs écuries près de la porte 
Carmentale , Stabula quatuor fa^ionum 5 
ks couleurs qui les caraélérifoîent étoient 
kverd, le bleu, le rouge & le blanc : 
Suétone nous apprend que Caligula avoir 
tant d'afFedion pour celle des verds y 

Ju'il ne quittoit pas leur hôtel : Ita ad^ 
iSus erat prajina faBioni , ut eœnaret 
in flabulo ajpduè Gr manerct. ( Suet. ïn 
Calig. jj). 

La Consolazione , églife de con* 
frairîe, avec un hôpital confidérable pour 
ks hommes & pour les femmes ; l'arcbi- 
tefture de Téglife eft de Martin Lunghî 
l'ancien : on y fait des démonftratîons 
publiques d'Anatomie. Cette églife eft 
cxaftèment au Midi du Capîtole fur une 
place qui eft dominée verticalement par 

N iij 



^^4 Voyage en Italie. 
la roche Tarpëïenne, & à laquelle aboo- 
tit la firada di Monte Tarpeo. 

S. Gjuseppe dé* FaUgnami y églife 
(des Menuifiers & des autres Ouvriers en 
boîs , que Ton trouve au pied du Cap'h 
tôle en entrant dans la place de Campo- 
vaccîno : elle fut bâtie en i J 3p , fur kl 
deifeins de Jacques .délia Porta ; le ta- 
bleau de la Nativité eft de Carie Maratte. 
Colonnes Vîs-à-vis de Cette égiîfe fur le pcn- 
ctj^f °* chant du Capitole , & au-deffous dés fe- 
nêtres du Sénateur , il refte fur pied trdl 
colonnes antiques à moitié enterréa, | 
que M. Venuti croit être des reftes da 
Temple de Jupiter Tonnant ; elles font : 
marquées pour telles au N^, 5^23 du : 
grand Plan de Noli ; mais cet Auteur f 
n^a pas ofé donner un nom à la colonne .' 
qui efl feule auprès de la Douanne^ ni ; 
aux trois colonnes cannelées qui font au- 
près de S^ Maria Libératrice fur la mê* 
me place , N\ 925' & 528 du même 
Plan. Nous en parlerons plus au long 
dans le Chapitre XIII , en décrivante 
partie occidentale de Campo-vaccino. 

y. VUtro S. PlETKO IN CarCERE , Eglifc fi- 

Qarctrt. ^^^^ ^^ p^^^^g ^a^^ ^^ Capîcole , prè$ 
de la montée méridionale ; elle fut él^ 
yée par les premiers Chrétiens fur to 



p. Xn. Aome, lO^. Quartier, z^^ 
le la priTon appellée Carcer Tul- 
)\x M$mfrtinus j dans laquelle S* 
Se S« Pau} fprent enfermés fous le 
e Néron vers l'an 66 d& Jefus- 
On defceiid encore dans les an* 
uterrains de cette prifon ; on y 
le fontaine qui pafle pour avoir 
duite miraculeulement par les 
de S. Pierre , pour baptifer S. 
IS& S. Martinianus qui gardoient 
1 , & fiirent enfuite martyrifés à 
r, 

rifon de S. Pierre où eft aftuel- Prîfon 
'Eglife de ce nom , fut faite d'à- ^^^'''^•^ 
r Ancus Martiuis ; Carcer ad ttr* 
vcrefcentis audacia ^ média urbe, 
s foro , œdijicatur ; la partie 
ine s'appelloit Tullianum y parce 
it faite par TuUus Hoftilius , pro- 
nt à l'entrée d'une carrière d'où 
"ait tirer des pierres, C'étoit dans 
fon où Ton mettoit les criminels 
lés à mort , & où Saliufte nous;^ 
que l'on fit mourir les compli- 
atilina. 

/oit dans le Tullianum un pré- 
i Fon jettoît des criminels , il 
it Robur ; Tite-Live en parle à 
1 de Gracchvis ^ ut in carcerg 
N iv ■ 



iu Capîtole ; on y arrivoît p 
grès appelles Scala gemonice , i 
on jettoit les cadavres de c 
avoit fait mourir dans la prifo 
Il y avoir une autre prifc 
théâtre de Marcellus , là oà ef 
in carcercy mais elle ne fut 
long-temps après. 

SbB Reg:ba$ arque T 
YUenint uno conrencam carccrc Ron 

Dans la partie du Capitole 
de le Campo-vaccino', on vc 
chîtrave dorique avec les cfea 
colonres qui le portoîeht-, à la 
quelles on a condruit un mui 
che lé devant d'un ponique f 
tuellement d'écurie ; on croi 
toit VAthtmum bâti par Adar 

Vis à- vis de S. PUtro-incOi 



. XÎLRomiy I of • Quanta, st^j 

où ^toit le grand vafe de mar^ 
eft aâuellement au milieu dç 
/acdno» Cette rue de Marforio^ 
jui en eft tout proche, étoit au» 
Via Mamertina^ de même que la 
àCne étoît appellée Carcer Ma^ 

ice de Céfar , Forum Cafaris i Pontm 
itiguë à la grande place , entre ^*-/'^™* 
nt & le Temple de la paix .; 
ue Géfar fit bâtir à Vénus un 
magnifique où il plaça une flatue 
de cette DéeiTe, queluiayoit 
!^léopatre, & une ftaxue de Çléo- 
te- même» , Le veflibule de .ç^ 
toit, une bafîlique où Ton reà- 
juflice. Cette place étoit plus 
î la grande place de Rome, 
ce d'Augufte, Forum Jlugujli , Ponm 
riere l'Eglife de Sainte Marti- ^"^■^'• 
que» à côté de S. Adrien , en- 
la rue qui eft aujourd'hui entre 
Eglifes , & qui va vers la pla- 
erva étoît à peu près celle qui 
la grande place de Rome à 
ugufte dont nous parlons. M^s 
à Campo-vaccino. ; 

IRTINA , EgUle qui appartient 
*mie de Peinture ; elle eft* fituéc 
" ' N V " 



Pierre de Cortonne : on l*appe 
bien que celle de S. Adrien 
proche , in tribus foris , à caui 
places YoiiÎTicSj Forum Romani 
Câtfaris , forum AuguflL 

Le grand autel de Sainte I 

'orné d'un tableau de Raphaë 

piréfente S. Luc ; il y a au m 

"une ftatue couchée de Sainte 

{)ar Nicolas Menghino. Dans 
e de S. Lazare qui eft à dro 
bleau de Laj^aro Baldi , & 
de l'Aflbmption qui eft à ga 
en a uq du Cavalier Conca. 

La chapelle fouterraine a 
non- feulement fur lea.deflein 
frais de Pierre de Cortonne 3 



CaAf é XII. Èonu, 10^. (^uartUf^2^p 

C' e qui font i l'entrée de la chapelle 
de Cofîmo Fancelli » auffi bien que 
!■ fciSrreliefs d'albâtre qui font fur 
tend» & dont Pierre de Cortonne a voit 
lômië les deffdns. Les Peintures qui font 
[gtodheen entrant font de La^^aro Bal^ 
i 9 & celles de la droite de Guglielmo 
Jntefe ; près de la porte de la facrifiie il 
v»un petit autel & un ubleau de Ciro- 
sffi; les trois flatues de terre cuite dans 
i petite chapelle à gauche ont été faites 
ar TAlgarde. 

Les Elles o& s'a^emble l'Académie 
( einture font auprès de cette Eglife; 
y en à trois, qui font remplies de ta* 
l^nx faits par les Membres de cette 
Nnpagnie , des modèles en terre cuite , 
: de bas-reliefs antiques & modernes, 
'n y voit auflî le crâne de Raphaël. 
Ceft l'Académie de S. Luc à Rome Acad^ 
li a produit depuis trois fiécles les plus ^* ^'^"^ 
aods fujets qui ont paru dans les Arts ; 
sft ainfi que s'en explique Louis XIV 
ns des Lettres Patentes. Cette Acadé- 
ie de Rome voulut avoir & choifu en 
ij6 pour fon Prince & Chef, M. Le- 
un , premier Peintre du Roi , Chance- 
r& principal Redleur deTAcadémic 
)yale de Peinture & Sculpture de Pa- 

N vj 



vil lajitiiiL 



1V.O XJl^i 



de Roaie aux pr<-rogatives di 
mie de Paris , 8c en etabtiflan 
refpondance de lumières & c 
entre ces deux compagnies. 

Les trois Académies de 
de Sculpture , & d^Arcbiteâ 
unies enlemble , ce qui devrc 
même en France ; les Archit 
priferoient moins- les Peintres < 
pteurs , & ces dernier^ à Te: 
MicheUAnge\ duBernin^ Gr d 
poûroient avec fuccès travail 
archireftare. . • - • ■ 

pànsPéndroit où eft PEgl 
Martine , il y avoir 'uh Palais 
iiareurs s'affémbloient tn co 
juger en fccret des caufes cr 



S;e martyre fut déterré on y 
^^ murailFe ,ùne îhfcrîptîon '^ 

'O-v A c c I N 5 cft la grande p^»^* ^ 

)lutôt: Pcfpeçe (je champ dans cino.^°^*^ 

c lîtuées les àtu's^ Eglîfes que 

î décrire ; elle s'appelle aînfi ^ a 

larché des vaches qui s'y tîentâ. 

ominatîon ignoble , & cette 

ation fe trouvent ââuellenient 

ace qui étoit la plus fameufé 

p je veux dire le Forum. Nar- sîraatîow 

la defcriptiôn de la huitième ^" ^^"'^ 

ce Iç Forum, entre. S. Adriefi 

Warie des Graccs^^ en forte que 

i Libératrice étoit au milieu de 

ir ; la largeur a voit un tiers de 

ivant la proportion que Vitru- 

à toutes les places de Rome: 

^orum ne contenoit point le 

la paix , ni le temple de Fàuftîr 

t dans la Via faJcraiÇene place 

•rée par Tarquîn l'ancien , de 

où les femmes & les perfon- 

is- confidérables fè mettoîent à 

tandis quelle gros dépeuple 

^lem air pendant îa durée dejs 

I. On y donnent des fpeètacleSj^ 

\ 



langues ^ elpece ae pieaeitai eie\ 
vironné d'une tribune avec un 
fc mettoit Porateur quand on tra 
afiàires les plus importantes y qi 
cufoit , ou qu^on défendoit des s 
ou qu'on faifoit Péloge des mor^ 
tribune étoît ornée de proues 
féaux pris fur les* eniifcmis, Prè 
^toientles (latues de Sylla , de F 
d'Augufte : il paroît que cette 
aux Harangues étoit tout contre 
de Sainte Marie Libératrice ^ 
lac de Curtius. 

Dans cette partie du Forum 
bâtiment où s'aflembloient le S 
les Confuls , Curia Hoftilia , faî 
Roi Hoftilîus : cet édifice fut bn 
le temps que le peuple fit les fui 



Chap.XII. Romeyioe.Quartîer.^of 
m les criminels» Le couvert étoit porté 
>ar des colonnes , & Nardini croit que Trois 
^étoient celles dont trois fubfiftent en- }^^** ^ 
soreprès de Sainte Marie Libératrice, 
Sans h partie la plus élevée du Forum ; 
ce font ces trois colonnes que les uns 
ont attribué au temple de Jupiter Stator , 
les autres au pont de Caligula« C'efl-là 
(A Panvinius rapporte qu'on trouva les 
célèbres fades du Capitole qui fans dou- 
te étoîent anciennement expofés dans le 
lieu des Comices , ou peut-être fur le 
mur de la Curiahoftilia qui touchoit aux 
Comices. 

Le GrMoftafis , c'eft-à-dire , Tendroit 
o& Ton introduifoit les AmbalTadeurs 
étrangers avant de les conduire au Sé- 
nat , & où ils attendoient les réponfes ; 
il étoit dans la partie méridionale , du 
côté de la Via Sacra qui eft entre S. Lau- 
rent & S. Côme; du moins cette fi- 
tuaiîon eft indiquée par un paflage de 
Pline C 1. 7. c. 60. ) Duodecim tabuLis or^ 
tustantum & occajus nowinabantur : poji 
diquot annos adjeSlus eft & meridies y 
menfo confulum d pronunciante cum à 
turia inter roftrai^ grœcoftajîm prof- 
fîxijfent folem. 
Près des Comices étoit aufli le figuier 



*304VorAGE EN Italie. 
fous lequel Remus & Romulus avoient 
été expofcs , ficus ruminalis. Tacite 
dans le treizième livre de ies Annales 
nous dît que ce figuier après avoir fub- 
fifté 740 ans fc fécha , & que cela fut 
regardé comme un mauvais préfagc. • 

Bafilica portia , étoit un bâtiment 
joint à celui dû Sénat , où les Tribuni 
du peuple rcndoient leurs jugemens; il 
étoit à la gauche , c'eft-à-dire , du côté 
oppofé aux Comices, & vers Ste. Marie 
Libératrice. 

Dans la partie occidentale du Forums 
du côté du Vdahruniy c'eft-à-dîre,enal» 
lant vers le Tibre & vers le grand Cir- 
que , étoit le Vicus Tiifcus , où il y avoit 
beaucoup de parfumeurs , & de fem- 
mes publiques ; cette rue eft citée dans 
Horace. 

Un^ucmaiius ac tufci tuiî-ajirpra vicï. 

Uorat. L. IL Sdt. i. 

En revenant le long du Palatin 00 
trouvoit le temple de Romulus , celui 
des Dieux Pénates, celui de Jules Cé- 
far , & celui de la Vidloire au pied d'une 
rue qui montoit au palatin , & qui s'ap- 
pelloit Clipus viEloriœ , enfultc le temple 
de Jupiter Stator 5 & l'ancienhe porte du 
Palais , au-devant de laquelle îiabi:3iJ 
Tarquin l'ancien. 



B.ïâÊI|« Aç^e>XO^ Quartier. 30^^ * 
:mple 4^ la Viftoire fut bâti dans^ 
t ^^^i^^çi^ étà la maîfon de Vs^- 
ibU«bjfiilite pour lui aux dépens 
piibimue, avec le privilège de 
-^U 4w»n.4e la;^Ue^ ; 

;T£|C,4?XE DE VbsTA9& le Templf^ 

^<||ji.hiiétoit confacré) étoient^*^ 
de la TOe & du temple de la Vic« 
i PeytTj^té pceidentale du F0- 
i|. çéii dm Tibre* G'eft-là qu'on 
ayep.tant de foin fur l'autel & 
idorat oléine le feu facré^ qui, 
^ avec du boli placé fur des cen-* 
|li9h^uii ou plufieurs vafes« Le vef^ 
^içfi temple, étoit l'endroit oh, 
%^fli0» audicAce; jSe rendi^la, 



eus exîguus qui fuftÎDec atrfa Vcftz « 
i fuit intonfi regia parva Numae. 

Oyid. Fafi. VT. 

fanfl:uaire|de ce temple Pznus Vtf^ 
Mt.uri endroit facré où les Veftales 
- Pontifes pouvoient feuls entrer ; 
:()hfervoît la fameufe ftatue de Mi- 
!?i[)pélléc Palladium qui paffoit pour 
été apportée de Troye; mais la 
iefe des Veftales étoit la feule qui 
î droit de le voir. 



Arc de 



arrivé fous Commode les Vc! 
portèrent ce Palladium au 
l'Empereur dans la voie facr< 
L'arc de Septime Severe 
dans la partie feptentrionale < 
du côté du Capitole fubfifte e 
fon entier ; il eft tout de mari 
compofé de trois portes ; fur h 
xnaflîfs font quatre colonnes 
d'ordre compofite qui font £ 
que leur entablement , fur la 
nérale de l'édifice. Dans l'atti 
au-dëflus efl une grande in: 
l'honneur de cet Empereur c 
à l'Empire l'an de Jefus-Chri 
de Caracalla qui lui fuccéda 
le nom de Géta y étoit aufli 
frère Caracalla le fit eflfacer c 
inonumens. Cet arc efi couvei 



(«^'^^^«haubleinént de Votdxt 6c 

^ eiflt tcop enterré {Kmr qu'on 
jfgK é^%mÊ& génénit & de 
ss tMttocdkres ; d femble feule* 
e la |ttrtie du milieu ou éft It 
>ôite 9 «KL un peu trop gcasde 
porc «uac ptrriei o& font les pef 
Ws* L'aàrifot parolt d^une bcm*'* 
eur 9 mit'ili devcât paroître pei^ 
|tte le jMedefial de Parc ét<nt 
ertS l^dcrijpttontjm eft dans cet 
^aitmé partie trop forte conU* 
j^^aotres inafles qui divifentParc; 
^ Invité ce défaut â^acc9fd , éà 
^pQâfim (hr lét^dettx ôà^ 
ida; eonittè ]} y èn'a fur les 
blonnes qui font 1^ l'extrémité. La 
^érale des entablemens eft divi- 
itié façon mefquine ; la manière 
il les profils de cet arc eft dure & 
ajjjBfi que le travail des ornemens ; 
Bida bas-'reliefs quarrés qui font 
uaieûtes pones font d'un goût qui 
ftt à fait vers le gothique. Les Re- 
iées qui font far l'archivolte delà 
e arcade font d'un meilleur fiyle 
a fcttlptures. des bas-relie& quoi« 



Mille doré. 



cuiiJiiic le uiL oidv,c en pdll'd 

de Vefpafien qui étoit à c 
de la Concorde: Tergapater 
concordia vultu. Beaucoup 
loient faire la converfatior 
grés qui étoient au-devant 
pie : équités Romani qui 
ingradihus Concordicejletera 
Philipp. lo.) 

Le temple de Saturne é 
temple de la Concorde , 
tréfor de la république ; c 
placé au même endroit où 
gtions d'Hercule avoient 
un autel ; Tarquin y bâtit ui 
Publicola y établit V^ran 

On a dît que le mille c 
Pendroit où eft l'Eglife de 



KII; Rome,ioe. (Quartier, jop^ 

lu Forum. Pline, en parlant 
du foir, dit qu'on voyoit de 
Sénat à la dernière heure du 
leil entre la colonne & la pri- 
imna œnea ad carcerem incli^ 
fupremam pronuntiabat ( 1. y. 
r la-prifon oà eft aujourd'hui 
I Cancre étoit à l'occident du 
!toît à peu près en face de l'arc 
; donc le mille doré étoit auffi 
:é-là. 
î lorfqu'il avoît l'intendance 

chemins établit cette premie- 
e milliaire de bronze doré , 
ient tous les grands chemitis-. 
, & auquel fe rapportoîfent les" 
e toutes les pierres milliaires, 

agréable & commode pour 
urs a été fuivi de nos jours ; 
igleterre , foit dans PEtat Ec* 
î, & depuis 1763 on l'a éta- 
généralité de Paris : les mille 
marquées par une colonne de 
es 5" 00 toifes par un tronçon 
e plus bas , & les 2 JO toifes 
juart de lieue par une borne 
e ; toutes les diftances ont été 
lepuis le milieu de Paris qui eft 
l'interfeftion de la rue neuve 



qui conduiioit au Liapitole p 
occidental du Forum y como 
Sévère fut placé dans la fi 
montée orientale. 
Temple II y avoit ï Borne plufîei 
4e Janus. j^ }zxiM% , mais fut-tout un 
orientale du Forum 9 & un 
grand dans l'Argileto » à côt 
tre de Marcellus, bâti par Nui 
fermoit Tun & Tautre en tem] 

• ... Et vacuum duellis 

Janum Qutrini claufîc , ic onUn 

Reâum , & vaganci firaeiu licentû 

Injecic , &c 

Horat. L. IF. C 

Ce temple de Janus dans 
^toit l'ancienne porte appellée 
nualis , oui fut convertie en i 



lu ri^ijipiQn des deux peuples ; 
KNjirquQi cç temple (ut regardé 
>mqiç le centre de la guerre ^ 

ta^ partie oii^tale du Forum , à 
Iç plqs éloigné du CaDitole o& 
créis aboutiflbit daiis U place ^ 
t Parc de Fabiiiç. Dans cette 
!cie prèsJes CoQiices, dont nous 
[lé , il y avoît we flatue de Yé- 
cîpe ; & près de cette ûj^tue 
ribuoal pu fiégeoit le décemvir 
[prique Virglnius li^ demanda 
ioo de n];èç|pa]:t fa fille , & If. 
içà^ de osttf: flatue. Il y avoir 
rs cabareta qui fUrçnt changé^ 
lite en boutiques dç btnquiersi^ 
iriiers s^aCembkûent* 

S$d quînque ubenue 
nu p;M:aQC Juven* 5#« (• 

Uique de Paul-Emile étc^t près 
iien; c'étoit un des plus beauiç 
p Rom^ , orné de colonnes de 
•ec, ( Flin. L. XXWL ch. i J. ). 
ûte par le confql Luçii^s £mi-* 
s, avfc lyoots^lens qqe Ce-» 
roit envoyés des Qaules poui; 
fon parti. 



Tac de 

Curciut. 



debantur ; quoi ubi accujato 
'hominibiis cowplcrat, non m 
ah reo , fed ne furgendi qui 
trat. ( Cic. pro Cluentio ). 
dans l'endroit oi fut enfuitc 
Julia , oui fervit aux mêmes 
& près du temple de Vefta. 

Après avoir ainfî parcoun 
régions ou les quatre côt^s à\ 
nous refte" à' parler du mUiei 
cette place , d*abord du La 
tius : c*<^toit un ancien mari 
Phiftoire eft un peu incertaîr 
on le voit dans le quatrième 
Vaffon : Denis d'Halicarnaflî 
nom lui vînt d'un Sabîn ne 
ïius j qui dans la guerre de 1 
Romulus s*y noya en voulam 
cheval. Tite-Live dit qu'un j 



XII. Romcy 1 0^* Quartier. 3 1 j 
de ce que la foudre y tomba 
cifulat de Curtius ; quoi qu'il 
r lac fut defféché. 

licut j fîccu qui fuftiïicc itu , 
da. efl celJuî j ikà futr natè Jacui. 

it en effet un autel que Jules- 
:nlever à roccafion des jeux 
îurs qu'il fit célibrer, & la 
)omitien y fut enfuite élevée. 
oit encore dans la place du Fo^ 
lonne où ïlorace plaça les dé- 
s Curiaces , Pila Horatia : la 
i Menîus , près de laquelle on 
voleurs & les efclaves ;une 
ne près de la tnbune , où Pon 
le premier cadran folaire qu'il 
Romej apporté de Catane en 
le Conful Valerius Meffala. 
^I. xap. ult. ). 

it depuis le Forum jufqu'au 
ir trois routes différentes. La 
oit par les cent degrés de la 
péïenne , qui commençoient 
de la Concorde , & alloient 
fommet occidental du Capi- 
^ a voit un rocher à pîc don- 
place Montanara^jd'bà Ton 
les çoiipables'. La fécond ap- 
ui Capitolinus , différente dç 
IK O 



Tonnant , après avoir écha.{ 
ger de la foudre, La troifit 
par laquelle marchoient les 
teurs jufqu'au Capitole, comi 
TArc de Sévère , & fe détou 
che , paflbit au-deflus de Pégl 
feph vers le jardin des Pères 
&alloîtfe terminer au mille 
4:ole, oJieû aéhiellenventla ph 
Aurele j.& où étoit l'afyle d< 
;La place de Campo-vac 
nous avons dit que le Forum 
tie , eft beaucoup plus gran 
.toit l'anciejme place , puifqv 
jufqu'aAi temple de la Paix 
.pr^d. une grande rpartîe d 
vpie iàcrée , c'eft plutôt au 
xhanvp qu^une place ^ Ton 
jarbrçs,dans.le milieu, toais i 



JLii, Ki^mfjio^ Quartier. Jîy 

lais la principale partie de ce 
ilaceinent ne préfence que des 
a vojt fur- tout dans le côté 
[ f k trois endroits difFérens , 
les qui font encore far pied, 
à aucun édifice selles atteftent 
I, magîiificence de cette partie 
^, & elles offrent à un amateuc 
[uitë des fujets de réflexion quî^ 
être foliiude une des prome*' 
plus intéreffantes que Ton puîf^^ 
à Rome. Nous parlerons âes* 
que l'on y voit encore ^ à la 
i defcriptîon du Mont Palatin; 
XllL 

ijÂNO in Campo-vaccîno ^ an- 
•ife qui eft à côté de Ste, Mar- 
ie midi f bâtie fur un anciea 
Saturne, du moins fuivantl'o* ^ 
nmune , quoiqu'il ne refte plus 
pie que la façade , confiftante 
nd mur de briques , couvert 
1 quelques endroits , avec un 
n peut douter fi c'étoit un tem- 
mt ni colonnes , ni pilaftres f 
îment complet , chofe qui fe 
tis tous les temples, 
églife étoît comptée dès Fan 
li les anciennes diaconies de 

p ii 



QébiV TortUi y de Sarzane : 
qui eft auprès de la facriftie , 
bleau fort eftimé, qui repréfei 
Religieux de TOrdre de la 
dd Rifcatto ( "^ ) : quelques- 
buent au Guerchin , d'autr 
Vénitien , & d'autres à Sa^ 
Bologne. Le facriftain de 
montre une relique (inguliei 
nonce comme les trois enfani 
naifede Babylone. 

S. JLORENZO IN MiRAN 

ne églife bâtie fur les débri 
d^Antonin &• de Fauftine ; 
nommée ainfi à caufe des me 
mirables d'Antiquités Roma: 
étoit environnée ; il y avo 
du portique un temple de P; 
démoli fous Paul III j mais i 



XIli Rome^ lOr* Quartier.^ 17 
:olonnes font de marbre orîen- 
1 auflldçux chapheaux de pi- 
rdre corinthien , avec une par* 
iTs de la nef; la corniche efl: 
xï fa principale face qui regar- 
» vaccino. Dans la frife & fur 
3ndes de Tarchitrave , eft cette 
I : 

wninOydivm Faufiinœ, ex S. C, 
onnes de ce temple Ibnt CDter- 
iron un tiers de leur hauteur , 
s font d'une proportion dori- 
;la ne fait pas mal j les divî- 
entablement font très-bonnes ; 
l ornée de bon goût : pour la 
il y a un défaut dans la partie 
du larmier , qui cft de n avoir 
mbre dominant : maïs en gé- 
façon de profiler dans ce mo- 
quoique moins fine que celle 
jnde , eft d'un très-bon carac- 
in grand ftyle. 

Li-dedans de ces colonnes que 
nauté des Apoticaires fit bâ- 
:>2 l'églife qui fubfifte aétuel- 
ur les defTeins de Torriani. Le 
e S. Laurent qui eft au-deffus 
autel, eft de Pierre de Corton- 
dans la dernière chapelle à gau- 
O iij 



foit dts ruines du temple de 1 
uouve l'églîfe de S. Côme & 
tnien , dont nous allons parler 
ferons ta partie occidentale è 
iraccitlo auffi bien que le Mo: 
pour le douzième Quartier. 

S. CosiMo , é' Dabsiiano 3 
Religieux du Tiers ordre de S 
que nous appelions en France 
caufe du village où ils s'étal 
de Paris pour la première i 
EgJife étoit autrefois un temph 
fuivant Nardini , d*autres aii 
muFus , Se d'autres de Quir 
qu'il en foit, il n'y a que la pn 
tîe de cette Eglife qui pafôî 
c^'eft une petite rotonde mal [ 



k CHjrf •'Xlï.' J?(jïr«f, io^ ^bartila\ 3 ip '^ 

P?feglife qoi eft quarrée eftun grand mor 

■ d'e pierre ic taîUe à la ruftiôde qui pqût* ^ 

■ TÔÎt erre plutôt du templfedç,R'emiis que* 
^ ^ roronde dont on vient ê^^^pzàérr A'' 

tké de cerre ro^ondt fbiht'dÀix- èbltm- 
^ nés d'ordre corintSïen enterçfe environ 
^ dt la moitié de leur hauteur , dont ceHe 

qui a un chapîteaa porte un entablement 
'm feifant face de troïs^ côtés. Ce qui- fêm- ' 
" 'He décider que ces côlbnhes v.n*étcSciDt , 

foînt d'un temple , & qu'elles . ié^O" 

Iroient plutôt tin portique' ou. Une pcflrte. 
Toute la fculptore en eftmauvaife, ainfi 
que la façon de profiler, 
S, Félix III en 5-26 cpnyenit ce tem- 
ple en une Egîife ; S, Grégoire le grand 
h fit reflaurer , & en fit une dîaconîe cje 
Cardinal^ Adrien [ la rebâtit en 78 cr&ry 
Ifit mettre les portes antiques de bronsse 
qtî'on y voit encore , avec deux colon- 
nes de porphire ; Jules II la donna en 
If 02 aux Religieux qui y font ; Urbain 
VlII fit relever le fol qui étoit comme» 
enierré , fit repaver l'Eglife , & orner la' 
Ivoute* Le grand autel eft de Tarchitec- 
ture: de Cauelli ; il eft compofé de beaux 
marbres j & environné d'une ancienne 
tribune en mofaïque. 
Les cor|^ de S. Côme & de S. Da- 
O iv 



qui eft aâuellement placé da 
du Mufitum au Capitole. 

Tempio della Pacb y I< 
la Paix j dont on voit les ru 
trémiré de Campo- vaccine , i 
nument le plus fuperbe & le 

2u'il y eût à Rome du temps 
en & il occupe encore parfes 
grande partie de Campo^i/acci 
pic fut bâti par Vcfpafièn , et 
dâîris du Palais de Néron ; 
les dépouilles du temple de . 
qui furent enfuite enlevées pai 
Roi des Vandales, & portées c 
C'eft là qu'étoit PArche 
qui fe conferve encore à S. J< 
tratïiySc dont les Barbares né 1 



!hap. XIL Rom€j 10^, Quartier, :}lt^ 

b voit dans le fccond livre des 
çhabëes que Jérémie la cacha dans 
pverne , &c que Jofeph n*en parle 
icn failant l'énumération des dé-* 
[les que Vefpafien & Titus portèrent 
îomphe, 

Y avoit dans le temple de la Paix 
bibliothèque donc parle Aulu Gelte, 
'■ ch, 8. une grande llatue du Nil 
krre de bafalce venue d'Ethiopie , 
;iî rapport de Pline ( L 36. c* 7.) 
la couleur & la dureté du fer ; on y 
feize enfans jouant autour du Nil , 
lien tant les l 6 coudées donc les eaux 
&t fujettes à augmenter : on l'a imî- 
ans la grande figure du Nil qui eft 
ittrémité occidentale du jardin des 
eries à Paris* 

ous voyons que le temple de la Paix 
regardé comme une des merveilles 
^me (Pline L 36 ch, i| )< Dans 
itque fait Ammian Marcellin dans 
«izietne livre , de Pctonnement 
ffiifdas lorfqu'il arriva de Perfe i 
f,il cire parmi les objets de fon 
'Btion le temple de Jupiter Capito* 
'Amphitéatre j les Thermes, le Pan- 
I s le temple de Vénus & de Home- 
»|ledc la Faix, le théâtre de Pom-, 

O V 



^ , -^ ^ 

élever en 1614: elle a 64 
44 pieds de hauteur ; un i< 
d'une autre colonne a fervi 
grand grouppe au Palais Fai 
Les ruines du temple de 1 
liftent en une partie du portî 
ribule qui précédoit la nef , e 
de niche qui la terminoit en 
des voûtes ou arcades ornées 
^uî fervoîent de chapelles 
poient toute la longueur de ] 
a aufS plufîeurs parties de m 
irëpondent aux trois grand 
dont on vient de parler ; ils 
ks trois chapelles de la part 
mie , • qui font ruinées. Sur 
des trois grandes arcades > 



Chap. XII- Roms, îo*» Quartier, ^û) 

îles , & étant femblable aux fatles 

Thermes , il y a des ADtiquaîres qui 

penfé que c'étoit une chambre de 

is^à laquelle par erreur on avait don- 

t nom de temple : la quantité de 

r qu*il y entroit ^ les niches dont il 

décoré, & le défaut d'unité dans \É 

e générale > défaut qui ne fe trouve 

ms. aucun temple j fembleroît indiquer 

I effet que c'ctoit une falle; mais confi- 

Tant le morceau tel qu'il elî , on peut 

re que tes trois grandes arcades qui 

vifent la longueur de la nef font un 

■and eflfet chacune en particulier , & 

njtes etifemble quand on les confidé- 

: d^'un des bouts de la nef; il devoir 

iréialter un coup d'œil bien plus ma- 

ftueux lorfque l'édifice étoît tout en-? 

er. Au refle jdans rarrangementgéné- 

J des parties de cet édifice , il y a plus 

ï grandeur que de correéiior , les par» 

:b qui s^avancent les unes fur les autres 

jnncnt beaucoup de mouvement à tou-» 

h machine. 

I II y a de petits jardins au-deffus des 
)fites du temple de la Paix, mais on 
f doit y marcher qu^avec précaution à 
ofe des trous qu'il y a déjà dans les 
ûtes , & de ceux qui peuvent s'y ou- 

O vj 



se i chaque tille une tâche de i 
ou trois cannes par jour , fuiv 
ture des étoifes auxquelles ell 
lent. Le P. Caravita , Jéluite, c 

' cet établiflement en 1 6y i , & 

nal Pio da Carpi vendit fa mai 
jardins à un prix très-ixiodî 
contribuer à PaccroiiTement 
pieufe inflitution^. 

Fia Sacré. La Voie facréc , via facra , 
Boit fon nom à la quatrième i 
Rome, aboutiiToit d'un côté d^ 
rum , près du temple de Fauft; 
S. Lorenzo in miranda , & c 
côté vers k CoUfée & le C< 
avoit donné fon nom à cet an 
étoît en face de cette rue. Ell( 
Déliée Sacrée • fuîvant Varron • 



'IL Romiyto^. Quartier,^ 2 Jf^ 
Y avoit une place dans la- 
roit encore le refte de )a fon- 
liée Maa fudante ^ il y en 
utre dans la panic qui regar- 
'e aux Liens , on Pappelloit 
)ris j & c*eft de là tjue vient 
ids vafes de marbre qui dé* 
îlace Farnefe , & que le Pape 
'oit îranfponé du CoUfée à la 
[arc : près de celle-ci éîoit la 
îrata , fur laquelle mon toit 
hargé de publier les fenten- 
rt , & dont il efl parlé dans 
es Martyrs i c'eft aufli là où fe 
s ventes forcées* Près de la ^ 
, étoit le temple ou la fiatue 
qui avoit fait donner à ta 
^gion le nom de Moneta. 
s des Veflales étoit dans la 
e , de même que le palais du 
:ife , où Céfar habita lorfiju'il 
de cette dignité , aufli biea 
î fon fuccefleur. 
Je de Vénus & de Rome , oit 
: deux temples réunis fous ces 
, avoient été bâtis par Adrien, 
ès-grande magnificence. Dion 
dans la vie de cet Empe- 
zn envoya kdefcrîption à Tar-j 



Ancus Martius , auatrie 
Rome , avoit habité a Pext 
Voie facrée appellée Sumnii 
vers l'endroit qu'on appell( 
Larium: il y avoit dans le m 
un grand marché de fruits , 

Bure fuburbano poteris tibi dîcere n 

Illa vel in facca fine Ucèc empca vi 

OviiUdt A 

Le grand colofle du Soleil qi 
pieds Romains ou lop pied 
avoit été élevé par Néron ai 
fa maifon dorée, & il avoit 
blance de ce Prince ; rnaii 
ayant été brûlé & démoli . 
m élever le Coloflfe dans la 
& Adrien pour bâtir le tem{ 
niM /^ A^ Rome le tranfocn 



\ XII. RiJîwe, iû*. Quamer,^i% 

t auflî dans la %fia facra qu'on 
ce la ftatue équeflre en bronze de 
Clélie qui s^ëtoît évadée du camp 
nna } & avoic traverfé le Tibre à 
ers l'an 708 avant Jefus-Chrift; 
:}ue nous apprend Senequ€ dans 
latîoii à Marcia. Equeftri injîdens 
t facra via celèberrimo loco Clœ-- 
)bat juvenihus nojiris pulvinum 
tibus f in ea illos urbejic ingredi 
îtiamfaminas equo donavimus. 
y<Ht âuffi des éléphans de bronze 
s chars, que l'on faifoit élever à 
ir des Empereurs & des Impé- 
3 con^me tedit Suétone dans la 
[Claude : Avict Liviœ divines hù^ 
Circenjî pompa currum tlephan'» 
ugujiseojimilem decemendum cu^ 

Uîvus vitzfacrce , après la démo- 
e la maifon de Néron , étoit la 
qui conduifoît au mont Palatin, 
is de Tare de Titus , entre Sta. 
•a Romana & S. Sàajîiano in 



^ê>nrK5* 



5^5 Voyage en ItALr& 



CHAPITRE XIIL 

Rione di fant* Angiolo ; j^uartu 
de la Juiverie. 

L^E onzième quartier de Rome qui tkl 
fon nom de l'Eglife de S. Ange , cft î 
plus petit des XIV quartiers ; il cou 
mence au Pont Quattro capi j pafle W 
place Montanara y à la pêcherie » & 
julques à l'extrémité feptentrionale 
la place du Capitole. Ce quartier co 
prend pour la plus grande partie la nea^l 
vicme région de l'ancienne Rome oji^ 
étoit appellée Circus Flaminius. 
Cîrcjue de Le Cirque dont cette région portoit 
le nom , & qui en étoit le principal édi- 
fice avoit été conftruît dans Tendroit 
qu'on appelloit déjà Prata Flaminiayfl 
parles foîns de ce Flaminiusqui fut tué à 
la bataille dt Trafymene ,218 ans avant 
Jefus-Chrift ; il n'y a pas deux fiécles 
qu'on en voyoit encore les veftiges vers 
le Palais Mattei , dont une partie eft dans 
le Cirque : PEglife de Sta. Caterina ii 
Furnari étoit dans le milieu même , & le 
Cirque s'étendoit vers la place Margana, 



lAP^ Xni. Rome, 1 1*. Quartier.^ 29 

^^ la fontaine de Gilcarara 3 & mê- 
Irqu^à S* Angelo in Pefcaria , fui" 
rai âefclÀption exacte & circonftan-' 
na*en donne Ligoriûs dans le livre 
iCirques des Amphitéatres & des 
Itrés. Ligorius dit que la fontaine qui 
ir la place Mattei eft à l'endroit où 
■ftc fit venir des eaux lorfqu'il donna 
iiDd fpeâacle où il y eut 3 6 Cro- 
Ms de tués. 

rétoit du Cirque de Flamioius que 
picnçoit la marche des triomphes ; 
rvenoit du champ de Mars , & paf- 
[ipar derrière le temple de Bellone , 
lopit par la porte appelle Carmtntalis , 
ttfuite Port(^ fceUrata y (îtuée aux 
i$ du Gipitole (lu côté du Tibre vers 
Sroit où e(l la place Montanara. 
Le Sénatule , c'eft-à-dire , l'endroit 
le Sénat donnoit audience aux Con- 
iqui demandoient le triomphe , & 
: Ambafladeurs des Puiflances enne- 
sii n'étoit pas loin du temple de Bel- 
le, & il paroît avoir été à l'endroit où 
le Couvent de Tor dé* SpecchL 
la colonne militaire étoit près du j^-{^j^l°J*°* 
wjue de Flaminîus , c'eft-à-dire , aux 
dirons de la place Mattei & de S. 
■ïgrioin Pefcaria J c'eft celle dont parle 



530 Voyage en Itaiib. 
Ovide f dedeflus laquelle on décocli 
une flèche pour la declaranon de guerre 

Prorpi^îc à cergo Tu m muta brevis Area circum 
£A ubi non parv^parva caliinina notx* 

Htc Coht hafta manu brlJi pr^nuntia mim» 
In ctgeni ic gentei cùm placée armi capL 

Ovid. Fafl. H". 

S* A K G 1 o L o j Eglife colley 
confacrëe à S, Michel Archange 3 il 
en avoit une autre bâtie dès l'an jjo/ 
par Boni face II à l'extrémité du Cîrqu*^ 
de Flaminius; mais comme par hàlmor 
lîtion du Cirque elle relia abandonner 
on bârît prts de-là celle dont nous par- 
lons Tan 77 2 ; le Cardinal Charles Bar^ 
berini la fit décorer en 1700 ^ & U mit 
dans l^état où on la voit aétuellement. 

S TA, Caterina de' Fumarï; 
Eglife que Paul lïl accorda à S, Igtiacc | 
en ij* 3 6 pour y faire un Confervatoîre» 
où Ton clcve de pauvres filles, fousb' 
direâion de Religleufes qui fui vent U; 
règle de S. Auguftin. Le Cardinal Cefi 
fit rebâtir cette Eglife entre iy44& 
1564, avec une façade décorée. On y 
voit des peintures de Frédéric Zuccbcri* 
Dans la première chapelle à main droite 
il y a un tableau de Sainte Marguerite 
copié d'après Annibal Carrache , & 



i 



ïAP.XIII, Rome, i i^^Quankn 3 3 1 

ché par lui- mime , ce fat le prc-* 
i ouvrage qui fit connoicreà Rome 
liens de ee grand maître» 
iLAzzo Mattei j ancien & vafie 
rS qui fut conftruit par Cade Ma- 
û pQOT le lïuc Afdrabal Mâttei , 
l'en ceinte même du Cirque Flami'' 
, dont une partie fut abattue pour 
les fondations dt! palais Matrei. Il 
ïmarquabie par un grand nombre de 
es^ de bas-reliefs 6c d'infcriptîons. 
a décoration de ce Palais eft f^ule- 
; en croifée, dans le goût de celles 
)us les palais de Rome ; Parchkedu- 
\ ciï pure^ ainfi que les détails ,ùl 
eft d'un très- mauvais ftyle , la dé- 
ion ayant une quantité de bas-re-« 
de flucs & fragmens antiques ap- 
és fur fa muraille fans aucun goût, 
tr une des petites portes de cette 
, H y a un bas-relief' antique de 
^-figure repréfentant des hommes 
turent un taureau au facrifice ; il 
*W bon ,ftyle , mais l'exécution en 
ifflrde ; au-deflus des deux croîfées 
t même cour font deux jolis petits 
teliefs repréfentant des Bacchana- 
4ȕs Pune , un homme fuivi d'un 
D( conduit un bouc en laiife^qu^un 



Mai cet* 



333 Voyage en Italiû 
aatre arrête par la corne; on y vents 
une Bacchante qui tient un tftkS^ 
main & une couleuvre de l'autre i&i 
Faune qui joue du tambour de 

L'autre bas -relief repréfeme 

hommes qui tiennent des vafes,&ij 

Satyre qui court après un Centaurei'i 

Un autre petit bas-relief au-^ " 

d'une fenêtre repréfente quatre 

Egyptiennes qui vont faire un fac 

les babillemens en font bons^ mais l'e 

cution péfante ; on y voitauffi unejj^ 

d'Ifis $^un Emper&r nouvéUement'^l 

porté par des foldats au temple de Jn 

piter Capitolin f. une cbafle de l'Eu 

reur Commode , contre des lions' & ïdP 

ours ; enfuite des flatues de Pallas , dr ^ 

la déefle de l'Abondance , Se de Ju|a^ 

ter ; fur l'efcalier on voit quatre fiéges; 

antiques trouvés dans les ruines qui font ' 

vers l'Eglifc de S, Jean & S. Paul , que 

quelques Auteurs ont cru être la Curis 

Hojiilia , il y en a un de bafalte & trois 

de marbre de Paros , l'un defquels a uDe 

efpece de couflin piqué ii grands points » 

dans le goût de ceux que l'on fait aâueW 

lement. - * 

Dans la loge qui eft au premier éta» 

ge fur la cour , un grand bas-relief rc- 



tn Conful qui fait punir un 
l eft d'un grand ftyle , mais 
irt incorreft de deflein, 
s une petite Bacchante qui 
ïce î elle eft bien drapée & 
3fée. 

dfons en bas-relief ;un Prifon- 
jn immole; le facrifice d'une 
'riape s fur une petite urne; 
ëliaque dont Alcandro a don- 
ation ; quelques Statues grec- 
lion Pythicn ; une Mufe ; un 
lexandre le grand au-deffus 
; quatre colonnes , dont deux 
niers en forme de chapiteaux ; 
iljefs qui repréfentent la chaffe 
rre & l'enlèvement de Profer* 

bufles d'Adrien , d'Antonin 
[c Marc-AurelejdeL^Veruspde 
» , de Severe , d'Hercule , &c. 
iraces en bas-relief; radultcrè 

le facrifice d'Efculape 5 une 
le. Parmi les bufles antiques qui 
{ ie^ appartemens , il y a un fa« 
ftc de Ciceron , où le nom eft 
& qui a été regardé en confé- 
x>mne le véritable ponrait de 
nx Conful. Un autre bufte de 
mus Gallus. 



I 



BafTan ; un S. Pierre , du G\ 
fan repréfentant des gens k 
Iiomme que deux chiens ve 
à la jamhe , bien compofé. 
La vade étendue de fe Pal; 
ifle qui renferme ciaqhâtim< 
le principal eft celui dont 
prié; le fécond donne fur la 
la fontaine des Tortues , dt 
ghe,oiiVon admire quatre fiai 
se du célèbre Taddeo Land 
jFence. Les Magificats de Roi; 
re cette fontaine en i J 8 J fui 
4e Jacques detla Porta ; l'arc 
ce Palais eft de Nmni Bigio. 
igoit fur la £açade quelques refi 
fures en clair-obfcur où Ta 



tro^^eme|)arde du Palais Mattei 
l'arch>t$3:ure de Vignole ; la faça* 
vert; Î^Ëglife de S. Valentin ; le 
me bâtiment eft de Breccioli , du 
i POrme ; le cinquième eft vers 
ttcle : Louis Mattei le fît faire en 
fiiT les • deilèins de l'Ammaoati ^ 
rant d>utres j fur ceux de Claude 
de Carnivage; U y a dans les ap- 
èns de celui-ci quelques Feintur 
eique de François Caftelli. 
fontaine de la place. Mattei ell de Fontaînt 
le Bologne ^^atre Adolefcents ^«» Tonuet. 
ir Fearoulement d'une groflfeco- 
» font chacun paiTer une tortue du 
les-doigts dans ;ùn bailin en gué- 
|ui s^ëléve au-deflus de leur» tê« 
>utes ces figures de Jean de^oZo- 
bnt dans le même mouvement de 
tnêroe caraftére de deflein ; c'eft 
dant ce qu'il y a de mieux dans 
fontaine. L'idée générale de la 
ofîtion eft mêlée de maigreur 5 8c 
inties lourdes ; ce mauvais goût 
œ iînguliérement dans la coquille. 
.lazzdCostaguti, autre- 
Patrip ; il eft de rarchiteélure .de 
KL^mbardifà'ArtzzQ, il eft orné 
inntuFes à frefque de PÂlbane^ d(i 



étoit la maifon paternelle de 
fe & de Sainte Marcelline 1 
de la CLoaca maxima d'où < 
nom; elle s'appelloit autref 
fia ^Ambrogio; elle fut rebs 
aux dépens du Cardinal Lo 
de Béatrice fa fœur qui s'y 
Dans la première chapelle 
a un S. Etienne , de Pierre d 
dans la féconde une defcen 
de Romanelli. 

Pe s CARI a; la Pêcher 
au poifTon qui eft près de 
conduit à Pia^^a Giudea , a 
parce qu'elle eft devant la . 
y voit plufieurs colonnes 
K^. 1023 du grand plan d 



Chap. XIII. Rome,i i^.Quartier.^^j 

^ 6îte par Septime Severe & Anmine 

^ Caracalla fon fils. Ce portique efl: un 

^: - qnarré long ayant fes quatre faces pa- 

^' nlleles^ &cle même décoration; les deuK 

principales font ornées chacune de qua- 

^ tre colonnes , & de deux Pilaftres dor- 

P^ drc corinthien couronnés d'un entable- 

"- ment régulier, fans modillons ni den- 

fl' dcules^ & d'un dmpan avec fon&on* 

'^* ton ; les deux autres petites faces n'ont 

L pour toute décoration qu'une grande ar- 

]^ cade qui donnoit entrée à d'autres petits 

portiques qui fe joîgnoient à celui dont 

on vient de parler ; il rèfte de ces petits 

* portiques trois colonnes enclavées dans 

une maifon à main gauche. 

La forme générale de ce portique efl: 
très- belle , il y a une jufte proportion 
de la largeur à la longueur , fon ordre 
corinthien eft bien exécuté, quoiqu'il 
n'ait environ que neuf diamètres & de- 
mi, au lieu de dix qu'on lui donne or- 
dinairement ; les chapiteaux , fur-tout 
ceux des pilaftres , font d'un travail très- 
léger Se très-beau ; les maffes de l'en- 
tablement font bien divifées , quoiqu'il y 
ait des défauts dans les moulures , leurs 
- profils font finis & coulans : une partie 
du portique eft engagée dans des mai- 
Tome IF. P. 



5)8 VOTAGB MVf JitlMmMi^ 
ibn& particulière» Su dtea^ iui«/Mài 
Ggiife* Qn voit: anffi vis^tihiâiw cê 
porciqw j dans la^ ootir^ d^une Jtotfaft'ji 
tr^ Qolqnnes é^otàrc(Cimpti&ùt fiielin 
quetl^s fە!troave.tt& bout d^arciiitiifrf 
Uty< eft^a^qui prétendetit 91'elks £û£3i0i| 
ptrde du'temj:^ de BeUoaei;: d^avnK 
d>(ètit que c'étoit le temple de JuBiM[i(i 
W[k(êîméi dan» le/.»9itiqiies dstt^qptiii^^ 
Sè^vsré. IfP tntyaiiae oef^xoloiiQC^ 9^4^ 
pa$élé|^t. • ■:' 

u ; IjL Ghbttq y OU quaràev de^ J^^ 
eâ one enceinte où le FapiSr Faul I^ 
1^ obligea de fe roiker^ pouf lâ/(iS^ ; 
Mfâc 'A^$, C^étieA& V ptrimleCquobf îb 1 
ecoient mêlés auparavant. Il les aiTujetdt | 
à: porter une marque diftinétive à leur 
chapeau ,8( diminua leurs^ufures-, qa'Io-: 
npcent XI a fait ceflet çnfuite totale- 
ment, On^^çftime qu'il y. a dix nulle Juifr 
à^ Rome , mais ils font un commerce pefi . 
c.oniidérable , ils font pauvres, & l'on 
n^ peut riei> voir de • plus miférable &■ 
die. plus fale qpe la Juiveriet: 

Sta. Maria in BublicolU j autrefois 
de Publico , eft fituée fur une petite j^* 
ce. qui joint la place Mattei ; c'eft une 
ancienne Paroiite dont on croit que le 
nom vient de Y^erlus f ublicola, ce cf> 






biSy^àpirèi crolir t^iomptieSs iniouJ 
Lavr«'qQe:fe peuplé fit utiéiquêtê 
fiire^tinten^c : lii^ Maifoir Saritaii 
ut ptéîtné âtfeenûre de Fui it le 
gc OTr ctite Egbft quelle Câirdiî 
xA\a Saaca<^*toce ik< oeb&tur en 
* / ■ . ■ :i • ' ■ r 

is KagçDÎcafr hitk'it l'endroit cA 
efoiff la mââibn pàterïiéllé i&Si 
o; elle a^paiëene 4 liai commu-^ 
les ]?arfumeurs : la Maifon Pàgai> 
nitriV|^ à^ PentretfeBÎr , & le Di- 
i dans^ftst^ 4a la Purification 
le ¥i(à9^e Ae la' Vierge d'un to^ 

piâr#ed pr^cieiïfes que le Baron 
Mattei , Lieutenant du Général 
>mini^rapporta de la Vidloire rem: 
it Lutzen en Saxe fur le Roi de 
GuftaVe Adolphe. Cette EgUfea 
ablie depuis peu par Parchitcfté 
i. Le tableau de S. Sébaftien qm 

le grand amel eft du Cavalier 
lo, & S. Valehtîn eft d'un de fcs 

Azzo BoccA Paduli eft fitué 
!inité du onzième Quartier : qiioî- 
'én foi€ point pafrié daiis la deO- 



340 V<?YÀG» KK iTÀtlK 

t^npp pac rapport aux tablesaux du Poot 

. J^ft^^ ^fi^^ « pa«^ ftvecie? plitt^bcH» 

^cre* pein&g^idç RomQ^rurttQ^t^Jeif^^S»' 

, ^ çremens que bien des eonn^flêiits pré« 

fereoc à^eux d« Çalai^Ro]/^ à Ptris. 

j.; l<c Bwt|i(n« dq J. G* par S. Jean ;i. 

eflt mou de pinceau ; le Chrift &:;lç&' 

teap neip^t pa»}es dam plus^bellcâ figiH 

fp$4u-t^bî<^ujt'foco^pQ{Uto& Sci'dn 

p?oi)t lieuse fédtliâat^ mais lesffiga^ 

ces en font bien deffinées & bien cub 

pées. ... 

«;'S.: Jean b«p^&nc, le'pieuple dans le 

^^fert : l'(^doopance :en ieft «mieux en* 

tendue que celle du tableau précédent , 

& il eft d'une belle copieur ; le deffein 

n'en eft pas fi pur que dans les bons ou* 

vrages de ce Maître. Le payfage qui fait 

Iç fond du tableau eft d'un très-bon ton. 

. La Confirmation eft un tableau adim- 

rable , tant pour la compofîtion ôcVtt" 

pxeflîon , que pour la couleur & lé dcf* 

icin; l'Eglife pu la fcene fe paffe eft très- 

■belle ;= ce tableau a beaucoup d'enfoncé-» 

înent. 

' : La Pénitence eft repréfentée par la 
j^Iadeleine aux pieds de J. C. quî eft à 

t^ble.'Çbw.lç PbarUiçnjla çompQÛtion 



û zSkà' belle rts&As la figures en 
paiivretnem ajafiées & peintes avec 
îTcffc : le fond d'architeôurc & àé 
âge fiait un très-boh effet, ■ 
'Euchslriftie eft un taisleau médiocres 
^ans celui de l'Extrême-onélion l*or- 
aance eft très- belle j il eft parfaîte- 
t deflinë , aifez bien colorié j^ltl 
obre dumàbdeqû'on adiifinlflre eft 
•bîeiv reprëfentée ,»& forme un'ttès- 
1 fond; Le Pouffîn a traité c^ fufft 
: (implicite , fana être tombé cUiiis'lé' 
: le chagrin peint fur les vifagcs des 
m$ du malade etf rendu avec toute 
pwffioX& laîvâriëtë p60\ble|s, 3 
-ic Sacrement de l'Ordre a pouf em- 
neS. Pierre qui reçoit les clefs !dç 
nain de J, C. ; la compofltion en eft 
€ y quoique peu ingénieufe ; les ca- 
l:eres n'en font pas aflez variés , & la 
leur eft .un peu de brique ; mais le 
rifi eft uife des plus belles figures xltt 
jffim 

Le Mariage eft repréfenté par celui 
la Vierge ; le fond de ce tableau eft 
kbcau ; l'architeÔure en eft bien en« 
due , & les figures y font très-bien 
ribuéeS) mais il eft un ; peu gris de 
ikur, . * • , 

p llj 



^4^ Vo«AO« «ii iTiÂifr; 
;, : Stf Jean pf éclitint dans Je daSbt ,Ik)ih 
fiç lefquiile dcSalvator ^Riife ;vciMd!de . 
Chuiçur. . ' . 

Une Aflbmption de la Viofge iponk ■ 
dans lé'ctelpair les Anges auToh dovk)» 
loja: i\ y 9 de la couiétur dans.ce tableat^ 
niai9;la .têtevde la Vierge n'a^pomtde^Bo^ 

v..Uni|mjîfage>,dtt Poaiflbri- r: ' 

^¥ufi] d'«ne pyj'amiàè .accompagoée ; 
de fruiçes = d'arçWteâutt j. par Lucbefc 
îfey^'ufa bon ton de couleur* 






Rione di Hipa ; J^uor^ier du 'Mont 
- Aventin ^ de 5; i^2T«/. 

JL/ï douzième Quartier de "Rome eft 
appelle jR^^, à caufe des rivages duTi- 
breiqu'il fuit! dans ufte partie de -fa lon- 
gueur; il commence à Ponte-Rotto ^ & 
ira h long des murs de Ronie jufqu^ la 
porte S. Sëbafiien , ou pt>rte Capcne , la 
plus méridionale de Rome , de-là revient 
au. grand Cirque à S. Nicolas in Carcere^ 
&axomprend le.moht=Avenrin*&'tootc 
Pifle de S. Barthélemi , par laquellcnoui 



Cbâip. 3CiV. Urne, i a^iQuârtier. 54$ 
nB:eQimMcnjQcÊr , coiimbç ^tant la pav* 
k plwdeptenfrionale de ce quartier. 
Lejpontqai coçâgit ddns^riile s'ap^ 
IfsPonttie^ Quattro Capi^ i caufe de la 
si'e'd'un Therme ou d'un Janus àp^ua- 
£i£csy tnpnçond^une ancienne ftatuc^ 
[«{Iplantëe depuis long-temps dans la 
ré , àPeDorée de là petite pliace voîfî* 
, Ce pont è'appeHoit Pons Fabtwius'i 
ut tôti peu après la conjuration, de^Ca^ 
ina ; gn voit fur un des arcs une inf*:- 
ption qui annonce que ce fut par lea 
ns du Cenfeur Fabricius. Il y a iin 
au'ftyle dans le pont, 
li'ifle S. Barthélemi cui-fattpartSe^de Jf/J 
. qiianiet yZ à->peu-piièG '• \» forme d^tm 
tifièau de 100 toHeS de 4ong fur 40 
I large.Eile s'appelloit InfuUTiberina , 
.faifoit partie de la quatorzième région, 
ette ifle fe forma , ou du moins s'accrut 
5 ma^niere à pouvoir ^être fréquentée 
)rès Texpulûon des Tarquins. 

Sdndicur în gemînas partes cîrcumfluus amnîs , 
IhAihi nomen hahcc , lacerumque à parce duoruip 
Porrigic a^uales inediâ ccllure lacercos. 

Çvid» Alitam. m. 

Ce qu'il y avoit de pluî célèbre dans 
nte ifle , du temps des-Romaîns , étoit 
! temple d'EfcuIape, : R<>me ayant été 

P iv 



affligée d^une pefte confildénible,èpvo]^| 
dans le Péloponnefe à Epidaure ^ oùéta' 
le temple d'Efculape , pour cbercher 
remède à ce fléau ; les Envoyés rat 
terent; un ferpeiit qui s'étoit gUffe. 
leur vaifleau , Se qu'on regarda co 
une divinité ; on lui fit un temple 
l'ifle du Tibre , àPendroitoà eft aujouril 
d-hui l'égUfe S. Barthélemî , dont non»! 
allons parler. On crut pendant plnfieuii;! 
(iécles que ce ferpent vivoit toujoucs ^k | 
les Prêtres faifoient femblant de le npuN \ 
rîr, pour profiter de la crédulité du vul- 
gaire ; fur ce temple on avoît gravé do 
remède contre ks venins » dont And(H 
chus avoît coutume de fe fervir^, ( PK/r. 
jL, XX, cap, ult, ). Ce temple fit donner 
à toute l'ifle le nom de Infula Lycaonidj 
qu'on lui trouve dans les Ades des Mar-. 
tyrs. 

Les perfonnes d'un certain rang que 
Ton condamnoit à la mort , étoient tranf- 
portées en vertu d'une ordonnance de 
l'Empereur Tibère dans cette ifle.,pour 
y demeurer pendant un mois, & y éprou- 
ver plus long-temps par ce délai les hor- 
rçurs de la mort : ufage qui le pratique 
encore en Allemagne , où Pon obferve 
un délai de quelques jours ^ mais dont 



[AP, Xiy. Rome, 1 2^.QuartUr. 347, 
-donnances fe font écartées, en vou<^ 
[ue*Ies fentences de mort foientexé* 
s dans les 24 heures. 

Bartolommeo alV i/o/a, églifê 
ordeliers Obfervantins ; c'eft la plus 
rquable de toute l'ifle, à qui elle 
le fon nom : c'étoit autrefois une 
b p^oifliale dédiée à S. Adalbert, 
:yr ; TEmpereur Othon III ayant 
cranfporter de Lipari à Rome le 
s de St. Barthélemi , Apôtre , en 

, le fit placer dans cette églife , où 
ipofe encore : le Pape Fafcal II la 
eftaurer l'an 1 1 13 > & fie graver ces 
\ fur la porte* 

fdus iftorum Rex crandulîc Otto Pîorum 
Corpora , quels domus hzc fîç rcdimica vîgcc » 
jae domus ifla j^cric , fi pignara nofccre quœris , 
orpora Paulini fint , credas , Bartholomaîi. 

Gélafe II , fon fuccefleur , fit achever 
Datiment , & Alexandre III le ccnfa- 
. Tan 1170. La façade de l'églife or- 
B de quatre colonnes de granité , fut 
te aux dépens du Cardinal Tontij fous 

dîreftîon de Martin Lunghi. 

La nef du milieu eft portée par 24 
)lonnes, dont 16 font de granité, cinq 
É marbre de Paros , & trois de marbre 
k*A&ique. Le grand autel eft orné d'un 

P V 



viam le grand autel , eft cèli 

que les corps de S. Paulin 

Noie , de S. Exupere & de i 

ConfcfTeurs 5 furent retrouve 

L'ancien pavé de Péglifi 

- de marbre & de porphyre e 

'•mens , on en voit encore qu 

devant la tribune , dans la 

S. Paulin qui eft à côté du j 

& où repofe le corps de ce S; 

Le pont S. Barthélemi. pî 

paflTe de l'iflc au quartier de-! 

•:s^appelloit'Po;?x Ceftius ; Pa 

•qu'il fut fait par Ceftius Gai 

fous le règne de Tibère ; Na 

■ plus ancien & du temps de 

que : il obferve que ce fut pa 



re^iifp rfe firwt rétjablir vers l'an 
itJÛ p^TQÎt qt;js.;Çis iixt pdr les foins; de 
maque 9 préfet de Rome , le.mênu^ 
0t. tinCuice p^rfpçuté car je^KçmainSy 
»c Ja m2»ft)n.fii.tt^.e .au-delà du Tî- 
r^ )>jA)éfî par.uqe ingramude dont 
aine Ammlao iH^IarceUim LacConC- 
tîan eft d'yh J;>çau ftyle. 
^-QioyANNi OeUbita j égWÇs&h^ 
i fdes Frères de la Cfcirké , fondés 
Su iJçan de Dieu ,, & .q«'o|i appelle 
)^8^f^F,at^b€n»}Fr^tfiUi^f2if^Us a.vec 
Picil^ ce Saipt FoRdatepr alloit 4eti». 
td«l'dUniône. Cette églifecftMiie 
s J^.^pàmt oiïémt la maiCan patei;- 
le lie S. Jean CasUbita , çù il .véci^t 
fieursiiooées inconnu & comme men- 
ât 9 & OÙ fon corps fut trouvé .en 
OO. C'étoit autrefois un couvent de 
ôédiâines , qui ont. été transférées .»à 
Anna de Fuçriaru S. Pie V en IS72.9 
(ScabUt les Frères de la Charité , en les 
Htant-fous la Régie de S. Auguftin ; 
i lie font eux qui ont Cait,, bâtir, avec te 
cours des perfonnes charitables, un. hô- 
Rfll d?envii*on; 60 lits pour le foulage- 
lent dçs, malades , auxquels ils fe dé- 
'Ouent fpécialefnent & par un quatrième 
neu» Ils. ont faic.bâcirauiïï; dans un ea« 

P vj 



gPfS Voyagé ik ïi^litK Jp^ 

•droit un peu plus élevé, ùû iutretôm^^ 
tal pour les perfonnes d'un état plus &| ' 
tingué. J 

iS'églife eff petite , maistrès;-]olie)c| 
lé^ft richem'dnt décorée en marbre^f 
rures 8l peintures. Ses pilafires fonti 
éfpece d'ordre corinthien. 

Le plafond de la nef repréfente 
Jean de Dieu couronné par la XHergiji! 
S. Jean ? E vangéUfte , du Corrâdo : dài' 
le ba^ on voit le même Saint qtd fertl 
jxialades , accompagné de l'Ange 
phaël : cette double aâion eft contnirtil 
au bon fens. Ce tableau ne plafoniiel 
point , la Gloire eft trop fone , & n'«ftl 
pas affez aérienne ; il eft cependant tm - 
des plus beaux de ce Maître, très-piquant 
de couleur, & le bas en eft bien compoC» 

Au premier autel à droitp , les Ames 
du Purgatoire rafraîchies par un Ange 
qui leur jette de Teau , par Lenardî. Au 
fécond autel, la mort de S. Jean de Dieu, 
par le même. Il y a dans Tun & dans l'au- 
tre tableau quelques caraSeres gracieux» 

Au maître autel, S. Jean de Dieu qui 
reçoit l'Enfant Jefus des mains de la 
Vierge , par" André Generelli ; tableau 
aflez bien compofé & bien entendu de 
clair-obfcur j mais dont les caradleresdc 



AP. XIV. Rome,ict^.Quartler.^^p 
i^ont ni expreflion , ni nobleife. , 

deux côtes du maître-autel , dcux/^ 
ux du Corrado : l'un repréfente le 
re de Sainte Manhe ; & l'autre S. 
>lyte & S. Acrius , à qui des Anges 
ment des palmes. 
rès avoir repafféle Ponte de* quattro 

nous fuîvrons les bords du Tibre 
ant vers le midi. La petite rue qui 
puts le" pont de' quattro Capi jufqu'à 
: Marie Egyptienne, s'appelloit Ar- 
rii y du nom d'Argus qui ^toit ve- 
2Z Evandre, & qui y avoir été tué ; 
t célèbre par les boutiques de Li- 
s. 

etanas malîs habîtare tabernas , 
m tibi parve liber fcrinia noftra vacent, 
Mart, L j. 

étoît auflî dans cette rue qu'habî- 
[uintus Cicero, frère du célèbre Ora- 
jui parle de cette maifon dans la 
îme Epître du premier Livre à At- 

raarché aux bœufs , Forum Boa- 
, étoic aux environs de la place de 
e Marie Egyptienne dans Ponzieme 
n ; nous en parlerons à roccafion 
iglife S. Georges qui étoit à l'extré.- 
de cet ancien marché. 



les conventions , ôc c'elt dé- 
nué l'exclamation me Hercule 
jurement qui eft encore en 
qu'on écrit en Latin ; fouvei 
crifioit le dixième de fes bi< 
-efpece de dévotion. 

Le pont Sainte Marie , oi 
•fo , tire fon nom de l-églife 
rie Egyptienne qui en eft 
d'une ancienne image de la 
putée miraculeufe , i laque 
fait une chapelle dans le mili 
Les Bénédiélins qui occupe 
vent de S, Cofimato , la tr 
-dans leur églife , où ellé^fe < 
core avec vénération* Ce-po 
tié rompu en lypS. Il s'apj 
fois Pons Palaùnus , parce q 



Ckap. XIV. Rome^i2e.Quart!er.j^i 
pierre- qu'il y eût à Rome du temps 
: Titc-iLive , qui l'appelle pour cela 
ut fimplement le Pont. 11 fut com- 
•ncë par Marcus Fulvius , Cenfeur , 
terminé quelque temps après par Sci- 
3n l'Africain & Livius Mummius : 
ura Çf major is locavit ufûs, portus ^ù* 
as pontis in Tikerim quitus pilisfomi-' 
pojl aliquot annos P. Scipio Africaiius 
L. Mummius Cenfores locaverum im^ 
nendos. Ce pont ayant été prefque en- 
rement détruit , Grégoire XIII le fit 
faire en I^IS > ^^^^ le grand débor- 
ment de ly^Sejy rompit deux arches, 
depuis ce temps-là il n'en fubfiftepJus 
le la moitié. Il y a de bonnes parties 
ns la décoration , quoiqu'il y ait en 
néral des détails peu convcnables.au 
raélere d'un pont. 

Sur les bords du Tibre ,& vis-à-vîs 
mte Rotto , il y a une vieille mafure 
un goût'mauvaisen tout point, appellée 
maifonde Pilate ,& que d'autres pré- 
ndent avoir été la maifon de Rienzî. 

S. M ARIA EgiZ 1 AC A , Eglifc Ste. W 

M Arméniens que Pon trouve en rêve- ^^^"" 
iiitpar \ePonte de^quattro Captj & lyo 
Hfes plus bas , à Tendroît où étoît au- 
:cfois le Forum Boarium, C'étoit uq 



55*2 VoYAGK EN Italîs; 
ancien temple que plufîeurs Auteurs ont 
dit être de la Fortune virile dont la fête 
fe célébroit le premier jour d'Avril. 

Difcice nunc quare Fortunx chora vîrili 
Decis eo > gclidi quâ locus huniet aqui. 

Ovid. Fdfi. ïir. 

D'autres difent que c'ctoît un temple ] 
confacré à Jupiter & au Soleil ; c'efi ce 
qui fe tire d'une vieille infcription qui a 
été renouvellée par le Cardinal Santorio« \ 

Hoc dudum fuerac fanum per cempora priAra 
Conftruâum Phcebo , mortifbroque Jovi. 

Il en refte quatre colonnes dans la façade» 
& fept fur les côtés ; elles font ioniques 
& cannelées , elles ont huit fois & dend , 
leur grofleur , & les efpaces qui font en- 
tre les colonnes font de deux diamètres 
& un quart : les murs de la nef font 
joints aux colonnes ; ce temple a en lon- 
gueur deux fois fa largeur ; la nef eft di- 
vifée par deux arcades formant des cha- 
pelles ; dans le fond de la nef il y a une 
autre arcade ou niche quarrée dans la- 
quelle eft l'autel. Cet édifice eft enterré 
jufques au-deflus de la bafe ; l'on a dé- 
truit le mur qui féparoit le veftibule de 
la nef pour agrandir cette dernière par- 
tie en rapportant le mur à la place des 
colonnes de la fajadc qu'on a ôtées , \ 



y 



âoiv de belles qui font aux angles, 
ifeffi. percé des fenêtres dans les 
lolohiiements du côté qui regarde 
mtfion. .. 

^té du levant & du midi font 
IEa dans des maifons» On montoit 
jiçiiiem à ce temple par un efca« 
l'était de toute. la largeur de la 
BPtréê , & de la hauteur d'un pié* 

Ïuï régnoit fous la totalité de Pé- 
►ur ce piédeftal ou foubaifement 
aéhiellement enterré , pofent les 
M ioniques qui relient autour de 
^gU^Le goût de l'architeâure de ce 
iK^t eft très-ancien , la difpofition 
>dle & élégante ; la dernière colon* 
^rîl i Pangle feptentrional fe voit 
c entièrement ; les autres du même 
fn tirant fur le nord font plus ca- 
I & l*on y peut remarquer la diffé- 
ié proportion des colonnes avec un 
entablement , en voyant qu'elles 
lent mâles ou élégantes fuivant que 
e^n qui les recouvre les fait Kaufler 
lèèr. Quant à Tentablement de ce 
e «il e(l mal divifé ;.la corniche 
eft auffi confidérable que la frife & 
itrave. 
i$ détails de chacune de ces partiel 



fur cet édifice elle eft lour( 
prit. Tout ce temple eft 
burtine recouverte de ftuc 

Ce temple fut converti 
fe. Le Pape Jean VIII en i 
cra à la Vierge ; Pie IV a] 
ambaflâde en i ç6o du Ro 
ivoiî accordé une Eglife à 
elle fut détruite pour forme 
S. Pie V. donna pour lors 
lîiens PEglife de Sce. Marie 
& Clément XIreflaura& i 
Eglife. 

Les Reliques de Ste. Ma- 
ne font fous le grand-aute 
préfentée dans un tableau e 
dericZuccheri; PHiftoire d 



A -^éCaméc S^ Jérôme, I.%or- 
t^^4Ml^^tte1E^ife4Î héfmié 
iêl^ïtefLÎU peHr'Iesv^pau^es'At^^ 

vlr.? :'r. ': \ 

,i> O N N A«D*-I, So Lï,«otfefo}s dcf^çiJ™ 
^Hfà iitie Coproffs , petke 'E^lile ' 
tehd^^'tjoi-eft fur la place de !Î| 
^lltL yetità, et vôlCtntd^ Sahîte 
E|jy pècime* C'eft un ancien tem- 
Wiionné'^'éthofs de vingt co- 
'•ccyrïntfaiennes cannelées , & par-» 
ï" d^ine muraille de marbra blanc 
MS ifflêmblé.^M. V^uti croit que 
:4è^¥ëi*ple*îk Vtitta ; & M y a- lieu 
1^ ëft 'tffFdt que c'eft cdùi dont ^ 
Homce: 

Vîaîi5às''flayiifnTiberîm retords 

Ljjtorc'Ecriifco V^oicmccr undis > 
-Ife dejeâum^onumentaRcgis 
!.. Jewpkquc Vcft*. 

idantBufelklidansfon plan de Pan- 
i Rouie le marque pour un temple 
teiïïe , ^& INardini dit que c'étoit la 
Ictîc l^olwpia, c'eft-à-dire, le tem- 
: -h Volupté ; on y voyoit la ftatue 
•eroçia , pour exprimer les chagrins 
ennuiS'Cjue dîffipoit la divinité de 
li^e* :La Maifon Savelli confacrsi 



#- 



1-es vingt co onnes aoi 
étoît environné fubfiftent 
leurs chapiteaux , & enviro 
mur de la nef; le furplus ( 
moderne ainlî que celui d; 
colonnes font engagées di 
toit qui couvre toute l'Eg 
temple , indépendamment 
nés, avoit anciennement ui 
\ & une petite calotte qu; 
nef , dont il ne refte plus 
peft, avant qu'il fût ruine 
agréable , quoique l'ordre 
haut pour la largeur de to 
la nef paroît petite par raj 
ties qui l'entouroient ; les cl 
d'un mauvais galbe & d'ur 
& peureflenti: en général 



V. Rome, ile.Quartier.^^J 

l'Ecole grecque, étoit un 
ité il y, a quelques fiécles 

de joie ; il eft aujourd'hui 
défert , & ne reffemble qu'à 
place de campagne. 
.RiA in Cofmedin , c'eft-à- 
arie Reine du monde, Eglife 
îft appellée auflî Scuola gre- 
n y ait enftignë le Grec au- 
qu'il y eût près delà une rue 
\jZ tradition porte que ce fut 
uguftia enfeigna publique- 
îtorique : on rappelle enco- 
a Veritayh. caufe d'une boti- Bocc* 
fous le portique. Cette EgU- ^^"^ ^*"^ 
arles pretnîers Chrétiens fur 
Li temple de la Pudicitë : oh 
fous le portique dix colon* 
es ; il y en a deux à Tentrée 
qui ont vingt-fept pouces de 
le qui font des colonnes co- 
, cannelées , de marbre grec ; 
uatre colonnes de granité & 
)jre d'Afrique , par lefquelles 
;ce temple étoit très-riche, 
colonnes compofites font en- 
i le mur qui fépare la nef du 

ne peut fçavoir au jufte de 
iç du temple étoient c^s co« 



fus que c'ctoic la tête de 
mon gui fe voyoh dans le 
cule. Mais il y a tout iiet 
c^étoit la couverture d'ui 
quelque ancienne cour de 
mafcaron de fontaine , ou 
un mafcaron par lequel c 
oracles; mais le ^uple qv 
y trouva du myftére , y f î 
main à ceux que Yen voul< 
perfuadé que la bojche f 
retîendroît la main At celui 
faire un faux fermenté 

Le PapeS- AdrîexTlf 
glife en 772 à la manieie < 
Clément XI fit abaiffer la r^ 
pour déterrer le bâtîmen 



ly: donner le nom à cette Eg^ife, 
jd^ceUeff<}ù'on apporta de la Gre- 
f^ buitiéme fiécle , lors de la per- 
bL.4esIconoclaftes; on lui trou- 
Itl'ifart & tant de grâces q^e Pon 
Ug-temps qu'elle n'étoit point un 
eœs faoïDines , (Vemitî) p. 368). 
ibas Fautel dans une belle urne 

ftiu^eplofieur^ Reliques de mar-- 
£mic voir une ample & fç^vante 
POB de cette Sglife dans un oa^ 
|6; l'ardiiprêtre Creicimbeni ^ qnî 
4r«mie|r cuflode de l'Académie des 
irder Borne » &-dont nous^ aurons 
in^deparler. 

pr^.ailer de cette place, appelle 
.^UlluBocca délia Veritas justes 
^s du Mont-Avemin , on p^i& 
emplacement du grand* Cirque- ^ 
lous parlerons ci-après. 
rallok du grand Qrque au Mont- 
in ou à la douzième région da 
(Une Rome par le GUvms PublUiiis 
larle Ovide à l'occaiîon du temp}e 
ife.'. 

klMIfat Ch'rî qui ttinc crât atduà nipej , 
(■ToiiBC icer eit , l'ubliciumqùe vocanc, 
Ovid. Fajl. V. 

' avoît fut: cette colline, & près du 



Junonis regina , que Car 
après la fameufe prife de 
l'on tranfpona la ftatue i 
étoit adorée ; il ëtoit vers 
& peut-être au même ent 
nombre de belles coloni 

3UÎ font dans cette Eglii 
oute de quelque temple 
encore dans ce temple q 
conde guerre punique 
deux flatues de Junon (ai 
cyprès , dont Tite-Iâve 
endroits. 

Ceft auffi fur le Mont 
toit la cayeme du célebr 
nommé du nom grec kûuù 

avoit Yolé des bceufis à I 
••.^:* — I.A j — r 






tàjf. XlVé Rome, i â ^.Qu/i rricr.3 6î 

Sition de Virgile fuppofe que cette 

I avcùc deux ouvenures du côté du 

-Palatin y & une du côté de Santa 

ïn avoit bid encore ^ cette occafion 
semple de Caca j factllum Cac4e; c'é« 
^ la fbeur de Ocus , qui découvrit à 
irciile le vol de fon frère , & mérita 
|fi les honneurs diirïns. Les Vefiales 
jSeac façrifier dans fon temple. 
L^aotel d'Evandire étoit fur la même 
|bi.e > près de la porte Trigemine , de 
pEie que le tombeau de Tatius que 
iBulus y fitenfévelir avec honneur, Se 
pi d^Aventinus » Roi d'Albe> qui étoit 
rc long^temps auparavant 5 & dont 
Bom étoit refté à la colline. Il y avoit 
le Mont-Aventîn une caverne & une 
ktaine que Numa rendit célèbre par 
[âge qu'il en fit pour dompter un peu* 
•Cuper(lmeu:}t ; il aflura aux Romains 
t Picus & Faunus ayant coutume d'aU 
; boire à cette fontaine , il leur avoit 
tiiié du vin & les avoit enivré? ; que 
\ ayant liés pendant leur fommeil , il 
; avoit forcés à lui apprendre le fccret 
£iire defcendre Jupiter du Ciel : Plut. 
Numa. 

Tome W. Q 



Ides d'Avril. 

Hic quoque , ni (allor , populo grai 
Atria libertas coepic habcre fua. 

0% 

On confervoît dans ce t 
Liberté , les archives publiqi 
lement celles des Cenfeurs; p 
y étoient affichées, & en pan 
contre les Veftales qui mî 
leur honneur.Ce temple ayar 
Afiniui Pollio le fit reconumi 
gnifîcence , & il y établit t 
theque publique, la première 
vu dans Rome : Ajinii Polli 
pentum qui primus Bibliothei 
ingénia hominum rem publica 
ne jf. 2. Ovide parle auffi < 
bliotheque. 



fAP. XIV, Rome^ ile.Quartier.^Sj 
lal Umbricius , qui ennuie du tu- 
de la ville fe retiroit^ Cumes du 
le Naples. 

e adeà nîhîl eft quod noftra înfantia cœlunt 
laût Avendni » baccha nittrica Sabina. 

Sût. m. 

f avoit un temple de Mînerve fîtué 
rËglifè de Sta. Prifca dont nous 
ons ci-après , c'eft- à-dire , dans la 
li conduit à la porte S. Paul ^ entre 
nt- Aventîn éc le grand Cirque , ou 
être un peu plus haut fur le Mont- 
dn: ce temple de Minerve étoic 
6 aux Comédiens , comme le font 
rd^bui les chapelles des. différentes 
aunautés. Livius Andronicus au 
: de la féconde guerre punique , Se 
le les affaires des Romains com- 
jrent à devenir meilleures , compo- 
vers qui furent chantés par les VeC- 
: & comme il étoit auteur & ac- 
:out à la fois , on lui donna la pér- 
il de s'établir dans le temple de 
rve, & d'y donner des fpeftaclesj 
e de Minerve fe célébroit dans ce 
ie au mois de Juin : 

bit k geminîs & cancri fîgna rubefcunt,* 
xpic Ayencina Pallas in arce coli. 

Ovil. F^fl.VI, 

<2ij 



'3^4 VoYAÔE EN ItALi: 
Près de là étoît la maifon de Ffayl 
parle Properce. 

Fhyllis AvcAÛnz quzdam cK vîcini Diana 
Ovid. L. ly. Elti 

L'EgUfe des Chevaliers deB 
Sta. Maria Avtntina , eft bâtie 
à Tendroit oii étoit le temple de 1 
ne déefle Fauna : c'eft-là que Rem 
(uita les aufpices pour la fondai 
Rome, & où il avoit fixé (on féj 
la Veilale Claudia qui y coni 
temple. 

pcdîcat ha»c vetcris Claurorum nomînu ha 
Virginco nuUum corpore pafla virum. 
Ovià. Fafi. V. 

Sta. Sabina, Eglife de Domîi 
ancienne & célèbre , la troifiéme 

do rOrdre i & qui efl en 




ULT. XIV, Romi, i29.Quamir.^ 5/j 

ien Apoftbficum cûm CaâefUnus habereC 
QM. 9 ècin coco fiilgerec EpUcopus orbe » 
: quam iniraris fundavic presbycec urbis 
icâ de gence Pctriis , vir nomine canto 
|ll^ B ab exorcu dhrifti nucncus in aulâ , 
ffibuf locuples , (îbi pauper , qui bona vîczl 
altia fiigîens rneruic fpcrare fucura. 

! Pape S. Simmaque en fit un titre 
Irdinal ; S. Grégoire le Grand ac* 
I . à cette Eglife la fiarion du pre- 
|our de Carême ou du Mercredi des 
'es jour auquel il venoit y prêcher 
renoncer des Homélies au peuple ; 
apes y viennent encore tenir cha« 
ce jour- là avec toute leur Cour , & 
e la^cérémonie dés cendresl. Le Pa- 
ionorius m ayant confirmé l'infti-- 
Le S. Dominique , lui accorda cette 
'h avec une partie du Palais pontifi- 
u'il y avoir , & où ce Saint habita ; 
' montre encore dans le Couvent 
roit où il alloit la nuit fe donner 
fcipline jufqu^au fang, de même que 
roit où il faifoît roraifon , & que 
lient XI à fait changer en une cha- 
: j on montre auffi un oranger qu'il 
ca de Tes mains. 

le'bâtiment fut reftauré , & confa- 
ie nouveau en 1238 par Grégoire 



marbre de Faros , qui or 
bafes antiques & les chapii 
thiens; le portique occident 
par huit colonnes de granité 
vers Je midi a deux colonn 
pece particulière de granité 
le noir & qui a des veines l 
les ont 30 palmes , ou ai p 
teun Dans l'ancien portiq 
chambranle antique de mar 
colonnes torfes & deux au 
blés à celles de TEglife ; d< 
il y a auffi un grand nomb: 
CQloiines , on en compte en t 
les viennent pour la plus g 
d'un temple de Junon ^Jut 
La chapelle de S. Domî 



Cha 



1res par ZuccherL Le Cardinal Jérô* 
Bernerio da Correggio étant Prieur 
:e Couvent fit augmenter le bâdment 
Religieux, & conftruire un apparce* 
}t pour le Pape; ce bâtiment a lervî 
leurs fois pour le Conclave : il y a 
chapelle que Clément IX fit déco-^ 
par le Borromini ; on y a repréfcnté 
François & S. Dominique qu'on a (Tu- _ 
' avoir palTé h nuit plufieurs fois dans 
entretiens de pieté. Une autre cha^ 
e très- décorées où il y a des ftucs du 
palier Rufconi , eft celle oi S. Pic V, ' 
îta. 

-*a maîfon de campagne des Comtes 
'.najî qui eft près de Ste- Sabine a fcrvi 
danc quelque temps auK alTemblces de 
cadémie des Infecondi qui fe tenoient 
(leurs fois Tannée ; elles fe tiennent 
aeilement au palais Lancelotti, ^ 
î, AlessiO y Eglife de Jéronimiens , ^' -^'^^î** 
ée auffifur le fommct du Mont-Aven- 
c'étoit autrefois un Couvent qui por- 
; le nom de S, Bonifaçe^ marryrifé fous 
Krléfien Tan 290. Eufemianus Séna- 
r de Rome père de S* Alexis , y ayant 
^ofé le corps de fon fils au commen- 
lent du cinquième fiéclc ^ il fit bâtir 
Couvent dans l'endroit oîx étoit fa 

9 iv 



dévotion particulière , & c 
éioit la quatrième des20gran 
de Rome. Les Bénédiâins 
jufques en 123 1 , après eux 
très j & Martin V en 1436 j 
JéPnt"«* Jéronîmîens qui furent fon 
* duché de Milan par Eufebe < 
& réformés par le P. d'Oln 
gnol , dont on voit.Pépitapl 
grand autel. Ces Pères cm 
prefque en entier l'Eglife i 
le Couvent , avec les fecoi 
dinal Quirini en 17^0, o 
voit fort au long dans un 
Père Félix Nerini publié ei 
Le grand autel eft orné 
nacle de pierres fines & de 



XAP. XIV. Rome,i2f. (Quartier. ^69^ 
Dans la chapelle des Princes Sa« 
fin montre un ancien efcalier de 
[célèbre par la vie & la mort de S. 
V , où l'on prétend qu'il vécut pa!^ 
(c inconnu y au retour d'un long 
inage ^ comme Tannonce l'infcrip- 
fuivante. 

ibgradu ifto , inpaterna domoBea^ 
âUxius Romanorum nobilijjîmus , 
\it ^lius fed tamquam pauper rectp-^ 
ajperam egenamque vitam duxit ari'^ 
KVlt\ ibique purijjîmam animam 
orifuo féliciter reddidit an. D. 414. 
:€ntio L Papa , ÊJ^ Honorio Gr I^eo- 

IL Imper atoribus. 
s Couvent de S. Alexis , de même 
le Prieuré dont nous allons parler, 
placés dans la plus belle fituation 

jouir dans toute Ion étendue de 
c , de fes antiquités & de fes édi- 

RiORATo, Commanderîe de l'Ordre Pncur 
ialthe,à laquelle eft attaché le titre de 
id-Prieur de Rome; elle eft aduelle- 
: poffédée par M. Rezzonico , neu- 
de S. S. à qui elle rapporte 8000 
;, & qui a faitreftaurer & embellir 
ellement TEglife & la maifon. On 
»uvé en faifant ces réparations un 



Tombeau 
proùae. 



avoient toucne a ces reliques 
En entrant dans TEglife 
fur la droite un tombeau très 
ble où font en bas-relief Mi 
les neuf Mufes , & le portraî 
main tenant un volume , fur h 
thagore obfervant le globe o 
me dans les médailles de ! 
Homère avec fes ouvrages ; î 
c'étoit un Poète fçavant & 
qui ce tombeau avoit été fa 
par la fculpture que c'étoit ( 
Trajan : ce tombeau fert à 
de la Maifon Spinelli dont ï 
au-deffus. J'ai remarqué de 
chofes en plufieurs endroits 
Le père Montfaucon dans 
d'Italie f chapitre 12. paer. i 



:hap. XIV. Rome.il^.Quamer.'iji 
spuve que fi le Panthéon eft devenu 
pfe de tous les Saints , le tombeau 
I Philofophe Romain peut bien fer- 
è on £vêque ; tout dépend de la 
rention & des principes qu'on fe fait 
pareille matière. Vis-à-vîs du tom- 
a dont nous venons de parler y il y 
i on autre dont les figures font chré- 
nes , & qui •mérite auflî d'être re- 

V.U bas du Mont-Aventin & dans la 
ne ou eft le Monte Tejlacio , on voyoit 
Navalia où lieux de débarquement 
le bord du Tibre pour les bâtimens 
remontoîent à voiles d'Oftie à Ro- 
9 & qui ne pouvoient pas paifer les 
ts; car les bâtimens qui defcendoient 
a Sabine le long du Tibre avoîent 
autre port , qui étoit du côté du 
mp de Mars , depuis que la conftruc- 
dc plufieurs ponts eut obligé de 
fporter ce port loin du pont Subli" 
, qui d'abord avoit été le feul pont 
Kx)me. 

îans cette même plaine du Teftacio 
ent auflî les chantiers où Ton confer- 
: les bâtimens inutiles & les. bois de 
ftruélion ; de même que les magafins 
ries bleds qui venoient de la Sicile, 

Q vj 



Xfome 
Itibcio, 



Vel extra portam ire crîgemina ad fa 
Quod mihi ne evcniac nonnixUuni p' 

Tout cet efpace étoit* hon 
mais l'Empereur Aurélien p 
iûreté de cette partie en fiail 
fa nouvelle enceinte par de 
trigtmina , & jufqu'à l'end 
la porte Saint Paul , & la p 
Ceftius. 

Les Potiers de terre avoi 
confinés dans le même qu^ 
temps de Tarquin l'ancien , 
plus à portée du Tibre , & | 
ge que dans la ville; ce fut 
na lieu à la formation de Pém 
nous allons parler. 

MoNTi! Testacio , en 
Tellaceus ou DoViolum^ fut foi 



Cais. XIy.Rome,Ia^QaJrrîer.37J; 
j & près de I ^o pieds de hauteur 
lét toute entière de pots cafTés ; mai» 
confidérer la multitude prodigieu* 
le terre cuite qu'on employoit à Ro« 
U le nombre des tonneaux néceflaîres 
nr mettre Peau , le vin & les liqueurs , 
' Taies pour les bains publics , les ur* 
I dnér^res que l'on fabriquoit près 
;li i caufe du voifinage de la nviere , 
iibtues des Dieux , les vafes qui ve« 
ieiit du pays étranger & qui fe caf* 
ient en chemin ^ tout cela dans une 
Ve dont la population ëtoit itnpenfe , 
fon ne regardera pas comme impoilî- 
6 la formation de cette colline par les 
bris de tous ces uftenfiles ramaiTés de 
Bte la ville : cette colline a même été 
ils haute qu'elle n'eft aâuellement , car 
I en a fouvent enlevé quantité de voî- 
rcs chargées pour combler & applanir 
tcrrein de ce quartier-là. 
U y a fous cette montagne un grand 9*^"' 
>mbre de caves d'une extrême fraî- 
icur ; les Marchands de vin y tiennent 
BTS provifions , & font venir de là juC- 
les chez eux tous les marins le vin qu'ils 
îulent vendre dans Tintérieur de la 
Me. Ces caves qui font creufées dans 
mérieur du mont Teftacîo ont la ré^ 



574 VoTTAGE EN Italie. 
putation d'être d'une fraîcheur extriof-' 
dinaire : M, Nollet a éprouvé qu'dlà ^ 
écoient en effet un peu plus fraîches qyi i 
îios fbuterreins de l'Obfervatoire oui r 
thermomètre fe foutîent conflammem If: 
10 I degrés, car il l'a trouvé àpjt 
dans ces caves , lorfque dans les cata- 
combes de S. Scbauîen le ilierinoma* 
tre étoit à 13 4 , & dans Pair libre hff tî 
degrèsi, Il faut que la terre cuite doff 
cette colline eft formée , confenre [ 
de fraîcheur que toute autre efpcce &| 
tcrreins^Ie'moircs cle l'Académie, 1749* 
pag. ^83 ), Il y a aux environs de cetîfil 
colline des guinguettes oh tout le rr-oniï 
va fe rafraîchir en été. On jouit d'anei 
'■'* 'belle vue quand on eft au foi 




;hap. XIV. Romeyi2f.Quartier.^jf. 
oyau eft de brique , il eft revêtu de 
:s de marbre blanc. Cette Piramide eft 
e proportion élégante & fait un très- 
îfFet dans le pay fage de près & de loin, 
fcription qui ell du côté de l'occident 
:elle-ci: C CeJIius L.F. Pob. Epulo. Pr. 
PZ. yjrii^ir. Epulonum.Y oici cellejqui 
lu côté de Torient, plus bas & en plus 
ts caraftéres : Opus abfolutum ex tep 
lento y diebus 330. arbitratu PontL P. 
lia. Melcè beredis &• Pothi L. Il paroît 
la première infcriptîon que Ceftius 
it un des Septemviri ou des fept per- 
ines qui préfidoient aux feftins des 
eux ; cette place étoit en grande confi- 
ration , & poffédée par les perfonnes 
diftinftion , comme eft en France celle 
premier Maître-d'Hôtel du Roi, I^ 
:onde infcription fait voir que la Py- 
nide fut faite par les foins de Lucius 
ntius, héritier , & de Pothus afFranchî 

Ceftius , en vertu du tefiament de 
îftius; mais on ne fait rien d'ailleurs de 
vie ni du temps où il a ytzu. Panvi- 
s a cru que c'étoit celui qui avoir été 
nful l'an 37 de Jefus-Chrift; mais d'au- 
îs penfent qu'il étoit plus ?.ncien , & 
TS le milieu du règne d'Augufte/ 

Cette Pyramide étoit à moitié enter- 



de ftatues de colonnes & de 
par lefquels on jugea qu'il ] 
deux ftatues avec les piedeftai 
colonnes , pour orner les qu; 
de ce monument ; on en a me 
vé Pinfcription qui écoit doul: 
dire , qui étoit répétée fur leî 
deftaux , comme cela fe prati 
quefois. 

Dans le bas du focle , à la 
cft vers Rome , on trouve 
porte fort bafle avec un cor 
conduit dans une petite chanr 
•îeds de long fur 1 1 de large, ] 
le milieu de la Pyramide; c' 
partie vùide qui foit dans ce r 
Cette petite chambre eft garni 
très-dur , dont Vitruve nous ; 
compofition , & qui fe faifoit 



h 



^ AP. Xiy. Rmc, 1 s^.QuartUr. 3 77^ 
it & en Tair , d'un heureux choix 
lide & d'un deflein élégant , qui 
:é très-bien gravées pat Bartoli ; 8c 
i trouve auffi dans la defcription de 
Pyramide qui eft à la fin de Nar- 
^ 00 M, Falconieri les fit graver en 
I : elles font relatives à la charge de 
Eus , car on y voit une perfonne qui 
pare une tourte , & d'autres qui tien- 
t les inftrumens de mufi)|ue uficés 
s les feftins folenmels. 



CHAPITRE XV. 

nie extérieure du 12^. Quartier 
hors de la Porte S. Paul. 

ORTA S. Paolo, environ 400 
es au midi des Eglifes de S. Alexis & 
Prieuré, eft une des portes qui font au 
lide la ville ; elle eft placée un peu 
delà de celle qui s'appelloit autre- Porta' 
I forta Trigernina , à caufe des ïîora^ ^'""^ 
qui fortîrent par là pour aller com- 
trc les Curiaces l'an de Rome 87, 
forta OJiUnJîs , à caufe de la grande 
te qui conduifoit au port d'Oûic j 



Ceftius dont nous avons doi 
menfions. II y avoit près de 1 
appelle Ara Jovis inventons, q 
facré à Jumter par Hercule le 
retrouvé les bœufs. 

Il y avoit autrefois un po 
puis cette porte jufques à l'Ei 
Paul fur une longueur de d< 
c'eft Procope qui nous Papf 
colonnes en étoien: de marb 
couverture de plomb doré; il f 
par Adrien II & par Benoît II 
mais il n'en refte plus aucun v 
ne voit fur cette route que d< 
ou des murs de jardins ; on ti 
lement deux petites chapelles . 
pellée S. Salvatore : c'eft-là , 
tradition, que S.Paul rencontn 
dame Romaine ,& lui demand 



Zbav. XV. Rome, i^c. Quartier. ^^^ 
:ontrc fur le chemin de S. Paul s'ap- 
e SS.Pietro (y Paulo quifeparati^ 
:e que ce fut là,fuivant la tradition, 
Is fe féparérent Pun de l'autre pour 
: au martyre , S. Paul continuant du 
î de VAqua Salvia , ou des trois fon- 
es qui font à une lieue de Rome , 8ç 
it Pierre allant à Mons Aunus , vers 
droit où efl l'Eglife de S. Pietro in 
fitorio. 

^2L vigne qui appartenoit à Ste. Fran- 
ce , Romaine, eft près de là ; on a peint 
le mur extérieur quelques miracles 
, fuivant la tradition, y furent opérés ; 
uiffeau qui eft vis-à- vis eft appelle 
IS S, Prudence & dans S. Grégoire 
îrand Rivus almon\ nous en parlerons 
i fuite de Capo di Bove. 
5. Paolo /«ori délie mura , grande s. Pa 
ameufe églife de Benédidlins , l'unf 
cinq églifes patriarcliales de Rome , 
les quatre bafiliques dont la vifite eft 
onnée pour l'Année Sainte. Elle fut 
rée par Conftantin le Grand, à la prie- 
le S- Sylveftre 1 , fur un terrein de 
nne , Dame Romaine , & fur une 
:ie d'un ancien cimetière , où S. Paul 
it été enterré pour la première fois 



5B0 VOTAGl EN ItAIII» 
par fon difcîple Timothée (^)jFan 
de J. C. L'EgUfe fut confacrée par f 
Sylveflre l*an 324, rétablie par l'Em-^l 
perciir Théodole en ^S6 ^Sc par Hono^ 
rius l'an 3^; J ; c eft à quoi fe rapport 
CCS deux vers qui font autour d'un graD 
arc de FEglifc. 

Cette églife fut encore reftaur^e pla-i 
iieurs fois , & fpécialement par Saia 
Léon III l'an 8itf, à la faite d'un tren 
blême nt de terre qui l'avait renverféeeû 
grande partie* il y fit placer feize ven] 
qui font rapportés dans Severano i«i^ 
Ufetu CA/e/è, p. 35)4. 

Dam Ch'jfïi Aaiiltfï tanùk Teo portîbm ^iu 



CHAP.XV.Rome, I2^ (^uartier.^^Si) 
140 pieds eft divifée en y nefs, foutenuea 
par quatre rangs de grandes colonnes an- 
tiques , au nombre de 80, les unes can- 
nelées , les autres rondes ; les 40 colon-; 
nés de la nef du milieu ont 54 pieds de 
fcaut , & font d'une feule pièce de mar- 
bre de Paros d'un très- beau galbe, & ru- 
dentées au tiers , chofb affez rare dans 
l'antique ; ce font des colonnes corin- 
thiennes tirées du maufolée d'Adrien; 
elles ont été nettoyées & repolies fous 
ïenoxt XIII & Benoît XIV , & font le 
plus bel effet j les autres font de granité, 
de brèche- violette , ( Pavonai^mo ), de 
Cipollino , de Marmo Salino : il y a en- 
core ^o autres colonnes plus petites, & 
30 colonnes de porphyre aux différens 
autels de cette églife ; les devants d'au- 
tel ( Paliotti) font tous d'une feule table 
de porphyre , & il y en a fept , autant 
que je puis m'en rappeller ; celui du 
grand autel a 8 pieds. 3 pouces de lon- 
gueur & Q.6 pouces de hauteur ; les qua- 
tre colonnes de porohyre qui fouriennent 
le baldaquin du grand autel, ont vingt 
pieds de haut : on monte à cet autel par 
deux efcaliers de marbre qui répondent 
aux nefs latérales , & dont les arcs font 
foutenus par dix colonnes ae granité d'u- 



58a VOYAGK EN iTALtE, 
lîc grofleur extraordinaire* Cet aute 
été Jefliné par Onorio Lungki ton V( 
au-deffus une ancienne mofaïque dePier- 
re Cavallinl , que Benoît XIV a fait H 
parer. Cette tribune du grand autel 
pavée de marbre , le refte de Teglife i 
qu'un pave vieux & ruiné, qui ne réponi 
pas plus que la couverture aux immenft 
richeffes qu*il y a dans cette églife j & 
la grande fortune des Bénédi<îlînE en Ita- 
lie ; ce font ces beaux ouvrages laiffâ 
imparfaits , & les difparates choquante! 
de cette efpece,qui font dire aux An^ 
glois que les Religieux d'Italie atrendco 
toujours les bienfaiteurs. Au refte il Ji 
dans les pierres de ce pavé plulîeurs rcE 
tesd'infcriptions remarquables ^ recuol-' 
lies par le P* Corndio Margariniy'Bl 




LP. XV« Rome^ I2e. Quartier. 38 jf 

le du Se. Sacrement , oppofée à 

^de Sce. Brigitte. 

Confeffion» ou Pautel fouterreinj 

le plufieurs reliques de Martyrs 9 

de Stc« Anne , quelques-uns des 

^Li&ocens ; on y montre la chaîne 

laquelle St. Paul fut lié dans, fa 

mofaïque du grand arc de la nef 

-ancienne ; elle repréfente J. C. 

24 ^elliards de PÀpocalypfe ; oa 

" imée depuis Quelques années ; le 

en eft très-cmmé. Cette mofaï-- 

i^^ faite en 440 » fous S. Léon le 

. 9 aux frais de Placidia | fœur des 

Honorius & Arcadius , com- 

^ôn en juge par les deux vers qui y, 

fUcidâX pîa mens operîs decus hoc faciebac , 
paudet Poncificis (ludio fplendere Leonis. 

L'humidité du terrain qui eft bas &' 
afin du Tibre , fait que les peintures 
^fc confcrvent point dans cette églife , 
ffi n'y a-t-il dans les cinq nefs qui la 
IBipoient ni tableaux , ni autels , ce 
i lui donne, encore un air pauvre & 
landonné. 

On voit feulement au haut de la nef 
( portraits des Papes ; les anciennes 



res , & fit ajouter les autr 

qu'à lui qui étoît le 245 

temps-là M. le Chanoine 1 

a publié une defcription o 

Les trois portes de S. 

bronze & ornées de bas- 

furent faites l'an 1070 ; c 

Pantaléon Caflelli , Conful 

fit couler & mettre en p! 

frais ; il y eft repréfenté à 

yant une image , & l'on y 

teau qui formoit l'écu de (a 

La façade & le portique d 

ont été faits en 1725' , | 

Pape Benoît XIII, qui fit 

le terreîn au niveau de Tégl 

Gallettî y a placé plufieurs 

antiques qu'il avoit recueil! 

faïques de la façade font di 



,«n:-.: . - A. 



:.A^ r.. 



«is grandes bafiliques» Quoique ce 
fbne des {grandes paroiflfes de Rome , 
:t& deflervîe par les Bénédiâins de la 
isrégadon du MontCalIin ^ ou de 
.Juftine.de Padoue^ qui y furent éta- • 
par Martin V en 14.22 ^& qui font 
ibnâions de Penitenciers.de cette ba- 
ue. Leur couvent eft vafte ^ mais go- 
!ue ; il y a une bibliothèque où l'on 
ferve pluiîeurs anciens manufcrits 
c de fort belles miniatures. Le maii- 
; air fait qu'ils fe retirent tous à Ro« 
pendant Tété dans le couvent de St« 
acte. 

I. P A o L o aile tre Fontane , ëglifè 
it à un mille plus loin fur la Via Of- 
fis , dans le canton qu'on appelloit 
guttam jugiter manantem , ou ad 
as Salvias , du nom d'une ancienne 
Ton de campagne, où beaucoup de 
its fe retirèrent dans le temps des 
ëcutions , & où pluficurs furent mar- 
fés & enfevelis. Cette eglife efl bâ^ 
ï l'endroit même où S. Paul fut dti 
lé. Le Cardinal Pierre Aldobran- 
la fit rebâtir en entier ; voici Pinfr 
tion ; 

^ttrus Diaconus Card. Aldobrandinus 
LE. CamerariuSflocum S. Pauli Apof- 
TomlV. R 



rairui jui anno o. 

La colonne à laquelle x>n 

Paul fut attaché pour le .m 

:placce près. de la première è 

taines,qui indique le prem 

la tête de S, Paul , comme '. 

très bonds font marqués par 

.fontaines miraculeufes qui »f( 

là. Le bâtiment a été fait fui 

-de Jacques délia Porta. L( 

compofé d'un ordre dcipilafti 

au defTus.duquelfe trouve u 

piédeftal, qui forme une ^e 

..que furmonté d'un fécond i 

ronné d un fronton circula 

cft d'une architeélure mâle l 

filée. 

L'avant-corps en pilaflr 
portant lspil?.ftres trianguh 
-ne îblie maft'e . & la oortè au 



k4e i'^n^aUcfloem ionique eft trop 

^^tcrîc^^ de r^glife.eft très-fimple , 
., décoré de deux autels 9c de trois 
SCS. en façon d'autels, fur chacun 
lels on a figuré une efpece de taber« 
:T>onant . une. croix. 
L l'un des deux autels à droite il.y a 
f^rttdfiement de S.:Pierre, qui eft un 
fl^u tableau du Guide Bien com- 
f^ bien ,deflîné& bien colorié ^ma}s 
ft^palbeureufement très -gâté, avant 
coup .pouffé au noir. Benoit XlVi 
rpêppôfoit de le faire exécuter en mQ.« 
V^j,fic de tranfporter l'original dans 
^dioit plus iàin ;. mais, cela. n'^ppint 
(Mûtjui^u'ici. 

Xes autels de cette églife (ont ornés Coion 
e colonnes de porphyre , mais à celui ^^il^"^^^ 
e la décollation de S. Paul il y en a 
^ux admirables , dont on ne connoît 
V les pareilles , elles font de porphyre 
DX , on ne fçait pas même de quel pays 
^ ont été tirées ; mais c'eft fans doute 
e rjEthiopîe , d'où venoit aufiî le ba- 
llte. ,Les trois puits font ornés de ni- 
lies en marbre , avec des colonnes de 
erd antique. 

.S& ViNC£Nzo £D Anastasio , e(t 

Rîj 



38S Voyage en Italîi, 

la troifieme églife que nous avons inm 
cée ; elle fut bâtie l'an 62^ par Hotf 
lîus L Innocent II la donna auxf 
nardinsde POrdrcde CîteauXjl'an ii^ 
Le Pape Eugène III fut le premier j 
bé envoyé par S, Bernard dans cecd 
vent , avant que d'être Pape. L^on I 
fie rebâtir cette ëglife : les fonds qu'a 
poffede remontent à une donation 
Charlemagne , qui eft rapportée par Fci* ^ 
dinand UghelU , Abbé de ce couvcfltl '_ 
dans Ion halia Sacra, On y confervî - 
les reliques de S. Vincent * de S, Anafi ^ 
tafe & de plus de dix mille Martyrs. -- 

S CALA DEL ClELO 5 OU S\ M^i 4 

Scala CœU , eft une petite églife toutt , 
ronde , ainfi appellée par les Bernari:!* : 
à caufe d'une révélation de S, EernH 




.XV. Rome j 12'. Quartier. ^^^ 

311 en eft mâle & très-fimple. La 

t renfermée dans un av^nt-corps ' . 

le deux pilaflres doriques avec 

lement ionique formant fronton : 

î eft un attique d'une trts^bon- ^ 

jrtton. Le touc eft terminé par 

tte fur montée d'une lanterne, la- 

evient un peu trop forte. 

îrieur eft un quatre dans lequel 

ent des pans dtcorés d^un or- 

nihien, le tout couvert d'une 

; !a proportion en eft très-bon- 

iblenienr eft maie & bien profilé, 

bune de l'autel a une bonne mo- 

où font rcpréfentés plufteurs 
& parmi eux le Pape Clément 
le Cardinal Aldobrandi j on la 
comme le premier ouvrage en 
î d'un bon goût , qui ait été fait 
odernes ; il fut exécuté par Fran- 
ca de Florence , fur les deflcins 
ie Veccki dal Borgo. 
?uterreins de cette é^life font 
cimetière de S. Zenon , où fu- 
rrés plus de dix mille Martyrs , 

avoir travaillé à l'immenfe ou- 
5 Thermes de Dioclétien, furent 
rt par ordre de cet Empereur. 
BASTiANO aile Catacombe fégli^ s. sébaflîch 
R iij 



3^0 Vo Y A OH BM l-tALtti 

f& de l'Ordre de Cîreauic, fimée fut 
h voie Appia , célèbre dans rHiftbirt 
Ecclcfiafficiue j Se l'une des' fept princi- 
pales églîfes de Rome ; elle fut fondée 
par Connatirin le Gratid , à l'honnciif 
de S, Sébaftien , préfet des cohortes df 
l'Empereur , qui fut bapnfé par le Pape 
S, Caïas j Se mil fouffric le mart^^re louS 
l'empire de Dioclérien , vers Tan 2^5- 
Laurent Surius dit (jue ce Saint appa- 
tut après fort martyre à Ste. Lucinc, 
Dame Romaine, & lui révéla que fou 
corps avoit été jette dans un égout* 
( que l'on montre encore à Sp André 
délia Valle ) afin qu'elle le fît tranffor- 
ter aux Catacombes qui font vers cette 
églife , ot'i les corps de S. Pierre & de S. 
Paul avoîent été d'abord dépoft'S- 

L'églife jdont nous parlons, a été ref* 
taurée plufieurs fois , mais fur-tout en 
i6i r , par le Cardinal Scîpioa Borgbe- 
fe, qui la fit rebâtir avec une bellefa* 
çade, un portique & une voûte dort'e^ 
fur les deiïeîns de Flamînio Ponzio;le5 
defFeîns du grand autel font de Jean Fla- 
iinand. 

La chapelle de S. Sébaflîen qui ren- 
ferme fes reliques , a été décorée fur te 
defieins de Citoferrx j h ftatuc (feS, Sé^ 



1 coudié dans Ton tambieau, & per*' 
fl^faei , eft de Giorgetti , un àt^ 
UFS'éleves duBêrnin : on y trouve 
!orreâions du Mîtitre fans y trou**- 
sr perjt étions ; il y acepenaant de 
es vérités dlans Ibs chairs. 

chapelle' de S. Fabien a été dëco- 
ir Clément XI , fur les defleins de 

Maratte ; la fiatue du Saint eft^ 
ipaleo. 

; pordque de l'églife eft (butenu par 
lonnes antiques d^une matière fort 

il y en a- deux dé granité blanc ,8c 
de granîteverdâire avec des taches' 
: efpece fiuguliere. Il y a voit ci- 
nt un tombeau antique chargé de 
îs chrétiennes , d'un bon genre , qui 
îuellement dans la bibliothèque du 
:an , où Ton a formé un Mufxum 
lianum. 

tî montre dans Téglife de S. Sébaf- 
.a* pierre oîi J. C. imprima la trace 
s pieds lorfqu'il rencontra S. Pierre 
Tendroito^eft aftuellement une pe- 
chapelle appellée Domine , quo va^ 
ce nom ki a été donné à caufe du 
de Thiftoirede S. Pierre qui a don- 
eu à fon établiflTement. Ce S, Apô- 
uyoît la perfécution de Rome v on 
Riv 



|iUllUlL lUll UlViii iV&CtiliC j pu 

cifié de nouveau. Cette rép 
leçon frappante & un reprocl: 
pôtre, qui retourna dans l'ii 
cher la palme du martyre, 

Au-deflus de la porte des i 
îl y a plufieurs Saints qui or 
à trcfque par Antoine Carrac 
gravé un paflTage de S. Jérôi 
chicl , chap. XI. Dum ejjem 
beralibusjîudiis erudirer foleb 
&c. 

Catacombes. LeS CaTACOMBES de S 

font les plus célèbres & les 
qu'il y ait à Rome ; ce font < 
fouterreines de 3 ou 4 pied 
creufées dans la pierre ou dai 
à une grande profondeur. Qu< 
font fi baffes, qu'il faut fe b 
coup pour y pouvoir paffer 3 



ÎBJAB* XV. Romty 12^. (Quartier. 5^3 
I KMjLutfl» , je dors : ç'étoit lÀ en ef- 
n Ppn croit que les premiers Chré- 
I fe retiroient la nuit , ne trouvant 
It d'^autre afjle dans le temps des 
jfcutions ; ils y faifqient leurs exerci- 
le piété^ ik y enterroient leurs morts ; 
btilà où S, Pierre & S. Paul furent 
dfés après leur martyre , ce qui a 
ippeller cette églife BafiUque des Apô- 
: les Auteurs difent qu'il y eut treize 
5S & 74. mille Martyrs qui y furent 
rrés. 

in voit II droite & à gauche dans ces 
ries des hiches qui étoient formées 
: des briques minces ou des plaques 
oarbre ; Ton y mettoit les corps des 
tyrs avec les épées , couteaux , ou 
5S inllrumens de leur fupplice , des 
les , des croî-x , des épitaphes, & fou- 
: une phiolc de leur fang : on montre 
ire la niche où fut trouvé le corps 
îte. Cécile. C'eft là que l'on va mê- 
iftuellement puifer les reliques des 
tti que le Pape accorde aux difFéren- 
^fes des pays catholiques, aux Am- 
ideurs & aux Couronnes. Il y a une 
inné chargée habituellement d'y fai- 
ouilter. On y trouve quelquefois des 

R v 



3P4 Voyage en Itali 
corps aflfez bien confervés , poui 
fen puiffe remarquer la forme , t 
qu'on y touche » ils fe réduifent 
pouflfiere un peu humide. 

On aflure qu'on pourroit faîi 
milles de chemin dans ces fouti 
il y en a dans plufieurs endroits 
me y ils ont tous probablement 1 
origine : c'ëtoit des excavations c 
tiroit du fable ou du moëllon,fer 
à celles dont on voit la naiflâr 
l'Obfervatoire Royal de Paris, 
dcles s'y retiroîent , parce que 
terreins étoient les endroits les 
crets de Rome. Quelques 
croient qu'ils fervirent long-ten 
à la fépulture des efclaves & c 




. XV. Romtytle. Quartier. 3pf 
l'attribuent à Caracalla^ ^ pen- 
c'eft celui dont on voit la figure 
édailles de cet Empereur. V(>yei 
f Antkhita di Rcma. vol. II. 
le plus entier de tous les cir« 
eft très-propre adonner une idée 
ces forces de conftruélions Ro- 
ieflinées à la courfe des chars , 
our cetce raifon les Grecs appel* 
ippodromes. On y remarque les 

lefquels étoient placés les gra- 
ir les fpedateurs. On reconnoît 
de ce qu'on appelloit dans le cir* 
7ina & les Metœ ou bornes. Nous 
rons plus au long à Toccafion du 
irque. M. Lomifdal (0 obferve 
pina , ou mafllf de maçonnerie 
îgeoit le cirque de Caracalla fur 
eur ctoit de 38 pieds plus près 
gauche du cirque , que du côté 

la courfe commençoit. Par ce 
les chevaux entroient facilement 
rene.j mais quand les chars par- 
la borne la plus éloignée tour- 
>our revenir aux portiques , Car* 
'oîi ils étoient partis, tant de 
Tient reftés en arrière , qu'il falloir 
p moins, d'cfpace pour la courfe ; 

«c Littéraire , T, YIII. pag. 1190 

R vj 





I 



39^ Vo VASE EN ItALTf. 
voilà pourquoi cette partie àw Cirque 
étoit moins Isrge. L'cKtrtmité oneBtaW 
du Cirque eft terminée par un demi-cerclfi 
dont le centre paroît écre l'extrémité k 
là borne : on y voit la grande porte par 
laquelle le vainqueur Ibrtoit pour niar- 
cher en triomphe fur b voie AppietinCï 
6c vis-à-vis de la porte deux clpeces de 
tours dans lefqu elles font de petites cham- 
bres voûtées. La borne qui étoit à l'oc- 
cident i étoit placée à une diftance pltis 
confidérable des portiques ; au moyen 
de cette dirpofition les chevaux & les 
chars en tr oient tous dans la Iké avec tjn 
^égal avantage. Le cûté droit du cirque 
cil d'environ 54 pieds plus long que le 
côté gauche ; les portiques ne font pas en 
ligne droite , mais dans un arc de cercle 
dont le centre eft vers le milieu de»M- 
pace qu'il y a entre la première borne & 
le côté droit du cirque. La Spina étoir 
confidérablement relevée au-deflus du 
niveau de l'arène , pour que les chars 
n'allafTent pas fe brifer contre les autels, 
les ftatues & obélifques dont elle étoit 
décorée : c'étoit-là qu'étoit rob'clifque 
de la place Navonne que le Pape Inno- 
cent X fit tranfporter, & dont nous avons 
parlé ci-devant. 



loge , ou Podium de l'Empereur 
El voir été à gauche du Cirque vh- 
e la première borne. Il y avoir 
s fpeâateurs trois rangs de fiéges 
côtés du Cirque , & au-deflous il 
D un portique oùi'on fe retiroit en 
ic pluie. * 

remarque dans les débris des murs 
Cirque beaucoup de vafes de terre 
|ui étoîent creux, & qu'on pla- 
ins le maiHf des voûtes pour les 

plus légères , ou peut-^être pour 
fer la brique. 

remarque auffi près de -là un bâ- 
rond très folide & très-bien con- 
a vec une enceinte quaYrée au nord 
'que, mais on n'en fçait pas l'ufage. 
r avoit près de-là un temple du 
Rediculus , ( à reditu ) dans l'en- 
jù Annibal avoit établi fon camp 
IC milles de Rome , mais d'où il fut 
t déterminé à partir par des pré- 
contraires , dont les Romains ren- 
grâces folemnelles en élevant un 
i dans le même endroit. 
' a lieu de croire que c'cft du mê- 
é que campa Coriokin.lorfqu'il vint 
te des Volfquès pour renverfer la 
ie Rome j car on y avoit bâti un 



ne la reioiution ae le ven 
trie , Pan de Rome 26$. 

Capo Di Bc^E , gran 
cft un des monumcns les e 
vés de l'ancienne magnifie 
mains. Elle eft ronde, (c 
blocs de travertin , & les 
épais (\ui\ n'y a dans le mal 
qu'une efpece de puits, où 
I^urne qui eft au palais Fax 
nous Pavons dit. Lé bâtiri 
un grand piedeftal quarré 
revêtu de grandes pierres 
au haut eft une corniche a 
ornée de têtes de boeufs & 
d'un bon deffern & d'une 1 
tion î au-deflus eft un mat 
ue dont le couronnement 
e crénaux & de canardier 
trudlîon moderne : dans Yh 



iflP. Xf.Rcme, t2e* Quartier. ^$9 
éconmofi de cetre Tour eft d'un bon 
9 8c é\k devôk faire un bon effet 
uelie étoit jointe à celle du piedellal: 
kes de boË^â qui font dan^ la frife 
nt très-bien & font richefle : les 
ts de vue de cette Tour font agréa- 
& variés fur-tout, à un certain éloi- 
aent. 

ir le côté de la Tour on lit cette înC- 
:ion : Cacilia Q. Cretici F. Mentiez 
Ji ; qui fait voir que c'étoit le torti- 
1 de Cecilia , fille de Metellus Creti* 
, & femme du Triumvir Craflus. 
is le bas âge on th fit une citadelle , 
'on bâtit i côté une cliâteau & une 
fe; on en voit encore I^enceinte^au 
ers de laquelle pafle le grand che- 
: au-dpflus des portes étoient les ar- 
de la famille des Gaëtâni , & une 
de bœuf, d'où eft venu fans doute le 
1 de cet endroit , qui s'appelle au- 
rd'hui Capo di Boxe. Dans le temps 
guerres civiles qui défoloient la ville 
Rome les familles les plus puliFantes 
îent coutume dcfe fortifier dans leursi 
ipagnes ; c'eft ainfi qu'on voit dans 
îe de Pafcbal II qui vîvoit en r lOO , 
la Maifon des Corfi s'étoit emparée 
f Eglife de S. Paul & du château qui 



ij.00 Voyage en Itauïe* 
éroit contigii , d'où elle infeftoiila vîllfi 
de Rome par des excarlions continuels 
les. 

Etv rentrant par la porte S, Sebaftie 
on trouve à droite une belle vallée qd 
S^appelle la Caffarelia, qui a plus d*ii 
mille de long Se qui eft au-deflbus del 
voie Appin; vers cette plaine & prèsc" 
la voie Latine on trouve le fleuve Ain 
qui vers fa Iburce eft appelle Acquâ S§^ 
/^, parce qu'il y a une eau mînéraUai 
laquelle on guérit la gale des anîmauxl 
& qui grofTiifant enfuite va fe jctrerdan 
le Tibre : c'eft4à que les Prêtres iXt 
loient laver chaque année la ftatue " 
Cybele, 

Ec totam paryd r^vocaflc Almoac Cvlielr;ii, 

Luc. L. L 



ChAPv XV* jRomc, la». Quartîer.^01 
ÉAfacré cette Eglife à fon honneur : 
Moratoire éroh reflé comme enfeveli 
■ les décombres jufqu'au temps d'Ur-- 
li.VIII qui en 1634 ^^ ^^ décou- 
I/& orner d'une manière convenable. 
Meflous de cette colline de S. Ur- 
nëtoit le bois , la grotte & la fontaine 
werie & des Mufcs d'où Numa Pom- 
pi feîgnoit de rapporter fes oracles 
ir mieux conduire un peuple difEci- 
f fuperflitieux. Lucus erat quem me- 
BR ex opacofpecu fons pereiini rigabat 
ift, quà quia perfœpe Numa fine ar bit ris 
Ui ad congrejfum dect fe ferebat , cd" 
nis eum lucum facr&vit quod earum 
yconcilia cum conjugefua Egeria ejfent 
^lifidei folemne infiituit.Tke-L. 1. !• 

îc ubi noâurnz Num.i condicuebat amicz , 
Bnc facri foncis rcmus Se delubra lecancur. 

Z^tH là qu'on voit encore aujourd'hui 
i fontaine au-deffbus de TEglife de 
Jrbain : cette fontaine fut ornée dans 
uîte d'une voûte avec des ftatues qui 
temps même de Juvenal avojent chan- 
Pafpeft de cette célèbre fontaine. 

» tallcm Egeriac dcfccn-limus & fpcluncas 
Jifimiles vcris , quanco prxdanrius ed'ec 
>men aquac » viiidi (i margine clauderec umbras 
tcba a. HCC ingenuum violarenc marmora tophum* 



Vomuit 



OÙ dtoient les fiatues des 
la ftatue de la Nymphe n' 
ne. L'eau qui fort de cette 
pour être excellente , & c 
tel qu'il eft , a été dieffiné 
nombre d'Artifte». 

En revenant vers la p 
tien Ton trouve une petite 
lëeS. Maria délit Palme o\ 
parce qu'elle fut bâtie , fui 
Antiquaires , fur les f uinej 
de Mars qui étoit hors de 
voie Apîenne, Tédifice k 
de la première région de 1 
xne. Ce temple étoit envii 
miers, & foutenu par cent < 
toit-là que les foldats écfa 
gers de là guerre alloiem 
armes : 



i6 fis prier» renverferent une gran- 
artie du temple; 

n appelle auffi cette Eglife Domi/te , 
'adis^ parce que, fuivant la tradition, 
it-14que S» Pierre fuyant la perl'é- 
•n dîB Néron-, rencontra N, S. la 
K fur les épaules, & lui dit ces pa- 

1D'i>iinint j qub vadis ? On y voir 
lierre où Fèmpreinte dès pieds dier 
•'• efl? marquée ; c'eft une imitarion* 
rflc qui pafle pour la vraie , & que* 
canferve à S; Sébaftien , comme 

Tavons- raconté en parlant de cette 

* y a une petite chapelle ronde fur le 

•u du chemin qu'on dit être plus 

iculiérement l'endroit de cette vifion. 

i-là que l'ancienne via ardeanna , 

erfe la- rue qui va de S. Paul à S. 

àflicn. 

iC ruiflTeau Almon fait aller un mou- Ruîflcaa 

)rèsde là; nous en avons parlé il n'y Aimon. 

l'un infl'ant : on appelle ce Canton 

ua-Taccio, qui vient àeAcquad^Accio, 

lu nom d'Acis qui fut aimé par Cy- 

I : on y amené les animaux galeux, 

7eft vers le même endroit qu'étoit 

antaine de Mercure oà les Mar- 

3ds venoient le ly de Mai remplir 



1 



'404 Voyage e« Italie. 
des urnes pour faire des afper&ons 
leurs Marchandifes : 

£ft aqua Mercurii portae vicîna Capenx » 
Si juvac expcnis credere numen habec » 

Huic venir iiicinâus cunicâ mercacor & uml 
Purus fuilusâ quam ferac hauric aquam. 

Ovii. Fafi, V. 

On y voyoit auffi près de la porte C 
pêne , le tombeau d'Horatia , fœur^ 
trois Horaces , Se qui avoir été proo 
à Pun des Curiaces. On fait que daol 
temps où Horace revenoit chargé i 
dépouilles de fes trois ennemis , fa fa 
fortit de Rome du côté où fut bâtie ( 
fuite la porte Capene , pour aller au-i 
vant du vainqueur; elle vit fur l'épa 
de fon frère un ouvrage de fes ma 
j quelle avoir fait pour fon mari ; c£fp 




\St niehtibn dans Ciceron. An tu 
^f porta Capena cum Calatini , Sri- 
\nfSerpiliorum,Metellorumfcpulchra 
p^iferos putas illos. Cic. Tufc. L On 
i&c plus aux environs de la porte S. 
tÙèn que quelques maflifs de brique 
revétlflemens & fans formes, aux- 
f il e(l impoflible de rien connoitre. 

bRTA S. Seb ASTIANO , fituée Porte 

tprès à l'endroit où étoit autrefois ^^^**^'" 
wzc Capene y appellëe auflî Porta 
\a^ parce qu'elle étoit au commence- 
p de la %fia Appia, nous en avons par- 
Tome II L ). Cette porte conduit 
rnfano petite ville célèbre par fes 
vins. Au-deffus de la porte Capene 
âvoit une fontaine de l'Empereur * 
afien appellée Lac us Vefpajianus , 
lifoit appeller cette porte madidam 
\am\ mais la porte aftuelle de S. Sé- 
n eft un ancien arc que NoU dit 
e Nero Claudius Drufus. C'eft une Arc di 
î avec une colonne compofire de ^'^^^"** 
; chipolin à chaque côté , lef- 
s aînfi que leurs entablemens & 
vîedeftaux font faillie fur la mafle 
!e ; au - deflus de l'entablement 
corniche eft entièrement ruinée 
reftes d'un fronton. Il y a diffé-^ 



çue l^n -a jenleyé. 



CHAPJT.R^ 

'.& Jtts .emikans 

JLiA Porte LATiNA,.q 

«toifes tiela .porte 3* Sébafti 

• «nom de r^ndenne- rouie dus 

des plu&fr^ueatéesde couti 

fcnjvrrons de.Rome, 

s. Jean. ^ s. GiovMi^i a Ror ta. La 

^ju'on ;stppelle en Fcai^çoisS. 

Xatiney fut bâtie £ur les ruin< 

^e.de Diane vers l'an 772 



:e qu'on croit que c^eft l'endroit 
S. Jeanl'Ëvangélifte futplon*- 
huile bouilknrei on prétendy 
Jes inftcumensderlon marty« 
baveux qii'on lui coupa 9 & le 
le rafoir fit fortir de Ta tête.iLe 
Paoluccî fit re£»ire cette j£gli& 

fur les deffeins du Borrominî.; 
i .belles colonnes de ixiarbre ou 
e dont deux fontdePiivomijjerr 
rbre violet, 

SABEOy eft uneEglife que Ion 
1 rentrant dans la ville , à ayo 
la Porte Latine , près des Ther- 
^aracalla , d'où elle fut nommée 
7 9 comme on le voit dans la vie 
rgius Pape , qui fut élû dans cet 
Cette EgUfe eft très-ancienne , 
arlé dans S. Grégoire le Grand; 
confacré à S. Céfarée , Diacre ^ 
a la fépulture à Sainte Domitilla 
, & à fes Eunuques SS, Nérée & 
. -Elle appartient aux Somafques 
îgc Clémentin ; il y a quatre bel- 
nnes de marbre blanc & noir à 
tels de. cette Eglîfe, 
^EREOé AcHiLLEO,Eglifcdes 
; rOratoire qui fut bâtie par le 

Jean I vers l'an 5.1^3 fur un 



Thermes de 



bandé qui couvroit les [ 
chaînes lui avoîenc faite 
Cardinal Cdfar Baronius 
laire la fit rebâtir en- ent 
1 JP7 , & l'obtint pour fa 
de rOratoire, On remarq 
Eglife deux chaires à la f 
miers fiécles de TEglife 
chaife de marbre fur le dofl 
eft gravé une partie des 
que S, Grégoire le Grand ] 
cette Eglife ; le tabernacle 
tel eft foutenu par quatre 
marbre d'Afrique rouge < 
beauté finguliere; il y a* pi 
colonnes remarquables , & 
deux grandes bafes de porj 
14 pieds de circonférence 
devant l'Eglife 8c l'autre e 



»iiie^:filii^y avtdi>riè6oâ6^plus ns^' 

ïc Roà^ '^ÀppMée Pifdna puhtica'i 
wemtncorp mefurer la plusgFaade 
nfionwimérieurfc <ie4*eki<îeiiite dé cet 
mes^'^uf a.i|^S:f ^ife^'iHi Ifj^i. 

tn trou^ne le plan'^génépal éi^ 1^ 
Tcs d^Architefture de MjPeyre-^ 
itseâe du Koi , imprimées en i*j6yi 
dkt JOXiiOn y appcirçôit^tltiécfèU 
phifieurs iktteii de \mti% jéet ff^-* 
B 30Ù les Pfailofoplites i^îriTetyb^ 
imitai ou .il y avoic ^Hes câfcades 4Se 
\isni-à*céix^-6c dans'?^ milieu dH 
gs'OÙ ron-^fe plaçoit> pour voit les 
:ices de toute efpece & les fpedaclés 
Eiy doobcùt. Spartien dans la vie de 
iéâlla'ydit (^eles Arcbîteiftes cbniVe^ 
Ht qu'o& nVvoiTi jamais- fi'en faîe 
flSL magnifique., &qû^>ntfeyoitdàW 
Thermes des chofes que les plus ha- 
r.-Méchamciebs auroient jugées im« 
iMcs tiCes Thermes escient beaucoup 
p« eDteoïdus que ceux He Dietlétien 
liue tous les autres de ftqme. Il y 
iri6oo fiéges de marbre , & 3000 
«BOes.s'y baigndient à la 'fois : ils 
Tome IK . S 




Mi 

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*! ■' 

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ï \ 

•\ •■ ; 
.... 









Jbmpereurs Héiiogabale & 
ajoutèrent des portiques , 
rent encore plus commode 

{)as deux (lécles qu'on en a 
onnes d'une beauté & d'u 
fingulieres. Aujourd'hui il 
rien d'entier , les murs font 
élevés , mais ïU tombent ei 
ferpit impoffible d'en tirer | 
on l'a fait des Thermes de 
ce n'eft plus qu'une carcafl[< 
à moitié ruinée , où les éc( 
minaire Romain vont jouer 
à difFérens autres jeux dans 
congét Tous Içs profils 6c 1 
fe voient (ont mativais ^ m 
générales & particulières ^n 
ainfi que la di(lribution« . 
Le palais de Caracalla et 



^f . XVL Rùme, tu .Quartier. ^jt 
Widear \ & bcamé & fa folidité , la 
iontaous parlons^ étoit une des plus 
kê de Rome ; elle s'appelloit Via 
c 

lf£npereur Sévère fit faire dans là 
le r^;îon une maifon fuperbe y ap« 
b Domus Parthûrum , parce qu'il la 
la aux Panhes qu'il amena dans Ro« 
8c dont Tertullien parle à l'occafion 
«r luxe, foit pour les habits , foit' 
r'ies ameubleœens , ( Tert. de habita 

*;3ai.bima , andenne ^gHfe qui fut 
mctét Tan 33(^y fous l'invocation 
biuveur ) Dar S. Marc Pape. S. Gré* 
t le Grand la dédia l'an 6ôo & &e. 
âne 5 Martyre. Le Chapitre de S. 
re » de qui elle dépend , l'accorda du 
M d^Iniiocent Xil à une Congréga-* 
' de Prêtres fécuUers , établie à Na- 
fous le nom de PU Opérai. Il y a 
I le jardin & dans le couvent des ref- 
confidérables de tours & de conf- 
iions antiques ; & lorfqu'on creufa 
t le bâtiment neuf, on y trouva d'an- 
M acqueducs , des mofàVques , des 
ïes fines , & autres reftes d'antiquité* 
». Saba , églife dédiée à un S. Abbé 
oappadoce ; elle étoit occupée autre- 

Sij 



fçh par ii# ï^fJîg^««t(G*fcçaide& T 
file » ttoAfk rUe^^épeQdraâiicUfim»t( 
Collège germanique. .Cei;(eîgli& cftc 
née de 2 5* colonnes » dont deux foot^^ 

focpbyre noir ,Ue$:autit9i(do:J(miJt^' 
vos & de gr^i^At U y aîUftifandtt 
]^efiu où eftfUne.noce^en ;ba&«xelief;3 
a d|tBs )e{>av^ b^atucooii d^parpbfcl 
autres pierres rare$. : ■ 

. SvPuiscA, égUfe des Auguffiiisj 

Congrégation deLombfLrdie^bfttiilà* 

droit même où faabitoit Ste. Prifqilc^l 

ge Sa Mar^rs > |<Mri(|u'eUe fut; cenT 

{S&]^pôféepar'$; Pierre avec bMi 

d'ajw:res,^0np^r,/ÎSon père n^M 

Cofnful de rÇorticy & Pon met cçttcSùfl 

te à la tête des Martyres d'Occident co»? 

ine Prot(hmartyre. On y /nontre epcort 

le vafe avec |le(}i<$lion prétend qu'^"*: 

fut baptifëe. Cette égUfe fut retotf^ 

par Adrien Ji, \\m 722 , & par Cn 

lîxte III en i45'.5 ? ce dernier yi^ 

une infcription., qù ron voit les tr*fr 

tîons d*antiquité qui fe font tranfini» 

fur cetje 4gUfô* /^e feëiHtjer paroît tef 

un chapiteau de coiônqe ,• fbr lequel ft* 

voit cette infcription » ^aptifmus S,?^ 

S. Gi^EGDRio Magno , églifc * 

' ,Cam^dule^ bâ|ie fur le ipontt C&!^ ^ 



\ 



oit qu'on appelloit autrefois Clii/us 
Ly & fùîr l'emplacement même dé 
ifbn paternelle de S. Grégoire le 
l , Pajpe & Doaeûr lie PEglife La- 
[l y fit. bâtir lai-métfije Un couvent. 
: ^gUfe qu'il didia àS.^ndré Apô^ 
)Oinàie leî ditBarohîus. 
L croit qu'il y avoit eu jadis au mê- 
:u un temple de Baccbus ; mais il 
fte rien d'antique , fi ce n'eft une 
de pavé formée de différens mat^ 
; le reftë.a été défait , quand on- Il 

aggl'andir lesnéfis latérales , & ré- 
une partie de Péglife en 17^4. 

Cardinal Sdpion Borghefe fit bâ- 
{és. frais en j'633 la façade & le 
. cfcalier quî'-y conduit, avec un 
le portique en pierres de taille , fur 
rfleins de h B.^Soria , Romain. Ce 
il eft décoré de deux ordres de pî- 
} , Pun ionique & l'autre corinthien : 
tne au premier coup-d'œil un bon 
, produit par fa grande maffe quar- 
levée fur un perron de trois rampes , 
il perd dans le détail , les ordres 

trop petits & trop courts , & lé 

on trop iaigu. Avant que d'entrer 

cette églife , on pafle dans une cour 

onnée de portiques : Tintérieur de 

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portiques aeux colonnes c 
pelle Porta .fanta , & déu 
brèche dont les pierres fi: 
touges-grifes. L'intérieur d 
commencé par le Fr^erè Se 
psir Fçrrari. La ne£je(ld'ù] 
ponion^on V ai employé uxi 
dre compoie , . dahs lequel 
unpetijt ordre ionique pou 
bas-côtés : on y remarque 
de granité. La décoration i 
manque de goût &.de not 
cade3 de la nef fi)nt de .b< 
étroites & trop petites , aio 
côtés qui font extraordinai 
mentes dans leur pkm. 

A la chapelle du fond < 
à droite , S. Grégoire , A* A 
tableau dontJa couleur eft 

tnoîc mil n'a nac fnnt^ Pam 



rge & l'Ei\^nt Jefus qui en a peur ; 
bas» S. Grégoire écrivant dans un li- 
"f^orté fur les ailes d^un Ange : ce ta- 
lu eft un peu tiré de Carie Maratte » 
ft il-tft tir^-inférieur i ceifx de ce 
îorc, ..--••■•■ 

Ku fécond autel de la nef à gauche , 
tableau de Pompée Batoni , repré- 
tant la Vierge & l'Enfant Jefus fur 
f iédefial f & différens Saints & Sain- 
'^ui lès invoquent riaViergè •& la 
llte ne font pas belles , 8c font d^une 
meremefquine ;lescaraâeres dés trois 

Pts font meilleurs ; les deux petits en-- 
de devant font très-bien penfés , les 
Kirs en font aflêz vraies , & les drape- 
s traitées d*une manière trop molle. 
La porte. qui eft à côté du grand autel 
nduic aux chapelles que fit faire le 
irdSnal Salviati à l'honneur d'une ima- 

de la Vierge ; voici Finfcription : i4n- 
ùus 'Maria Card. Sahiatus B. Virgi- 
nmagintm ante annos nulle in paternis 
&fus B. Gregorium allocutam facello 
ornavit , anno MDC. Le bâtiment fut 
«rnnencé par François de Volterre , & 
hévé par Maderno. 

Le tableau repréfente S. Grégoire en 
teres au milieu de deux Anges ; il efl 

3 iv. 



«f?So44:.W. àfitdmi^ fioteft&i.df 



ôj 



>r 'ci 

maiion il y a trois chapelles ou .pcâÉUL 

y ne même cour ; la premier^ ed àéfiittfV 
5,^^re. Sihie, mère de S^Q^^h/ 
Grand : fop cul-de-four fur pteî^tiiJk^iQfit;.: 

que mr; le Çjuide çj^ 1^08 ^if^^ttààfx 
4u Cardïnal Bargbefe i il r^r^m^Mv 
concert d^Anges dans une tribuiif | ttb^V 
mal compofé , ou les figures f<Hit fflfc-!" ' 
tes a^ifolt-es de toutes parcs , &.oùon» 
même peîQejà.îeçonnpîcre t:e grand M4« 
ijre :. on lui reprocbeapflî d^y, aveir fe- 
préfenté les Ângef avec des, yiolboSi 
Quoi .qu'il ei\.f<ivt, ce morceau a de là ti^ 
putation , on V^ip^dlQ Gloria delGuidOé 
L'autel eft orné de deux colonnes très- 
rares de porphyre yerd; ^d'albâtre fleah 
ci ,& d'une, ft^tiuç dc^ S^. Syviepar'JSfe 
colas CoFàçri. • /) ^,:^^\^ . .. - . 

ff' 1^ .La.feco^àe chapelle qui ^eft çelli&^da 
^"^^ S. André, dans laquelle S. Grégoire ré-, 
cîtoit fes Homélies, eft plus rare 8§j>lui 
çrécieufe que . Wjji le. reile; j^ cj|lç çft féq 



[AP. XVI. Rome, 12^. Quartier. 4> : 

Îiar les deux belles peintures à fref- 
u Domîniquin & du Guide , pla- 
l'uDC yis-à vis de l'autre , dans lef- 
es ces deux Artîftes incomparables 
nt comme difpucés la gloire de la 
rence ; à gauche c'eft S. André al- 
lU martyre , par le Guide : l'ordon-» 
e de ce tableau eft très -belle ; Sr» 
ré appercevant de loin fa croix plan- 
ir une montagne , qui eft le lieu de 
ibpplice , fe jette à genoux pour Pa* 
r ; les bourreaux le forcent à fe re- 
• ; incident très-ingénieux & même 
ique de la part du Peintre : ce ta- 
I plairoit peut-être beaucoup plus 
toit moins rouge de couleur, 
c fécond eft du Domîniquin , il re- 
inte la flagellation de S. André ; la 
pofition en eft un peu découpée, & 
'i;ures du fécond plan trop petites , 
il eft très-pur de delïein , l'expref- 
en eft belle ; le Domîniquin y a in- 
oit répifode d'un petit enfant qui ef« 
^ du martyre du Saint fe cache dans 
ras de fa mère. Le juge qui fait exé- 
r le martyre , eft ignoble , mais la 
du Saint eft très-belle ; tes bour- 
X font ce qu'il y a de mieux > l'un 
occupé & iiçr les pieds du Saint ,, Se 

S V ■ 



4i8 VoyAGB BM Itaiii. 
l'autre le fouette avec une poigne 
longues verges : les figures en Ton 
mirablement bien compoféeSy ma 
peu académiques. 

Ces deux morceaux furent fai 
concurrence par le Dominiquin &1( 
de ; ils renferment l'un & l'aua 
beautés fi fingulîeres & fi (Ëffére 
qu'il eft aiTez difficile de décider ( 
lui qui l'emporte fiir Pautre : Ym 
du Guide eft plus ingénieux que W 
de du petit enfant; la compoiiti< 
Guide eft bien liée & bien bah; 
celle du Dominiquin eft éparfe. Le 
de a deffiné peut-être avec un pei 
de délicatefle , le Dominiquin av( 
reté feulement : le coloris dans 1' 
dsms l*auire edà mérite égal j mais, 




)hap* XVî.Rome,ii^. Quartier. ^ip 
id autel en huile fur le ftuc ; il repré^ 
e la Vierge , S. André & S* Grégoi- 
La Vierge a le plus joli caraftere , 
5 l'Enfant Jefus n'a aucune nobleffe. 
tableau eft fi mutilé qu'on n'en jouit 
!que pas. Les deux colonnes font de 
1 antique. 

La troifieme églife qui n'cft propre- 
it qu'un oratoire de Ste. Barbe , eft 
larquable par deux colonnes de bré- 

jaune & une ftatue de S. Grégoire 
s , en marbre blanc , ébauchée par 
chel-Ange & terminée par Nicolas 
rdierî* Ocft un ouvrage très-médio- 
'. Les peintures à freifque qui font fur 

murailles , font de Viviano d'Urbin. 
y a dans cette chapelle uçe grande ta- 
; de marbre , fur laquelle S. Grégoire 
voit tous les jours à dîner 12 pauvres 
lerins : on dit qu'un jour S. Grégoire y 
: un Ange qui occupoit une place , ce 
li détermina ce faint Pape à y ajouter 
ujours un treizième pauvre : ce pieux 

ancien ufage s'obferve encore aujour-* 
hui d'une manière exemplaire dans le 
liais pontifical ; & l'on a repréfenté ce 
iracle dans une mauvaife frefque de la 
lapelle dont nous parlons. 

En fortant de roîatQÎrç de Ste. Barbe 

S v j . 



4ao yoY4GB: KN I,TAtJ« 

OR va voie me pqited»pelI|î^:à:iW;^ 
droit oùi^onâlGke^qtte&Gf^iitçott^ 
cfioit> il 2 a dans cette diap^.ui^&égCî^ 
de marbre tr^-ancien :& fort fiogulier^ ; 
£ur lequelil y a une tète ^ une couieofie 
& des ailes». 

Tous lesmaufoTëes quiétdent durti 
Tanqienne^glife, ont été tcanfportés. dans^ j 
le cl6itre du couvent &.rangés en Woff 
dre» Celui de la Maiibn Crefcenzi à'isrâ. • 
gauche 9. fut fsdt fur ks deflèins de M(v* 
un LuQghi; à droite on voit celui de 
Riparoli ,.o&il y a un bas -relief en broft-, J 
ze > de Lorenzetta^qui ^préfçnte pM;i/ji 
tréedeXC^.J Jàrufaîonï^ j »' 

L'Eglîfe de S. Grégoire eft trës-fré* 
quentée,fur-tout daas l'oftave des Morts, 
à caufe des indulgences extraordinaireî 
que S. Grégoire lui accorda : il dit dans 
fes Dialogues, ( L IV. du j^). qu^ayant 
fait célébrer jo Mefles pour un de fes 
Keligieux qui étoit mort. » il lui^paruc 
tout rayonnant de gloire, & lui dit que 
par fes prières il avoît été délivré du 
Purgatoire : auflî les Fidèles font dire 
très-fou vent dans cette églife 30 Mefles 
pour les Morts» 

On vient de puîjlieren 1^6^ un Oa% 
vrage qui contient plufieurs^ infcrîptions 



^es> tirées de la bibliothèque de 

naifon^avec des notes fçavantes- 

Blafi & du P. SàHdfi , Catnalduw 

ïTi GiOTANNîEFAOLa,aneîenne 
fituée de Pautre câré de la rue qui 
t Nat^ieella , dans l'endroit même 
ît la maifon des deux frères S. Jean 
aul y martyrs, décapités fous JuHen 
bt» Cette églife eft occupée par 
res de la Congrégation de la Mif- 
elle fut bâtie dans le cinquième 
par S. PlEtmmachius , & elle a été 
éc en différens temps par les Car- 
titulaires , & fur-tout par le Car- 
'aolucci , fur les defleins de Ca^- 

xlife eft partagée en trois nefs par 
on nés de marbres rares ; il y en a 
granité noir , deux de blanc- vei- 
deJans de la porte , huit dans le 
e, & fix de granité rouge jles co- 
qui font placées au-deflus de l'or- 
ix fur-tout remarqutibles. Il y a 
ms de porphyre à la porte : k pavé 



a Bic partie d*un 
1-40. ^rani' co'- 
\\i cliez Moî^nî- 



ri ci 5. J' dijTertat'nnes 6^ 
1 îna^.ationcs in aliquot ine- 
■ irTs Veterum infcriptiones 
(s* numijmata yÇs^c* ij^j:» 



^aa VoTAGS SK Itâii; 
lutel dt condent auffi beaucoup de por^ 
pbyce, y a fous Tautel de S. Saturnin a 

urne de ntême matière , dans laqi 

Sofe le corps de ce Saint , ce qu 
es beaux autels de Rome. On 
dans la nef du milieu à droite u 
fur laquelle on aflure que les Sai 
laires turent décapités ; leurs relii 
fous le grand auteL Les peintun 
te églife (ont de Circignano , Ti 
On voit fur les murs du jardi 
cruftations fingulieres formées 
acquéducs de VAqua Claudia. 
j£n allant du côté de S. Su 
tonio on trouve un arc appelle 
Confuls , fur lequel on voit le 
Dolabella. Il y auflî près de-là 
qui confiflent en plufieurs arc 




CHAPrX VILRome^ 1 1^. Quartier. J 2J 



CHAPITRE XVIL 

te du 12*. Quartier. Défcription 
n Mont Palatin & des environs 
du grand Grqtte. 

E Mont Palatin, qui eft entre le 
nre & la place de Campo vaccino , ap- 
tient auffiau douzième quartier, c'eii 
irquoi nous avons différé jufqu'ici i 
parler. Il faifoit autrefois la dixième 
gion , & nous allons commencer par 
mer une idée des principaux objets 
il contenoit. M. Venuti commence Gt 
cription des antiquités de Rome par 
te colline, qu'Evandre & Saturne ha- 
•rent autrefois , où Romulus fut ex- 
'é, & où il jetta les premiers fondemens 
fa nouvelle ville. Nous obferverons , 
au bas de la montagne étoit d'abord 
lupercal , efpéce de grotte qu'Evan- 
1 244 ans avant J. C. confacra auDîeu 
I, à qui le mont Licée en Arcadie 
it aufli confacré. 11 y transféra les 
X que l'on faifoit en Arcadie à l'hon- 
ir de ce Dieu. C'étoit dans cette grot- 
au^rapport d^O vide, que fe retiroitla 



louve qui allaita Romulus ; voilà poor-^ 
quoi le ficus ruminalis Se la louve ii[; 
bronze en étoiéht tout près : Nar(£ûi jiige 
que c'étoît à côté de régîîfc de Sta Afo* 
rià Libératrice, au feptentrioq du mpnc ' 
Palatin , & vers ^endroit où font Ici 3 ^ 
colonnes cannelées» ' ;- 

L'on croit communément que leteqi:! J 
pie de Jupiter Stator étoit fur le jPohprM 
mais.Nardini croit quHl étoit un peupl^J 
loin fur le chemin qui Conduifoit au Qr>«^ 

Îue 9 près de Fancienne porte du pahif^.v 
.a maifon de Ciceron étpit auflî prends * 
ce temple , mais dans une. partie ploli^ 
élevée : la partie du Palatin où Romulor '^ 
habitoît , regardoit le grand Cirque, da 
côté des degrés qu'on appelloit pulchi 
littorisgradus;Von y conferva long-temps 
une cabanne où il avoit habité étant en- 
core berger; Denis d'Halicarnaffe dit . 
l'avoir vu, & il ajoute qu'on la réparoit ' 
lorfqu'elle en avoit befoin , avec des ma- ; 
tiéres de boîs & de rofeaux femblables 
aux anciennes ; on en fit dans la fuite un 
11 où tenvple de Romulus ; c'eft à i'endroiuoi 
'"" "* ett Péglife de St. Théodore , & c'eft 1 V 
droit même où Remus & Romulus fu- 
rent expofés peu après leur naiflance. , 
A ces ouvrages groflîers des ancien* . ^ 



lus fuc 



XàmVriiœéderetit les prodiges 
lificéttce & du luxe de cçs ty- 
gùfté'^eutifiirîe Palatin deuk 
.Vfie^o^-il ^oit né'diihs.hi par- 
^ardfe'furilé FjiruntlSôariimi 
ti Ahaftjlfé^, Pâtttre'oà;it'fat 
ahti^ âni8",d^Uné manWé fîtto- 
ideftèj fàjis changer même dé 
li Vixér\ l'hivçr ; on ne fait 
;metlt;'^à^nii quelle panie i\i 
itin^,; triais feulement 'qu'on y 
\e eÛvWiiiSdiiie \ Clivïis fa^ 
lok-vèt^là-partiç feptentrîotà* 
cPalatîîî." ' ' 

srebrTibéré augmenta ce pa-' Paiaî« ac» 
gUfte -avoit logé, & le rendit ^°^p«^««* 
yéè 8e d*un àfpeft plus atignf- 
làPéten dit encore daviànnige; 
es fapeipfltfirés commen^nt à' 
tH mefurej jl pt-ôlongèa les 
es du /palais fur lé penchant 
agné juTqu'à la place du Fon- 
des é{caiiefs-& 'des portique» 

fff«Y*** çt!>nftf«^i*^tfn temple 
î^vec ûiifc ftïttfé d^r , Sç enr 
riin pdftt âé |cdmmumcation' 
au* CapHote ; màïis après quMi 
l V'iïi dci J. Ç. 41 9 1^ peuple 
eut Claude fon fuccefleur d&i 



., — •-r- 



Palatin jufqu'au grand Cirqui 
Ion qui alloit à PEfquilin & 
même une partie de l'ErquîIii 
palais appelle d'abord Domus 
ayant été brûlé Pan de J. C. 
conftruit avec une nouvelle : 
ce & appelle Domus aurea j 
bule étoit en face de Via foc 
aujourd'hui l'églife de Sta.Fi 
mana à Pextrémité de Cam 
l'efcalier aboutiffoit vers Pa 
Suétone & Tacite parlent fc 
magnificence & des richeflcs 
prodiguées; c'étoit les dépo 
talie& de toutPEmpire qu'c 
les marbres , Py voire » For , 
y brilloient de toutes parts , 



ÎHAP. XSni*Rotm,i2^.Quartîer^f 
i f qui ne trouvoit du plaifir que dans 
çhofes difficiles ^ extravagantes oa 
ïflibles , & qui finit par n'être fuf* 
ible d'aucune eipéce de plaifir» 
i ne refia après la mort de Néron que 
mie qui ét<»t fur le Palatin , qui fut 
>re embellie par l'empereur Domitiea 
me on le voit dans Martial. 

^ py ramiJum Oefar miracula ride • 
c , Augufte , taïucn , quac vertice fydera pulûr^ 
Sar domua c& ca.'o : fed xninor eft domino. 
Mart. Vlli, i4. 

y eut fous PEmpereur Commode un 
ndie confid érable dans le palais des 
irs , mais il fut rétabli par Eliogabale 
ilexandre ; il continua d'être long- 
i b réfidence des Empereurs , Çc on 
^lloit toujours le fîege de l'empire » 
f Imperii RomanL 
e ne fut que fous l'empire de Valcn- 
Q ou de Maximin que le Sac des Van* 
1 rendit méconnoiflable cet immenfe 
meux édifice, ou du moins à la prî^ 
\ Rome par Alaric l'an 405) ; il n'en 
aujourd'hui que des ruines que l'on 
dans les jardins Fàrnefe dont nous 
s parler, 

RTi Farnbsi , ou Villa Farntpanai 
m qui appartient au Roi de Na]^lesj^ 



!|aS Vô T £g m Jf N ' I TA LfK 

comme héritier de la Maifon Famefej 
fes jardins occupent la plus grande pair* 
tie du mont Pahtin & oe J'emûlâcement- 
de l'ancien pa^is des CéÊirs } lîi prind^ 
{^le cfntrde eft' fur ie marcbé de Camf9 
ikiMn^s ^éft U0 pofcall^b&ti en traTer^- 
par Vignolë : ^M% deut côtés de la pom» 
font deux colonnes d*ordr« doriqney 
avec deux arrière- corps » dans lesqji4i 
foiit deut. niches , <k des pilaftres. aafi 
d'ordre dpnc^ue; tdut le bas de CettejKme 
eft à Koifages ruftiques ^ & au deflas eft 
un balcon, de pierre ; todfice nlcvoeatiieft 
aifez bien penié & rexëcunon en^tfèfi 
belle ; les profils font beaux & bien exé-' 
eûtes , il y a feulement des maigreurs 
dans les parties des niches, ainfi que 
dans ,les ajuftemens des balcons* Oa 
voit fous les hangars qui font à Fentréc 
de -ces jardins , les matériaux qui fervent 
à dreifer un arc de triomphe fur la place, 
toutes les fois qu'un Pape nouvellement 
élu va prendre poITefllon de Péglife de 
S. Jean de Latran ; les princes dé Far-, 
nefe comme feudataîres du S. Siegei^ 
ëtoient obliges de rendre ce devoir aa 
nouveau Souverain, & les Rois de Na- 
ples ont continué. On voit enfuîte difi2- 
rentes figures que le Pape Paul III y fie 






teiDfportei', & qu!onavpît trouvées dans 
Tamphitéatre quieft près de-là. En avan« 
çanc dans les jardins ^ on trouve une par- 
tie circulaire revêtue de charmilles avec 
des Qiches oà font des fiatues médiocres. 
Un efcalier cordonné, où une pente dou- 
ce mené enfuite à une grotte^ devant la- 
jqueile il y a un petit veftibule : la 4éco-i 
ration du devant de ce veftibule eft corn- 
pofée de trois arcades & de deux petites 
portes ; on voit dans ce veftibule de la 
lumière nerrafTe du jardin une ftatue 
n'Agrippine la jeune ^ coëffëe à la mar 
fliere de Cérès , & deux demi-iigùres de 
prifonniers que l'on croit être des Juifs ; 
elles ont été trouvées fous les ruines du 
tbéatrç de Pompée. La figure d'Agrîp** 

£*ne eA aftife fur une chaife , les bras & 
I jambes croifcs , & toute fon attitude 
annonce une perfonne fort trifte : comme 
-c'eft un ponrait , la tête n'a pas toute la 
cprreélion qui fe trouve dans les anti- 
ques pour les formes ; mais le refte de 
la figure paroît d'un bel enfemble, ce que 
Pon juge d'autant mieux que les drape^ 
jîes accufent très-bien le nud : elle peut 
Itrc mife dans le premier ordre du côté 
de l'expreffion : le travail en eft un peu 
{^c , les mains ea font reftaurées. 



5|3(> VOTAGB EN ÏTAtïS; 

On paiTe de ce veftibule dans i 
fallon quarrë , au fond duquel A n 
groue en niche ^ & un fimple jet-d'fl 
au milieu qui fait bien. Ce fàllon efiédi 
ré par des jours d'enhaut , ce qui lui dd 
ne un air folitaire qui plaît ; la grotte I 
le veftibule qui la précède , ainfi quel 
parties de terraffe jufqu'à la poned'rf 
trée, forment une position variée «^ 
le bruit des eaux rend encore plus 2ffk 
ble. 

Dans la chambre où eft la fbntaioej 
si y a plufieurs fculptures , parnû lefqoeV 
les on diftingue une Grecque dont kl 
cheveux font bouclés fur la tête ; va 
flatue grecque d'Efculape , dont lespni- 
lielles manquent, ayant été probable-' 
ment de quelque autre matière ; cettj 




:é deux ftatues de Junon en mar- 
oity dont les têtes ^ les mains & les 
, quoique antiques, font de marbre 
:• Au milieu de Tefcalier eft une 
Le niche > ornée de rocailles & de 
d'eau. Au haut des efcaliers font 
vidieres d'une architeâure maigre ; 
(ont pratiquées dans deux pavillons^ 
3 à voulu mettre en perfpedtive en 
récipitant le point de vue , ce qui 
e un très -mauvais effet. 
nr h terrafle fupérieure , près de$ 
ères 9 on trouve une quantité de frag« 
tt d'entablements, de chapiteaux^ 
olonnes & de pilaffres , dont les plus 
lidérables viennent de l'entablement 
I temple de Neptune: on ne f$ait 
exaâement où étoit ; on juge par 
fragments que les ouvriers en orne* 
is étoîent alors très - habiles 9 mais 
i^farchiteôure étoit déchue. Les or- 
Éfens qui font fur les membres étant 
p multipliés , & trop fouillés , ils en 
rompent la forme. 

Û jardin eft comme la plupart deJ 
tk d'Italie , fans aucun plan ni difpo-» 
im générale , le haut eft percé de plu- 
lifs allées , & planté de bofquets qui 
it décorés de fontaines ; mais tout cela 






1' 



temple de la Paix & d 

forme un coup d'œil fup 

>.K/"' Il y quelques années 

QéUts. dans Tenceinte de ces jai 

feptentrionale du Palatin 

&lles incruftées de beaux 

l'une defquelles il y avoi 

lonnes de prophyre y de 

d'autres de pierres rares,ti 

ëtoit fracaifé &gâtë par le 

M. Groflée dit qu'il arriv 

finguliere à M. Bianchini 

un des fouterreins^ c'el 

90US a donné un ouvrage i 

Çéfars. On defcend da 

dont les murs fubfiftent e 

teur de dix pieds en quel 

& davantage dans.d'auti 

milieu eft très-grande , & { 



.e entièrement comblée^ & n'a 
marquable. 

:e ces trois falles & dans le fond 
ger , on defcend aux bains de 
font de petites falles fduterrei- 
on n'entre qu'au travers déj 
I voûte de la première efi ornée 
res, rehauiTés dV^ fur un fond 
féconde eft ornée d'arabefques 
ipardmens , dans lefquels ref- 
petitstabieauxbarlongs» peints 
; la voûte eft ornée de figures 
dellinées , partie en or fur un 
jr y & partie en azur fur un fond 
le ces tableaux fe diftingue af* 
jue l'on appérçoîve quatre ou 
es joliment pènfées, compo- 
î manière fvelte , & qui paroif 
it que l'on en peut juger par cjR 
le , avoir été bien peintes. Lea 
dans lefquelles ces figures fontî 
ont des efpéces de corniches 
apis , de jafpe , d'agathe , & au-, 
s dures , foible refte de Péton-^ 
jnificence qui régnpit dans ce 
i décoration du bas de ces pê- 
ne fubfifte plus. Les ftatues & 
eliefs trouvés dans ces ruines 
[uîs en grande partie par M. le 



454 VOYAGK BN ITALiR 

Cardinal de PoHgnac pendant foo a 
bafladeà Rome, qui en forma une tri 
belle colleôion d'antiques , en y joigni 
plufieurs pièces qui avoient été trouYi 
dans les ruines du palais de Mariusem 
Rome & Frefcati, Nous en avons vu 
1763 une partie expofée en vente 4 
la fucceflîon de M. Lambert- Sigisk 
Adam , fculpteur du Roi , qui bai 
acquis de M. Iç Cardinal de PoligK 
il y avoir fur-tout une Vénus & un î 
fée de la plus grande beauté. 
Dans la partie du mont qui cfiva 

Srand Cirque reftent deux rangs d'ai 
es l'un fur l'autre , avec des porô 
qui paroiflent avoir entouré la mont 
en forme de fubftrudlions, Au-deft 
ces portiques font des dcbrjs dt 




CHAP.XVII.Rome lae.Quartier.^.^ $ 
tiquaires le Vicus Sandalarius , qui paf* 
fant fous l'arc de Titus y alioit fe termî* 
nèr vers Meta Sudans près du Colifée. 

Villa Spada, maifon qui appartient 
aftuellement aux Magnani ; elle occupe 
aufli une partie du palais des Céfars fur 
le mont Palatin ; on y conferve un an- 
cien balcon qui a été reftauré , mais qu'on 
affure être encore le même d'où l'Empe- 
reur donnoit le fignal au grand Cirque 
pour faire commencer les Jeux, qu'il 
voyoit de fes appartemens. Il y a dans 
la maifon des peintures eftimées , entre 
autres uneVénus &deuxÂmours que T.on 
croît de Raphaël. 

S. Sebastiaico alla Polveriera, an- 
tienne Eglife bâtie dans Thypodromc , 
ou manège de l'Empereur , à l'endroit 
où S. Sébaftien, capitaine de la première 
compagnie des gardes prétoriennes fous 
Dipclétien , fut martyrifé à coups de flè- 
ches. Elle eft appellée alla Poheriera à 
caufe du magafin où Pon fait le falpêtre 

Îui eft dans la même rue près de l'arc de 
Itus, Cette Eglife étoit une collégiale 
dès l'an 1274, & ^'^^ ^^ 9"^ ^^ ^^ 1'^- 
leâion du Pape Gelafe II : elle eft dans 
le patronage de la Maifon Barberini , & 
Urbain VIII qui en étoit , la fit reftaurer; 

Tjj 



ville par Ibs prières d'un me 
tenoit près de là dans une c 
fonde. On dit encore qu'il 
cet endroit une Eglife plus a 
pcllée S. Salvator in Lacu , à < 
de Curtîus qui en étoit voifi 
pelle aufli Sta. Maria libtra 
inferni Êr libéra nos a pejie .• 
aâuel a été fait en 1617 
Lunghi ; le tableau du grand 

feintures de la facriflie fc 
àrofel. En continuant le lo; 
po vaccino , on voit encore 
trois endroits de belles colc 
nous avons déjà citées. 
Colonne. Les trois plus belles font vcTî 
- Jupirér L/^erâfrf ce, elles pafient pouf < 



)n galbe 9 & leurs chapiteaux font d'un 
avait gras & large ^ leur entablement 
\ beau & bien profilé , il forme un ef- 
t admirable quand on le voit à une dif- 
ncie à peu près égale à fa hauteur ; mais 
us on s'^neloigne, pkisfl devient lourd 

péfant , ce qui décide qu'il y avoir peu 
efpace autour du temple pour le voir. 
es ornemens font travaillés dans la der-* 
ère perfeftion ; de loin la corniche pa- 
lîc auffi fone que la frifé & Parchitrave* 
a manière de ce fragment eft la même 
1 Forum de Nîrva , & a bien de l'ana- 
gîe avec l'entablement de l'ordre ioni- 
le du théâtre de Marcellus. Ces trois 
)lonnes font un d^s plus beaux -frag- 
ens de l'antiquité , & fervent tous les 
>urs d'exemple aux modernes pourré- 
.er les proportions & les ornemens de 
Dfdre corinthien : elles font décrites 
ans Palladio , ainfi que les autres colon* 
•s qui fe voient dans la même place. 

Une colonne ifolée, d'ordre corin- 
lîen cannelée, fubfifte encore près delà 
)ouane , aux deux tiers de l'efpace qui 
(t entre les trois colonnes dont on vient 
e parler & celles du temple de la Con- 
Dfdeî le chapiteau n'en eft pas trop beau, 
: l'on ne fait à quel édifice elle pourroiç 

T iij 



Colc 
ifolcc» 



Colonnes 
it là Con- 



ions parler. 

Le temple de la Conco 
bâti par Furius Camillius ^ I 
vivoit au tems où les Gaulo; 
(léger Rome , mais Conftar 
ra ; il étoit fltué dans un et 
plus ëlevé que le refte de la 
nat s'y aflembloît quelque 
dans l'affaire de Séjan racont 
Eodemmet die Scnatus coaSu 
rem in œde Concordiœ. Il ei 
tenant huit colonnes dont ( 
frontifpîce qui eft couronné 
ment & d'un refte de frontc 
autres font derrière les de 
augulaires , & faifoient par 
qui étolent fur les deux fa 
de ce temole. Les chaoiteaL 



Tonnan; 



ifcription : Senatus Populufque iri'^ 
correptum reftituiu La corniche 
Dpofée de peu de moulures : toute 
pture de ce monument eft mauvaî* 
chapiteaux font tous de différentes 
îurs^ ainlî que les colonnes. Du cô-^ 
Tintérieur du temple il y a une fri- 
un architrave^ chargés de beaux 
ens, dont quelques-uns ne font 
égroflis , comme la plupart des 
1res faites fous Gjnflantin. 
le côté du temple de la Concorde; coicm 
n 60 pieds plus au nord, font trois ^^ M 
les cannelées d ordre cormthien , 
une partie de leur entablement, 
ées p23 dans le plan de Noli J leur 
ition eft telle qu*il y en a deux qui* 
ênt être les deux dernières de la fk* 
u temple, & une en retour d^équcr- 
étoit de la façade latérale. La frife 
chitrave dans la partie de la façade 
nies enfemble , & l'on a mis def- 
e table bordée d'un talon avec foti 
îans laquelle on lit encore ce mot 
ït. Dans la frife de la partie qui eft 
ôté , il y a des têtes de bœUfs &des 
lens de facrifice très-bien foulp- 
nfi que tous les ornemens qui font 
i fragmcnt.On remarque beaucoup 
Tiv 



440 Voyage en Italie. 

d'incgnl.îc dans la compofuion des me 
brcs de i-tntablement : pour rârchura^ 
ellecft bitn dtflinée; la frifeelld'ui 
bor.nc hauteur ; les ornemens de la cor 
ni:*hc l'ont bons , mais la proportion 1è 
membres cft mauvaife. Ce temple ^ 
l'on dit avoit été bâîi par Augufte,ii'l 
aucun rapport avec les édifices faits dft 
fon rems, qui font tous fort fitaplcsS 
ians ornemens fur les moulures. 

S. Teodoro , ou San TotOy petite 
Eglife fîiude au pied du montPalatÎL 
ISardinî penfe que c'étoit h place dft 
temple de Jupiter Stator ; M, Venud 
croit plutôt que c'étoit celui de Remui 
& Romulus qui fut bâti à Pendroit même 
où ils a voient été expof(f s fur le bord d'an 
Dnarais. On plaça 
loui 




Chaï». XVIÎ. Rome, I i^Q«tfrf ier.441 
fvfagc de porter dans cette Eglifé lès 
enfans attaqués de maladies fècrettes, 
^ûr obtenir leur guérifon"; c'étoîtau-' 
trefois une Eglîfe collégiale , mais il n'y 
i plti!i que quelques Cliàrioines difperfes 
Çuî n*y font plus d'office. 
' te. bâtiment fut rétabli en 774 par 
Aârfétil) Nicolas V la Çt reconftruire 
2eii-ï45ô V & le Cardinal Barberîni la re- 
•fttei^ en:r674; dépnîs ce temps- là elle 
fe trouva encore dégrà'dëe & comme en- 
"févelie par les terres & les eaiix qui cou- 
léiit fans ceffe du. mont Palatîti & des 
-lignes dont cette EgUfe eft dominée; 
'Clëment Xll^afait rétablir parles foips 
'du <îavalier Carlo Fontanà. La tribune 
dè-Pautél e(l ornée d'anciennes mofâï- 
"ques, l'autel eft décoré de marbres. S; 
Théodore y eft repréfené en milieu des 
'flammes , de la main de Zuccherîr 
' A- l'entrée de la c5ur qui eft devant 
PEglïie,'il y a un oratoire duCœur de Je- 
•fttS, qui appartient à . l'Arcbiconfrairie 
du même nom qu'on appelle auflî Con-' 
fraîrîe des S^cc^^ni, parce que ces pénitens 
font vêtus de groffe toile à facs j ils vont 
îîuds pieds dans la yiîlé faire la qucte le 
vendredi pour les pauvre?.' 
Là place appellée Forurfi Boariumi 

Tv 



44^ Voyage sur Itaiiï. 
^toitfon près de Ste. ÂDafiafîe;DOD 
avons parlé ci-devant. 

Sta. Anastasia, EgUfe CoIié| 
ficuée à la partie occidentale du Pal; 
fut fondée l'an 500 par AppoIlcMiia, 
me Romaine, dans un fond qui lui a] 
tenoit , pour y faire en fcvelir digne 
le corps de lainte Anaftaiie , vicq 
martyre de Konae. Les anciens Fa 
venoient dire la fcconde Meffe ,o« 
de l'aurore, le jour de Noël: l 
VIII la fit reconftruire avec magni 
ce en 1636 par Arrigucci deFlc 
Michel- Ange Ceruttia peint dans 
te le Manyre de la Sainte ; fa fia 
de Ercole Fzrratcu II y a huit bel 
lonnes cannelées^de marbre violet 
na\\€Uù)i le premier grand arc < 




Xhap. XVII. Romcti 2^. Quartier. 443. 
trele mont Palatin ^le mont Âventin Se 
k Tibre. . / 

Ce vallon dans lequel étoit le grand 
Cirque , s'appelloit d'abord Vallis Mar» 
tia^ &Tarquin Pancicn y établit des:Gour- 
fes de chars & de chevaux. Il n'y avoir 
d'abord que des gradins de bois^ que cha- 
cun faifoit pour fon ufage dans Je jtemp& 
des fpeâacles; maisTarquin y&faire^ 
enfuite des fîeges fixes couverts. La lon- 
gueur du Cirque étoit de 3 flades y ou de 
27 j toifes , dans la feule partie vuide du 
milieu , & fa largeur étoit d'une ftade oa 
95* toifes , fans compter le terrein qu'oc-* 
cupoient les fieges,. fcilcontenoit plus 
de trois cens milles fpêâateurs ; on en 
voit encore la forme chns refpace occu» 
pé par des jardins , entre fainte Anaftafie, 
où étoient les loges des animaux , & l'ex- 
trémité des jardins appelles Or ci di CerchU 
au - de - là du chemin qui va.à S. G régoire^ 
On y voit quelques mafles de briques qui 
ont dû fervirà foutenir les gradins; ;& 
quand on élevé la vue du côte du Pàla* 
tin, on y reconnoît des ruines d'un por- 
tique long & étroit fur le penchant de la 
montagne que Ton a cru être du grand 
Palais , mais qui paroît avoir été plutôt la 
p«(rciie la plu$ élevée des gradins 5c de$ 






j toient déjà du temps de Néi 

' qu'on lit que cet Empereur. é 

iitjeiter fa fcrviette de la feu 
Cirque , pour annoncer au p 
lient j qu'il permettoit de co 
^eûacle. {Caffiod. L. 3. ep. 5 
Augufte éleva dans le Cir 
lifque qu'il fit venir d'Egyp 
près , & dont nous parlen 
L^Empereur Claude y fit fai 
de marbre pour les animaux ; 
nés dorées. L'incendie de ^ 
ravagé le grand Cirque l'an 
l'Empereur Trajan le fit rétal 
de grandeur & de magnifie 
paraient ; il tomboit en ruîi 
tcHiin le pieux , Se Marc - . 
ciicrore rétablir. 1 ; 
- Entre les portiques don 



uAP.XVII.Rome, ta^.QaartUr^Sï 
éphans qui ëtoient dans le Ctrqut 
odiaÛcnt trop des fpeélateurs , 
e cela étoit arrivé :l/niVer^ eruptio- 
mtauere non Jim vexatione Populi 
'Àati clathris ferreis (Plin. 8.7.) 
lal fervit aufC à un combat de cinq 
diles & d'un Hippopotame ,(.. S. 
Lampridius dit qu'ÈIiogabale le fit 
r de vin pour y faire un combat 
d'une efpece auflî nouvelle qu'cx- 
ante : les loges carceres , étoient 
.ailes voûtées , au niveau dit 
2, où l'on retenoit les chevaux juf- 
fignal donné par le Magiflrat ; alcKrs 
;es s'ouvroient toutes à la fois^ & 
ure chars pârtoient enfemble ; car 
arfes étoîent de quatre à la fois , & 
ïifoit fept fois le tour du Cirque^ 
i Lîgorius dans fon traité desCîr* 
& Panvinius de ludis Circenjîbur^ 
:ette grande égalité dans le départ 
evaux qui eft exprimé dans Ovide 
s mots , aquo carcere* 

na jam vacuo prxtor fpcâaciila Cîrce 
cijuges zquo carccrc mific cquoj. Ov» Am, j, i.' 

)artie extérieure du Cirque étoit en- 
lée d'un portique fous lequel il y 
des boutiques , & même de petits 
;emens cù étoient des lieux de dé- 



1 r 



i 



i 



9 %. 

ment , il dura pendant fix j 
mina au mont Efquîlin apt 
gé le mont Palatin & tous 
On remarqua que ce fut \ 
jour auquel les Gaulois Ser 
pris & brûlé la ville de R< 
avant J. C. ( Tac. Ann. XV ^ 
fi le feu prit par hazard , c 
price horrible de Néron , ca 
étoient partagés là-deiTus 
qu'il s*en réjouiflbit par I 
faire une nouvelle ville & 
fon nom : à table avec fes 
toit des vers fur Pembrafem 
en y comparant celui de Rc 
foit pas que de donner de 
qu'on arrêtât Fin cendie j m 



t emfuppofant det ordres fupë« 

foit que ce fût pour augmenter la 

du pillage , foit que ce fut pour o- 

Séron; auflicet infâme Empereur 

ilemem fes efforts pour perfuader 

tple qu'il n'étoit pas auteur de ce 

[1 efifay a de faire tomber le foupçon 

Chrétiens; il les fit mourir en fi 

nombre & avec tant de cruauté , 

s Romains même en eurent pitié ^ 

es regarda comme des viéHmes ùr 

s non à Tutilité publique mais à la 

ie d'un exécrable Tyran ; ( Tac. 

milieu du Cirque étoit divifé fur 
7ueur , à l'exception des extrêmi- 
^rune çloifon appellée Spina ; elle 
terminée par des bornes en forme 
près , où étoient deux obélifques* 
imian Marcellin raconte qu Auh Ohéwi 
fit venir deux obélifques d'Hiero- *^"^^^^ 
în Egypte, dont l^un fut placé dans 
que ,^ èç l'autre' dans le champ de 
; celui du Cirque a voit été taillé par 
•de Semncferce , Roi d'Egypte., 
e temps que Pythagore y étoit, plus 
oans avant J. C»iIavoit làf pieds 
lins , ou 114 pieds de France, fans 
e ; mais cet obélifque étant enEiite 



Conftantm cno^mi^^ttt |giilë yefiîr ul 

3ui j^Eoit' beaucoup >çliis;^irfEipdf^4^^^ 
efceodi^tpatle NUJuCi^^ Altttnàné^ 
& «près ià fliort.^ USnipeiieiiiQOÎMfl^ 
le fit tranipcKteràJLoftie^^ft.Wlid^ 
eft a£bieileiaeDt>^d«mnr a^gMiU âft 
Jesn dé Iatran^Gebi;<iaWM ftit^d^ 
Attgufle cA à k * pofte diu^F^ilf te i^Û-^ 
aôneUoinent plus grafid ^que^ VévItMff 
iînt. doute parce^quHt kii-'mafiqdd iilib' 
ÂG&ndj» partie' 5 ; car rni l^in ci ^iÎBte 
iiîapproche (|d iJ4^pied*» ^V?i\'''^''^'' 
Le Clique ëtoit eat<wrê' olMlnSIIÉi' 
gitaod^ômbrè dei^Mtoes ilevâeci tdià 
colonnes; il- y a voit même ^AëÈ *A^^ 
ou (le petits Temples; on y vôy<)it'lêi 
ceufs confacrës à Caftoj & Pollux> \p 
dauphins de Neptune,& beaucoup d'au- 
tres objets de culte. Un des plus fihgu- 
liers étoitPautel de CorifosVoûDiêttdiJf 
. confeils., ( qui avoir lait-donner a^x Co- 
ques le nom de CôT^tàtlici))' cet autel ét^ 
iplacé fous terre près de 1* 'borne , & <!» 
le* dëcouvroit en creufâtit la- terre j lorf- 
qii'on vouloit célébrer ces Jeux dans 
kfquçb les Sabihes avdient été enleva 
la quatrième année de la fondation de 
&ome» 



HAP.XVII.ilome> 1 2e.QuartUr.^^9 

>n faifoic dans le Cirque , non * feu* 
îDt des courfes de chars » mais encore 
chafifes d'animaux , detygres, d'é« 
ans ^ de lions, &c. Ceit là qu'Âu« 
lie raconte (5. 14.) qu'un lion re- 
lut & carreiTa fon bienfaiteur, au lieu 
e dévorer comme on devoit s'y at- 
Ire, L'Empereur Adrien y tua quel- 
t.foisjufqu'à cent lions. L'Empereur 
[)us y donna un genre de cbafle fort 
ulier : il fit tranfporter, par fes trou- 
de grands arbres avec leurs racines 
leaucoup de terre , de façon que le 
[ue devînt une véritable forêt où Ton 
Toit comme dans les bois. 
Dncomptoit àRomejufqu'à 15* Cir- 
;• Nous avons parlé de celui de Ca- 
lia , qui eft le plus entier de tous; 
I celui que nous venons de décrire 
; beaucoup plus confidérable. 
Velabrum étoit à la partie feptentrîo- VcUbrBn 
du grand Cirque , & à la partie oc- 
Qtalô du Forum ; c'étoit dans le prin- 
, un étang fur lequel les barques al- 
it jufqu'aux pieds de l'Aventin ; il 
Icfféché par Tarquin l'ancien , & le 

de Velabrum refta à une partie de 
îfpace , oà Ion voit encore l'Eglifc 

Giorgio in Velabro , dont nous par-* 
is ci -après. 



1 



1 ", 



i 



'.< 



le vallon qui eu entre le ^ 
Palatin. Plutarque paroit in 
me chofe dans la vie de R< 
pendant M.Venuti croît que 
de Vello àoro , ou Vdlus a 
pû être , dit - il , Penfeigne 
boutique de ce quartier - 1 
que FEglife de S. George 
\ét ad Vellus aureum ; mai 
il pour contredire l'étymol 
par Varron ? C'étoit par là < 
duifoit la cérémonie des Jeu 
dont on voit la defcriptîoi 
d Halicarnafle ; on tapiffoit 
les couvroit de tentes de| 
jufqu'au grand Cirque y en 
Forum Boarium. 

Arc de ArCO GiGlANO.C 



HAP.XVII. R&m€^i2^.QuartUr. ^$ i; 
ijf, être celui qui fut fait par Sterti- 
^& dont Tite-Live parle dans le troi- 
iK Livre de la quatrième Décade. Sa 
Nration participe des arcs de triom^ 
de des maufolées. 

!et édifice eft de forme quarrée dans 
>lan, chaque face eft panagée en une 
(le dans le milieu y & deux pleins fer- 
: de pile à chaque côté ; fa décora- 
eft un foubaflement qui l'empâte, & 
eft prefque enterré jufqu'à la corni- 
; deux rangs de niches partagent la 
:eur qu'il y a depuis ce foubaffement 
u'à un matonage qui paroît d'un 
ps poftérieur au refte de 1 édifice i les 
des qui font dans chaque face ont 
r impofte une corniche qui règne en 
ans & qui eft détruite en dehors , où 
fervoit de féparation entre les deux 
[S de niches ; ces deux rangs de ni- 
; étoîent féparés les uns des autres 
de petites colonnes ifolées, faifant 
e fur le refte de l'édifice : elles font 
itenant toutes détruites. 
sZ difpofition générale de ce monu- 
t eft bpnne ; & il y a un bon rap- 
entre les pleins & les vuides 5 la 
cur eft bien en proportion avec la 
:ur. Quant aux deux, ordres de c^« 



Arc des 

Oiiérzcs 



temps ae l'Arcnitecture. 

L'arc des Orfèvres qui < 
de l'arc de Janus, & qui tie 
de S, George , eft un petit a 
phe dont l'ouverture eft qu 
érigé parla communauté des 
de Rome , à l'honneur de 
vere , & de fon fils Caracall 

Sa forme , fa décoration 
turcs dont il eft chargé , for 
L'infcription qu'on y voit 
«pprend que c'étoît là Texi 
place appcHée Forum Boar 
tiiarcfaé aux bœufs : le nom 
ce venoit de quelque bo 
y voyoit la figure. (Tacite A 
^4. 2.) Area quœ pojîto dt 
habet. Ov.Paft, 6. 



p. XVII.Rome, i2^.Qwtfrfier.4j* J. 
ée plufieurs fois ^ & fpécialement 
>3 par le Card. Imperiali. Il ne 
e l'ancien temple qu'une tour ron- 
brique ; il paroît par les fonde- 
qu'il y avoit un portique tout au- 
i^intéricur eft décoré à la moderne , 
chapelles aînii que l'arcade qui ferc 
[chc ne font point anciens ; mais il 
oigt colonnes antiques , douze de 
e d'Egypte , quatre de marbre de 
cannelées, & quatre plus petites 
r, du grand autel d'un granité noir» 
e grain fin reflemble à celui du por- 
• 

côté de ce temple eft une ruine de 
t de forme quarrée , que l'on dit 
£iit partie de la maifon de Numa» 
^NTANA di S. Georgio , fontaine 

Spellée à caufe du voifinage de l'E- 
e S. George : c'étoit autrefois la 
re fontaine de Juturne; on y a éta- 
ie .fabrique de Cartons à caufe de 
mmodité de l'eau ; elle va pardef- 
:»rre fe rendre dans le Tibre. De- 
^Halicarnafle dans fon fixieme livre 
.'apprend que le Lacus Juturna ve- 
ines racines du mont Palatin , ce qui 
Cirde aflcz avec l'eau dont nous par- 
i a y «.cependant à cet égard qucW 



çoit près de S. George, 
qu'au Tibre fur une lor 
toifes. Les égouts ou cL 
cienne Rome , qu'on app( 
Chiaviche , étoient une de 

2u'on y eut faites pour l'u 
-e qui refte encore de la i 
fait radmiration dts coi 
voit avec furprife cette v 
gros blocs de pierre joint 
chaux ni ciment , qui eft < 
Tare de Janus, & dont on 
bouchure dans le Tibre; c 
large & fî haute que la pli 
ture y pouvoit rouler à 
qu'elle n'éroit pas encomt 
l'eft aujourd'hui. M. Gi 



IhAP. XVII. Romeyi 2^. Quartier. 4^(j;f^ 

ipes que Romulus & même qu'Enée , 

It la grandeur & la puiflance avoient 

oabliées. Il eil vrai que les monu-> 

is de l'archiceéture fouterraine étoient 

imuns enPhénîcie, enEgypte,en Gre- 

, en Sioile ;le Paufilipe , les Catacom- vragej^fo 

de Naples, de Mefunc, deSyracufe , «rraim. 

cryptes taillées dans le roc le long 
; côtes de Phénîcie , ces immenfes 
cries qui régnent fous une partie du 

de l'Egypte , nous apprennent biea 
e les hommes ont fait de tout temps des 
vrages de cette efpece ; mais il me pa- 
tt évident que Rome n^a jamais été 
lez peuplée , ni afTez induflrieufe dans 
s temps éloignés^ pour avoir befoin 
! pareils ouvrages & pour lès entreprcn- 
■e. Quoiqu'il en foit , dans les temps 
û nous font connus par l'biftoire , il 
'y eut d'abord à Rome que les collines 
'nabîtées ; mais lorfque la population 
int à s'accroître, il fallut s'établir dans 
ts vallons & les alTainir par des égouts ; 
nfima urbis loca circa forum ^ aliafquç 
nterjçSas collibus conv ailes , quia expia* 
ihus locis haudf Cécile evehebant aquas , 
loacis in Tiberim duSlis jiccau Tite- 
JiS, lîb. 1. Denis d'Haï. 1, 3. Ces é- 
;outs avoient plufieurs branches entre 
p Capitole, le Palatin & le Quirinal, 



larquin le luperDe. lue 

nous racontent combien 

ffl fatigue & mécontent de c 

^H l'on ne peut bazarder que 

jifl res aiTez vagues , quanc 

croire les Romains fur c 

eux feulement ont parlé. 

Caton & Valerius Flac 

fturs firent réparer , nette 

les égouTs , ils en conftru 

quartiers où il n'y en avo 

fur le mont Aventîn; on 

deux embouchures antic 

Cloaca maxima & les reile 

blicius , qui peut-être fur 

ce temps-là ; Tune des deu: 

de la Marana ou Aqua Crc 



V: 



' Ts de Frefcatî . & auî arr^ 



ÎH AP.XVlI.Rdme, 1 2^.Qttarder.4fy 
rant les expreffion8 de Pline , une vil- 
navigable fous celle de Rome , en 
tabulant fept fleuves , qui entraî- 
nât comme dé rapides torrents tout 
[ui fe rencontroit à leur paflàge. ( PL 

I j*). Ceft à lui qu'on attribue Pé- 
t qui porte encore l'eau de la fon-« 
e de Trevi jufque dans le Tibre au- 

de Ripetta , & un autre qui fut dé« 
vert près de la Rotonde , à l'occa- 

de celui qu'on creufa fous Grégoi- 
[V & Urbain VIII, depuis le Tibre 
u'au Cours, & de-là au Quirinal & 
Qont Pincio. Cet ancien égout paf- 
rès S. Ignace & va au Quirinal , re- jc Rom^^ 
tnt en cfaismin plufieurs autres égouts, 
i donne véritablement une idée ex- 
rdinaire de cette Rome fouterraine. 
S Denis d'HalicarnalTe dit que trois 
[es lui font voir principalement la 
ideur de TEmpire romain , les acque- 
r, les grands chemins , & les ëgouts. 
p & Strabon , en parlent avec la mê- 
admiration , ils nous repréfentent 
le comme étant auffi fînguliere fous 
î qu'elle l'étoit au dehors , & Caf- 
ire,ou plâtot leRoiThéodôric dont 
lit Chancelier ,dit que ces ouvrages 
iflent û étonnants , que l'on ne voit 
Tome JV. Y 



j'^WÊ Cafllod.lib. 3. epift« 30, 

ifl S. JovAN Batista z 

Eglife de la Confcairie de 
de ; elle avoic d'abord en 
Biagio délia Pagnçita dans > 
& (ut approuvée en 1487 
ponent des facs noirs; le 
d'aflifter les criminels dep 
qui précède leur exécutio 
mort ; ils ont un Chapelai 
MeiTe deux heures avant 1 
feiTer & communier le pati 
ne à ce confeiTeur le pQuv< 
de tous les cas réfervés ; h 
on les enterre eft {^ès de- 
cures de cette Eglife ibnt 
très , de même que celles 
S. Eliffin nu S. Alû . niiî pi 



AP.3CVII. Rùm\ i2^.Quart.^f9 

}> parce qu'elle étoh près du por* 
élevé par Augufte à Tbonneur 
ivie fa fœur; ce portique conftruit 
Ipouilles de la Dalmatie, s'éten- 
lifqu'à 5. Nicolo in Carcere." du 

de Lucius Faufrus on en voyoit 
les y & même Fabricius qui écri« 
n lySj dit , qu'encre ces deux 
3 , à l'endroit où le terrein eft le 
nhaufTé par les ruines , il a voit vu 
e terre des blocs de pierre de TU 
& des fragmens de groffes colon^ 
On voit encore dans les caves de 
ifons qui font une efpece de trian* 
vant réglife de S. Omobuono des 
le ce ponique & du bâtiment appel* 
ia OÛaviœ. Lorfqu'on eft fur le 
lu Tibre à Tendroit oh il paroît un 
des anciens murs de Rgme, fi 
*garde du côté du Capitole, on 
ue ces murs dévoient paiTer près 
jlife dont nous parlerons ci-aprèa^ 

le portique d'Odtavie leur étok 
e joint. Pline, L, 36 c. J, parle 
aucoup de belles ftatues qui y 
c. Ces portiques renfermoient les 
:s d'Apollon & de Junon, faits 
)is par Metellus. 

V. Galla , autrefois Sta. Maria ia 

Vij 



1 



à'Oftavîe. On voit dans un 
nufcrit de cette Eglife, cité 
ni Cpage 328 ) que c'étoit 1 
maifon paternelle de fainte 
de Simmaque, perfonnage < 
qui Théodoric fît couper la 
oainte y donnoità manger te 
à la pauvres : S. Grégoire 1 
fure qu'il apparut miraculeufc 
ce Sainte une image de la ^ 
le Pape Jean I reçut de la n 
ges^ pour laquelle elle fit 
Eglife , k qui elle laiiTa tou 
pour fe retirer dans un Co\i\ 
S. Pierre. En mémoire de < 
on continua de pratiquer dai 
endroit les mêmes charités. 



4» 

y ils ont fervi de modèle pour 
ui font en bronze dans la chapel- 
î. Sacrement à S# Pierf e du Va- 

Miccoio IN Carcere, Eglife 
iale , iituée près la place de Mon-* 
, dédiée à S. Nicobs Evêque de 

Le Cardinal Baronius dans fes 
iir le Martyfologe , fous le 4. de 
entreprend de prouver que c^étoit 
^toit l'ancienne prifon bâtie par 
s TulliuSy appellée Ta/Zi^num dans 
ciens , & Mamertinum dans les 
des Martyrs ; mais tous les grande 
aires , Biondo, Volaterrano, Ful- 
[arliano^ Fauno, Panvînio, Ugo- 
3onati y Nardini» ont penfé que 

à S. Pietro in cancre , & que la 
de S. Nicolas n'étoit pas fi an- 
• Voyez la longue diflenation de 
li à ce fu jet , ( L. V. ch. 1 2. pag* 
: 3 29. ) Mais la prifon qui a don-» 

nom à l'églife S. Nicolas , eft cel- 
!^laudius le Decemvir , qui devoit 
rès du théâtre de Marcellus^ & 
l eft parlé dans le dernier chapitre 
ticme livre de Pline. C*cft dans 
>rifon qu'arriva le fait mémorable Tcadrcir* 
îrefle filiale qu'on a fi fouvent cé^ ^^^*^^^ 
y iij 



c/f , amof^quc perpetuis aurm 
eus ille eidem confecratus e 
QuinSiOy M. Attilio Cojf. cet 
extruSo in illius carceris fi 
Marctlli theatrum eji. { Fli 
Dans le temps où il n'y avo 
core d'horloges ni de cadra 
Kome , on obfervoit le folei 
tin pour annoncer la premiei 
annonçoit de même le miliei 
enfin la dernière heure, qui ^ 
Gue celui qui étoit chargé d 
lervation , voyoit que le fol 
depuis la colonne d'airain ji 
prifon : A columna anta ad 
clinato Jidere fupremam p 
Ceft de la même prifon qi 
tendre ce paffage. 



Marcel! I 



Chaï». XVII. Ramc,12^ Quart. ^6^ 
:itielées , & quatre de marbre jaune 
ï\frique, que l*on dit être du temple 

Junon. Il y a fous le grand autel un 
icîen tombeau de porphire noir, oà il 
a deux têtesEgypticnncs en relief: cet- 
' pièce eft très-remarquable. L'autel du 
. Sacrement eft du Cavalier Baglionî , 
» peintures font de Gentilefchî & Mon- 
ftgna. 

Lh Théâtre de Marcellus par ^ Thar 
cquel-nous terminerons ce quanîer , fe *' " 
rouve dans les dépendances du palais 
)rfini ; il étoit à l'endroit où Numa a vbit 
m bâtir anciennement un temple de Ja- 
us , dont la flatue a voit les doigts dif- 
ofés de manière à indiquer le nombre 
e 3 65 , ut perjîgnificationem anni , tzm* 
7riSf avife Deum indicaret. (Vline 34, 
. ). Ceft là qu'étoit le Sacrarium de 
fuma, auquel Servius rapporte cespa- 
>les de Virgile : Sunt gemincebelli porta 
^t. où il y avoit deux petits temples , 
"Opter Janum bifrontem. Le Théâtre de 
farcellus dont on peut voir une par- 
e aflTez bien marquée du côté de la pla- 
î Montanara ; avoit 378 pieds de dia- 
letre ; Augufte le fit bâtir fous le nom 
e Marcellus fon neuveu; il refte une 
artie des portiques qui environnoient 

V iv 



^ 



décorées; celles d'en bas ont i 
doriques , & celles d'en hau 
nés ioniques. Ces deux on 
lonnes ibnt engagés dans I 

Eeu moins de la moitié de 1( 
.es arcades d'en bas & les c 
tiques qui les décorent foi 
d'environ la moitié de le 
La corniche de l'entablem 
eft entièrement ruinée, aînfî 
part des chapiteaux ; U reft< 
de la corniche de Tentablem 
dans les arcades de l'ordre 
y a aduellement des boutiq 
qui refte de ce théâtre on yxg 
éit dans le meilleur tems de 1 
re romaine ; il n'eft pas p 



P.X VII Jlome, 1 2^XluartUr.^6S' 
font d'une proportion élégante 
eufe, qui convient parfaitement 
:atre ; les chapiteaux ioniques ont 
agréable ; ce gui refte des mou« 
ss entablemens des deux ordres 
i beau profil , on y remarque fur- . 
s foins que Parchiteâe a eu de 
mner des faillies en avant ; elles^ 
nnoître, qu'il y avoit peu de 
pour voir ce théâtre. La fup- 
i des archivoltes des arcades don- 
jcoup de repos à tout ftntable- 
& il paroît que l'architefte crut 
voir point oppofer une panie qui 
ut à l'architrave même. Les alet- 
arcades font plus larges qu^on 
ait ordinairement. Les modernes 
i ce théâtre pour modèle des ordres 
îs & ioniques, & fe font fervis 
)roportion pour déterminer celle 
IX ordres mis Pun fur l'autre, 
i dans fon grand plan de Rome 
i les ruines du théâtre de Marcel- 
forme d^ovale , ce qui diffère de* 
le Serlîo &de Defgodets.Si ces re- 
îs étoient juftes, on pourroit dou- 
ce monument eut été un théâtre > 
que la forme ovale a toujours été^ 
^ aux. amphithéâtres feulement.. 



Je théâtre de marceilus ei 
fermé comme une eîpece 
qui devint enluite un pal 
te dans la cour par un at{e2 
ce qui pmoiz venir de Tex 
terrein produit par les rui 
ve dans cette cour deux 
dj beaux de marbre , ornés 

j Sur le portail il y en « 

™ préfente des Gladiateurs 

tent contre les botes ; f 
. k falle , un bas- relief tir 
Marc- Aurele , où il y a 

1 cet Empereur ; dans les aj 

y a une ftatue célèbre de 

I ^ & d'autres buftes antiques 

res tes plus reniarquables i 
rôme du Dominiquin ; c 



ftnna dans le Paltfiï pontifical, par le 
ominiquin ; S. Jérôme & Alexandre 
Grande par le Carra vage. 

- ■ ■ ■ ■ n w^ 

CHAPITRE XVIIL 

îone di Traflevere , Quartier de là le 
Tibre. 

_^E treifjeme Quartier de Rome efi & 
occident du Tibre ^ aufli-bien que le 
uatorzieme ,& pour cette raifon il a été 
ppellé Traftevirt ; il s'étend depuis la 
orte du S. Efprit , qui eft au nord » 
u côté du Pont S. Ange , )ufqu'au porc 
e Ripa grande , qui eft à la partie mé^ 
dionale de Rome. 

Le Janicule , qui occupe une grande J^nî. 
artie de ce quartier » eft une montagne 
ont nous avons déjà parlé ( Tome III 
ibap. XIII ) qui fut renfermée en par- 
e dans Rome , par Ancus Manius» Ce 
uartîer - ià étoit autrefois comme au- 
mrd'hui le quartier de la Populace. 

Urbaniis tîbi ^ CscHi , videris. 
Kon es , crede mihi. : quid crgo } vema o^ 
Hoc quod Tranftil>erinu5 ambulator , 
Qui pallentia fulfuraca fraâû 
Pennuiuc vicreis : 

Manîatis I. 42, 

y y'} 



4^8 V.OYAOE BR iTAtlfc 

Il y.avoît beaucoup de Porteurs de 
chaiiies ^ LeSicarii y beaucoup de Pê- 
cheurs , de Tanneurs & d'autres ouvriers 
qui trayailloient aux métiers les plusab- 
jeâs ; on y vendoit les Efclaves ; enfin 
c'éioit le quartier le moins confidéréde 
la ville , & c'eft encore à peu près la 
même chofe aujourd'hui ; les Trafteve- 
rins font regardés comme un peuple i 
part , différent de celui de Rome. 

Pline nous dit qu'on trouva an 
pied du Janicule> en creufant dans ui 
champ , le tombeau de Numa »avec des 
livres qui furent brûlés par ordre dn 
Sénat , 1 8 1 ans avant J. C. mais on 
ignore dans quel endroit. 

Porta di Santo Spirito , eft la 
plus feptentrionale de ce quartier; elle 
s^appelloit autrefois Porta del Borgo^Sc 
fut bâtie par Urbain VlII. lorfqu'il ren- 
ferma cette partie de Rome dans la nou- 
velle enceinte qu'il fit au Janicule. Cet- 
te porte fut commencée fur les defl'eins 
de Sangallo ; mais cet architede étant 
mort, l'ouvrage eft refté imparfait, com- 
me lobferve Vafari, part. ?• 

Une grande rue droite &c bien per- 
cée appellée Strada délia lungara , qui 
^ Cpo îoifes de long , va depuis cette 



Ihap. XVIII. Rome; 1 3 ^ Qu^it^dp 
le jufqu'à celle de Jules II. appel- 
.Settimianay ou vulgairement Setti' 
miCQttQ rue eft au pied d'une col- 
t fur laquelle on voit d'abord l'Eglife 
S. Onuphre ^ & elle fait panie de 
pité Léonine formée par Léon IV. 
s ran Sjo. 

5. Onofkio , Eglife qui eft occupée s.Oûofi:k 
les Religieux de S. Jérôipe y. ou do. 
Pierre de Pife: cette Congrégation 
n'a quefoixante-dix maifons en tout » 
fondée en I435^> par le Bienheureux. 
:olas de Força - palcna , & achevée 
la Maifon Cupis. Le B. Pierre. 
mbacona de PHe avoît voulu en 
80 fe redrer dans la folitude , à Pi« 
ation de S. Jérôme; il choiÇt une coU 
î qui efl à deux lieues dlJrbin , il s'y. 
blitavec les compagnons de fa péni- 
ce, & ils prirent le nom d'Hermites de. 
érôme , du nom de ce père de l'Eglife, 
dus illuftre , le plus fçavant & le plus 
1ère de tous les Saints qui ont été les 
déles de la pénitence chrétienne.LeB. 
:olas , étant venu de Pouzol à Rome , 
m femblable établiffement d'Hermites 
le mont Janicule, & s'unît enfuite avec 
î. Pierre de Pife , pour ne former qu'- ^io/aîfs. fl 
: feule Congrégation qulfut approu- t^mcj 



monter. 

Sur la porte extérieure 
y a une Vierge , peinte à 
l'enfant Jefus,& d'autres fi 
croit du Dominiquin, Dan 
Notre-Dame de Lorette, 
montre un tableau d'Annî 
il y a encore d'autres jpein 
Tombeau Le tombeau du TaflTe 
ém TaiTc. kxandre Guîdi , Poëte Ital 
hume- Jean Barclay , illi 
rendent cette Eglile remî 

Le Couvent qui y eft 
environ 30 Religieux; ils 
bibliothèque les buftes di 
Barclay , des manufcrits c 
ëcritoire , une boëte & çr 
rot de terre , qui ont été à, 



HA?. XVIII. jRome^xje. Quart.JiJi 
Temieres hîftoîres de S. Onuphre à 
;e en entrant furent peintes par le 
. d'Arpino, les autres par Vefpafien , 
îa , &c. il y a aufli une Vierge du 
)re Léonard del Vinci. Sous le 
que extérieur , il y a trois hifloires 
. Jérôme , par le Domîniquîn ; deux 
Iles, par le Sagiioni ; & une c^apel* 
née de marbre & de peintures oà 
i une Nativité , de François Baflan» 
ieflus la terrafle de S. Onuphre on a 
e de Rome d'un ci>té , & ae Tautre 
ardins Philippini , ceux du S. Ef- 

& la ville Barberini qui femble 
ner même S. Pierre du Vatican ; au- 
s de cette partie du Janicule , il y 
î maifon de plaifance du Duc Lan- 
lont Parchiteélure eft dé Jules Ro- 
y de même que les peintures , qui fu- 
faîres ou par lui ou par fes éleve?.- 
r voit des bas-reKefs antiques , par- 
fquels il y a un vafc d'un beau tra- 
II y a l'ur la même colline , près 

Longara, un Jardin très-agréa- 
ù le fçavant Prélat Monfignor E^'o- 
yfemani tient une grande aflemblée 
imanche après dîner ; j^y ai vu le 
.d'Yorck,& d'autres perfonnes de 
îmierediftinélion ôc du premier mé- 



Cardinal Bernard Salviati , 
feins *de Nanni di Baccio 
rentîn. Henri III, Roi d 
logea ; la cour & les appa 
d'une beauté qui met le bâti 
avec les premiers palais de 
a un grand jardin fur la Y 
lequel on pourroit aborder 
même au premier étage de ] 
Les tableaux > dont ce paU 
font eftimés ; on y remarque 
ParnafTe avec Apollon & les 
duTintorer ; un grand table 
fente deux fœurs, Marie & F 
viari ,dont l'une fut mère du 
Corne I.& l-autre du Pape L 
de François Furîni ; le Lazî 



B[Ap^VIII.Aome,X3 .Quart, ^'j^ 
d ; S. Jean-Baptifte dans le défert , 
konzin; quatre fujetsdel'ancienTef' 
tat s par André del Sarto ; J. C. 
tt au calvaire, de Jean-Ântoine So- 
^SunCrucifix, deBronzin; le portrait 
îrégoîre XIII. avec le Cardinal Ne- 
, figures entières , très-eftimécs , du 
liniquin. Dans les deux falles d'au- 
ce , Thiftoirede Céphale& de TAu- 
, d'Ariane & de Théfée font peintes 
es voûtes , par Morandi. Dans la 
elle , les peintures de l'autel & des 
3 , font de Santî di Tito j la voûte 
e Salviati. 

es Statues antiques font en grand 
bre dans les appartemens^ Il y a par 
aple 25Buftes de marbre, Vénus, 
eau Satyre , Bacchus , Jupiter, Apol- 
t des Mufes , des Nymphes , des 
aies , une Grue de bronze , ouvra- 
ge qui fut trouvé dans la terre lorf- 
n travailloit à Pembelliflement des 
ins. 

kVisiTAZiONE, Eglifè confacréeàl« 
ation de la Vierge, & à S. François 
aies : elle eft vers l'extrémité de la 
gara- Le Pape Clément lîî-fit venir 
Keligieufes de Turin pour y établir 
itut qui avQit été fondé en it^ic 



des Princes de Farnefe, a 
Roi de Naples , avec des 
bics le long du Tibre , 
belles peintures de Kaphai 
auffi Palaj^o Farmfe alla 
la diftinguer du grand |: 
qui eft à l'autre côté du 
Strada Giulia .- elle eft da 
furent autrefois les jardins 
Geta. C'étoit une efpécc 
campagne que fit faire â 
fameux banquier du fe 
qui y régaloit fouvent U 
& pluiieuTS Cardinaux de 
L'architeflure de cette 
Baltazar Perruzzî. 
> La principale façade 



. X Vm^Rdme , 1 3 ^ Q««^^.475 
niqud^n haut ; ces deux ordres 
ronnés l'un & i^autre d'un en-* 
t. Celui de l'ionique a des mo* 
& dans fa frife font des enfans 
des guirlandes , d'un travail 
ftais d'un bon efièt. On a pra- 
i croîfées dans les entre - pilaf* 
epté dans ]e bas du corps du 
i font des arcades , donnant en- 
ne loge ornée de peintures de 

îmble de cet édifice eft bon j 
s particulières font bien entre 
:ft-à-dire , les pavillons avec le 
milieu. Le caraftere de la dé- 
efi conveilable pour une.mai- 
:e qu'il eft gracieux , & la loge 
décide bien l'entrée^ Elle de- 
encore mieux avant qu'on mit 
s dans ces arcades. Quant au 
îs pilaftres paroiffent maigres , 
les alettes des arcades de la lo-* 
première falle ou la loge , eft 
Ton voit le confeil des Dieux 
es de Pfycbé, qui furent peints 
aël, aidé de (es élèves Jules 
aphaël Lino det Colle, Gau- 
îrrari, de Milan , & Jean Fran- 
li furnommé le Fanon i cettç 



Peintures 
aeHaphaè'I. 



fur un fond bleu : dans les 
arcades au droit dis piles , ^ 
fans & difFérens grouppes 
formant vingt- quatre table; 
laires. Tout le milieu eft 
deux morceaux de peinture 
fuppofés être des tapifleries t 
des clous , ce qui forme deu 
bleaux quarrés longs. 

On peut dire en général : 
ge y que les compofitions en 
& qu'elles rappellent bien 
gGÛt de l'antique ; le deflei: 
mais la couleur en eft rouge; 
ont beaucoup fouffert lorfqi 
étoit ouvene ; & depuis ce n 
ont été reftaurées par Carie. 

- \L î J'-.^ Ul^.. -. 



. XVIII. Rome, 13'. Qudrt.^jy^ 

^fentant des Amours qui por- 
attributs des Dieux ; ils font 
penfés ,dans des attitudes très- 
mais d^une nature trop mufclée 
; enfans : Ils font accompagnés 
i & d'autres animaux^, fymboles 
inîtés qu'ils repréfentent 5 ces 
font de Jean d^Udine , élève de 
> 

nençons par le premier tableau 
nette de la voûte à main gau^ 
ntrant ; on y voit un Amour qui 
arc , & éprouve avec le bout du 
e des flèches qu'il veut tirer deion 
: il y a dans un coin un autre 
ians une nujée qui regarde eo bas; 
litre côté deux petits oifeaux qui 
letent en volant. 
1 Amour portant le foudre de 
d'un très-jôli caraftère ; il eft 
l'aigle, 

(1 autre qui porte le trident de 
e avec des oifeaux aquatiques, 
eu? Amours , dont Tun porte la 
de Pluton , & l'autre retient le 
lerbère ; il a des chauves-fouris 
ributs. 

n Génie portant Tépée & le bou- 
Mars i^vec d^s oifeaux de prpic^ 



8, Un Amour port 
chargé de pampres, av 
qui s'élance pour cour 
Baccbus. 

5^, Un Génie portant 
S^rinx , ou fifflet du D 
ac lui une chouette à qui 
la guerre. 

10. Un Enfant portât 
un cafque ; à c6té un 
& deux autres petits oife; 
tent un papillon. 

11. Un autre £n£ant 
un bouclier & un cafque 

12. Deux Amours poi 
la maiTue d^Hercule ; en 
i queue de poiflbn, avi 



1HAP.XVIIL Rome> i3f.Qtfarf.479 
gent un grillon » & une hirondelle 
préfente Pefioroac taché de rouge. 
4. Un Amour conduifant un lion 8c 
beval-marin attelés enfemble. 
es dix autres tableaux triangulaires 
, au deiTus des pilaftres. 
.e premier repréfente l'Amour ado- 
Icent prêt à lancer un trait, Vénus lui 
itrant Pfyché pour qu^il la blelTe ; le 
[Cre a fuppofé Pfyché hors du ta- 
a: c'efi un des plus foibles de- la 
lie 9. mais il y a cependant un grand 
y^lere de deflein. 

, L'Amour qui, contre rintention de 
,ere» eft devenu amoureux de Pfycbé» 
loatre aux Grâces j Se leur fait admi- 
font choix ( Pfyché eft toujours fup- 
£e hors du tableau ) ; les trois Grâces 
;rouppent bieui leurs caraâères 8c 
rs contours font beaux & élégans » 
•y a que PAmour qui fe lie mal avec 
lompofition , 8c qui lèmble n^être mis 
I pour remplir un des angles du ta- 
au. £n plaignant les Grâces , le pein- 
a cboifi une blonde, une brune, 8c 
i châtaine ; il a eu foin aufli que les 
is de chairs en fufient variés , en les 
^fififant de nature plus ou moins fan- 
ine. Il 9'a pas été également beureuic 



r-~*e' 



-Cérès de ce qu'elles lui cac 
la figure de Vénus eft très- 
qu'il convenoit de repréfent 
Amours ; b tête en eft d'i 
raâère & pleine d'expreflS 
bien en colloque avec Ji 
répond, & Cérès qui l'éc< 
prendre beaucoup d'intérê 
converfation : les coëffure 
vinités font du meilleur gc 
airs de tête bien variés. 

4. Vénus allant trouver '. 
lui demander la punition de ! 
eft tirée dans un cbar par qi 
bes attelées à un fimple fil. 
reeft d'un grand caraâère d 
char eft de forme antique , c 



p. XVni: Rome, i ^^.(^uart. 48 1 

une perfonne-quî fupplie ou qui 
e avec inftance : Jupiter n'efl 
réfenté à chevelure noire , & te! 
lere le d^int , mais il â au con* 
îs cheveux blancs & une -barbe 
: il paroît touchéi.de fa plaime: 
[S fur fon aigle ,.ayatit la foudro 
bras. :: ..■.:.!■' '••**' 
ercureipart p(kur.!exëcuter les or- 
Jupiter ; il a une;tronipette à la 
3ette figure eft bien cn^'air Se 
I bon mouvement , mais le choix 
lature. n'en eft pas affez . jeune , 
ontours en font prononcés; fort 
'e de tête a beaucoup perdu par 
iratioD., 

fyché portée par deux Amours , 
boëte de vermillon de Profcr- 
|ue Vénus lui avoir commandé 
:hercher: on peut dire que cette 
eft belle en tout point ; la fi- 
eft bien penfée & joliment group- 
îc les Amours : Raphaël n'a pas 
ie la repréfenter de face , elle a 
t baifles ; fes traits font de la 
nde délicatefle , elle joint toutes 
es de la jeuneffe avec un air de 
Se de naïveté; fa drapperie eft 
l'une manière fimple & légère. 
ne IV. X 



4eiitt^ i ittguxiède l»téi» dff VéÉMb 
la;tiQWtsfei JS§ |pi hiJ^ âtgcte wàsoât^ 

4Ajk lHllfi(:«niRfMllHttttiblim]N^ 

ciA^ti^kai» eftîie^mieaji^'coApttltqitai 
putflb wsivcr^rlfliâioii' tft sodM MM ' 

caraft&re, ce qui forme -tiM^fjpiMdf 
oppofitîônde nature, avec la; figure de 
1? Amour adolefcent qui-» reçoit fes caref- 
fes d^une manière ingénue. 

KO. Mercure conduit Pfyché dans 1er 
cieux. On trouve que Raphaël arifqni 
beaucoup en mettant* ces deux figiâts 
debout a côté l'une de^ IVutre; ihùois 
fuppofer que Mercure l^enlëve i^tM 
feule main) en la foulé vant foui Véouà^ 
ce qui ne paroît pas pofliblè dâns> Hasâri 
xudeoù il eftr la têtedeMercure^fio)i$ 
eftbien coëfFée, le choix de naturc'effrf' 
t)oa^ le corps beaa&biôn ig^éfïïoif 



Chap. XVIII. Rome, i y. Quart. 485 
:c bras qu'il tient drendù en Tair eil trop 
jros ; Pfyché eft vêtue Itégérement , elle 
à les bras croifês,.& conferve un air naïf 
aai relève Téclat de fa beauté. Raphaël 
la repréfentée encore de face , & elle 
eft fi reiTemblante par-tout , qu'on là re- 
connoit fur le champ : on doit obfervêr 
qu'en \dt peignant fort belle , il en a ce^ 
pendant fait une phifîonomié de goût ; 
au lieu que pour Vénus il s'eft contenté 
de choifir un cai^ftere grand , rendu 
par une belle régularité de traits^, mais 
oui renferme quelque chofe de moins fé« 
oiàânt. 

Ije'premîer des deux grands tableaux du 
tAÛiûVL du plafottd repréfente Vénus & 
l'Amour, plaidant leur caufe devant le 
confeil des Pieux : Mercure qui prévoit 
le jugdmeïit , n'en attend pas la décifion. 
Se pr^feïiteà Pfyché la- coupe d^ambroi- 
fi^pouY 1^ procurer Pimmortalité ; Tor- 
neMent de' ce tableau tient des plus 
biAtïlS baS-rèliefs antiques. Chaque di- 
yAtàté eft bien caraftérifée ,• tant par le 
cfofl^h que par les attributs. L'Amour, 
Vénus, & Jupiter j qui font les principa- 
les %ures , fe préfencent les premiers à 
Ir vue, & dès lé premier coup-d'œil on 
aie «peut douter du {ïijct : Jupiter ", Ncptu» 



M 9 & Piujpn , ppt l(>i; 4$ Tegjsmbhficé 
qui ^ÇU .^ trouver e&fre >i}pi8. fteres, i 
mais. ils font 4ans des. qicaâ^es variés t^ 
& tels qu-ù<:onveno^, à cfaactmç de xef:* 
divinités: la.Junon ar^ir un peucom*' 
mune, ainfî.que la Diane» &. quoique* 
ces deux t^êpe^foifint: biçn.caefiëes^,]e 
Peintre 4juroit pu éviter ^d^-m^re ^^1 
profil^ l'un . far Vautre : h, iMioerve eft ; 
jolie mi^is trqp j^eune ; Kapbaël l'a vêtue 
telle qii'fn la voit dans Psintique : JaiiQSr 
eftrepréfenté avec fes deux têtes, doaC: 
les caraâeres j>ortetit de, bonnes oppih. 
fitions : le Vulcaina bien Pair d'un f(»P- 
geron ; llerajle.rappuyé. ftir fii mafioS 
écoute avec un air de fierté: le pro61 de 
Bacchus eft fin & charmant : Apollon i 
un air froid, & Mars paroît efl^miné: 
le fleuve du Nil a. une tête très - bçUe, 
& le Tygre eft d'un très - grand caraâe^ 
re ; la figure de Venus eft courte & 
lourde : fi les ailes de l'Amour cufc 
lent été moins grandes , la compofirion 
y eut peut; être gagné : le Mercure 
& la Pfiché font deffinés avec toute 
rélégance poflible , & dç la plus gran- 
de beauté. 

Le fécond tableau repréfente le; lîan- 
qijet nuptial , Cupidon & Pfyché y foAî. 



CttAP.XVlILRonîe,i3 .Qi/m.485 
fnis avec les Dieux ; les Grâces répan- 
dit fur eux des parfums , & les Heures 
Tient des fleurs fur la table; Ganimede 
éfente PambroiAe à Jupiter ; Bacchus 
Tfe du vin à de petits Amours pour le 
Tter aux convives ; Vénus pour égayer 

fête amené en danfant les Mufes qui 
mitonnent le dieu Pan jouant de la 
.te,& Apollon Taccompagne de fa 
•c. Ce tableau ne laifle rien à défiret 
côté de la compofition ; les groupes 
font beaux & bien enchaînés enfem- 
2 ; les têtes de Pfyché & de l'Amour 
nt admirables , & les coëffures en font 
en traitées ; les Grâces & les Heures 
m jolies , & dans des attitudes natu- 
lles ; Jupiter a un caraftere de Pluton ; 
î préfère celui que Raphaël lui a donné 
ms fes autres tableaux : Ganimede qui 
\ placé fur le devant , n'y eft mis que 
)or interrompre une partie de la table , 

il ne peut gueres fervir Jupiter du 
in qu'il occupe : le Bacchus eft d'un 
au caraftere de deflein , mais trop 
ard ; THercule eft traité d'une manière 
is-mâle & les contours de Déjanire 
Ht bien coulans ; le groupe de Venu* 

des Mufes eft très- beau ; l'Apollon 

dans l'attitude d'un homme à qui l'on 

X iij 




que le Peintre lui eût confi 
<tere qu'il lui a donné dans 
bleaux. 

La galerie qui vient apr 
encore de Raphaël ; la voC 
xée de tableaux & de (lue 
xrès-bon ftyle , ajuftés er 
beaucoup de goût. Rapbat 
frefques de cette galerie d 
jpiier temps ; comme c^eft u 
fbibles ouvrages > nous noi 
rons d'en citer les principale 
remarque d'abord furie m 
tableau repréfentant Gala 
eaux : elle eft debout dans 
traînée par des dauphins , c 
les rênes ; une Néréide la p 
anrre h fiiîr : elles font l'i 



AP. XVni. RomM3^QMiirt.487 
)up de fîneiTe dans les têtes , ainfi 
ns les carafteres ; ce qu'on pour- 
i reprocher dans cet ouvrage, c'eft 
tête de la Galathée cft moins belte 
lie de la Néréide qui la fuit. Cçttè 
ie cft portée par un Triton admi- 
rent bien defliné : la têt€ de celui 
liHe dans la conque > eft iaufli de là 
;rande beauté. 

remarque fur le haut de la mu« 
|ui eft du côté de la porte , une 
î tête coloffale d'Alexandre te 
. , peinte en grifaille , ou crayonn- 
ée du charbon de la mâïn de Mi- 
Lnge ; il éioit V€ftù pour cherchelt 
l de Vblrçiie alors bcupé 1 pcîft** 
s lunettes de cet appartement; ne 
t pas trouvé, il fe fit un amufement 
juer ainfi par quelques coups éé 
\ quel étoit celui qui étoit venu 
Dfence de fon ami* D'autres pré*»» 
it, que pendant que RaphàèTtra- 
t à fa Galathée , Michel-Ange l'é- 
snu voir, &ne l'ayant pas trouvé, 
t cette tête coloffale : ils ajoutent 
apbaël l'ayant vu , & féntant bien 
Peintre vouloit lui reprocher qu'il 
loit d'une petite manière, il l'aban- 

fur le champ pour adopter celle 
X iv 



4^8 Voyage EN Italie. 

qui lui a fi bien r^ufli , & qui lui pro- 
curera Pîmmort alité : au rcfte il n'y a pas 
dans ces anecdotes grande apparence de 
.vériré 5 la tête en grifaille étant d'un 
irpp ipauvaîs caradere de detTtin pam 
être attribuée à Micliel-Ange* 
i' Dans ]e milieu de la voûte, un tableaii 
repréle^ta^ïç la Ntik, afîife fur une ch2Ï- 
reïinEique au milieu d'un char d'or trai- 
.^é par deux taureaux > dont un biaftclt 
faurrc roux: la Nuit tient les rênes; 
fa tête eft belle ^ & fes bras font bica 
defiînés. " ,, ■ : , 

pans un exagonç de la voûte , He^ 
cote combattant le lion; la figure en eft 
très - bien campofcîe j mais il eft d'une 
sature trop adolercente. 

Dans une lunette une Femme tenant 
un tableai» ovale ^ fiir lequel -eft* peinte 
ui;e .'galère : elle a un. joli tour & è\t 
cft bien drapée. 

Dans Tun des autres tableaux de la 
voûte , Eufope en préfence de Jupiter 
ajufte une couronne de violettes fur b 
tête du taureau ; le Jupiter a Taif bâ , 
mais l'Europe a un joli profil ;, cette fr 
gnre eft fy^elte , & traitée entiércdicnç 
dans le goût de Tantiquc. ' . -.1 

Dans une chambre. d.Ufeçpad.ap;ar^ 



Chap.XVIII. Rome, 13^. Quart. ^2 p 
lent , il y a une vue des troîs arcades 
iemple de la Paix , avec une des bel- 
colonnes de ce temple, qui étoic 
PS fur place. Sébaflien del Piombo y 
gnit Poliphème , mais cette partie eft 
ée. Balthazar Peruzzi y fit le char de 
me , les hiftoires de Mëdufe , & des 
zs en peinture fi bien imités, que le 
ien même s'y trompa d'abord & les 
! pour de vrais ornemens en relief, 
ns l'appartement d'en haut , il y a des 
lemens tout au tour de la falle , &les 
ges de Vulcaiîi au deffus de la chemi- 
• , qui font auflî de Raphaël. Une des 
imbres fut peinte par Jules Romain ," 
. y repréfenta Roxane & 'Alexandre ^ 
la famille de Darius : Sébafiien del 
)mbo & Annibal Carrache y tfavail- 
ent auffi. Ces peintures ont été reftau- 
s au commencement du fiecle y par 
•rie Maratte. 

Il y a auffi des Statues dans ces appar- 
nens ; c'eft là qu'eft une Vénus céle^ 
5 appellée Vencre Callipighe , ou Vé- 
S aux belles feffes ;. la tête & les mains 
it modernes ; deux Vénus accroupies 
dans fe bain , Agrippinne , Homère^ 
e tête coloflale de Céfar qui reffeiïw 
t à la flatue du Capitole» 

X » 




veaux pai'dis ae ixuiuc , oc i 
l'enceinte & les dëpendanc 
canfidérables , car fes j^ 
dent jufques au fomoiet du 
toit autrefois ie palais des 
de Sixte IV , où la Reine C 
Se dont elle fit Pafyte des g 

L^architefture de Oi pj 
la fraîcheur & de la snag 
diftribution duplan eneft f 
la décoration extérieure n'e 
LVfcalier qui conduit à to 
inens*fe préfente en face ( 
très-noble ; les appartemer 
& décorés par une grande 
tableaux , dont voici les p 

Un très- beau Breughe 
•repréfentant une chafle à 



Chap, XVIll.R<mieiiy. Quart. 4pi 

»leau de Sajfo^ Ferratàf d'autres Fat- 
bucnt à Paul Vcronefe ; il eft très-fin 
deflein ; les caradleres de têtes font 
is , & la couleur agréable. 
Quatre petits tableaux de Gafpar J 
'uilÎD : une belle repréfentation de la 
ture , mais dont les fîtes ne font pas ff 
rcréflâns que ceux de Nicolas Pouflîn 
â beau - frère. 

La boutique d'un Boucher, par Te- 
Bres , peinte avec vérité. 
Jacob qui va en Méfopotamie avec Gl 
Dame & fes troupeaux , par Benedetto 
Caftiglione ; morceau bien compofé, 
d'une bcjle touche. 
Un beau faint André , du Calabrefe > 
un pinceau bien facile. 
Un faint Barthélémy qu'on écorche; 
kî Lanfranc , pur de deffein & d'une 
mleur affez vigoureufe , mais ce ta- 
eau eft dégoûtant d'ailleurs , à caufe 
I fujet. 

Un beau Vouvremens , repréfcntant 
I Chaffeur à cheval , qui s'arrête pour 
ifler piiTer un autre cheval de main , 
1*11. conduit. 

Un joli Tenîeres , repréfcntant un 
bmand qui tient d'une main us pot 
5 blerre & de Tautrç fa pîppe ; dans le 

X vj 



plus beaux tableaux de Gafp 
le lire en eft vafte, bien chc 
bîen décidés , on s'y prome 
dire , & les arbres en font 
feuilles. 

Un Enfant qui met (a i 
corfet de fa mère, par Mie 
Caravage ; tableau d'une b 
peint dans le clair & fans d 

Une fainte Famille , du 
tête de la Vierge efl: très-grj 
que celle du Jefus & du pei 
cft foible d'ailleurs* 

Une très-belle tête de S 
préfentant un homme qui li 
rouleau. 

Une tête de profil , rep 



îi^AP. XVIII. Rome, iS^.Quart.^c^j; 
il ; elle eft très - belle , deflînée à la 
icre de ce maître, mais coloriée dans 
î du Titien. 

Jne Adoration des Bergers, duBaf- 
l tablôau bien compofé ; les attitu- 
font vraies, k couleur locale belle > 
es têtes de bergers dans de bons ca- 
keres ; mais la tête de la Vierge eft 
Dble. 

Dn beau Guide , reprëfentant Héro- 
i qui tient la tête de St. Jean dans ua 
: ; cette tête de St. Jean eft belle y 
e d'Hérodias eft gracîeufe , d'une 
e couleur & finement deflînée. 
^oé remerciant Dieu après le Déluge^ 
leau du Pouflîii , aufG-bien colorié' 

bien deflîné & bien compofé. 
Jn St. François montrant un Cruci- 
^ bel ouvrage d'Annibal Carrache. 
Deux, petits tableaux de Rubens,, 
ne belle couleur, où il a voulu imi- 
Tenieres ; l'un repréfente une Fem- 
aflife tenant une bourlè , on voit un 
urne à côté d'elle un genou en 
e, & un troupe de foldats qui arri- 
it ; le pendant repréfente des hom- 
^ & des femmes jouant au triftrac. 
Jn tableau de Garofolo , repréfen^ 
c St» Auguftin q^ui médite aa bord 



puits , pour lui propoier le 
faac y lui offrant les préfet 
ham l'a voit chargé ; tabl 
Marâtre bien delliné; R; 
coup de grâce , elle eft 
mais la couleur générale ei 

Une belle têce d'Eccï 
le Guide. 

Le Campo vaccina , Se 
Thermes de Dioclétien , 
beaux ouvrages de Jean 
ni , d'une bonne couleur j 
beaucoup d'effet & d'en 

Un beau Payfage du Pc 
voit fur le devant un Sat] 
de petits Satyres & d'autri 

Une belle Mofaïque d'à 
repréfentant un bufte de fe 



CflAP. XVni. Jlom^ï3^ (^uart^p^ 
les détails en font très - beaux ; on eft 
étonné de voir avec quelle vérité les 
dentelles y font rendues -, c'efl dommage 
que les pierres n'en foient pas plus petites» 

Quatre belles Frefques de M. Lalle- 
mand qui ont fait fa réputation à Rome; 
l'une repréfente une Cafcade, la féconde 
un Payfage où il y a un tombeau , la 
troifieme une Marine , la quatrième le 
Château Saint Ange & le Véfuve ajuflés 
cnfemble dans la même vue. 
' Une belle Statue antique de marbre ;; 
grande comme nature» repréfentant une 
Femme drapée » une mai§ pendante» 8c 
de l'autre relevant fà draperie ; les ma& 
fes générales de la draperie font belles , 
& les grâces du nud font très • bien reflen- 
ties fous la draperie. 

On y remarque encore un S» Jérôme» 
figure entière , le portrait de Philippe II 
8c celui du Card. Alexandre Farnefe, du 
Titien ; le portrait du Rembrandt fait de 
fa main , la Nativité de la Vierge , da 
Carrache ; une fainte Famille, du Schido* 
De; TEnfant Jefus avec St. Jean » da 
Cignani ; une Vierge d'André del Sar- 
to ; une de Michel-Ange ; le Mariage de 
b Vierge , la Nativité de la Vierge, de 
Pierre de Cortone ^ un St. Sébaflien > 



49^ Voyage en Italie. 
avec d'autres tableaux de Rubens; uiïc 
fainte Famille, du Parmefan ; un portrait 
du Gard. Bandini , & d'autres tableaux, 

Ear le Dominiquin ; le portrait d'un 
)oge de Vénife/par leBarochc, &c. 
La Bibliothèque du Palais Corfinieft 
compofée de fept chambres contiguës, 
dont chacune contient des livres d'une 
matière particulière ; elle eft en très -bon 
ordre , & confidérable par le nombre & 
la rareté des manufcrits , des livres imr 
primés , & des èftampes > cette Biblio- 
thèque eft ouverte au public, & les Prii>- 
cesCorfini enjietiennent unBibliothécai- 
re pour cet eftet. M. Bottari , Prélat qui 
eft connu par fon favoir , eft attaché d^ 
puis long-temps à la maifon de Corfini, 
& il a beaucoup contribue à la formation 
de cette Bibliothèque» 

Il n'y a guéres en Italie d'auffi belles 
collections d'Eftampes que celle diiPalais 
Corfini : cette colleâion eft fans dout« 
bien au-deflbus de celle de h Bibliothè- 
que du Roi ( à laquelle on travaille de- 
puis un fiécle, & qui renferme trois cents 
mille Eftampes ) , mais elle en contient 
beaucoup qui ne font point à la Biblio- 
thèque du Roi. Il y a de ces eftampes 
gu'on ne montre pas volontiers j paf 



Chap. XVIII. Rome^i:^^.Quart.4$7 
'^xemple,la fuite des eftampes lafcives d'a- 
uprès les Cartaches, auflî recherchées, 
anaîs cependant moins obfcènes que cel- 
les qui ont été faîtes pour le livre de l'A- 
letin qui eft intitulé : Capriciojî epiactvoli 
ragionamenti ai M, Pietro Aretino. 
. Les Jardins du Palais Corfini font auf- 
fi"^ouverts au public ; on y trouve des 
bofqueis très - agréables , des bois rufti- 
ques & folitaires , une montagne au 
fommet de laquelle eft un grand pavillon 
dont on découvroit les appartements en 
l76j,& beaucoup de ftatues. Il y a auflî 
an bofquet en forme d"amphit<fatre avec 
une fontaine dan'S le milieu , où fe tien- 
nent quelquesfois les afîemblées pu- 
bliques de TAcadémie de Quirini , dont Académie 
3e Cardinal Nerî Corfini eft le Diélateur desQuirinî, 
perpétuel , & qui a pour objet les An- 
tiquités de Rome. 

Ponte - Sisto , entre le Palais 
Corfini & le Palais Spada, eft un pont à 
quatre arches , conftruit à l'imitation des 
pontS' antiques ; la ftruélure en eft affez 
belle , mais les détails font de petite 
manière & ne conviennent pas au ca- 
raélere d'un pont. Il s'appelloit autrefois 
Janiculenjîs. Aurelius Nardini dit qu'on 
y voyoii anciennement une infcriptioa 



4^8 Vota G H ek IxAiti; 
qui prou voit que rEmpereurTnjaîi!*^ 
voit fait rebâtir ; mais M, Venuri < 
que c^ed celui qui fut refaic par Ad 
tonin f & qui ayant été encore i 
fut nommé Borne - Rotto. Sïxîg JV. \ 
refaue en 1 47 ^ . & il a confenré Ion t 



h 



CHAPITRE XIX. 
Suite du treizième Quartier. 
Colline de S. Pierre in Monmii 

_LiA grande rue que l'on trouve» 
tournant fur la droite, au bouE de a 
Longara» s'appelle PianaiîUeFcmàî 
elle conduit à la montée du Janiculed 
va vers la porte S. Pancrace. Ilyatttf 




ChAF. 3QX. Rome, i 3^ Quart. 499 
É[fiir le Tibre ^ il n^y en avoic plus dans 
Plauteurs , ce fut le Pape Innocent XI. 
ft en fit refaire quelques-uns dans l'enr 
::tte dont nous parlons. 
Il n'y a point de moulins à vent en 
itîUe; les pays chauds & voiCns des 
topiques ne font par fujets aux vents va- 
Ibies & impétueux que nous avons fi 
Qvent dans le Nord , & fur lefquels 
r fondé Pufage des moulins à vent ; 
ais on y fupplée aifément par Tabon- 
ince des eaux. 

Bosco PARRASIO9 Jardin de Théatrei 
RLcadémiedesArcades, ou théâtre ch|^ Arcades, 
kre o& fe tiennent les aiTemblées , fi- 
6 fiir le penchant de la même colline, 
a été décoré par Antoine Canevari, 
rchiteéle romain 5 ce fut Jean V. Roî 
i Portugal , qui en fit la principale dé- 
nfe ; le Pape en 1750. le fit reftaurer, 
le Roi' Jofeph , aftuellement régnant , 
fait embellir de nouveau en i7(îo. 
>us parlerons plus au long de TAca- 
mie des Arcades, lorfqu'il fera quef» 
n de la littérature de Rome. 

S. PlETRO IN MONTORIO, églifi» 

Récollets (') , fituée au fommet di^ 

i) On les appelle en I Congrégation de lafecrette 
le Riformatii ç'eft U I obffivaAçe» ^ fîit s^ 



: Janiculç ;;fon noiii étok in Monte d- 
rto f ÔC plus ancienfieoient in Cajiro ca* 
■reo ,ii Caufe d^un ancien châceau qui f 
étoit f & des fables jau nés & cocikur dW 
^ i!0Q-on y trouve, Paocirole & Alven ii* 
:Knt que c'étoit une des églifes fonèin 

Sar Conftantin le Grand; elle fut Qiie- 
es vingt Abbayes de Rome ; ayant ié 
.nCiAxt abandonnée elle fur cédée en 
:lJiJ2 aux Cordelîers de l'ObfervancÊi 
& enfuit^ aux Kéformés qui y habiter tj 
pour- lefquels le Roi d'Efpagîie Ferdi* 
. . •. ■ . . haod IV & Ifabelle la firent rebkir fut 
' JMM'^^^'^ ^^ Bicdo Finrelli. Philip- 
ïïf^I en idoj fit faire devant IVglifft 
la place & la fontiine qu'on y voit, Se J 
fie conftruîre un gros mur pour fouieDîf I 
Féboulement des terres. J 

Trantfigu- ^^ TRANSFIGURATION, deRapbaèï, 1 

itiondcRa- ouvrage immortel qui eft regardé corn* 1 
'^*^^' me le chef-d'œuvre de ce grand Peinr i 
tre , & par conféquent le premier ta* 
bleau de l'univers , eft fur le maître - aîh 
tel de Pëglîfe de S, Pierre in Montorio, 
mais il y eft dans une fituation peu favo- 
rable pour être bien vu , le grand autel 

prouvée par CJérneni Vil | Doc de Ncvcn, V» Spoâ- 
cn I53x; elle Tue intio- I d^inut U Himidit fOïi'IJt 
. ëuice en France tn j f^t I née if jl« 
par Louis de GoBn^uo j 1 



HA p. XIX. Rome, 13 e, (luart.^ot 
: mal éclairé. La belle copie qui éft 
Alais Barberini , eft beaucoup plus 
î à examiner, 

è fujet de ce tableau eft Notre-Sei- 
r qui ayant conduit S. Pierre , S. 
lies & S. Jean fur le Thabor , de- 
en leur préfence tout rayonnant de 
e , & transjiguratus eft ante eos , 
ttth. 17. Marc p. Luc p. ). On voit 
fc^Seigneur en Pair ayant Moyfe & 
& côté de lui : au bas du tableau il y 
ifieurs Apôtres autour d'un démo- 
lie dont on leur demande la déli- 
[ce. Ce tableau eft bien compofé ; 
le p'ouvoit mieux réunir les deux 
»s î il y a une variété prodigieufe 
I les attitudes & dans les airs de té- 
lés carafteres en font bien jfrappés ; 
'on ne pouvoit y défirer plus d'ex- 
Bon ; les draperies en font fimples » 
r jett^es & traitées d'une manière mé- 
C ; le deffein en eft très-pur , Pintel- 
nce du clair-obfcur y eft bien cn- 
iue , il eft très-harmonieux, & fa 
leur eft une des plus vraies qu'on ait 
lîr^e dans les ouvrages de Raphaël , 
rcependant être des plus vigoureur 
Il y a dans le coin fur la montagne 
DC Maints ^n petit ^ Tun eft S. J^tienne 



J02 VoTAOÇ BU iTilIl 
î genoux 9 on ne fçait uop ce q 
font ; on croit que c'étoit les patr 
celui qui fie faire le tableau. 

On a auffi reproché à ce bel 9 
une duplicité d'aâion &de fujet«l 
ne du démoniaque & celle de la 1 
guration paroiifent en effet très-di 
tes ; mais il faut obferver quefuivs 
vangile elles fe pafibient précifiéme 
le même temps & afiez près l'une 1 
tre. J. C. étoit fur la montagne, k 
très l'attendoient plus bas ; on len 
ne lepoifédéj ils montrent avecl 
que celui qui opère les miracles ti 
té fur le Thabpr ; on le voit dans I 
tain , tandis que la foule des Apô 
du peuple eft préfentée fur le dcv 
tableau. Il me femble que ce ferc 




. X*VIII. Roma^ i j^. Quart, y 05 
te églife eft ornée de peintureis 
chel- Ange avoit donné les deC- 
qu'iJ retoucha lui-même, à ce 
fôre"; après que Sébaftien del 
eût employé fix ans à- les exé- 
ies repréfentent la Flagellation 
. à la colonne , avec beaucoup 
figures» 

la quatrième chapdte il V a un 
l de marbre, & un tabffeau de 
Va&ri qui repréftnte S. Paul 
une , que des foldiats conduifent 
; qui lui ouvre les yeux : parmi 
ateufs il y a un portrait de Va- 
rableau eft^ pur de dfeflein , maïs 
d'ailleurs à tous égards. Les fta-* 
Religion & de la Juftîce qui font 
rrîches , célW des maufolées dé 
I Monti, & les autres Iculptures 
pellte font de P Ammanatî,célebrc 
r dont nous avons fi fouVent 
na la defcription de Florence 
it les ouvrages font rares à Ro- 
enfarts en marbre accouplés de- 
pîédfeftaux foutiennent la cor- 
cette' baluftrade , ils font entié- 
nudà & exécutés fur les dèfleîns 
i : cette fculpture n'eft ni bon- 
iiauv.«fe, mais une pareille bat 



J04: Voyage. BftlïAïiff. % 
iaftrade jconviendroît mieux dans un jar- 
dip que dans une égliic où die eft un 
peu indécente. ^\ 

Dans U chapelle de S. Jean-BaptiHe 
' à gauche les peintares paflTent peut être 
de François Salviaii ; les fia eue s de S» 
^ierie Sç de S., Paul font un bel ouvrage 
de lianiel de Volterre ^ de Liavrardu 
' Milanefe , fon élevé, La baludradeafif^ 
faite avec des colonnes de jaune antique 
trouvées dans les jardins de Sallufte. 

La chapelle de S- François d*Affife 
fut décorée par le Cavalier Bernin. Hy 
gi, un bas -relief en marbre de François 
Baratta , qui fit auffi les flatues des deux 
maufolées^ dont les bas-rdiefsfont de 
François Sala , élevé du Bernin ; dansla 
'dernière chapelle les ftigmates de S. Fiaii' 
çois furent coiïipofées par Michel-Auge; 
& coloriées par Jean de' FeccAi. .^ 

Sur Tautel de la quatrième chapdle 
à gauche eft un tableau du FiatnmingOt 
pu François Stellaert ^ repréfentant No* 
rre-Seîgneur qu'on met au tombeau; il 
eft dans U manière du Ca ravage , m^ 
plus fondu dans fes ombres ^ d'une trb^ 
belle couleur & d'une belle touche^ Al*é- 
gard de fes carafteres d& têtes ils n'ont 
aucune noblefle. Les deux autres n** 

bleiuï 



Chap. XIX. Romeyi^^. Quartier, j'of 
bleaux de cette Chapelle font du même 
Peintre. Ils repréfentcnt J. C. portant 
fa croix » & J. C. élevé en croix ; ils font 
peu correfts de deflein. 

On voit dans la cour du cloître de S. 
Pietro in Montorio un petit temple rond , 
.périptere , foutenu par 16 colonnes do- 
riques de granité noir, d'environ 24* 
[Heds , avec une coupole & des (latues. 
Ce petit édifice pafle pour un des meil- 
leurs ouvrages du Bramante ; Gamuci le 
met en parallèle avec les chefs -d'oeuvres 
de PArchiteft-ore Romaine , ( Antichita 
di Roma, 1588. in-S°. Vene:iia ). Ce 
temple eft en eflFet d'une très-jolie maffe, 
les colonnes qui font doriques & de gra- 
nité, font fur un piédeftal qui eft élevé 
fur trois dégrés de même hauteur que le 
pîédeftal; cette difpofition des colonnes, 
du piédeftal & des dégrés forme un bon 
■ efièt. La baluftrade qui eft au-deflfus de 
T'Cmablement eft un peu trop haute , & 
proît maigre : il auroitété à défirer que 
rattiqùe eût été moins haut & mieux dé- 
coré, que les baluftres euflfent été plus 
ferrés , & qu'il y eût des piédeftaux à- 
plomb de chaque colonne. La coupole eft 
• d'une très-jolie proportion , elle eft éle- 
y^efor une efpecc de foubaflement ou de 
Tome IF. Y 



■luMif" 



f06 VOTAGB Em iTAtli: 

piédcOal qui fait très-bien : le cauroniicr 
ment qui terme la malle d'une lantmCi 
eft d'une très-bonne proportion, ma 
h boule qui porte la gîrouene ch a% 
forte» 

Dans la chapelle fouterralne qui é 
au'deflbus de cette petite églife , eft iffl 
autel où il y a un crucifiement de S. Pier- 
i!e fjittc ^^ * ^^ Guide ; c eft-là que , fuivam Tan- 
ciennc tradition , S, Pierre fut crucifié; 
du moins c'eft le lentiment de Baronias, 
de Vegius , d'Ottavio Panciroli , de Fio* 
ravante Martinelli Se de Giorgio Porzio. 
D'un autre côté , le plus grand nombre 
des Antiquaires foutientque c'eftatiVi- 
tican que S, Pierre fut crucifié, &dans^ 
les environs même de l'endroit oh Vm 
fçait qu'il fut enterré. Suivant Fietro 




Ckap.XIX« Rome, if. Quartier. ^o^ 
us & de l'obélifque de Néron : plufieurs 
ir c^ fentimens peuvent très- bien fe 
liRcUier, Quoi qu'il en foit , Ferdinand 
% Ifabeite firent élever ce bel édifice 
ims l^endroit où l'on fuppofoit que S« 
%err« avoit été raartyrifé , & Pon y mît 
inftription {xCvfznxitxB.Petri^Apoftoiorum 
Wimifis Martyrio Sacrum Ferdirtandus ^ 
le» Hifpaniarum , &• EUfabetha , Régi- 
» Catholici , pofl ereSam ah tis adem 
o/uireydnncr SiUutis i yoa. 

AcQUA Baola : c*eft le nom d'une ^^J-^^ 
es trois plus grandes fontaines de Ro- 
le , conftruîte en idiy par Jean Fon- 
ma , fous le règne de Paul V, avec les 
làtëriaux tirés du Forum de Nerva ; ce 
*ape fit réparer vers Pan 1610 les an- 
icns acqueducs & reconftruire les par- 
ies dégradées, fur une longueur de 35: 
nîltes ,. ou près de 12 lieues 9.4^puis 
iracciano qui eft à fèpt lieues au nord- 
»ue(l de Rome , & diftribua cette eaa 
Ibins tout le quartier du Janicule , du Vat- 
ican' & même au-deli des ponts. 
' Les acqueducs , dont nous venons de 
^rler , étoient , fuivant quelques Au- 
teurs, ceux de VAqua Aurélia , ainfi nom- 
toée parce qu'elle venoit , comme la voie 
Mrelia , de la partie du couchant ; Nar^ 



que celle d'Augufte étoit VA 
tina , venant du lac Âlfetia 9 : 
Via Claudia^ ou VAqua Sabbat 
noit de deux fources ficuées p 
de Bracciano ou de PAngui] 
étoit autrefois Lacus Sabboêini 
fentiment de Fabretti & dU 
Les fontaines qui fourniflent V 
qucduc font très-bonnes ; les 
font prefque toutes fous terr< 
bre Dominique Caftelli qui ] 
rétabliflement de cet "acquei 
Paul V , trouva qu'il étoit re 
toute fa longueur de groffes l 
briques , dont la forme eft tell 
entrent les unes dans les autres 
l'eau ne puiffe recevoir du tern 



cades fortent trois fleuves d'eau 
dégorgent ddns un baffin. Dans 
tes arcades on a placé les armes 
1 V , c'eft-à-dire , un dragon & un 
ïï jettent de Teau. Sur les piles des 
: il y a fix colonnes ioniques mo« 
de granité* Au-deflus eft un atti-- 
tis lequel eft l'infcription , Se au** 
îe cet attique eft une efpece de ta- 
e oà font placées les armes de 
• Toute cette architeâure eft de 
a , mais elle eft d^un ftyle mai* 
ns proportion , 8c n^a aucun rap<^ 
ec le caraftere d'un édifice fufti- 
û que doit être celui d-une fon- 
Ze qu'elle a de plus remarquable 
randeur avec fa quantité d'eau ; 
: , c'eft de toutes les fontaines de 
a plus abondante , & celle qui eft 
X conftruite pour faire paroître' 
c dans toute leur beauté ; on l'ap« 
des extrémités de Rome, & il 
que Ton voie trois torrensdefcen- 
[a montagne : nous avons remar« 
levant combien de moulins elle 
lier en defcendant vers le palais 
. Il n'y a pas de fontaine pareille 
jnivers, 

E^DiNO de' Simplici , jardin de 
Yiij 



nooftmiioiii des. pfadun ufiidks : Clé» 
nMi( XI y fit-£iixr «Q MttiMOt i|iii htt 
d'écale p dans leqndlM frafeitiir^li 
Sa^ence vt £ûre Ici' dévoiiftmiîoiifde 
AwaiiiqueiictttMit jovrt d«JPété. 

PoMTA Sam Famcaau'o « . qui cft. 
tout pfèt dc^là > cft o^ oà coaimeflh 
fuit b Ku Aêralia^ iândlMnent le cbe- 
min de Q?ini.VecGbîa ; c?fift la jpomk 
plus ocddratab ic Bmm^ dk cft^ 
a 1 CM jtmfe$ > ott 'i»e |mne^ 
porté S. Uoiiinfûy qâe hoot atons fs 
être la pitis orientale de toutes » & <pû 
conduit à Tivoli : cela donne une idife 
nette de la largeur de fionae» 

S. Pancrâzio , églife des Carmef 
'DéchauiTés , fituëe hors de la porte S. 
Pancrace > fur-le chemin qui eft à droke 
appelle autrefois Via Vittllutj du nom 
de la famille des Vitetbus qtn firent foire^ 
ou du moins refhurer cette granderoute. 
Cette églile fut bâtie vers l*an 272 pat 
S. Félix I , & porte le nom de S. Pan- 
crace , Romsôn , qui fouffrit le tnartyrei 
rage de 14 ans : elleeft fkuée dansTcn- 
droit oà étoit le dmetiert de & Cal^ 



Chap. XIX. Rome.i^^.Quartîer.s î i 
fiodius r auquel elle fîit d'abord corifa* 
crée ; elle fut donnée par S, Grégoire It 
Grand aux Bénédiâins qui l'abandon- 
nèrent enfuite ; les Religieux de S. Am- 
broife de Milan l'occupèrent à leur tour : 
enfin Alexandre VII la donna aux Car- 
mes , qui y tiennent un Séminaire pour 
leurs miffions dû Levant » fuîvant la fon'- 
dation de François Cimino ^ Baron de 
Gaccuri en Catabre, 

Les colonnes du grand autel font de 
porphyre, il y a dans la nef deux chaires 
faîtes dé tables de porphyre , c'eft ce 
qu'on appelloît autrefois Ambonés ;près 
de celui de l'Evangile il y a une grande 
colonne de marbre antique , dont les ta- 
ches font fingiilierës , & il y a hors de 
l'é^fe quatre belles colonnes de granité, 
Deuxefcaliers condnifent, l'un à Ten- 
droît où S. Âiîcrace fut décollé, & l'au- 
tre dans Pancien cimetière de S. Cale- 
podîus. Il y avoit autrefois dans cette 
églife une épitaphe de Crefcentius Nb- 
mentanusy qui étant parvenu à s'emparer 
du château S, Ange , fut enfuite tué par 
les foldats de l'Empereur , & fut enterré 
à S. Pancrace. C'eft encore dans cette 
églife que le Pape Jean XXII reçut 
Louis^ Roi de Naples» & qulnnocerit III 

Yiv 



^12 VoYA«B EN Italie; 

fit le couronnement de Pierre , Roi d*Ar- 
ragon. 

Les jardins de l'Empereur Gilbi 
étoient auili fur le Janicule » hors h 
porte S. Pancrace ^ fur la yia AunUtu 



CHAPITRE XX. 

Suite du 13^. Quartier y des envi- 
rons de Ripa grande. 

JlL n revenant dans Pintërieur de la vil- 
le on trouve au bas du Janicule diffé- 
rentes églifes , qui ne font pas affez con- 
lîdérables pour devoir nous occuper 
long-temps. Celle de Ste. Marguerite 
eft de Tarchiteélure de Carlo Fonrana; 
il y a des peintures eftiméesJBte. Ruffinci 
couvent établi en i5o2 par Madame de 
Montoix , les Dames qui y font ne font 
pas de vœux folemnels , on les appelle 
OrfoUne. L'hôpital de fainte Marie & de 
S. Gallican , où il y a iio lits. Sainte 
Agathe , églife bâtie à l'endroit où droit 
la maifon paternelle de S. Grégoire II. 

San. Grisogono : il y a beaucoup 
de mâle dans le premier ordre du por- 



lP. XX. Rome/ 13^. (Quartier, j* 1 5 
cette ëglife , qui eft décoré de 
es doriques. La nef a auflî deux 
de très-belles colonne^ de granité 
5 ionique , tirées de la naumachîe 
ifte , ou des thermes de Sévère ,' 
ient près de-là, & des colonnes an- 
d'albâtre & de porphyre ; fon pla- 
:ft très- riche , & renferme un ta- 
lu Guerchin , repréfentant S. Gri- 
enlevé au ciel : beau tableau , 
goureux, mais oà il y a peu de 

3enoît in Pifcinula , églife qii il y, 
:hapelle qu'on dit avoir feyvi d'o- 
à S. Benoît , & un portrait de ce 
qu'on aflurc avoir été fait de fon 
• 

s de-là on voit le Ponte Rotto , pontcRotto; 
reftes de l'ancien pont qui étoit 
: Fons Palatinus : nous en avons 
lans le Chapitre X, 
peu plus bas le long du Tibre , il 
1 jardin de la Maifon Pamphile » 
me maifon agréable , que le peuple 
me regarde comme une ; maifon 
;e y parce qu'il appartint à Donna 
)ia , donc le gouvernement fous 
;nt X fut détefté dans Rome, 
.reftes du pont appelle Sublicius ; 
Yv 



yi4 VOTAGB ITN iTÂtlt; 
^ f e voient dans les bafles eaux, nncenj 
!i- ao-delfous du jardin Pamphile;ccltce| 
pont qui fut (i célèbre par la valetf 
d'Horatius Codés , l'an de Romea<t 
'■ Sx. Cecilia in Trafle^'ere , belle é^ 
fe de Bénédiélines , bâtie à l'endroit ne- ' 
me où étoit la maifon de Ste. Cécile , 
vierge & manyre ; elle fut confacréc pat 
S, Urbain I. vers l'an 230, S. Pafcal L 
la rebâtit l'an 821 , & y fit tranfpottef 
du cimetière de S. Calixte les corps ic 
Ste. Cécile , de S. Valérien fon épouïr 
& de S. Tiburce fon beau-frerc. Cette 
cglife fut long-temps occupée par l*Ot« 
dre des HunûTiés ; mais S. Pie V. Tayaut 
fupprimé en iy70, comme nous l'a votis 
raconté à l'occafion de Milan , Clémesi 
VIII la donna aux Béfiédî(5Knesouî ont' 




!AP. XX. Romif ï j^ Quartier.^ tf 

un travail très-maîgre 6c tout-à-fait 
tite manière. 

: tombeau eft formé d'albâtre , de 
& d'agathe , le pavé même eft 
àtre & d'autres pierres orientale^ 
i i8 colonnes de marbre & de gra- 
aux portiques & aux autels. De la 
iere chapelle à main droite on pafle 
une chambre où Ste. Cécile avoir 
•ain , & ou elle reçut le coup mor- 
>n y voit encore Pancien tuyau de 
b qui portoit les eaux qui étoient 
ifFées dans la chambre fomerraine ^ 
tuyaux de brique par lefquels on 
c venir de plufieurs côtés une va- 
chaude pour échauflfer l'étuve ; cet- 
apelle eft ornée de payfages de Paul 
; mais les tableaux qui repréfen-- 
a décollation de la Sainte ôc fon 
mnement , font d'un auteur anony- 
ui a cherché à imiter le Guide ; o» 
onnoît une belle couleur , mais déjà 
ue perdue ; la tête de la Sainte eft 
>elle , & paroît copiée d'après Ra* 

î maufolée du Cardinal Sfbndrato» 
•né de belles ftatues de Carie Ma-- 
3 ; la chapelle voifine décorée par 
melli , renferme différentes reliques 



Si6 Voyage xn Itali 

dans des reliquaires d'or j d'argei 
cryftal , enue autres le voile de 
cile. 

Le corps de cette Sainte rep 
l'autel dans la chapelle de la Coi 
il" y eft entier & fans corruption 
mime pofture que la flatue do 
avons parlé , en une châfle d'arj 
le Pape Clément VIII. fît faire ei 
après avoir été délivré de la goi 
quatre autels de la Confeflîon 
cile font ornés de tableaux du I 
de rcUquaires en pierres orientah 
^o lampes d'argent qui brûlent 
terruption. 

Dans un coin de la cour qui el 
l'cgiife , il y a un tombeau antîqu 
quable par fa grandeur & par fa 




|k que d'un Jugerum ou les deux tiers 
%D arpent de Paris. 

Cette églife de Ste. Marie deW Orto 
% bâtie vers l'an 148^^ parles contri-* 
■lions volontaires de plufieurs perfon-' 
Si pieufes ,fur les deffeins de Jules Ro* 
■in ; la façade eft de Martin Lunghi; 

tribune du grand autel , de Jacques 
sUa Porta ; les peintures dont il eft or- 
î^font le Mariage & la Vifitation de 

Vierge , par Frédéric Zuccheri ; la 
falffance de N, S. eft de Thadée Zuc- 
leri. Oeft-là que Ton conferve une ima- 
5 de la Vierge qui fut trouvée à la porte 
un jardin , dont la célébrité occafion- 
I la conftruftion de cette églife , & lui 
fait donner le nom de Madonna dcW, 
rto. 

ht Cavalier Baglioni a peint dans la 
)ûte plufieurs hiftoirts de la Vierge; 
5 Prophètes font des Zuccheri , & les 
^billes de Torelli. La première cha- 
lle à droite en entrant dans l'églife , a 
le belle Annonciation peinte fur le mur 
r Thadée Zuccheri ; la féconde cha- 
lie eft de Philippe Zuccheri ; la troî- 
:me , de Baglioni ; la quatrième , de 
iccolo da Pefaro, auffi bien que la cha« 
lie de S, François. Il y a beaucoup 



tolique dei Enfâns ; il a ptî 
d*une petite chapelle de S. 
s'y trou voit dès 4*année li 
le Cardinal Odefcalchi étab 
fon pour des enfans délai 
cent XII augmenta cet éta 
Clément XI y ajouta un h 
des perfonnes âgées & inval 
mes & femmes , avec une ms 
redlion pour les jeunes-gcns 
duifent mal , fous la dire(%ic 
des Ecoles Fies ; enfin Cléi 
ajouta une prifon pour les fil 
Yaife vie. Le bâtiment neuf 
QuaîduTî- Fontana , il s'étend le long c 
cft bâti fur le bord du Til 
fcul quai qu'il y ait à Ron 
cette ville , comme dans cel 



brc 





Châp. XX. Rtme] Y^e. Qièàrtler.jr^ 
face , & la promenade en eft très- 
réable , auâi bien que celle de la porte 
a eft près de-là. 

Sa. Maria del buon Viaggio , petite 
^ife qu'on a bâtie au-^deifous de la gran- 
façade de l'hôpital ^ à la place aune 
^^tre 9 où les Mariniers avoient coutume 
^jfc-fe recommander à la Vierge , ce qui 
^^a fait appeller N. D. de bon Voya» 

ft ; elle s'appelloit auffi S^. Maria dell» 
orre y à caufe d'une ancienne tour que 

^ S. Léon IV y avoit fait bâtir vers l an 
848 y de même que plu6eurs autr^ fur 
les bords du Tibre , pour arrêter les 
courfes des Sarrafîns qui remontoient 

■ fou vent le fleuve. 

Ripa grande , port du Tibre oà 
débarquent les marchandifes qui vicn^ 
nent de la mer , en remontant le Tibre, 
comme celles qui defcendent des terres 
ont leur port à Ripetta ; le débarque- 
ment des anciens étoit fur l'autre rive , 
au pied du mont Aventin , comme nous 
Vavons déjà remarqué ; mais Innocent 
Douze fit bâtir par Koflî & Fontana les 
* magafins de la Douanne , le portique oà 
l'on met les marchandifes à couvert , ic 
le logement des commis,c'e{l ce qu'on ap* 
pelle ^KomcDogana nuova diRip^^g^^^^^^ 



520 Voyage hn Italie. 

Porta Portese , la plus roéridia- 
nale des portes àc Rome à Poccidem du 
Tibre I eft celle où commençoitle grand 
chemin appelle dans Publius Vi&oxViê 
Vorrucnjîî , qui conduifok à Portos il y 
a fur cette route plufieurs cimeneres de 
Martyrs j ou fouterreîns creuf6 par les 
Tideles, dont il eft parlé dans les Au- 
teurs EcclcfiafiiqueSj tels qu'Adon^Be- 
de , Mallius , Cendus j Camerarîus, Fan- 
vin!us,&c. Les principaux furent cetd 

, de S* Félix, qui fit donner aofG à cette 
route le nom de Strada ai S* Fdîce ; ce- 

I lui âe Pontîanus , ou des Saints Abdon 
& Sennen i celui de Generofa ad Sixium 
TkiUppl j & celu*! de S, Jules , Pape. Bo- 
fius y trouva auflî un ancien cirfietiere 
des Juifs, creufé groflîérement dans le 
tuf, *& marqué dans plufieurs endroits 
par le chandelier à fept branches. 

S. Francesco a Ripa , ëglife de Cor- 
deliers Obfervantîns , (îtuée entre le lieu 
où l'on croît qii'étoient les jardins de Ce- 
far , & celui oh étcient les thermes de 
,Sévere , fuivant le plan de Bufalirio. Les 
Bénédidlins qui avoîent cette églife , la 
cédèrent à S. François en 1229 , avec 
le confentement de Grégoire IX.^ 
On moritre dans le couvent la cbam* 



Chàp. XX. Rome, 1 3^ Quartier. 5 2 r 

^Voù couchoît S. François; le Cardinal chambn 
indre Montalte en fit une chapelle se. Franc 
Jeft ornée d*un bel auteK On confer- 
[dans la facriftie le Crucifix qui parloit 
)f. François, fuivant l'Auteur de fa vie. 
^^a encore dans la chapelle, dont nous 
SÊms parlé , un portrait du Saint qu'on 
it avoir été fait de foa .vivant , & que 
"^autres prétendent être du Dominiquin ; 
ïifin on y montre la pierre fur laquelle il 
^ettoit la tête quand il étoit forcé de 
-tiîtter fes prières & de céder au fommeiU 
-~ Il y a dans l'Eglife des peintures 8c 
les îculptures de bonne main : par 
xemple dans le chœur , un tableau de 
>t. François en extafe , par le Cav. d'Ar- 
lîno : la NaiflTance de la Vierge , de Si- 
non Vouè't ; la Vierge tenant J. C. mort; 
)aflre pour être d'Annibal Carrache ; il 
r a dans te maufolée de Laura Mattei 
m bas - relief antique très - eftîmé. 
La Chapelle de la croifée à gauche ; 
été décorée en marbres par Mola : on 
' voit une ftatue de la Bienheureufe 
jouife Albertoni , repréfentée mourante, 
ar le Bernin ; figure très - bien penfée , 
.'un beau caraélere de tête, mais dont 
^ mains ne font pas belles : les dra« 
»eries en font exceflivemeot maniérées : 



^ 



'f] prête à le recevoir. Le prc 

! cft très - beau ; TEnfant -. 

fort ; il y a en général de 

de la couleur dans ce tab 

■j de corredlion de deflein , 

dans la main de la Vierj 

Les hiftoires de divci 

gîeux de Pordre, qui fon 

tre, ont été peintes par le i 

Côme. L'imago de S. Fr 

frefque , hors de l^églife < 

où eft la fontaine , écoit d 

il n'en refte prefque p]fxs i 

La Naumacbie d'Augu 

droit où l'on voit TEglife i 

entre Ripa grande ic S. 1 

torio y ou du moins dans 

c'étoit un grand badin def 



ChAp. XX. Rome, 15». Quartier.^ t^ 
9^ano irrhamenta luxus ; dabanturquc 
>€s, quas boni mceffitatt^ intempérantes 
*wia confumerent. Tac.Ann.XIV.. 
Près.de là étoient des Jardins que Ce- J^ràin 
avoit rendu publics , & qu'il donna ^^^'' 
peuple romain par ion teflamenr. 

"rans Tyberim longe cubât h prope Czfarîs honos» 
Hor. i^Sat. 9, 

le Temple de la Fortune bâti par 5er- 
Às Tullius étoic aulH dans le même 
nton. 

S. C0SIMAT0 , églife des refi* 
eufes de Sce. Claire , fous le vocable 
I S. Côme & de S. Damien , (ituée dans 
I Jardins de Céfar ; elle étoic occupée 
crefois par les Bénédiâines qui la eu- 
rent en 1450 aux Francifcaines ; cel« 
;-ci cmbrafferent en 1^50 l'étroite 
fervance , fous la direôion des fœurs 
raphine & Théodore , qui vinrent du 
uvent de Foligno établir la réforme : 
f a quarante Religieufes dans ce cou- 
nt. L'Eglife fut rebâtie en entier par 
Kte IV. en 147 J ; on révère fur le 
ind autel l'image ancienne de la Vicr* j^^ ^ 

qu'on foppofe peinte par les Anges s i^t>re. 
B étoit autrefois à S. Pierre fur l'au* 

de S. Proceifo & Martiniano; des 
leurs l'enlevèrent pour en oter le$ 



'3;24 VOTAGB EN ItALiC- 
pierres prédeufes de Tentourageyb 
tcrenc la peinture dans le Tibre :b 
nicrc donc elle y fut retrouvée augi 
la réputation de cette Madonne; < 
plaça fur le pont près duquel elli 
toit arrêtée , qui prit de là fon Da 
Pont de Ste. Marie , d'où elle a éii 
fuite tranfportée dans Téglife dont 
parlons. 

Il y a dans la cour une (bi 
faîte en 173 1 où Ton a mis une 
belle conque de granité, ovale, 
d'anneaux & de têtes de lions , qi 
fervir à des bains antiques» 

Les Religieufes de ce Couveti 
celles qui paiTent pour travailler k 
les fleurs artificielles , fur-tout ce 
fe font avec la foie ; à Pégard de 




ChAP. XX. Rome^ i^e. Quartier, pj; 
Romain , où S. Calixte Pape , s^étoît 
retiré dans le temps des perfécutions ; il 
Fut pris Pan 226» Se jette dans un puits 
qfufi Ton y montre encore. Ce fut Paul 
V. qui fit ouvrir devant cette Eglîfe 
l^s deux rues dont Tune via à S. Caji- 
mato & l'autre à S. François. Les Reli- 
gieux de S. Paul y viennent pendant 
Fêté pour fe fouftraire au mauvais air. 

Il y a près de S. Caiixte une fon- 
taine qui ne jette plus d'eau , & qu'on 
appelle Fontanafecca ; elle eft connue i 
Rome par l'elpece de convention ou de 
traité que fit avec le peuple de Rome 
Crefçevri , pour appaifer le tumulte qua- 
voit occafionné l'arrivée des Efpagnols 
8c des Allemands dans la guerre de 174 J . 
on Tappella en conféqaençe la paix de 
Fontanafecca. 

S^MA&IA in Trafiet'erej ancienne- 
Bafilique & Collégiale fondée par S. Ca- ^ 
lixte. Pape , Pan 2:24 , la première qu'on 
m confacrée à la S'^ Vierge dans Rome ; 
fituée à Pendroit où , fuiyant quelques 
antiquaires , étoit la Taberna meritoria , 
hôtel des Invalides ; on y nourriflbit aux ' 
aux dépens du Sénat » les Soldats qui - 
étoient hors de fervice par Içur yieilr 
kfle ou par leurs bleflures. Dans la fui- 



& BaJilUa Jidii , parce qu^ell 
flruite par S. Jules I » Pape 
Elle a été auili appellée Sta 
Fretfept , & ai Fontem Olei^ 
a écrie qu'au temps de la nall 
S. il étoitfortide terre vers 
une fôurce d'huile , qui coi 
un jour entier fi abondammc 
alla déboucher dans le Tibre 
plus de I20 toifes de-lli. C 
rappelle Tinfcription qui efl 
grand autel : Fons oleL 

Enfin on l'a appelléeTempi 
fiatij parce que le quartier de- 
où les foldats de la marine 
avoîent leurs cafernes , prît 1 
la flotte de Bavenne , qui é 



Khaf. XX. Romei^e. Quartier. ^2 j 
il fit faire au commencement du 
un beau portique , dont lès colon- 
^nt en partie de granité ^ & fur 
1) il y a quatre grandes (latues qui 
"entent S. Calixte &S. Corneille» 
& Martyrs , S, Jules Pape , & S. 
^^odius Prêtre & Martvr, dont les 
|Qes font dans cette Eglife. La pre- 
I fut faite par M. Théodon fculp-^ 
' inçois ; la féconde par M. Maille » 
_ lignon ; la troifiemê par Lorenzo 
Uie y & la quatrième par Vincenzo 
d 9 Romains : il y a fous ce portique 
[iîncien vafe de marbre, orné de bas- 
\,6c plufieurs infcriptions curieu- 
^. foit ecclédaftiques foit romaines , 
^f lé Chanoine Boldet^i fit encaflrer 
MIS les murs. L'Eglife même paroît 
^ftruite en partie avec des fragmens 
'^antiquités : la nef eft foutenue par 
S^ rangs de onze colonnes, toutes 
â. différents diamètres, de différentes 
luteurs & de différents chapiteaux; 
les font de granité rouge & de granité 
oir. Les modilions qui font dans les 
i^rniches de cet entablement, ne font 
ofitivement que des fragmens de cor- 
ïches d'autres entablemens antiques: 
lalgré cette bigarure , 'ù règne dans le 



1^2% VoTA'oir 'feu ÏTAtîi; 
' coyt quelque cbo& de tnàle & de bea^ 
On compte encore dix autres colon- 
lies anriqtaes|au pottique & aux grande 
arcs de la croifée. ,(*) Il y a quatre co- 
lonnes de prophyre au grand autel ; k 
jnofaïque qu'on voit à la tribune^ quoi- 

Sït faite peu après ta mort d'Innocctit 
, vers Tan 11^3? fe fou tient encore, 
mais une partie de Timage de ce Pape 
Jéum tombée, fut renouvellée dans le 
dernier fiècle- Cette mofàïque repréferi' 
' U J.C & la Vierge ; on y voit à gauche 
S* Pierre, S: Corneille, S, Jules Pape, 
S* Caîepodius Prêtre & Martyr j â droite 
S.Calixte& S.Laurent; on y a auffifepié- 
fente Ifaïe, Jérémie, & les deux villes 
de Jérufalem â^de Bethléhem , d'o&Poo 
voit fortir douze Anges ; les aiofaïqoes 
inférieures qui repréfentent la Vierge & 
les douze Apôtres : font d^un temps 
poftérieur. Dans un coin de PEglifeà 
gauche du grand autel 9 il y a un moi^ 



(*) M. Vcnucî am»elle 
Ici la croifée chalcidica , 
mais dans tous les Auteurs 
<c mot eft employé à ex- 
primer la tribune^ ou la 
partie arrondie qui ter> 
mine jsrdinairemenc le 
cbœui;. Voyez Magri Hie- " 
xolexîcon vetbo Tnhv^ 



Ce mot eft tiré des v^àeat- 
temples Payens;' voyez Ti* 
tnive i Amôbe» Ilidofe k 
Siviglia , AUacci di m»> 
plis Gracorum; Ciamfid^ 
vtttra rmommenu ; tàtf' 
ham orig. ^ antiq. Cifp 

ccao 



ChAP.XX» Rome, 13e. Quartier. ^2^ 
ceau de mofaïque antique, faite avec 
ie petites pierres naturelles , trouvées 
près de PEglife ; elle repréfente un Ger- 
main avec une oye. 

Le Cardinal Pierre Aldobrandini fit 
faire la voûte de la nef du ntilieu; le Do- 
miniquin en deflîna toutes les peintures , 
& peignit lui feul l'Aflbmption de la 
Vierge, avec les Anges dont elle eft en- 
vironnée, & qui font dans un ovale de 
ftuc: cette AfTomption du Dominiquin 
eft belle & plafonne très - bien, La fixie- 
me chapelle à droite fut décorée fur les 
deâeins du Dominiquin ; il y a un enfant 
qui répand des fleurs , peint dans un 
coin de la chapelle , & qui eft un bel 
ouvrage de ce maître : le Cardinal 
d'Yorck y a fait faire un autel très-riche, 
& une grille d'un beau travail. De Tau-r 
tre côté eft la chapelle du S. Sacrement, 
de l'architefture d'Onorio Lunghi; les 
peintures font de Pafquale Cati , de Jefi, 
qui a repréfente le Concile de Trente & 
d'autres aâions de Fie IV ; il y a une 
figure de ce Pape au-delTus du grand 
autcU La chapelle de S. Jérôme eft d'unç 
architeélure fîngulîere, d'Antoine Ghe- 
rardi, qui a peint auffi le tableau qu'on 
y voit. Dans la chapelle de S. Jean 
Tome IF. Z 



avons indiqué les ftacues 
de l*églife , & en outre 1; 
Apollonie vierge & martj 
S. Pierre , un de S. Jacq 
un de S. Nicolas Evéque 
voile de la Sainte Vierge . 
du fuaire de N. S. de Vé 
.vraie Croix. 

Dans la facriftie eft le 
Frédéric Evoque , par Gi 
aflez bon tableau , on ) 
de lumière qui cil heureui 

Sainte Cëdle & fàinte 
enaine avoient beaucoup 
à cette Eglife: le Pape 
eft enterré , de métat que 
dinaux» plufieurs pçrfbnni 



Z2nAT. XX. Rome^ 13». t^udrtkr. yj r; 
^on n'en nomme pas les auteurs. 
iLriaFontainequi eft fur la place derEgli- 
Elit faite dès le temps d'Adrien I; elle a 
S rétablie en itfp^ par Innocent XII^ 
t* les defleins du Cav. Carlo Fontana « 
c*eft une des plus abondantes flc des 
»% remarquables qu'il y ait à Rome. 

S'\ Maria della Scala s £glife 
Lt Carmes déchauflfés» bitte en i|'^2 par 
t Cardinal de Corne, fur les deflèins de 
5»iiçois de Volterre ; la £içade eft de 
Wtfdierino. Le nom de Scala eft venu 
^iine image de la Vierge qui fut trouvée 
br Tefcalier d'une maifon , & à la quel- 
e on attribua beaucoup de miracles; 
l'eft pour cela qu'on a mis fur la porte 
me ftatue de la Vierge en marbre ^ qui 
rft reprâèntée aflife fur un efcalier ^ elle 
rftdeValloni. 

La première chapelle de l'Eglife k 
Iroite fut peinte par Gérard Hondthorft^ 
>eintre Hollandois» connu en Italie fous 
e nom Gherario ddU Notti ^ qui mou- 
ut en 1^60. Dans la quatrième cha- 
melle il y a deux bas -reliefs , dont Tun 
sft de M. Slodtz & l'autre de Philippe 
(7alle, qui a auffi fait les deux Ché- 
rubins. 

liC ubernacle du grand autel eft corn* 



yj;^ Voyage en Italik; 

poIé de pierres rares , avec feize petitci 
colonnes de jafpe oriental , fur les def- 
feins du Cav. Rainaldi; les deux peti- 
tes (latues de faint Jofeph & de (ainte 
Thérefe qui font fur les portes du chœur, 
font de Técûle du Bernin ; il y a dans le 
chœur une grande frefque du Cav. d'Ar- 
pino. 

Dans la chapelle fuîvante où eft l'i- 
mage de la Vierge qui a donné le nom 
è cette Eglife, il y a un maufolée de la 
Maifon Santa Croce , fait par TAlgarde. 
Toutes les peintures qui font fur les 
raurs de Péglife & du chœur , font du 
P. Luc , Religieux Flamand du même 
Ordre- 






^ 



Chap. XXI. Rotncyi^.^. Quartier, f^^ 

CHAPITRE XXL 

Rione di Borgo, quartier duFatkarté 

JLi B quatorzîeipe 9 ou le dernîef Quar* 
tîer de Rome , qui eft celui du Vatican ^ 
s'appelle JSorgo, c*eft-à-dire , fauxbourg, 
parce qu'on ne le confidëroit pas autres 
fois comme faifant partie de Rome ; ce 
fut Sixte-Quint qui en fit un quatorziè- 
me quartier , pour imiter le nombre des 
quatorze régions de Rome ancienne. Il 
lui donna pour armes un lion & une étoi- 
le fur trois montagnes , avec ces mots ^ 
Vigilat facri Thejauri cujios : le lion fait 
allufion au nom de Cité Léonine , que 
S. Léon IV donna à cette partie de Ro- 
me, lorfqu'il la fit environner de murs , 
vers Pan Syo ; il eft affis fur une caiflfe 
environnée de cercles de fer , qui mar- 
que les trois millions defcudi que Sixte- 
Quint dépofa dans le château S. Ange. 

Le Vatican qui faifoit autrefois Vaûcaau 
partie de la quatorzième région , fut ainfî 
appelle , fuîvant Aulu-Gelle,à caufe des 
oracles qui s'y. rendoicnt , à Vaticiniis 5 

Z iij 



134 VOYAGM^ HN ItAttS. 

il étoit regardé quelquefois comme faî- 
fane partie du Janicule ; mais quelque- 
fois aulB toute k campagne de Rome à 
Poccideot du Tibre étoit appellée Agtr 
Vaticunus , ( Plin. IIL 5. )* ^^ Campiu 
Vaticanus , proprement dit , étoit la phd- 
ne où Ton a biti le Borgo ou Citta Leo^ 
fdna , Se par o& l'oo va jufiju^à Véghfe 
de & Pierre : Tair y a toujours été regar- 
dé comme mal-fain, cependant les grands 
^rdins de Néron , & le Cirque où il 
t'exerçoit à la courfe de chars ^ étoieot 
dans ce vallon 9 comme le fait voir To- 
bélifque qui étdt autrefois élevé près 
de la facrîftie de S. Pierre; SîxtcVle 
fit mettre au milieu de la pbce où il cft 
aftucllement. Cet obélifque étoît une 
partie de celui qu'a voit fait faire Nun- 
coreus , fils de Séfoftris , & Pline nous j 
apprend que Néron le fît tranfportcr dans 1 
Je Cirque du Vatican ; il étoit déjà porté 
fur des lions de bronze du temps de Pé- 
trarque comme aujourd'hui : Hoceftfa- 
xum mirœ magnitudinis ûeneijque Uoni- 
hus innixum , divis Imperatoribus facrum. 
Petrarq, L, VL epif. 2. Il étoit furmon- 
té d'une boule de bronze, où Ton croyoit 
qu'étoient les cendres d'Augufte. 
La fituation de cet obéli^ue au-dc". 



vatit de la facriitie nous fixe le milieu du 
Cirque ; une partie s'étendoit du côté 
dcfainte Manhe, l'autre vers les efta« 
liers & le clocher de S. Pierre : Marti- 
lielli dans fa Rome Sacrée^ nous dit qu'en 
1616, lorfqu'on bitiflfcnt le refte de VE^ 
glife de S. Pierre fous Paul V 5 on re** 
connut les veftiges des tours & des mu-^ 
railles de ce Grque , & l'on roefura h 
longueur , elle revient à 45 5 pieds ^ & tk 
largeur à 2J^ , mefure de France ; il 
étoit ji l'extrémité des jardins , fur la voie 
Aurélia y & dans k chemin qui conduis 
foit du pont triomphal au Vatican. Ce 
Cirque fut le théâtre fanglant de la perfé^- 
cunon de Néron contre les Chrétiens , 
comme Tadte (") le raconte. La Reli- 
gion ne pouvoit mieux fandifier un lieu 
confacré par tant de Martyrs , qu'en y. 
élevant l'églife la plus belle de Punivers. 
Elle eft bâtie d'ailleurs dans l'endroit 
même où S. Pierre fut enterré l'an 65 ^ 
fuivant Eufebe ^ S. Jérôme C) 9 &c* 

Nero ùhnUerat 6» Circtnfi 
biiihrium eiehât , hahnu 
aiaiga permÎMtus plehi vel 
carrtculo înJifitns. Tacite 
XV. 

(b) Voyez ce qoc nout 
en avons dit i Poccaiîoa 
et S» Pktro în Montorio-w 

Z iv 



(a) Pertuntibm ûdiita Iw 
dihriâ ut ferarum nr^îs 
eonte6ii lamatu canum în- 
terîrent, aut crucîbus af- 
Jisti autflammmtâi antuH 
defecijfet dits în ufiim noc- 
turai luminis urerentur. 



à Calig jla , à fa mère Agi 

de Gc^rmanicus , & à la m 

comni^e nous Tindique Se 

On ne va maintenant < 

par le pont S. Ange , ma 

core cent toîfes plus bas , 

Ponttrîom- Efprit , Ics veftiges du pc 

pbai. ^^ p^^j Vaticanus , qui 

l'appelle Font triomphal . 

plaine du Vatican qui étoit 

pus triumphalis , comme ( 

la vie de S. Pierre. Ce pc 

pu depuis long*temps , en 

Vatican que par le pont S 

?0fti5.Ange. PoNTE S, AnGELO , 

trional des quatre ponts 
300 pieds de long ; il s'a 



lAP. XXI. Rome, i^^.Quartier.j.^j 
Dcreur ^lius Hadriamis , en face 
îau maufolée qu'il Xe fit élever lui- 
î , & îl a pris le nom de Pont S. 
, lorfque ce maufolée d'Adrien fut 
lé Château S. Ange dans le fixîeme 
. Il fut dégradé par un accident ar- 
pendant le Jubilé de 14^0. Il re- 
Lt une fi grande foule de peuplé de 
fe S. Pierre , que le pont s'étant 
é trop pleiq , les parapets fprçnt 
irfés , & il périt 172 perfonhes qqî 
t ou étouffées dans la pfefle , ou 
zs dans le Tibre ; le Pape Nïcpraik V 
rcflaurer; Clément VII fît refaire 
rgir l'entrée ; Urbain VIII fit re- 
ruire les deux d^çrniers arcs , & Qé- 
IX le fit décorer fur les dejOTeins au 
n. Ce pont eft compofé de cinq ar- 
; les deux des extrémités font pc- 
Sc fans décoration , elles , femblent 
été ajoutées après coup : le long 
>nt règne une grpffe dalle raifant fail- 
fervant de corniche ; fur les piliesil 
les avantrcorps portés fur If s è\>^ 
Les archivoltes , .dont , les '^rbîdes 
ornées , font d'un prpÇI pep^ ipâ- 
font d'autant nùc.u^j5.ue n'y ^yapt 
le dalle au'T^çiTus. pour çorniçtiè 9 
deviennent^ j^obj^x^ P^,^"^^E?I ^^ ^ 



538 VoYAGB EN Italib. 
décoration : les maflTes des pleins & def 
Tuides ont une bonne proportion entre 
elles ; mais les avant-corps fur les piles 
ibnc un peu maigres , & la forme uon« 
qqée des parties rondes qui font au*def« 
fbus fait un mauvais cmu 

La baluflradie du pont & les figures 
ajoutées parle Bernin , n'ont aucun nip*> 
port de caraftere avec la décoration du 
pont, Ibrfqu'oB les compare entre elks 
en les confîdérant de dehors ; cependant 
vues dé defifus lejpont » elles forment un 
effet agréable». laiSant jouir de la vue de la 
rivière & des objets circonvoifîas. Cette 
baluftrade eft ae fer, formant deslo- 
fanges qui régnent entre les piédeftaux, 
fur lefquels font des (lames. Celles de S. 
Pierre & de & Paul qui font à Pentrée 
dupent, y furent placées par Clément 
VIL Clément IX le fit orner fur les 
deffeins du Bernin î on y mit alors des 
parapets en travertin , des grilles de fer 
& dix grandes figures d'Anges en mar- 
bre , qui tiennent les in ft rumens de la 
Paffion. Celui qui tient la colonne, eft 
d'Antoine Raggi ; celui qui montre le 
S. Suaire , eft de Cofimo Fancelli ; 1^ 
troifieme qui tient les clouds , eft de Jé- 
rôme Lucenti ; le quatrième avec la Crois 



Chap. XXI Jlomei téy,Quartier.f^^ 
^de Ercole Ferrata ; le cinquième qui 
^Bent la lance , de Dominique Guidi ; le 
'^hneme qui pone les verges » eft de Lass» 
luro Morelli ; le feptieme qui a les dét 
Mb Is robe fans coutute y & le huirieme qui 
porte la couronne d'é{Hnes y font de Paul 
^rTaldini ; le neuvième qui montre l'inf« 
^cription de la Croix, efl: du Cavalier 
-Bérnin ; le dixième qui porte l'ëponge , 
efid^Ântoine Giorgetti: toutes ces fta- 
'tues (ont mauvaifes , quoique de' l'école 
-évL Bernin. 

' Castel S. Angi OLO, ou Ca/^eZ Stffif • Q^^i^^ 
Angtlo , le Château S. Ange , e» latin Angc^ 
Moles Hadriani , fut fait par l'Empereur 
Adrien pour lui fervir de tombeau , en 
oppofition avec celui d'Auçufle qui étoit 
de Tautre côté du Tibre,! 45^0 toife» 
fhxê haut; & comme celui d'Augufte 
étoit près du grand champ de Mars , 
Adrien fit le lien vis4- vis du petit champ 
et Mars, qu'il joignit par un pont dont 
iious venons de parler. Ce monument 
avcMt , comme celui d'Auguftc , la forme 
d'un quarrë , au mâlieu duquel s^élevolt 
«ne tour ronde , toute iiïferuftée de mar- 
bre de Pâros , couromiée par des fiatues, 
des chars , des chevaux , & la pomme 
Ae pin en bio&ze qot eft au Vatican : il 



54^ Voyage en ItaeiS; 

^tûît entouré d'une colonnade , dont où 
croit que ks colonnes furent tranfpor* 
tées à S, Paul dis le temps de ConKaii- 
dn. On montait intérieurement }afqu*aa 
haut par une pente douce en fpjralejOii 
les voitures pou voient s lier y ce qui çn 
rerte occupe un quart de la tour par en- 
bas , 6c les murs Ibnt de pierre pepérine 
noire & poreuie, 

Lortque l'Empereur Aurelien eût ren* 
fermé le champ de Mars dans Men ceinte 
des mursj le maufolée d'Adrien s'en 
trouva fi voifin , qu'il devint natureik- 
ment une efpecede citadelle vers le temps 
de rEmpereot' Honorjus ? ou du moiïîS 
fous Bélifaire, 11 ttoit aficz propre à cet 
ufage^ car les murs font doubles , conf* 
truîrs avec la pierre pepérine , & k maf- 
iif de la tour^ ou Tentre-deux des mtjr-S 
renQpli de mortier & de briques jetées 
au hafard fans aucun arrange m en t^ rnais 
fi épais qu'à peine y a-t on ménage li 
place de Tefcalier, Dans la guerre des 
Goths les Romains s'y déf<.'ndirent fou- 
vent , & les Goths prirent plufieurs foiâ 
ce château ; Pou brifpix les iktues pour 
en jet ter les niofceaux fur l'armée des af* 
fiégeans , & tout ce bel ouvrage fut dé^ 
gradç-^Ls?i^E*arat^sa, 4fe^xc3fis, »^ & 



r Chap. XXL Rome^ï^fi. (Quartier. ^ 4% 

-ffautres enfuite, l'occupèrent fuccefli-; 

-ï vcment , & continuèrent de le ruiner. 

: " S. Grégoire Pape , dans les écrits du- 

-: quel on trouve beaucoup de vifions & de 
miracles , raconta quM avoit vu pendant 
la pefte de 593 , fur le haut de cette for- 
terefle, un Ange qui remettoitPépée dans 
le fourreau ; dès-lors ce faint Pape an- 
nonça que la £n de la contagion étoît 
proche : en nriemoire de cet heureux évé- 
nement, la tour fut nommée Château S, 
Ange , & l'on y plaça dans la fuite une 
flatue d'Ange pour lui fervir de courofl-^ 
nement ; il y eut d'abord une ftatue de 
marbre faite par Raphaël de Monte Lu- 
po , qui eft fur l'entablement intérieur , 
mais on lui en a fubftitué une de bronzé 
fondue par Giardoni , d'après le modèle 
de Pierre VerchafFelt,Sculpteur Flamand. 
Il y avoit. eu auparavant fur le haut 
de cette tour une petite chapelle dédiée 
à S. Michel Archange , qu on appelloît 
inter nuha , à caufe de fon élévation ; 
elle avoit été bâtie en conféquence d'u- 
ne apparition de S; Michel fur le Monte 
Gargano (^) , du temps de S. Gélafe , 

Manfrcfionia , TÎHe ixiarî- 
dm« de la Fouille ou de la 



(a) Orte Montagne dent 
il e'à parlé dans Virgile 
< JEn, XII, ) & dans Horar 
ce, cfl è deux lîcocf de 



Capitanata dans le Royau- 
me de Naplei» Ellc.elk cé< 



54^ Voyage en Italu. 
vers l'an 4P5 » & non pas , comme qact 

Sues Auteurs l'ont écrit , en conféquence 
e la ^fion de S. Grégoire le (jrand;cir 
celle-ci donna lieu à la conftruâion iv 
ne autre égUfe près du château» laqueïe 
a été rebâtie & tranfportée dans Borgo 
Pîo. 

Le château S. Ange fut auflfi appelle 
Rocca di Crefcen^io , parce qu'il y eut en 
98 f un Crefcentius Nomtntanus qui s'en 
empara , en augmenta les fortifications ^ 
& s'y foutint quelque temps , jufquàce 
quMl en fut chaiTé par Othon IIL 

Le Pape Boniface IX en fit auflluae 
fonerefle ^ qui fut rendue encore moi- 
leure par Nicolas V ,. Alexandre VI > 
Pie IV. &fur.tout Urbain Vlll : ce- 
lui-ci fit faire de nouveaux baûions ,des 




' »^ Um de&ins ; Clémem XI la fit paver de 

:;.^dbUes ; il y a d'autres chambres peintes 

,«'!|»r Jules^ Komaifif par Pierino del Vagajf 

A^ic autres Peintres de réputation ;unbd« 

^ védere qui donne (lîr la campagne , où il 

J^ de bons omemens de fiuc faits par 

Raphaël de Monte Lupo , avec des pein- 

' tures de Jérôme Skdolante de Sermone- 

ta* On y conferve aufli quelques fiatues, 

entre aittres , un bufte de marbre d'An- 

tonin le Pieux ^ us autre ^ui repréfente 

Pallas 9 où fuivant quelques-uns , la ville 

de Romer 

C'efi dans ce château qu'eft lethréfor 
du Souverain 9 Se fur-tout les trois mil-^ 
lions d'écus Romains que le Pape Sixte- 
Quint y dépofà , & auxquels on ne tou-^ 
che que dans le cas de famine 9 comme 
en 1 764^ & à la charge de rétablir bien- 
tôt les ibmines qu'on en tire.. 

Les Triregni , c'èft-à-dîre , lés narres 
& les bijoux du fbuverain Pontife y font 
auffi dépofés , de même que les archives^^ 
iècrettes où font les pièces les plus im- 
portantes du thréfî>r des ehartres , com^ 
me les originaux de pluikurs Bulles ^ \>» 
aâes de divers Concilies , entre autres r 
ceux du Concile de Trente; 
Les prifonniers dfétac £mi auffi dan» 



-jctff e^ bù . Icqgpiyi à a nea i eÉ ii die Bomefift 
-j^reixptftt^âj^tiifiiifà xé^olottons /ooC' 
,lAai'«f9^Mb|B;:it^ étant 

iMoûr qu^ôn me àtt^tfWamfice jiote 

la fête de S. Pierre, & un pour l'annivcr- 

fàire du couronnement du Pape ;- on ne 

peut pas imaginer une iituation plus lieu- 

-reufe pour un fpeftacle de cette efpece; 

on le voit de tous cotés , la girandole 

formée par ^yoafufées qui partent à la 

fois , & fe répandent circulaircment .en 

forme de parafol , eft la pltw belle chofe 

que' j'aie vu en fait d'artifice y nous en 

-parlerons ^à l'occafion du.coùronnemeor 

an Pape. La. tue de Rome fait aufli\m 

^cpuptd'œil. fuperbe , quand on eft fut 

le haut du château S. Ange. 

: -llûci galerie couverte, ou corridor 



Chap.XXI. Rome, i^^.Quartkr.^^f^ 
fbutenii.par des arcades , fait par Aie- 
xaiïdre VI vers Pan 1500 , réunit le 
château S. Ange avec le palais dii Vati-' 
can , qui en efl à plus de 500 toifes de 
diftance ; cela peut fervir en cas de fur- 
prife pour la retraite du Pape : Urbain 
Huit le fit couvrir , reftaurer & féparer 
des maifons. 

Le tombeau de Scipion PAfricain le 
jeune étoit une grande pyramide , fem- 
blable à celle de Ceftius qui eft près du 
Tefiacio, mais encore plus grande , fituée 
fur le chemin qui va du château S. Ange 
à réglife de S. Pierre, près de Sta. Maria 
Tranfponiina. Ciceron nous dit , à la vé- 
rité 3 que k tombeau des Scipions écoit 
fur la voie Appienne , mais c'en étoit un 
autre qui probablement fut fait après la 
mort des deux Africains^ Le tombeaa 
de Scipion , dont nous venons de par- 
ler , fe voit aujourd'hui repréfenté fur les 
pones de bronze que le Pape Eugène 
Quatre fit faire à Téglife de S. Pierre du 
Vatican. Ce fut Alexandre VI qui ût 
démolir cette pyramide vers Tan lyoo, 
foit pour aligner la rue , foit pour em- 
pêcher qu'elle ne pût fervir de rempart à 
des ennemis qui aflicgeroîent le château 
3. Ange. Il en employa les marbres à pa^ 



^^ VOVAOB KM ItALII. \^^ 

ver h cour de S. Pierre » bien ^ffibnf \ ^ 
d'Alexandre VII qui dans un fiéck pbi h 
éclairé & vers 1 660 , prit les plus giw y^ 
ibins pt;ur la reftauration & Pennnil p 
des mon u mens de Panciquité. \^ 

vie L'entretien de ces monumenSi ftk iH 
I" refpeâ qu'on leur doit , n'eft point ofii lu 
chofe de préjugé, de convention, ou mê- U 
me d'intérêt : la Philofophie &laPoliti. V 
que doivent nous porter à conferYer lei j 
monumens des hommes illuftres, comme 
un germe pour en produire d'autres : on 
doit d'ailleurs perpétuer le Souvenir des 
Empires qui ont occupé la terre, &dont 
les progrès & la chute font une Ie$OD 
pour nous : enfin on doit confervcr i 
une ville des monumens de curiofité, 
qui lui donnent fur toutes les autres til- 
fcs du monde un avantage fi 




CHk^. XXL Romiyi^jQuanièr. 547 
i( Cett« Eglife fut fondée en x^tf^ par 
Cardinal Aleflandiino. Sixte-Quint 
It décorer & embellir ; les Ârchitec*. 
^ /iîirent Paparelli & Ottavio Mafcher 
iai ; la façade eft de Salluftio FeruzzI ^ 
ib de fialthaiar de Sienne. Le grand 
fitttel eil orné de marbres 8c de bronzes^ 
S fut fait en i6j$ fur les deflèins de 
Carlo Foncana. Une image de la Vierge 

Ïue les Carmes apportèrent de la Terre* 
aiate lorfqu'ils en furent chafliés y eil 
portée par des Anges en fluc ; le taber«« 
Bade &: le devant d^autel font garnis 
d'agathes & de cornalines ; il y a dans 
cette églife pluHeurs bons tableaux dui 
Cavalier d'Arpino, de RoiTetti, Pucdni; 
Ricci y &c. On y montre deux colonnes 
auxquelles on dit que S* Pierre & S. Paul 
Surent attachés pour être battus de vergesj 
Ceft dans cette églife qu'eft enterré 
Zabaglia , Thomme le plus finguUer qu'il 
y ait eu à Rome pour le génie de la mé^ 
chanique ; voici fon é{»tapbe : 

Nicolaus Zaba^lUiyRômanus, Litu-^ 
tarum plané rudis ^fed higenii acumin% 
aità prœjiam , ut omnes Artis Architec^ 
tanicœ ptritos machinationum invmtunm 
ac facilitatt , magnd urhis cum admira^ 
tiont fuptrayih Vis fuit mm êntiqui 



y^S Voyage bn Ïtaliî: 

morh , tum â pecuniœ. ûviiitau , m lu3ni 
Miifius ; vixit annos 85 ^ obiu dii 27 
■m&nfu Januarii anni JubiLm ij^o.Nî 
igitur ipfîus memoria imeriret à Frairi' 
bus hujus Canobit S. Marine Tranfpon- 
tinœ j Ordinis S, Mariez de Monte Câf- 
mdi 5 hominis ixuyiis kccc ainotaiio &f' 
pofua ift. 

Nous aurons occafion de parier en- 
core des talens de ce célèbre Arrîfte. 

La gi-ande rue qui eft prefque paral- 
lèle à celle de Borgo nuovo ^ s'appelle 
BorgoPio , à caufe de Pie IV qm la fit 
; aligner. On y voit une ég]\{c de S. Ait" 
giolo^ que S- Grégoire le Grand fitbSrir 
çn mémoire delà vifion de ypj. Cette. 
rue aboutît dans celle de Borgo nuovo, 
auTdeffus de la place de S. Jacques. Il 
y a. dans cette ^lace une fontaine que fit 
faire Paul V par Carie Maderno. 

S. GiACOMO ScoJfacapalU , cgVifc 
paroiffialc' qui dépend du Chapitre de S. 
Pierre ; fon,'nom vient fans doute de ce 
qu'il y avoit autrefois près de -là un pas 
difficile, pour les chevaux; mais on mon- 
tre dans cette églife deux pierres furlef- 
quelles on a formé une autre étymologic 
de ce nom àtScojfacavalli. L'une fervit, 
dit- on , pour le facrifice d'Abraham , & 



Chap.XXI. Rome, 14e. Quartier. y ^^i 
Vautre pour la Préfentation de J. C. au 
"^emplç : Ste. Hélène , mère du grand 
jnllantin , les fit tranfportet k Rome^ 
Jns l'intention de les mettre: à S. Pier- 
; mais les voitures étant arrivées près 
-le l'endroit où eft l'églife dont nous par- 
•fens , les chevaux s'arrêtèrent obftiné- 
^ent fans qu'il fût polTible de les faire 
«lier plus loin ; il fallut donc mettra ces 
d^ux pierres facrées dans l'endroit que 
le Ciel fembloit choifir ; c'eft ce qui don- 
na lieu à ta fondation de cette églife. 
' Falazzo Gibaud, ancien palais que raUîs G 
Je Cardinal Adrien de Corneto fit bâtir "^^^ 
par le célèbre Bramante Lazzari » ( il en 
faut excepter la porte qui eft moderne )• 
U appartint enfuite aux Rois d'Angle* 
terre : Henri VIII le donna aux Cam« 
peggi ; les Colonnes l'achetèrent » i]s le 
.vendirent enfuite à Innocent XII pour 
y placer une Communauté ; enfin il a 
été acheté de la Caméra, moyennafit 
14. mille fcudi ( 74670 liv. ) par M, le 
Comte Giraud , originaire de Marfeille» 
dont le fils eft un Prélat diftingué par 
fon caraflere & par fcs mœurs , qui vient 
d'être fait Nonce en France en 1767 , 
& qui par conféquent eft defliné au Car- 
dinalat. 



Le Collège des Pénitenciers de S. 
Pierre qui eft vers la même place j cft 
compofé de ly Jéfuites, fça voir, le Rec- 
teur^ le Procureur^ deux PénitcBaeri 
pour k langue Italienne , deux pomk 
François, deux pour l'Efpagnol 8c W 
Pornigaîs, un pour P Allemand , un pour 
le Hongrois , un pour le Polonois j un 
pour le Flamand , un pour rAngbis^un 
pour le Grec j& un pour leSclavonqui 
c& la langue qu^on parle en Illjrie outn 
Dalmatie j & dans une partie de TAfie, 
Ces Pereç confeflent tous les jours, cha- 
cun à leur tour , les pèlerins de ces ii- 
verfes nationsjleurs confcffionnauxfotiti 
main gauche dans la croifëe de l'églife 
de S. Pierre ; ceux de la droite font def* 
tînés pour des Pénitenciers extraordinai- 
res , qu'on tire des autres Ordres lorf* 
^ue le befoin l'exige , comme dans le 
temps du Jubilé , ou dans le temps de 
Carême /quand il y a beaucoup de pèle- 
rins à confefler. LMtabliffement desFe- 
nitenciers fut fait du temps de S. Pie V, 
fie Alexandre VII lui affigna des reveci^s 
convenables fur le produit des difpeiîfes 
de la Pénîtencerk Apoftolîque ; le Pcw 
Honore Fabrî , célèbre Mathématicien 
François ^ laiifa une bibliothèque confi 



I 



lable à cette maifon , où il avoit long* 

l^p8 habité. 

aOspizio degli eretici coni/ertitif an« 

Élta palais de la Maiibn Spinola de Ge- 

ti 9 que le Cardinal Gafialdi laiflk en 

tj^S 5*9 pour recevoir & infiriiire les Nou* 

jtaux Convertn jufqu après leur abju- 

,iidon : c^eft dans cène maifon que mou- 

iiit Charlotte j Reine de Chypre » ibus 

iDilocent VIII 9 de même que le céle^ 

hre RafJiaël d'Urbin en 1 5 20. Cet hof- Vairon . 

ike efl; prefque vis*à-vis de VégMe fidnt Raphatu 

famues. 

En continuant le long de Borgo nuor 
vo , & en arrivant à k place S. Pierre ^ 
m voit fur la droite le palais Aecoranu 
kmi^ qui fut bâti par Mademo pour, le 
Cardinal Rufticucci;il y a dans cette 
maifiin des tableaux remarquables. 

Nous avons parlé en commençant no^ 
tre defmptio& de la colonade & de l'é*- 
glife de S. Pierre , il ne nous refte qu'i 
continuer notre defcription de ce quar* 
tîer tout autour de S. Pierre. Il y a dans 
cette partie de Bome trois portes d^ 
côté du nord, Pûna di CafttïlOf P^r- Portes 
M Angtlitay & la pone des jardins ^^^^- 
du Vatican appellée auffi le Tn For* 
tff • U y a deux autnss portf» vers le 



by|2 Voyage en Italîî: 
Widi , Fùfta Fabrica & Porta ie^ Ca- 
ffaltggkrL 
,gt^ - Le champ qui fut célèbre atitîcfois 
i^î«* fous le nom de Prata Q^uinSlla , h^^^ 

Ifitué dans ta plaine qui eft au noîdia 
château S, Ange , & où l'on va paiU 
Porta Cafldtû, Tite-Live nous raconte 
dans fon troifieme Livre la vocation de 
ce héros j qui eft de l'an ^yp avant J. C^ 
Les Eques & les Sabins a voient eu i& 

^fl grands avantages fur les Romainsjque 
l'unique efpérance de Roaie étoitdans 
la perfonne de L, Qainclius qui colti- 
jiroit quatre arpens de terre au-delà du 
Jibre. Le Sénat dépêche vers lui ; \^ 
Envoyés le trouvent occupé à labouper 
un champ, ou à creufer un foïTé. Ap^^^ 
les premiers complimens ils le prient de 
vouloir bian prendre fa robe pour rece- 
ivoir les ordres du Sénat , qui ne pou- 
voient qu'être utiles & à lui & à la R^ 
publique. Dans fa première furprife il 
^ demande avec vivacité & avec foUiô' 
tudc fi tout eft en fureté j cependant il 
envoie fa femme RadUa chercher ùto^ 
it, be dans fa chaumière ; il eftuie laçûuf- 
iiere. p& ?h, fitenr ^ donr d itqtt cpavert ) 
4c fe préfcàte avec . décence ::attflî-tât 
les Envoyés tk Sénat kMçknmt& k 

'faluent 



Chap. XXI. Rome, i4;^.Q,aartier.^ff 
àluent Diélateur , lui apprennent dans 
luelle terreur on eft à Rome, le conduis 
pnt à la ville ; il fait armer tous les ci-» 
liyens , & il fauve la République. 
> S\ Maria délia Pietain Campo San- 
, petite églife ainlî appellée à caufe 
l'un ancien cimetière, oàSte. Hélène 
lépofa la terre du Calvaire qu'elle avoît 
ipportée de la Paleftine, On y voit au 
pilier gauche du ^ndluaire , au-deifus de 
?épitaphe de Jacob de Hafe , un petit 
mant par François Flamand,qui cft très- 
beau : il tient fon mouchoir, &s^appuie 
le la même main fur une torche qu^l 
Éteint ; le caraélere en eft charmant , & 
un ne pouvoit le faire pleurer avec plus 
de grâce. 

Le Palais de l'Inquisition eft laquîfitioi 
auprès de la place S. Pierre. Cette Con- 
grégation dont lé nom eft redoutable 
parmi nous , exerce fes fondons en Ita- 
lie avec beaucoup de douceur. Elle 'fut 
inftituëe en i^^6 par Paul III , à Tinf- 
tigation du Cardinal Jean-Pierre Caraf- * 
fa, Napolitain, lequel étant devenu Pape 
en 1S$S 9 confirma cet établiflement , 
& lui affigna une maifon dans la place 
de Ripetta , près du palais Borghcfe. S* 
Pic V. transporta Tlnquifition près de 
TomêlK A a 



j:5*4 Voyage en Italie. \ 

S, Pierre, de mijme que les prifonsda 
S. Office. C'eft dans ce palais que re- 
file le P* Inquifiteur appelle leCoimaif- 
laire de PlnquifiTÏon , avecquclques^u- 
trcs Dominiquains , & un Prélat Ktft- 
lier qui a le tître d'AirelTeur, Nous ci 
parlerons quand il fera queftion dugou* 
vernement de Rome. 

On peut forrir du côte du raidi de 
l'enceinte des murs ⧠la cité Léomnc 
par deux portes : Tune s'appelle Porta 
Fahricdy parce qu^elle fut ouverte pour 
le fervice de Téglife S. Pierre ; elle fut 
cnfuite rebâtie par Clcment XL Elieell 
près des fours i brique & des poteries , 
ce qui a hïlz^^tWtTSta.Manaàdlt hr* 
naci TEglife des Pères de la Merci , ou 
des Réformés Efpagnols appelles dd Rif" 
cato. L'autre porte eftappellée iz" Ca- 
valleggieri , parce qu'elle eft près du bâ- 
timent où l'on place les chevaux-légers 
quand le Pape réfide au Vatican ; elle 
. s'appelloit autrefois Pojîerula , foit parce 
qu'elle ëtoit la partie écartée & pofté- 
rieure de Rome , foit par corruption du 
mot Porticella. Il y a trois autres portes 
du côté du nord , comme nous Pavons 
dit il n'y a qu'un moment, 

GlARPiNo Barberino , ou Balliofl 



ChAP. XXL Rome, l^e. (luartîer.^ ^ ^ 
fiarberinî , eft fitué derrière là colonade Viiu Ba 
die S. Pierre , vers le midi , d'où il s*an- ^^'""^^ 
8&tice d'une manière diftinguée , & do- 
ftîne principalement du côté du pont S. 
Singe. Cet endroit eft appelle dans les 
tflicîensf Auteurs Palatiolum , parce qu^il 
y avoit une maifon de TÉmpereu? Né- 
ron , d*oi il regardoit les Tpeélà^cles du 
Cirque de Caïus , & d'où il fe repaîflbic 
du fang des Martyrs qu'il y faifoît immo- 
ler. On y voit encore quelques réftes de 
ll^rns antiques ; il y a auflî des peintures 
èftimées ,• des baffins de faïence peines 
f>ar les élevés de Raphaël , de grands 
yafcs d*albâtre , des fontaines , des per- 
l^eftives , des vues très-belles & très- 
bien ménagées , enfin des jardins très- 
bien diftribués , dont les ifs fe font re- 
marquer de fort loin par ceux qui vont 
au Vatican. 

L'HopiTAL du S. Efprit , AcUofpt^ 
daUf qui eft près du pont S. Ange , a 
fait donner à cette parrie de la ville le 
nom de Borgo S. Spirito : cet hôpital eft 
une maifon vafte & riche, où l'on nour- 
rit habituellement plus de mille perfon- 
nes. L^égUfe s'appelle auflî 5. Spirito in 
SaJJîa , & ce nom vient de Ina , Roi des 
Saxons occidentaux , qui fît bâtir dans 

Aa ij 



I 



des 



556 VoYAfiE EN ItALIÏ* 

cet endroit vers l'an 717» une EglHe ?c 
un hofpice pour les pèlerins de fa nation, 
dont il donna le foin à des Prêtres Sa* 
xonSp D'autres aflurent <jue ce nam vient 
du quartier des Saxons que Charlemagne 
y établit , lorfqu'il vint à Rome après la 
deftrudion du royaume des Lombards, 
Un incendie terrible arrivé Tan 817 y & 
un lucre de l'an 847 , ruinèrent cet ecat 
bliflement. S, Léon IV avoit tâché d'j 
remédier » mais les in vafions des Barbai 
rc£ achevèrent d*en effacer jufqu'aafou^ 
venir ; ce fut Innocent III qm l'an iip3 
ordonna la reconftrudion d'un hôpital 
en ce lieu -là , pour y recevoir les paa* 
vres malades, & les enfans-trouvés, dont 
quelques-uns avoient été jettes datisle 
Tibre cette année-là. Il donna radminif- 
tration de cette maîfon à des Religieux 
hofpîtaliers , dont le Fondateur fut Gui 
de Montpellier. Cet Ordre du S. Efprit 
fe répandit bientôt en Italie & ailleurs, 
où il a été fort utile pour iç fecours des 
malades & des enfans-trouvés. Les Pères 
du Saint-Efprit font habillés comme les 
autres Prêtres féculiers , mais ils portent 
du côté gauche une croix blanche à deui; 
croifées , & font un quatrième vœu pour 
le fervicc de l'hôpital ; ils ne pçuvew 



ChAp. XXI. RoTïiey i46-Qw^mV.5 jf 

point tefter eh faveur des étrangers , îls 
font PofBce au chœiir comme les autres 
Religieux. 

Le même Pape Innocent ÎII fît conf-- 
truire Téglife fous le vocable du S. Ef- 
prit , à qui il rapportoît Pheureufe idée 
de cet établiflement.; & il voulut que 
les enfans y fuflent habillés d'un bleu 
célefte , pour leur jdonner occafioh d'en 
remercier le ciel. Innocent IV , beau- 
coup d'autres Papes , & un grand nom- 
bres de bienfaiteurs particuliei^ ont con- 
tribué à étendre & à enrichir cet établif- 
fement ; leurs noms fe- voient en diffé- 
rcns endroits de la maifoh. 

La grande falle de l'hôpital peut Cort- 
tenîr près de mille lits pour les malades; 
Il y en a une autre pour les maladies 
contagieufes, & une pour les bleffés. Les 
Prêtres & lés Nobles font fervis dans un 
autre hôpital féparé. Il yaauffiunbâ-^ 
timent où font 40 noiJfrîces , qu'on en- 
tretient pour les enfans-trouvés ; un au- 
tre où les garçons font élevés & inftruits; 
un couvent de Religieufes de l'Ordre 
de S. Auguftîn, qui font chargées de 
l'indruftion des filles , jufqu'à ce qu'eU 
les puiflent fe marier ou fe faire religieu- 
fes j un couvent pour ks Chanoines-ré- 

Aa iij 



f^t Voyage en ÎTkzit. 

guliers quidcflervent Téglife Se Rôpi- 
ul j on palais pour la réfuience duPre-* 
hî*Coramandeur de l'Ordre, & bec 
apothicairerie completre. La Biblioèî- 
ijue a été liguée par le c^kbre Jeanfe 
rie LEncifi I premier Médecn de CU' 
ment XX , au commencenîent du fiéclci 
l'on y trouve tous les livres de Méde- 
cine & d'Hifloîre- naturelle qui peuvent 
être utiles à un pareil ^tabliffeinenti Louis 
XIV. augmenta confiderablement cette 
bibliothèque : elle contient beaucoup de 
livres de Maihtmatîques, de Mcdecine, 
&: une coUeftion d'infirumens de Flj^ 
fjquc & d'Anatomie, La fontaine qui eft 
près de l'hopiial & fur le bord du Ti- 
bre s efl encore un monument de la pi^té 
de Lan ci fi , & elle s'apnelle Jlqua Un- 




Chap.XXI. Rome.i^f .Quartier.^ s ^ 
pour les filles , qui écoit trop à l'étroit j 
ces nouvelles additions ont été faites Se 
décorées par Ferdinand Fuga. 

L'Eglife de cet hôpital cft une paroif- 
fe , où il y a plufieurs chofes remarqua- 
bles ; le tabernacle du grand autel efl: 
de Farchitcélure d*André Palladio , le 
devant d'autel eft formé d'agathes & de 
cornalines ; la tribune eft ornée de pein- 
tures de Jacques del Zucca , qui y re- 
préfenta plufieurs Peintres & plufieurs 
Gens-de-lettres qui étoient de fes amis. « 
Ij€ premier autel à main droite eft orné 
de deux belles colonnes d'albâtre qui 
reffetriblent à de Tagathe , avec un ta- 
bleau de Ste. Barbe, qui pafle pour le 
meilleur ouvrage du Cavalier d'Àrpino. 
L'autel de la grande falle des malades eft 
auffi de Palladio ; le tableau qui y eft, re- 
préfente Job ; il cil de Carie Maratte , 
auflî bien que le tableau de l'Annoncia- 
tion, qui eft dans l'oratoire de Parchi- 
confrairie du S. Efprit , Pune des plus 
anciennes & des plus diftinguées qu'il y 
ait à Rome. 

Sa. Anna in Borgo pio , ou S». Anna 
à^ Palafrenieri, Eglife de la communau- 
té des valetS'de-pied du Pape 5 elle fut 
bâtie en 1575 , fur les defleins de Vi-. 

Aa iv 



j;6o Voyage bn Italii, 
gnoIe 9 & (bus la conduite d'Hyaclnto 
Barozzi fon fils , quoique d'autres aieot 
cru que c'étoit fur un defTeîn de Midid- 
Ange. Clément XI fit achever la hqk* 
Cette confrairie fut érigée dès Tan 131?. 
Les Palafrenitri célèbrent la fête de lest 
Patronne avec beaucoup de pompe » ils 
partent en procefiion du palais du Car- 
dinal Doyen , fur des mules équipées 
comme pour le Pape , ayant derrière eux 
les chapeaux des Cardinaux leurs maî- 
tres , & ils vont en cet équipage jufqu'i 
PégUfe de Ste. Anne. 

Porta Angelica , fîtuée au nord 
de ce quartier , à côté du palais du Va- 
tican , fut percée par Pie IV , & ainfi 
appellée de fon nom qui étoit Giovamf 
Ângiolo ; il y a deux Anges fculptés fur 



I 




le moyen de l'eau ^ & qui rendent les 
opérations du monnoyage beaucoup 
plus promptes. 

Le four du palais eft un peu plus haut; 
vers le deflus delà colline; le pain qu'on 

Lfaît paffe pour le meilleur de Rome, 
'hôpital deftiné pour les domeftîques 
de la maifon du Pape eft auprès de l'£- 
glife de fainte Marthe vers la facrifiie 
de S. Pierre ; les maifon^ qui font une 
îfle fur la place , contiennent différent 
atteliers pour le fervice de PEglife/ la 
fonderie , 8c fpécialement le travail de 
la mofaïque* 



Aa ▼ 



5tfa VoTAGB ïN Italie; 



CHAPITRE XXIL 

Du travail de la mofaïque & k 
fines. 

JLa mosaïque de Rome eft un art 

qui eft prefque concentré dans les atte- 
liers du Vatican , & qui naériteroit bien 
d'être connu ailleurs. Cet an fut culti- 
vé par les anciens , il fe foutint à Con- 
flantinople dans le moyen âge , & loa 
voit à S. Marc de Vénife des mofaîques 
de quatre ou cinq cents ans. Les Grecs 
venus du Levant ï Poccafion de TEglife 
de S, Marc ^ firent une quantité prodi- 




^ment du dernier fiecle le moyen de fixer' 

S les mofaïques dans un ciment plus fort 
ijue celui dont on fe fervoit auparavant y 

l cet art reprit quelque vigueur ; mais on 
Fa pérfedionné encore plus à Rome de- 

' puis le commencement de ce fiecle. 

Nous avoils parlé des chef- d'œuvres 

de ce genre qm fe voient dans l'Eglife 

, de S* Pierre , il nous refte à dire un mot 
de* la façon dont on les travaille. Les 
mofaïques anciennes ëtoient formées 
fouvent par des pierres naturelles qu'on 
choififlbit de la couleur convenable; 
mais la nature ne nous fert pas dans ce 
genre auffi bien que la chymie: il eft trop 
difficile & trop long de chercher des 
pierres de tant de nuances difFcrentes. 
Ain fi la matière aftuelle des mofaïques 
confifl:e en une multitude d'émaux ou de 
matières vitrifiées de toutes couleurs & 
de toutes nuances, qu'on a trouvé le 
moyen de préparer à très - bon comp- 
te ; on en coule des tables plattes que 
l'on coupe en fuite en efpeçes de chevil- 
les quarrées , larges d'environ quatre 
lignes fur chaque face , & longues de 
deux pouces. On prépare une table 
épaiffe d'une ou plufieurs dalles de pier- 
res , fclon l'endroit où doit être placé 

Aa vj 



5<54 VoYÀGï EM ÎTAt-rB: 
le tableau ; elles font rayées de tous fefif 
€0 creux , pour mîeuK retenir la couche 
épaiffe de raaftic dont on les enduit Cff 
fnaftic e& fait avec une partie de chius 
& une de poudre de travertin que Toii 
b roy e a vec de l'h ui le de lin * Qua nd t 
maflic eft étendu , rouvrier ayant 
fan tableau original devant lui & 
fes chevilles d'émail rangées par nuan- 
ces , comme dans des quarrés d'impri* 
merie^ copie fa peinture en fichant des 
chevilles de verre dans le maftîc. 
L'ouvrage quand il eft fak reflemble af^ 
fez a de fort gros points quarrés de 
tapiflerie à la Turque. Oti peut corapa* 
rer auffi cette méthode de travailler des 
tableaux à celle des ouvriers des Gobe- 
lins pour les tapifferies. Ceux - ci non 
plus que les Mofaïftes ne fçavent poinf 
deflîner , on eft éton^né du voir que fans 
aucune connoiflance du deffein ils réuffif- 
fent fi bien à copier fidèlement leurs 
originaux , fouvent même en une for- 
me plus grande ou plus petite que le 
modèle. 

Ces grands tableaux étant finis on les 
polit comme les glaces ; ils deviennent 
auffi unis x quelques fois même auffi brilr 
lans , ce qui eft peut-être une efpece de 



CHAvXXH.Romej^\Quartkr.jSf^ 

*iiiéfaut y fur - tout dans les coupoles ; 
;ttr la réflexion de la lumière fait qu'on 
; tte peut lès voir à fon aife qu'en choifif- 
r ânt avec foin fa pofition. Calandra avoit 
fait en 16^0 une mafaïque de S. Michel 
qui eft dans l'Eglife de S. Pierre , mais 
il lui avoit donné un poli fî éblouif- 
Êint & fi incommode, que le Pape Ur- 
bain VIII abandonna dès-lors le projet 
qu'il avoit formé , de mettre en mo- 
ûïque tous les tableaux de S.Pîerre. Il efl: 
vrai que pour diminuer cet inconvé- 
nient quand ce font dfes pièces d'une 
grandeur fort conlidérable-, faites pour 
être vues de loin, en ne les polit plusj 
elles font tout aufli belles & encore 
mieux en les laiflant un peu brutes. L'é* 
loignement efface les inégalités de la fur- 
face, &c la petite diftance qui fe trouve 
entre chaque cheville, lefqueHes ne peu- 
vent jamais être jointes bien immédia- 
tement. Cette belle méthode de peîn* 
ture ne réuffit parfaitement que dans le 
très- grand: on a voulu faire ainfi des 
tableaux & autres petits portraits à por- 
tée de la vue ; mais malgré le foin que 
l'on prend alors d'employer de fort pe-* 
tites pièces d'émail , l'on ne trouve ja- 
mais que la réuifite foit parfaite ;; c'efi ce 



j65 Voyage en Italie, 
qui rend fi fingaUere & fi précieufe Is 
bslle înofaïque a nuque de la colombe 
qui eft au Capltole , & dont nous avons 
parlé; mais le grand avantage dectt* 
te méthode eft la beauté d'un colomi 
l*abri de toutes les injures de Pair. Si 
par ziccldent le tableau vient à fegâter^^fe 
ternir à Ta venir , on en fera quiîte pour 
le repolir ; on n^ point à craindre i'ulef 
]a couleur , il y en a auffi épais que b 
longueur de la cheville. On a exécuté 
de cette manière pour les autels des 
chapelles ^ Sr, Pierre , S^e. PecroBiile du 
Guerchin ; St. Pierre marchant fur les 
cauK j de Lan franc ; la Communion de 
St. Jérôme» du Dominiquin ; & qtiel- 
ques autres de ce mente : on travaille 
en 1767 à laTransfiguration,deRaphaël; 
mais ces grands tableaux reviennent a 
près de foixante milles livres chacun. 

On fubfiftue les mofaïques à des 
peintures même qui ëtoîent à frefque 
fur les murs & qu'on en détache fans 
les gâter. Pour cela on commence par 
fendre proprement la muraille tout d'u- 
ne pièce , après quoi on y adapte des 
poutres pour fervir de quadre d'un côte 
& par-deflTus ; pyis le tout étant bien en- 
caftré & ferré avec des daviers de fe? 



1 



CnAf.XKil.Rcme, i^^.Quartier.^6y 
qui fe terminent par des crochets pour 
terrer la rhaçonnerie & la tenir d'une 
feule pièce , on foutient le tableau en 
l'air pour le couper par - deffous & y 
adapter le quatrième côté du cadre. A- 
lors on enlevé & on tranfporte tout en- 
femble à force de machines. On eft fur- 
pris quand on les voit à terre de 
l'énorme hauteur de ces grands pans de 
murs qui ne paroiflbient lorfqu'ils étoient 
en place que de fimples tableaux d'au- 
tels , tant ce prodigieux édifice de faint 
Pierre efl immenfe jufqu'en fes moindres 
parties. 

Le travail de ces belles mofaîques de 
Rome commence à déchoir , & lorFqu'il 
n'y aura plus de grands tableaux à faire 
pour St. Pierre ; il efl: à craindre que les 
ouvriers ne fâchent à quel faim fe vouer.. 
On en auroit à bon compte fi Von 
vouloir s^en procurer en France d'au- 
tant plus que ces ouvriers font pauvres 
pour la plupart , & qu'ils pourroient 
îans faire tort à leur pays , enrichir le 
nôtre de leur art. Ce feroit un moyen 
d'éternifer les belles peintures qu'on pof- 
féde àParis & qu'on n'admire gueres,fans 
fonger que la tiragîUtë de la matière feraf 
bientôt difparoître les traits fublimes 



'5^8 VOYAG* KK iTXtïJ; 

2u'on y a dépofés. Je fuis étonné que 
)olbert 9 que le Régent & les autres 
amateurs puiiTants qui leur ont fuccéléy 
n'aient pas tenté de procurer un fi M 
art k la France. M. le Duc de Bocb 
foucault a rapporté d'Italie en 1766 
une belle tête en mofaïque; elle peut 
donnef une idée de celles de S.Pierre, 
à ceux qui n'ont point été à Eomc , & 
infpirer l'envie d'en voir faire à Paris de 
femblables. J'ai vu des gens de goàt 
qui ne faifoient pas difficulté de dire 
que les copies en mofaïque furpaifent 
quelquefois les originaux : en effet 
les Mofaïciftes ou les Copiftes en 
inofaïques excellent à rendre fidèle- 
ment leur original avec toute fa for- 
ce , avec toutes fes beautés ; on trt 



I 




Ch AP.XXII. Rome, ï^^.Quartkr. J 6^ 
en y donnant beaucoup de foin. Il efl 
facile en copiant de s affurer , par des 
moyens familiers aux artifies , de la par- 
faite correélîon du deflein & de l'exaéle 
fidélité des contours , quoiqu'il faille en 
même temps convenir qu'on n'y retrou- 
vera pas ce grand feu du premier trait du 
Maître , qui part de la promptitude avec 
laquelle fa main fuit la penfée dont il 
eft Tinventeur. Mais Tinvention, lacom- 
pofition,Pordonnance & les carafteres qui 
fant les principales parties de la peintu- 
re , & celles qui mettent k génie de Ra- 
phaël fi fort au-deflfiis de tout autre , fe 
retrouvent dans la mofaïque comme dans 
la peinture ; le ftyl.e même n'eft pas fort 
différent , fi ce n'efl qu^il n'a pas tout-à- 
fait la même élégance. D'ailleurs le co- 
loris efl beaucoup meilleur , tant par l'é- 
clat naturel de la mofaïque , que parce 
qu'il efl aîfé de le reftifier, fans rien chan- 
ger aux efpeces de couleurs employées 
par le Peintre , puifque l'on peut rendre 
vives & brillantes les mêmes couleurs 
qu'il a mifes ternes & terreufes , ou qui 
le font devenues avec le temps. L'humi- 
dité de Péglife de S. Pierre avoit perdu 
les couleurs de la Ste. Pétronille : elles 
font foit bien rétablies dans la mofa'i- 



f70 Voyage 

que. Le coloris des peintures deRapbêl 
au Vatican eft éteint aujourd'hui^peut-être 
même dans la première fraîcheur n'étoit-il 
pas au-delTus du médiocre : cependatiidc 
toutes les parties de la peint urejle colo- 
ris ell celle qui frappe le plus prompte* 
ment k s- yeux , qui affefte le pbs le vul- 
gaire ^ pour lequel un tableau mal cohï\i 
eft un tableau de rebut, & qui attire à!^ 
bord &quifcduit ceux même qiji la re- 
gardant comme fécondaire lui préfèrent 
avec raifon la compofition &ledeffeiti: 
un bon tableau mal colorié eftconotnc 
un bon livre écrit fans agrément L'on 
voit en France combien on eftîme les ta- 
bleaux Flamands & Hollandois , à ^^^ 
prix exceflif ils font montés , fans avoir 
d'autre mérite qiie celui du coloris &d'-i 
fini. Ce font fou vent ou de petits fa* 
jets bas & puériles , ou de granAs fn- 
jets traités d'une petite manière , & ^^' 
me ce coloris fi vanté eft un coloris de 
pierreries , éclatant , qui eft fort au-delà 
du vrai , & qui n'eft point dans la natu- 
re, de même que ce grand fini n'eft p^^ 
conforme à la perfpeftive aérienne. Ce- 
pendant voilà le coloris que Pon eftime 
fi fort parmi nous. On pourroît donc 
peut-être .donner, par le moyen de la roo* 



Chap. XKlLRome^i^^. (Quartier. $ji 
kïque, un coloris brillant à ces ouvrages 
idmirables du Vatican , qui n'ont perdu 
[ue cette partie; il faudroit les tirer 
le ce îombre appartement voûté & à 
etites croifées , les débarraffer du fra- 
'as des peintures environnantes qui les 
oyent , & les mettre dans un jour favo- 
iblc , o\x ils paroîtroie^nt avec tout Pa* 
antage qu'ils méritent. Ce feroît une 
iagnlficence bien digne d'un grand Roi 
: d'un Etat puiflant, défaire conftruire 
«près une vafte galerie , pour y réunir 
s copies en mofaïque des plus fameux 
Livrages à frefque qui font en Italie, tant 
1 tableaux qu'en jlhfonds , en les dîf- 
ibuant dans un bel ordre & dans un 
eau jour , au milieu d'une riche archi- 
dure. On y réuniroit les modèles tirés 
ir les creux de toutes les plus célèbres 
itues , qui font déjà au Louvre pour la 
ûpart : il femble qu'on ne pourroit rien 
laginer de mieux pour le bien des Arts, 
. l'honneur de ceux qui les protègent ; 
îut-étre que la curiofité des Etrangers 
x\ trouveroîent ainfi réunies les princi- 
des chofes qu'ils vont chercher de cô- 
s & d'autres à grands frais , rendroit 
l'Etat beaucoup au-delà de ce que lui 
iroient coûté de tels mooumens. 



ïu Le travail du ftuc eft encore uîie de* 
magnificences de l'égUte de S, Piene de 
Kooie j qui mérite que nous en partons 
^ii la fuite des mofaïques, 

La voûte de S, Pierre eft toute otok 
de ftucs dorés ; les derniers qui aiwc 
été faits font au^deffus des portes d*en- 
trée , ils ont été exécutés fous la direc* 
' tion de M- Vanvîtelli , le plus habile ar- 
diiteiïte de l'Italie , qui avant que d'allcC 
à Naples étoît architeéle de 1 églife de 
S. Pierre de Rome ji! y a aufli beaucoup 
de parties en ftuc ^ qui imitent le marbre 
de manière à s'y méprendre. 

Ces ouvrages en ftuc étoient dcja 
employés parles anciens Romains, com- 
me on le voit dans Vitra ve ; mais ils font 
aéluellement très-communs en Italie, & 
ils commencent à le devenir en France 
depuis quelques années. Nous avons fur- 
tout au château de S. Hubert un beau 
fallon en ftuc , qui a été fait par M. Cle- 
ricî ; il a 27 pieds de diamètre, & a coûté 
30 mille livres. Nous avons encore de 
beaux ouvrages de cette efpece dans une 
chapelle des Capucines à* Paris , que fit 
faire Mad. de Pompadour par Clerici ; 
dans un falloM du château de Brunoi; 
dans une chapelle de S. Mcrry que M. 



Cn AV. XXlLRome, i^.QuartUr. 575. 

Chevalier a faite ; dans la Cathédrale 
de Sens ; dans la maifon de M. de Voyer 
àNeuilly,& en plufieurs autres endroits. 

Ce ftuc efl fait tout fimplement avec 
du plâtre & dé là colle de Flandre ; on 
le polit avec le grès , la pierre-ponce ^ 
la pierre vene , la pierre à raioir , la 
piei;re de touche 9 la fanguine Se la ra«» 
cine d'aune ; il n'y a que le ftuc blanc 
qui étant fait avec de la colle de poiffon, 
fe trouve plus tendre , & fç polit avec 
la prêle ou equijetutjj. , efpecç de jonc 
qui fe trouve dans nos étangs. A Tégard 
des veines marbrées qu'il y a dans le 
ftuc^ on les fait en trempant dans un ftuc 
prefque liquide & coloré , des morceaux 
de ftuc plus folides & de la couleur du 
fond ; on les joint enfiiite tous enfcm- 
ble y & les points de réunion forment 
les veines : on imite ainfi la nature qui 
forme les veines du marbre par des dif- 
foiutîons métalliques , qui coulent entre 
les différentes pierres dont l'aifemblage 
forme le marbre, 

La pâte de ftuc encore molle fe met 
en place fur des fils de fer & des pitons 
qui l'entrelacent & la retiennent, & 
quand elle eft féche , on la coupe & on 
la travaille en place. 



i 



de faire cuire fon plâtre 
il eft difficile d'avoir de 
a^alterent pas à l'air. La 
le verd de mer ne font [ 
i imiter en (lue , que le j 
la brèche d'Âlep , h cai 
tefle de leurs couleurs. 



Fm du Tome Qu 



jrrr 



TABLÉ 

DES C H^ P ITRES 

Contenus dans ce Volume. 






L^HApiTKB I. Rione di Campe 
Marzo , Quartier du Champ de Mars , 

Gr de la Place d'E/pagne^ page li 
3h. II. Suite du quatrième Quartier ; la 

Trinité du Mont Cr fes environs , 20 

ii^H. III, Suite du quatrième Quartier ; 

Porte du Peuple ; Palais Borghefe & 

fes environs, 40 

3h. IV, Rione di Ponte ; Quartier du 

Pont S. Ange &r de S. Augujlin , 68 
Ch. V. Rione di Parione ; Quartier de 

la Place Navonnç , p I 

Ch. VI. Rione délia Regola ; Quartier 

du Palais Farnefe , 1 2 jT 

Ch. VIT. Suite du Jeptieme Quartier ; Pa^ 

lais Farnefe Gr fes environs , 142 
Ch. VIII. Rione di S.Euftachio; Quar^ 

tierde S. Eujtache Gr de S. André, ijf\ 
Ch. IX. Rione délia Pigna ; Quartier du 

Palais S. Marc &* du Gesà , 205 

Ch. X. Rione di Campicelli j Quartier 

du CapitoU} 2^f^ 



4\ I 



^7^ TABLE DES CIlAPITRi:?, 
Ch* XL ColleBion dis Staïuzî 
p ' Peintures du CapitoU y 2Sî 

Ch* Xlh Suite du dixième Quarmî ^^^ 

fcription du CapizoU & de O^f^ 

vacciuo , l'i 

Ch-XIIL Rione di fant' AngîoloiQHit- 

tier de la Juirerie , ]^^ 

Ch. XIV, Rionc di Ripaj Quartkrk 

Mont Avmtin B' d^ S, Paul , 34J 
Ch. XV- Partie extérieure du i2^*Qj^' 

tier hors de la Porte S. Paul , j']'} 
Ch. XVL Suite du la^ Quartier^ Mm 

Célius Çt fes environs , 4^^ 

Ch. XVIL Suite du ij2f. Quarmr. Di- 

fcription du Mont Palatin Ù' ai ^^ 

virons duprand Cirque , m 

Ch. XVIIL Rione di Traflevereî 

Quartier de - là le Tibre , 4^7